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XI.

Hadr, spift. 7.

obligé dc suivre la pluralité des voix, AN. 1155

Los propositions que l'empereur Manuel fit au Eglise Grecque

. papc Adrien & à l'empereur Frideric contre le

roi de Sicilc , furent apparemment l'occasion de la Pietes Careco.phom: lettre qu'Adrien écrivit à Basile d'Acride archevê

que de Thessalonique , pour l'exhorter à procurer la réunion des églises , & lui rccommander les deux nonces qu'il envoyoit à l'empereur Manuel. L'archevêque Basilc répondit au pape , qu'il n'y avoit point de division entre eux & les Latins: puisqu'ils tenoient la même foi qui étoit celle de S. Pierre , & offroient le même sacrifice. Encore qu'il y ait, ajoûte-t-il, quelques petits sujets de scandalc qui nous ont éloigncz les uns des autres vôtre sainteté pourra les faire cesser par son autorité si étenduë , avec les secours de l'empereur qui est dans les mêmes intentions.

La même année 1155. au mois de Septembre, la

quatriémc indiction étant commencéc, l'empereur Conf. 31 Jus Gr. Manuel Comnenc fit une constitution, par laquello il renouvella la défensc

que
son
pere

avoit faitc , sup. liv, lxix. de prendre les biens des évêchez vacans. Nous

avons apris, dit-il, qu'à la mort des évêques , quelquc fois même avant qu'ils soient enterrez,

les officiers des licux entrent dans leurs maisons , dont ils emportent tout ce qu'ils y trouvent, & se mettent en posession des immeubles de leurs églises. C'est pourquoi nous défendons aux ducs , ou à quelques autres officiers que ce soit , d'en user de la forte : mais si l'évêque a fait un testament, il sera executé sur les meubles trouvez en sa maison : s'il n'en a

R. lib. 2. p. 154.

m. 2:

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AN. 1155

XII.

point fait , tout sera reglé selon les canons & les loix. Quant aux immeubles de l'église vacante, les ducs ni les autres officiers n'y mettront pas le pied, & n'en enleveront rien : mais tout scra administré selon les canons, jusqu'à ce que le successeur en prenc le gouvernement. Le tout sous peine de

punition corporellc , même de mutilation de membres', de long exil & de restitution au double. On void ici que les églises vacantes étoient pillées en Orient aussi-bien qu'en Occident. Luc Chrysober-Catalog

. Jus. Gri ge succeda cette année à Constantin Chliarene dans Ie siége patriarcal de C. P. Cependent Foucher patriarche de Jerusalem vine

Hospitaliers de s. en Italie porter ses plaintes au pape contre les freres Jean de Jerusalem. Hospitaliers de S. Jean , dont il faut expliquer l'origine. Pendant que Jerusalemétoit sous la Puissan-Guill. Tyr.xvi). ce de Califes Fatimites , des marchands d'Amalfi en Italie , qui trafiquoient en Egypte & en Syrie, obtinrent la permission de bâtir vis-à-vis du saint sepulcre un monastere en l'honeur de la sainte Vierge, où les pelerins Latins pussent trouver l'holpitalité : aussi fut il nommé le monastere de la Latine. Et comme il y avoit aussi des femmes qui fai-foient le pelerinage : on bâtit ensuite un autre monastere dedié à sainte Magdelene , pour des religieuses , qui rendoient les mêmes services aux perfonnes de leur sexe. Enfin les moines du premier monastere fonderent un hôpital pour les pelering malades , ou absolument pauvres ; car plusieurs ayans confumé ou perdu dans le voyage ce qu'ils avoient aporté , se trouvoient reduits à la derniere

6.4.5.6.

tems

miserc. Cet hôpital fut dedié à S. Jcan l'AumôAn. 1155. nicr , & étoit sous la direction de l'abbé de sainte

Marie. Les trois maisons savoir les deux monasteres & l'hôpital n'avoient point de revenu fixe, & subfistoient de ce que les marchands Latins contribuoient volontairement. Quand les croisez firent la conquête de Jerusalem,l'abbesse de la Magdelenc étoit une noble Romaine nommée Agnés : le maître de l'hôpital étoit un homme vertueux nommé Gerauld , qui fervoit les pauvres depuis long

sous les ordres de l'abbé & des moines de sainte Marie. Son successeur fut Raimond du Pui , qui eut le differend dont il s'agit avec le patriarche.

Depuis la conquête des François ces Hospitaliers se tirerent premierement de la jurisdiction de l'abbé de sainte Marie ; ensuite leurs richesses étant extrêmement accruës , ils obtinrent du pape d'être

exempts même de la jurisdiction du patriarche , & Anafi. epift

. 11. de ne point payer de dîmes. On void quels étoient

leurs privileges par la bulle d'Anastase IV. adressée au maîtrę Raimond , dans laquelle à la priere, & à l'exemple des papes Innocent II. Çelestin II. Lucius II. & Eugene III. Il prend l'hôpital de Jerusalem sous la protection du saint siége , & lui confirme la possession de tous ses biens , soit dans le diocese de Jerusalem , soit ailleurs : il permet aux freres de bâtir des églises & des cimetieres dans les terres qui leur ont été données , d'entcrrer avec les çérémonies ecclesiastiques , ceux de leurs freres qui mourront dans des lieux interdits , & de celebrer

AN 1855.

une fois l'année l'office divin dans les mêmes lieux, en faveur de leurs freres qui y seront envoyez pour faire des quêtes ou autrement. Il ajoûte : Comme tous vos biens sont destincz à l'entretien des polcrins & des pauvres , nous défendons à qui que ce soic d'exiger des dîmes des terres que vous cultivez à vos dépens ; & à aucun évêque de publier interdit , suspense ou excommunication dans les églises qui vous sont soumises ; & s'il y a même dans ces lieux un interdit general, on pourra celebrer chez vous l'office divin à portes fermées , & fans sonner les cloches.

Et afin que vous puissiez plus aisément avoir l'office divin & recevoir les sacremens, nous vous permettons de recevoir des clercs & des prêtres de quelque part qu'ils viennent , après vous être suffisamment informez de leurs bonnes mæurs & de leur ordination , tant dans vôtre principale maison

que

dans les obédiences qui en dépendent: si leurs évêques refusent de vous les accorder , vous les pourrez garder par l'autorité du S. siége ; & ces clercs ne seront soầmis qu'à vôtre chapitre & au pape. Nous vous permettons aussi de rece-, voir des laïques de condition libre pour le service des pauvres. Voilà les trois sortes de personnes qui composent l'ordre de S. Jean de Jerusalem, les chevaliers , les clercs & les freres seryans. Le paper continue : Quant aux freres, c'est-à-dire' aux che= } valiers, qui auront été une fois reçûs en vôtre compagnie : nous leur défendons de retourner au siécle après avoir fait profession & pris l'habit.&

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An , 1155

la croix, ni de passer à un autre institut , sous

pretexte de plus grande regularité. Pour les consecrations d'autels ou d'églises, les ordinations des clercs & les autres sacremens.": vous les recevrez: de l'évêque diocesain , s'il est dans la communion du S. siége & s'il veut les conferer gratuitement, sinon , vous vous adresserez à tel évêque qu'il vous plaira , pour vous les administrer par l'autorité du Š. fiége. Nous vous confirmons toutes les feigneuries & les terres que vôtre hôpital possede delà ou deçà la

en Asic ou en Europe , ou qu'il acquerra à l'avenir. La bulle est du vingt-uniéme

iner

d'Octobre 1154

XIII.

Tyr. XXIII. 6. 3.

Le patriarche de Jerusalem prétendoit que les triarche contre les chevaliers de saint Jean abusoient de ses privileges, hospitaliers.

& voici qu'elles étoient ses plaintes contre eux. Qu'ils recevoient ceux que les évêques avoient excommunicz, ou interdits nommément : les admettoient à l'office divin , & en cas de mort leur faisoient administrer le viatique, l'extrême-onction & la sepulturc ecclesiastique. Quoi qu'une ville fût en interdit ils ne laissoient pas d'y sonner les cloches, d'y celebrer l'office publiquement à haute voix, & d'y recevoir les offrandes du peuple, au préjudice des églises matrices. Ils admettoicnt & dertituoient leurs prêtres , fans la participation des évêques. Ils refusoient de payer les dîmes de leurs terres & de tous leurs revenus. Outre ces plaintes communes à tous les évêques , le patriarche en faisoit de particulieres. Car comme l'hôpital de saint Jean étoit vis-à-vis l'église du S. Sepulcre, il

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