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lé à Soissons pour implorer les suffrages de la sain

An. 1166. te Vierge., de S. Draulin &.de S. Gregoire , dont on croïoit y avoir les reliques. Il vouloit ainsi se fortifier pour le combat qu'il alloit livrer au roi d'Angleterre en portant sa sentence contre lui : car S. Draulin étoit invoqué par les champions à la veille d'un combat. Asant passé trois nuits en priefes aux églises de ces faints , il partit le lendemain de l’Ascension pour aller à Vezclai, & y prononcer le jour de la Pentecôte l'excommunication contre le roi & les liens. Mais le vendredi d'avant la fête , il aprit certainement que le roi d'Angleterre étoit grievement malade, ensorte qu'il avoit envoïé s'excuser d'une conference qu'il avoit demandée au roi de France. Cette nouvelle obligea Thomas à differer l’excommunication du roi d'Angleterre': comme on le lui avoit déja conseillé.

Le jour de la Pentecôte qui cette année 1166. étoit le douziéme de Juin, Thomas étant à Veze- munie Jean d'Oxlai dans l'église de la Madeleine où il y

avoit' un grand concours de peuple de diverses nations, monta au jubé, & fit un sermon, ensuite duquel il dénonça excommunié

. Jcan d'Oxford pour être combé dans le schisme en prétant scrment à l'empereur, en l'assemblée de Virsbourg ; avoir communiqué avec l'archevêque de Cologne fchismatique, & avoir usnrpé le doyenné de Sarifbcri contre la défensc du pape. Il excommunia auffi nommément Richard archidiacre de Poitiers avec cinq autres, & en general tous ceux qui à l'avenir mccrroient la main sur les biens de l'église de Cantarberi. Quand

XXV. Thonias excom:

ford, &c.

au roi après avoir déclaré comme il l'avoit averti AN. 1166. de satisfaire à l'église , il l'invita encore à fairc pe

nitence: menaçant de prononcer dans peu l'excommunication contre lui. Enfin il condamna publiquement l'écrit , contenant les prétenduës coûtumes d'Angleterre, déclara cxcommuniez ceux qui à l'avenir-emploïeroient l'autorité de cet écrit , &

déchargea les évêques de la promesse qu'ils avoient 1. ep. 96. faite de l'observer. Il écrivit ensuite à tous les évê.

ques de la province de Cantorberi pour les instruire de ce qu'il venoit de faire , enjoignant à l'évêque. de Londres de notifier fa lettre aux autres. Il en é

crivit à l'archevêque de Roücn ; & il en donna avis op 143. au pape lui en demandant la confirmation. Cepenep. 138. dant le roi envoia le docteur Gautier de l'ifle en

Angleterre porter une lettre de la conference de Chinon , pour avertir les Anglois de l'appellation proposée : faire garder les ports, & défendre au clergé d'obéir à l'archevêque.

Peu de tems après les évêques par ordre du roi s'assemblérent à Londres avec quelques abbez, & résolurent d'interjetter l'appel contre l'archevêque. Les premiers qui appellerent furene l'évêque de Londres & celui de Sarisberi: on ne pouvoit y obliger celui d'Excestre : celui de Rochestre s'excusa Iur une maladie que l'on crit feinte. L'évêque de Vinchcftre s'excusa de même & écrivit en ces termes: Je fuis appellé par le souverain pontife , & je

n'en veux poinrappeller. On crut qu'il vouloit dire que le pape l'avoit mandé : mais il entendoit qu'il alloit comparoître devant le tribunal de J.C.à caufe

de son

XXVI. Concile de Londres.

XXVITE Lettre au pape.

X. conc. p. 447.

&

de son grand âge. Car c'étoit Henri frere du roi An. 1166. Estiene qui tenoit ce siége depuis trente-sept ans.Les autres évêques notificrent leur appel au pape & à l'acchevêque par deux lettres écrites au nom des suffragans du siége de Cantorberi,dont voici la substance.

Dans la lettre au pape ils disent : Nous croïons qu'il vous souvient que vous avez averti il y a long-1.0.128.1.,.. tems le roi nôtre maître, par les lettres dont furent chargez les évêques de Londres & d'Herford de corriger quelques abus dans son roïaume. Il a reçû vos ordres avec le respect convenable , déclarant qu'il corrigeroit ces désordres suivant le jugemet de son église : comme en effet tous ses võux ne tendent qu'à ôter les scandales de son roïaume

у faire regner la paix. Or voïant qu'elle étoit troublée par les crimes énormes de quelques ccclesiastiques , il a rendu à leur profession I'honeur qui lui est dû, les déferant aux évêques qui sont demeurez dans les bornes de leur pouvoir , en punissant un homicide , par exemple par la seule dégradation du criminel. Mais le roi est persuadé que cette peine ne répond pas à la grandeur du crime ;

que la sûreté publique n'est pas bien établie, fi un lecteur ou un acolite après avoir tué quelqu'un, en est quitte pour perdre l'exercice de ses fonctions. Le clergé voulant donc s'en tenir à l'ordre établi du ciel, & le roi voulant affermir la paix : il s'est élevé unc pieuse dispute , excusable devant Dieu, comme nous croïons par la bonne intention des deux parties. De-là est arrivé que le roi a voulu fairc rédiger les anciennes coûtumes de son roïau. Tome XV.

FE

&

AN. 1166.
me obfervées

par les ecclefiaftiques sous fes préde. cesseurs , & les rendre publiques, afin qu'on n'en disputât plus à l'avenir. C'est ce qui a été executé, & voilà cette persecution contre l'église , dont on accuse le roi par toute la terre.

Si toutefois dans ces coûtumes il y a quelque chose de dangereux pour la conscience, ou de honteux pour l'église : ce prince couché de vos avertissemens & de vôtre autorité, a promis il y a longtems & promet encore de le corriger. Et nous aurions déja obtenu la paix que nous desirons, si l'archevêque de Cantorberi n'avoit rallumé fa colere éteinte : mais ce prélat , au lieu de l'appaiser par ses avertissemens & le vaincre par sa douceur , vient de l'attaquer durement par des lettres tristes & terribles, le menaçant d'excommunication & son roïau. me d'interdit. A ces menaces il a ajoûté des effets plus fâcheux : car il a excommunié & denoncé publiquement des seigneurs du premier rang, & des personnes en qui le roi a le plus de confiance , & qu'il admet à ses conseils les plus secrets , sans les avoir citez ni convaincus, ni donné lieu de se défendre. Il a de même suspendu de ses fonctions nô. tre confrere l'évêque de Sarisberi , fans procedure juridique & fans nôtre participation. Quelle fuite pouvons-nous attendre d'une maniere d'agir si irreguliere , veu principalement la malhcurcusc circonstance du tems, sinon que la concorde eptre le roïaume & le facerdoce soit rompuë, & que nous allions en exil avec notre clergé : ou , cc qu'à Dieu die plaise , que nous nous retirions de vôtre obéis;

1. ep.ro

XXVIII.

nias.

sance, pour tomber dans le fchisme. C'est pour An.1166. éviter de si grands maux, que nous avons appellé à vôtre grandeur de vive voix & par écrit, contre les mandemens de l'archevêque de Cantorberi:qui portent qulque préjudice au roi, à son roïaume, à nous ou à nos églises , & nous avons marqué le terme de nôtre appel à l'Ascension. Aimant mieux être humiliez en tout ce qu'il plira à vôtre sainteté, que de sentir de jour en jour les éfets de la passion de l'archevêque.Ce terme de l'appel s'étendoit à près d'un an.

Dans la lettre à l'archevêque ses suffragans disent: Nous esperions que vous repareriez par

vôtre Lettrc à Tho. humilité & vôtre prudence, le trouble qu'à produit 1. ep. 116. vôtre retraite inopinée dans un païs éloigné ; & nous nous consolions parce que nous entendions dire de tous côtez, que vous portiez avec modestie la pauvreté où vous vous êtes volontairement réduit: vous appliquant à la lecture & à la priere & repakant le passé par les jeunes, les veilles, les larmes & les exercices spirituels. Nous esperions que par une telle conduite vous attireriez d'en haut la

grace dans le cæur du roi pour lui faire obliger son ressentiment contre vous ; & vos amis trouvoient ouverture pour lui parler en vôtre faveur. Maintenant nous aprenons que vous avez publié contre lui un mandement, où, sans mettre de Talutation ni aucun témoignage d'amitié, vous le menacez d'interdit ou d'excommunication prochaine. Si vous l'executez nous n'esperons plus de paix ; & il est de la prudence de considerer la fin de ce que l'on engreprend.

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