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presens , lui offrant le secours de l'empereur Ma

AN. 1166. nuel contre la persecution injuste de Frideric. Il alfura le pape que Manuel vouloit réiinir l'église Gre, que avec la Romaine autant qu'elle l'avoit été dans la meilleure antiquité : ensorte que les Latins & les Grecs ne fissent plus qu'un seul peuple Chrétien sous un seul chef. Mais il demandoit que puisque l'occasion se presentoit si favorable , le

варе lui rendit la couronne imperiale , qui lui appartenoit de droit , non pas à Frideric Alleman. Il promettoit au pape pour cet effet de si grandes sommes d'argent & des troupes fi bonnes & fi nombreuses , qu'elles suffiroient pour soûmettre à l'église non-seulement Rome , mais l'Italie toute entiere. Or quoique ces promesses parussent de difficile execution , toutefois le pape de l'avis des cardinaux , jugca à propos d'envoier à l'empereur Manuel l'évêque d'Ostie & le cardinal de S. Jean & S. Paul avec lc Sebaste Jourdain. On voit ici v. Allat consens. la continuation de la bonne intelligence entre l'empereur Manuel & le pape Alexandre ; & les Grecs même disoient , que c'étoit lui qui avoit rétabli ce pape

sur le S. Siége pour s'opposer aux entreprises 3. p.1235. de Frideric.

Au mois de Mars de la même année 1166.que les constitution sus Grecs comptoient l'an du monde 6674. Indiction les fêtes, 14. l'empereur Manucl publiaune constitution tou- 1.11.7.5.p; 160. chant les fêtes ausquelles les tribunaux de justice Nomocan. 11. z devoicnt cesser , distinguant celles du premier ordre , où ils doivent ccller entierement , & celles du second ordre, où on pouvoit rendre la justicę

11. 2. 3.

Cinnam. 1. v. n

XXXVI.

p. 79.

P. 714

AN 1166.

devant & aprés le service divin. Toutes les fêtes marquées dans cette constitution se trouvent encore à present dans le Menologe des Grecs ; & il y en a que l'église latine ne celebroit pas encore alors & qu'elle a reçûës depuis savoir, la Presentation de la Vierge , le vingt-uniéme de Novembre: sa Conception fêtée par les Grecs le ncuviéme de Decembre. Sainte Anne le vingt-cinquiéme de Juillet. La Transfiguration de N. S. lc fixiéme d'Août. Or de ce que les Grecs celebroient dès lors

la Conception de la sainte Vierge , il ne faut pas Menol. conclure qu'ils crussent la Conception immaculée, Prothesde domo: puisqu'ils celebrent aussi la Conception de S. Jean6. lib. pp. Paris. Baptiste le vingt--troisiéme de Septembre. Pothon

prêtre & moine de l'abbaïe. de Prum en Allemagne écrivant dix ou douze ans auparavant, se plaint des nouvelles dévotions que l'on introduisoit dans les monasteres, & dit : Quelle raison nous a porté à celebrer ces fêtes ? la fête de la sainte Trinité, la fête de la Transfiguration de N. S. Quelques-uns même y ajoûtent la fête de la Conception de sainte Marie qui paroît plus absurde.

La même année 1166. vingt-troisiéme du regne galité du Père & de Manuel il fit tenir à C.P.un grand concile dont

voici l'occafion. Un nommé Demetrius natif de Lampé bourgade d'Asie, qui avoit peu de connoissance des sciences humaines , mais qui étudioit continuellement la religion & en discouroit sans fin: aïant été plusieurs fois envoïé en Occident , rcvint d'Italie encore plus presomptueux ; & un jour s'entretenanç avec l'empereur Manuel, il lui dit :

XXXVII.

l'é

du Fils.

Allat Conf.11. 6.12. n. 4.

Nicet. lib. vii. n.s. Cinnam. lib. vi.

Les Allemans osent dire que le fils de Dieu est

An. 1166. tout ensemble moindre

que fon Pere & égal à lui. Mais, répondit l'empereur, ne reconnoissons-nous pas qu'il est Dicu & homme ; & par consequent moindre comme homme , & égal comme Dieu ? & c'est en ce sens que le Sauveur a dit : Le Pere cft Foan. XIV. 28; plus grand que moi : car il seroit absurde de l'entendre de la nature divine. Ainsi il me paroît que ces gens-là ont raison. Demetrius demeurant dans son opinion , que les Allemans erroient dans la foi , apporta peu

de

temps après à l'empereur un livre , où il l'avoit mis par écrit, & que l'empereur lui conseilla de cacher sous terre , pour n'être pas cause de la perte de plusieurs personnes.

Mais Demetrius encore plus insolent débitoit son erreur & en particulier & en public , même avec des évêques & des diacres ; & y atciroit plusieurs persones,déclamant ouvertement contre ceux qui disoient que le Fils étoit moindre: cnsorte qu'il s'élevaune grande dispute sur ce sujet,& que person ne n'osoit plus le contredire. Le patriarche même de C. P. Luc Chrysoberge quoiqu'il condamnât cette erreur , n'osoit en parler ouvertement. La dispute dura fix ans ; & enfin l'empereur aïant ramené en particulier plusieurs évêques aux sentimens catholiques, fir tenir le concile où presida le patriarche Luc assisté d'Athanase patriarche d'Antioche,Nicephore de Jerusalem,Estiene metropolitain de Celarée en Cappadoce, Nicolas d'Ephefe,& plusieurs autres évêques au nombre de cinquante-six en tout. Ceux qui avoient solltenu l'erreur de Demetrius

Thmod. Gr. Domin, Orthodox,

grace du s.

sachant AN. 1166.

le patriarche Luc leur étoit contraire :

que proposoient contre lui des accusations, & disoient qu'il falloit le déposer comme incapable du gouvernement : mais l'empereur dit , qu'il falloit commencer par decider sur la doctrine , & qu'on viendroit ensuite aux accusations personnelles.

Le concile fit donc neuf canons redigez en cette forme : 1. Anathême à ceux qui ne prennent pas bien les paroles des faints docteurs de l'église, & qui détournent par de fausses interpretations, ce qu'ils ont nettement expliqué par la Esprit. 2. Eternelle memoire de ceux qui reçoivent cette parole de N. S. Jesus-Christ : Le Pere, est plus grand que moi , suivant les interpretations des peres, selon son humanité par laquelle il a souftert.

Anathême à ceux qui pensent & qui disent, qu'en prenant la nature humainc il l'a changée en divinité ; & qui ne croïent pas que par cette union le

corps du seigneur participe à la dignité divine, ensorte qu'il est l'objet d'une seule adoration avec le Verbe qui l'a pris , & par consequent honoré & glorifié avec le Pere & le S. Esprit : quoiqu'il ne soit

pas consubstantiel à Dicu , & ne cessc pas d'être créé & circonscrit suivant ses proprietcz naturelles : mais qui disent qu'il est changé en la substance de la divinité : d'où il s'ensuit , ou que l'incarnation n'a été qu'imaginaire , ou que la divinité a souffert. 4. Eternelle memoire de ceux qui disent, que la chair du seigncur élevée par l'union hypostatique à la souveraine dignité, sans alteration ni confusion , est honorée avec le Verbe par une feu.

3 •

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le adoration, & assise avec lui sur le trône à la droite

An. 1166.
de Dicu le Pere , enrichie des avantages de la divi-
nité, sans préjudice des proprietez de chaque nature.

s. Anathêmc à ceux qui rejettent les expressions
par lesquelles les peres établissent la doctrine de l'é-
glise, d'Athanase, de Cyrille, d'Ambroise , d'Am-
philoque , de Lcon tres-saint archevêque de l'an-
cienne Rome & des autres , & qui ne reçoivent
pas les actes du quatriéme & du fixiéme concile
æcumenique. 6. Anathême à ceux qui ne reçoi-
vent pas cette parole de N. S. Mon pere cst plus
grand que moi, comme les saints l'ont expliquée
en differentes manieres. Les uns selon la divinité,
parce que le pere est le principe de la generation :
lcs autres selon les proprietcz naturelles de la chair
qu'il a prise , comme d'être créée , bornée & mor-
telle. Mais qui disent que cette expression ne s'en-
tend
que

de la chair separée de la divinité par la
simple pensée, comme si elle ne lui étoit pas unie.
Et qui ne prennent pas cette séparation par la sim-
ple pensée comme les peres l'ont prise , en parlant
de la servitude ou de l'ignorance,

faire injurc à la chair de J. Č. au licu que ceux-ci comprennent dans cette séparation les proprietez naturelles qui sont veritablement dans la chair unic à la divinité. 7. Anathême au prétendu métropolitain de Corfou Constantin de Bulgarie , qui dit que cette parole de N. S. no se doit

pas entendre par raport à l'union hypostatique des deux natures, mais par raport à la chair séparée de la divinité

par la simple pensée , & semblable à celle des

& non pour

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