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de Paris. On voit par là en quelle estime étoit

AN. 11692 dés lors cette école.

Thomas répondit , qu'il ne recusoit pas le jugement de la Cour de France, ou de l'église Gallicane , sans faire mention de l'école de Paris : mais il ajoûta qu'il aimoit mieux composer amiablement avec le roi son maître que plaider. Il presen– 118. sp. 65 ta un écrit où il avoit redigé ce qu'il demandoit au roi ; & ajoûta de vive voix , qu'il desiroic être reçû au baiser de paix , & avoir la restitution de la moitié des meubles, pour païer ses dettes, reparer les bâtimens,& les dommages que l'église avoit souferts depuis son absence. On fit la lecture de l'écrit & tous les assistans le trouvoit raisonnable ; mais le roi d'Angleterre répondit à son ordinaire avec un circuit de paroles li embarassées, qu'il paroissoit aux plus simples accorder tout, & les plus penetrans jugeoient qu'il mêloit des conditions intolerables. Quant au baiser de paix , il dit , qu'il Gervas. l'auroit donné volontiers, mais qu'étant en colere vila 11.6.301 il avoit juré publiquement de ne le jamais donner à l'archevêque , quelque paix qu'il fit avec lui. Il s'opiniâtra à ce refus quelque priere qu'on lui fit, & comme Vivien pressoit le roi Louis de l'en prier plus instamment : il dit , qu'il ne vouloit pas faire de la peine à un roi pendant qu'il le tenoit sur ses terres , mais il dit à Thomas : Je ne voudrois pas pour mon pesant d’or vous conseiller de rentrer dans ses états, qu'il ne vous eut donné le baiser de paix. Ainsi le traité fut rompu.

le renouer le roi d'Angleterre

Toutefois pour

III. ep. 63

envoïa ofrir à Vivien vingt marcs d'argent, le priant AN. 1169.

de s'en entremettre ericore , mais il le refusa & lui 111.99.C. 65. reprocha dans sa reponse de l'avoir voulu deshono

rer par cet offre. Ce qui pressoit ainsi le Roi Henri de faire la paix, étoit l'alarme que lui avoit donné le vosage de l'archevêque de Sens & de Gratien ; & il envoïa en cour de Rome des deputez pour empêcher que ce prélat n'eût la legation dans ses états. Thomas en envoïa de son côté , pour inftruire le

pape de tout ce qui s'étoit passé en cette derniere occasion : le roi Louis envoïa aussi les siens , priant le pape de ne plus donner de delai au roi Henri , & f'archevêque de Sens en personne, le pria de mettre en interdit les états de ce prince, s'il ne rendoit la paix à l'église,

le pape Alexandre eut envoïé en Autre deput. du pape au roi France les nonces Gratien & Vivien, il essaïa

encore de ramener le roi d'Angleterre par
sonnes d'une vertu distinguée; premiercment par
Anthelme évêque de Bellai & par le prieur de la
grande Chartreuse , puis par Simon prieur de la
Chartreuse de Mont-Dieu , au diocese de Reims,
& Bernard du Coudrai moine de Grand-mont.
Il manda à ces derniers : Nous vous enjoignons
d'aller ensemble trouver le roi d'Angleterre ,
deux mois aprés la reception de cette lettre , s'il
est deçà de la mer ; & lui donner les avis necessaires
en lui presentant nos lettres monitoires : que s'il
ne vous écoute pas , vous lui donnerez nos lettres
comminatoires ; & lui declarerez

que

si avant le commencement du carême prochain, il ne fe re

conçilis

XI1.

Après que

d'Angleterre.

IV. ep. 1.2.

des per

A, ep, II,

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1170.

IV. ep. 47

concilie avec l'archev'èque de' Cantor beri, nous An. 1165.
n'empêcherons plus ce prélat d'emploïer la févcrité
des censures ecclesiastiques. La lettre est dattée de
Benevent le vingt-cinquiéme de Mai 1169;& lc
premier jour du Carême de l'année suivante
devoit être le dix-huitiéme de Février. La lettre au
roi dont ils étoient porteurs étoit du vingt-deuxié-
me de Mai.

- Simon & Bernard virent deux fois le roi d'An- 11.ep.8.
gleterre : la premiere pour lui presenter la lettre
monitoire du pape , & la seconde avec la lettre iv. ep. 10;
comminatoire : mais ni en l'une ni en l'autre oc-
casion ils n'avancerent rien. Leroi vouloit toûjours
que Thomas promit l'observation des coûtumes;
fans restriction de l'honneur de Dieu ni de fon ord
dre ; & Thomas refusoit constamment de lui faire
un serment que ses prédecesseurs n'avoient point
fait , & d'approuver ces coûtumes

quc

le

pápc
avoit condamnées. Le prieur Simon rendant comp-
te au pape de cette commission , dit ces paroles re- p.si
emarquables : Nous avons prié le frere Bernard
de vous écrire comme nous sur cette affaire, mais il
a répondu, que dans son ordre il est deffendu à auú
cun des freres d’écrire pour aucune affaire , à vous
bi à d'autres. Telle étoit la severité de l'ordre de
Grand-mont.

Thomas s'étoit plaint amerement de ce qu'à la
follicitation du roi d'Angleterte le pape avoit fuf- welches de cores
pendu fon autorité, mais le pape aïant levé cette
suspense en cas que le roi ne fatisfit

le roi ne satisfit pas avant le Carême, Thomas avança ce terme de quinze jours, Tome XV.

Q9

XIII.

iv. ep. 14. IS 1v. ep. 16,

3.11. ep 33

An. 1169. & manda à tour lc clergé de la province de Cant;

que

fi le roi ne fatisfaisoit dans la Chandeleur, ils eufsent à cefser deflors entierement l'office divin, excepté le barême des enfans, la penitence & lo viatique, pour lequel on diroit la messe à huis clos, sans son de cloches & les excommuniez mis dehors. Il leur ordonnc encore, de dénoncer excommuniez Geofroi Ridel & quelques autres, particulieremenr

ceux qui retiennent les biens des églifes , ou reçoi11. ep. 34.38. vent des benefices de la main des laïques. Il écri

vit de même au convent de la cathedrale de Cantorberi , au chapitre de Douvres , & aux monasteres de la province , à l'archevêque de Rouen, à son clergé & à son peuple. Il écrivit à l'évêque de Vinchestre ; & apres avoir marqué qu'il a déja passé cinq ans en exil, & que la négociation des nonces Gratien & Vivien a été inutile , il ordonne à ce venerable évêque son suffragane , de faire cesser l'office divin dans tout son diocése, si le roi ne satisfait a l'église dans la Purification. Il écrivit de même aux autres évêques fes suffragans ; & joignit à cette lettre les noms des excommuniez , savoir Gilbest évêque de Londres, Jocelin évêquc de Sarisberi, Gcofroi Ridel archidiacre de Cantorberi, Richard de Velchestre archidiacre de Poitiers ; & plusieurs autres au nombre de vingt-huit en

111. 35. 36.

711. ep.52.

tout.,

Thomas écrivant au pape & aux cardinaux s'étoit plaint entres autres choses, que le roi d'Angleterre tournoit à son profit les revenus des évêchez & des abbaïes.yacantes, & ne souffroit pas

371. ep.79

zy. ep. 74.

pape en

[ll.ep. u.

que l'on y ordonnat des pasteurs. Le écri

AN. 1169. vit à ce prince une lettre où il dit : Nous avons apris que vous tenez en vos mains les évêchez vacans de Lincolne , Bath & Herford , & que vous empêchez que l'on n'y fafle d'élection libre, vous attribuant nonseulement ce qui est à Cesar , mais cncore ce qui est à Dieu. C'est-pourquoi nous vous prions & vous enjoignons pour la remission de vos pechez , d'avertir le clergé de ces eglises d'y fairre des élections canoniques ; & leur donner la protection necessaire pour cet éfet , sans leur nommer les personnes qu'ils doivent élire , autrement nous serions obligez d'exercer contre vous l'autorité de S. Pierre. La date est de Bencvent le neuviéme d'Oc

tobre 1169.

XIV.

grie. tous les

ap. Baron. and

&

La même année Etienne III roi de Hongrie donna une charte adressée aux archevêques de Strigo- Eglise de Hous nie & de Colocza, à leurs suffragans & ecclesiastiques de fon roïaume , où il dit : Que par 169. les exhortations d'un légar du pape, pour

imiter la devotion du roi Geïsa lon pere envers le pape Alexandre II. il faut entendre Geïsa 1. son trisaïeul , par ces motifs il confirme la constitution de ce prince, qui avoit promis de ne faire ni dépofition ni tranflation d'évêques : sans l'autorité du pape. De plus abandonnant la coûtume de ses

predecefleurs il ordonne qu’arrivant le decès des évêques, on ne mettra plus d'economes laïques, pour regir les biens de l'églife , mais des clercs dc vic exemplaire, qui les emploïcront aux réparations des bâtimens & à la subsistance des pauvres , sans que.

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