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de Paris. On voit par là en quelle cftime étoit dés lors cette école.

AN. 1169

Thomas répondit, qu'il ne recufoit pas le jugement de la Cour de France, ou de l'églife Gallicane, fans faire mention de l'école de Paris: mais il ajoûta qu'il aimoit mieux composer amiablement avec le roi fon maître que plaider. Il presen- u. ep. 62. ta un écrit où il avoit redigé ce qu'il demandoit au roi ; & ajoûta de vive voix, qu'il defiroit être reçû au baifer de paix, & avoir la restitution de la moitié des meubles, pour païer fes dettes, reparer les bâtimens,& les dommages que l'églife avoit fouferts depuis fon abfence. On fit la lecture de l'écrit & tous les affiftans le trouvoit raisonnable, mais le roi d'Angleterre répondit à fon ordinaire avec un circuit de paroles embaraffées, qu'il paroiffoit aux plus fimples accorder tout, & les plus penetrans jugeoient qu'il mêloit des conditions intolerables. Quant au baiser de paix, il dit, qu'il Gervaf l'auroit donné volontiers, mais qu'étant en colere via 11. c. 30à il avoit juré publiquement de ne le jamais donner à l'archevêque, quelque paix qu'il fit avec lui. Il s'opiniâtra à ce refus quelque priere qu'on lui fit, & comme Vivien preffoit le roi Louis de l'en prier plus inftamment : il dit, qu'il ne vouloit pas faire de la peine à un roi pendant qu'il le tenoit fur fes terres, mais il dit à Thomas: Je ne voudrois pas pour mon pesant d'or vous conseiller de rentrer dans fes états, qu'il ne vous eut donné le baiser de paix. Ainfi le traité fut rompu.

Toutefois pour le renoüer le roi d'Angleterre

AN. 1169.

III. ep. 28.

III. ep. 63.

envoïa ofrir à Vivien vingt marcs d'argent,le priant de s'en entremettre encore, mais il le refufa & lui 111. p. 61. 65. reprocha dans fa reponse de l'avoir voulu deshonorer par cet offre. Ce qui preffoit ainfi le Roi Henri de faire la paix, étoit l'alarme que lui avoit donné le voïage de l'archevêque de Sens & de Gratien ; & il envoïa en cour de Rome des deputez pour empêcher que ce prélat n'eût la legation dans fes états. Thomas en envoïa de fon côté, pour instruire le pape de tout ce qui s'étoit passé en cette derniere occafion : le roi Loüis envoïa auffi les

fiens, priant le pape de ne plus donner de delai au roi Henri, & l'archevêque de Sens en perfonne, le pria de mettre en interdit les états de ce prin ce, s'il ne rendoit la paix à l'églife,

XII.

Autre deput.

d'Angleterre.

Après que le pape Alexandre eut envoïé en du pape au roi France les nonces Gratien & Vivien, il essaïa encore de ramener le roi d'Angleterre par des personnes d'une vertu diftinguée; premierement par Anthelme évêque de Bellai & par le prieur de la grande Chartreufe, puis par Simon prieur de la Chartreufe de Mont-Dieu, au diocefe de Reims, & Bernard du Coudrai moine de Grand-mont. Il manda à ces derniers : Nous vous enjoignons d'aller ensemble trouver le roi d'Angleterre, deux mois aprés la reception de cette lettre, s'il eft deçà de la mer ; & lui donner les avis neceffaires en lui prefentant nos lettres monitoires : que s'il ne vous écoute pas, vous lui donnerez nos lettres comminatoires; & lui declarerez que fi avant le commencement du carême prochain, il ne fe reconciliç

IV. ep. 1.2.

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Concilie avec l'archevêque de Cantorberi, nous AN. 1169.
a'empêcherons plus ce prélat d'emploïer la severité
des cenfures ecclefiaftiques. La lettre eft dattée de
Benevent le vingt-cinquiéme de Mai 1169. & le
premier jour du Carême de l'année fuivante 1170.
devoit être le dix-huitiéme de Février. La lettre au
roi dont ils étoient porteurs étoit du vingt-deuxié-
me de Mai.

IV. p. 4:

iv.

Ci

:

IV.

- Simon & Bernard virent deux fois le roi d'An- . ep.8.
gleterre la premiere pour lui prefenter la lettre
monitoire du pape, & la feconde avec la lettre . p. 193
comminatoire: mais ni en l'une ni en l'autre oc-
cafion ils n'avancerent rien. Le roi vouloit toûjours
que
Thomas promit l'observation des coûtumes,
fans reftriction de l'honneur de Dieu ni de fon or-
dre ; & Thomas refusoit conftamment de lui faire
un ferment que fes prédeceffeurs n'avoient point
fait, & d'approuver ces coûtumes que le pape
avoit condamnées. Le prieur Simon rendant comp-
te au pape de cette commiffion, dit ces paroles re-i
marquables: Nous avons prié le frere Bernard
de vous écrire comme nous fur cette affaire, mais il
a répondu, que dans fon ordre il eft deffendu à au±
cun des freres d'écrire pour aucune affaire, à vous
ni à d'autres. Telle étoit la feverité de l'ordre de
Grand-mont.

XIII.

velle les cenfures. IV. ep. 14. 15.

Thomas s'étoit plaint amerement de ce qu'à la follicitation du roi d'Angleterte le pape avoit fuf-Thomas renoupendu fon autorité, mais le pape aïant levé cette fufpenfe en cas que le roi ne fatisfit pas avant le Carême, Thomas avança ce terme de quinze jours, Tome XV.

iv. ep. 16.

Qq

211. ep 33.

AN. 1169. & manda à tout le clergé de la province de Cant} que fi le roi ne fatisfaifoit dans la Chandeleur, ils cuffent à ceffer deflors entierement l'office divin excepté le batême des enfans, la penitence & le viatique, pour lequel on diroit la messe à huis clos, fans fon de cloches & les excommuniez mis déhors. Il leur ordonne encore, de dénoncer excommuniez Geofroi Ridel & quelques autres, particulieremenr ceux qui retiennent les biens des églifes, ou reçoivent des benefices de la main des laïques. Il écrivit de même au convent de la cathedrale de Cantorberi, au chapitre de Douvres, & aux monasteres de la province, à l'archevêque de Roüen, à son clergé & à fon peuple. Il écrivit à l'évêque de Vincheftre; & apres avoir marqué qu'il a déja passé cinq ans en exil, & que la négociation des nonces Gratien & Vivien a été inutile, il ordonne à ce venerable évêque fon fuffragant, de faire ceffer l'office divin dans tout fon diocéfe, fi le roi ne fatisfait a l'églife dans la Purification. Il écrivit de même aux autres évêques fes fuffragans ; & joignit à cette lettre les noms des excommunicz, favoir Gilbert évêque de Londres, Jocelin évêque de Sarifberi, Geofroi Ridel archidiacre de Cantorberi, Richard de Velcheftre archidiacre de Poitiers; &

plusieurs autres, au nombre de vingt-huit en

tout.

I. ep. 34.38.

11. 35. 36.

711. ep.52.

111. ep. 79.

37. ep. 74.

Thomas écrivant au pape & aux cardinaux s'étoit plaint entres autres chofes, que le roi d'Angleterre tournoit à fon profit les revenus des évêchez & des abbaïes vacantes, & ne fouffroit pas

III. ep. U.

que l'on y ordonnât des pafteurs. Le pape en écri- AN. 1169. vit à ce prince une lettre où il dit : Nous avons apris que vous tenez en vos mains les évêchez vacans de Lincolne, Bath & Herford, & que vous empêchez que l'on n'y fasse d'élection libre, vous attribuant nonfeulement ce qui eft à Cesar, mais encore ce qui eft à Dieu. C'est-pourquoi nous vous prions & vous enjoignons pour la remiffion de vos pechez, d'avertir le clergé de ces eglifes d'y fairre des élections canoniques ; & leur donner la protection neceffaire pour cet éfet, fans leur nommer les perfonnes qu'ils doivent élire, autrement nous serions obligez d'exercer contre vous l'autorité de S. Pierre. La date eft de Benevent le neuviéme d'Octobre 1169.

XIV.

gric.

ap. Baron. and

La même année Etienne III roi de Hongrie donna une charte adreffée aux archevêques de Strigo- Eglife de Honnie & de Colocza, à leurs fuffragans & à tous les ecclefiaftiques de fon roïaume, où il dit : Que par 1169. les exhortations d'un légat du pape, & pour imiter la dévotion du roi Geïfa fon pere envers le pape Alexandre II. il faut entendre Geïfa I. fon trifaïeul, par ces motifs il confirme la conftitution de ce prince, qui avoit promis de ne faire ni dépofition ni tranflation d'évêques fans l'autorité du pape. De plus abandonnant la coûtume de fes predeceffeurs il ordonne qu'arrivant le decès des évêques, on ne mettra plus d'œconomes laïques, pour regir les biens de l'églife, mais des clercs de vie exemplaire, qui les emploïeront aux réparations des bâtimens & à la fubfiftance des a que

pauvres,
es, fans

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