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an. 1178.

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CII, n. 6.

fa commission. Environ deux ans aprés il vint à An. 1179.
Rome, tant pour ses affaires particulieres, que pour
éviter l'indignation de son archevêque ; que tou-
tefois il n'avoit pas meritée. A son retour le roi
Amauri le fit precepteur du prince Baudouin
son fils âgé de neuf ans; puis de l'avis des seigneurs
il le fit son chancelier. Au mois de Mai 1174. il
fut élu archevêque de Tyr , par

le consentement
unanime du clergé & du peuple & avec l'agrement
du roi , & facré le huitiéme de Juin dans l'église du
saint Sepulcre par les mains d'Amauri patriarche de
Jerusalem.

L'empereur Manuel envoya aussi à Rome Geor- Epift. sp. Bar. ge metropolitain de Corfou , pour asister au concile & ensuite aller de sa part vers l'empereur Frideric; mais il tomba malade à Otrante ou il étoit arrivé le quinziéme d'Octobre 1178. & y demeura fix mois , pendant lesquels fe tint le concile. C'est pourquoi l'empereur Manuel le rapella , pour afilter à un concile indiqué par le patriarche de C. P. & Nectaire abbé des Calules asista pour les Grecs au concile de Latran,

Il s'y trouva trois cens deux évêques. Savoir cinquante-un de la province de Rome, dont le pre- to x.cone p. 1530. mier étoit Hubalde évêque d'Ostie , qui deux to:12. Spicil, p. ans aprés fut le pape Lucius III. Tous les prélats Guill d'Italie étoient au nombre de cent soixante-un: entre lesquels je remarque Romuald archevêque de Salerne, & deux Grecs de la province de Regio. De France les plus distinguez étoient, Guillaume archevêque de Reims, Guerin archevêque Dair. Biturir.

X X. Troisiéme concile de Latran.

Neubig p. 737

AN. 1179.

Roger.

de Bourges appažavant abbé de Pontigni, qui mourut deux ans aprés en 1181. Pors archevêque de Narbonne, Jean de Sarisberi évêque de Chartres, & son ami Jean évêque de Poitiers. De Normandie Gilles évêque d'Evreux fut le seul qui aslista à ce concile, d'Angleterre il n'y en eut que quatre; car les Anglois foûtenoient qu'ils ne devoient pas en envoyer davantage pour le concile general. D'Irlande y furent saint Laurent archevêque de Dublin , Catholique archêque de Tuam, & cinq ou fix évêques. Il y eut aussi plusieurs prelats Ecoslois. Entre ceux d'Allemagne on compte Arnold archevêque de Treves, Christien de Mayence & Conrad de Salsbourg. Il y avoit un évêque de Danemarc, & un

& un archevêque de Hongrie , qui est nonmé le dernier.

Ce concile se tint dans l'église de Latran, ou le pape étoit sur un siege élevé avec les cardinaux, les prefets , les senateurs & les consuls de Rome. Il y eut trois sessions , dont la premiere fut tenuë le lundi de la troisiéme semaine de Carême qui étoit le cinquiéme jour de Mars 1179. la seconde le mercredi de la semaine suivante quatorziéme de Mars ; la troisiéme le lundi de la Pallion dixncuviéme du même mois. En ce concile on fit vingt-sept canons

dont le premier porte en substance :

Pour prevenir les schisines , si dans l'élection du pape les cardinaux ne s'accordent

pas assez pour la faire unanimement ; celui-là sera reconnu pour le pape qui aura les deux tiers des voix. Et celui qui

n'ayant

X X1. Canons du concile de Latran. to. X. p. 1907

n'ayant que le tiers au moins des deux tiers en An. 1179, prendra le som sera privé de tout ordre sacré & excommunié : ensorte qu'on ne lui accordera

que le viatique à l'exrremité de la vie. La même peine s'étendra à ceux qui l'auront reçû pour pape. Le tout sans préjudice des canons, , qui ordonnent

que la plus grande & la plus laine partie doit l'emporter ; parce que dans les autres églises les difficultez peuvent être décidées par leurs superieurs , au lieu que l'église Romaine n'a point de fupcrieur. Nous declarons nulles les ordinations faites par les antipapes Octavien , Gui & Jean de Strume, & nous or- Camila donnons que ceux qui ont reçû d'eux des dignitez ecclesiastiques ou des benifices en soient privez. Nous callons les alienations par eux faites des biens ecclesiastiques ; & nous declarons sufpens des ordres sacrez & des dignitez , ceux qui volontairement ont fait serment de tenir le schisme.

Personne ne sera élû évêque qu'il n'ait trente 6.* ans accomplis, qu'il ne soit né en legitime mariage & recommandable par ses mours & fa doctrine. Si-tôt que son élection aura esté confirmée & qu'il aura l'administration des biens de l'église , les benefices qu'il avoit pourront être librement conferez par celui à qui il appartiendra. Quand aux dignitez inferieures, comme doyen

archidiaconez & autres benefices à charge d'ames, personne ne pourra en être pourvû qu'il n'ait atteint l'âge de vingt-cinq ans ; & il en Tome XV.

Non

nez

par

sera privé, si dans le tems marqué par les canons AN. 1179.

il n'est promû aux ordres convenables : savoir le diaconat pour les archidiacres & la prêtrise pour les autres. Les clercs qui auront fait une élection contre cette regle, seront privez du droit d'élire & suspens de leurs benefices pendant trois ans ; l'évêque qui aura contenti , perdra le droit de conferer ses dignitez.

Puisque l'apôtre se nourrissoit lui & les fiens 1. Theff. ill.

du travail de ses mains , pour ôter tout prexte 2. Theffisen

aux faux apôtres & n'être point à charge aux fideles ; nous ne pouvons fuffrir que quelquesuns de nos freres, les évêques obligent leurs inferieurs les grands frais des visites , à vendre les ornemens des églises , & à consumer en un moment ce qui auroit suffi pour les faire subsister long-tems. C'est pourquoi nous ordonnons que les archevêques dans leurs visites auront tout au plus quarante au cinquante chevaux

les cardinaux vingt-cinq, les évêques vingt ou trente; les archidiacres sept, les doyers & leurs inferieurs deux. Ils ne meneront point de chiens ou d'oiseaux pour la chasse , & se contenteront pour

leur table d'être servis suffifamment & modcitementLes évêques n'imposeront ni tailles ni exactions sur leur churgé ; ils pourront seulement en cas de besoin lui demander un secours charitable. Si un évêque orconre un prêtre cu un diacre sans lui asigner un titre certain , dont il puisie sutfifter ; il lui dornera de quoi vivre jusqucs à ce qu'il lui all gne un revenu ecclefiaftique., à moins que

le

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clerc ne puisse subsister de son patrimoine. C'est le An. 1179. premier canon que je fache qui parle du titre patrimonial, ou plutôt de patrimoine au lieu de titre ecclefiaftique.

L'abus des appellations trop frequentes en avoit 6.6. attiré un autre, savoir que pour les prevenir les évêques & même les archidiacres prononçoient des sentences de suspense ou d'excommunication sans monitions précedentes. Le concile leur défend d'en user ainsi , si ce n'est pour les fautes qui de leur nature emportent excommunication ; mais il défend aussi aux inferieurs d'appeller sans grief, ni avant l'entrée en cause. Si l'appellant ne vient point poursuivre son appel, il sera condamné aux dépens envers l'intimé qui se sera presenté. Or ces dépens étoient grands, sur tout pour les appellations à Rome, où on alloit se défendre en personne. Il est défendu en particulier aux moines & aux autres religieux, d'appeller des corrections de discipline imposées par leurs superieurs ou leurs chapitres.

Le concile défend comme des abus horribles 1.7! de rien exiger pour l'intronisation des évêques ou des abbez, pour l'installation des autres ecclesiastiques , ou la prise de possession des curez : pour

les sepultures, les mariages & les autres facremens ; ensorte qu'on les refuse à ceux qui n'ont pas dequoi donner. Et il ne faut point , dit le concile , alleguer la longue coûtume qui ne rend l'abus que plus criminel. Il défend ausli aux évêques & aux abbez d'imposer aux églises de

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