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collection d'histoire naturelle de feu M. le Docteur Ganiare, possédée aujourd'hui par Mr. Ganiare de Bessey son neveu.

J'ai commencé à trouver ce gravier depuis Dijon, sur le bord de l'Ouche. Je l'ai vu, sans interruption, jusqu'au delà de Beaune suivant tous les contours du giflement du pied des côteaux, & s'enfonçant dans les vallons jusqu'à une certaine profondeur. A une lieue au midi de Beaune, il se trouve enfoncé sous de la terre argilleuse qui le couvre; il en est de même à l'orient de la Ville, en tirant à la Saone; & depuis les points où il disparoît, ce n'est plus qu'un terrein très-argilleux jusqu'à cette riviere, dont le dernier dépôt est cette argille qui recouvre le gravier. On ne trouve point de pierres à bâtir dans tout ce terrein argilleux, nommé le pays bas, comme je l'ai déjà dit ci-dessus.

Beaune a des eaux superbes & abondantes, qui prennent leurs sources au pied du côteau, au dessus du Crét, & qui viennent arroser la Ville; l'une par la riviere qui la traverse, & l'autre en fournissant un ruisseau qui se distribue dans différentes rues, & qui contribue beaucoup à la propreté de la Ville & à la falubrité de l'air.

La riviere se nomme la Bcuseoise ou Bourgeoise. Les eaux abondantes de fa source font contenues dans un bassin profond , qui a été autrefois assez vaste pour avoir eu l'air d'un petit lac fort profond. Les joncs & les autres plantes ou arbrisseaux qui ont cru sur ses bords, se sont tellement propagés, en s'avançant vers le milieu , qu'il est résulté de l'entrelacement de leurs racines & de leur deftruction, un terrein limonneux comme celui des tourbieres de Picardie & de Flandres. Ce terrein s'accroît encore chaque jour, de forte que le bassin que l'on ne nettoie point, se resserre de plus en plus, en se comblant d'une vase qui provient de la destruction du cresson, du bécabunga , & des autres plantes aquatiques qui y prennent une telle croissance, que leurs tiges, ainsi que leurs racines, ont quelquefois, dans l'eau, plus d'un pouce de diametre.

La source qui fournit le ruisseau de la Ville, n'a d'autre nom que celui de l'Aigue, c'est-àdire eau par excellence. Cette fontaine mérite d'être chantée par quelques bons Poëtes, à cause de son site agréable, de la décoration, d'une ifle dans laquelle elle environne une antique Chapelle au milieu d'un fort beau jardin; à cause de la charmante promenade qu'elle procure; de ses deux bassins, le premier femi-circulaire & le second triangulaire; à cause de l'ombrage que procurent les arbres que l'on a soin d'y entretenir; enfin, à cause de l'attention que les anciens ont eue d'y construire, en pierre, des tables & des bancs, & sur-tout de placer, dans un joli canal par lequel les deux bassins communiquent, des pierres de taille façonnées pour y faire rafraîchir les bouteilles. Les eaux de cette belle source, ainsi que celles de la Bouseoise , sont d'une limpidité que rien n'égale , & très-légeres. Elles sont bien supérieures en qualité à celles des puits de la Ville, qui, filtrées à travers du crét, font crues & dures au point de ne diffoudre le favon qu'avec peine , à force de frottemens, ou lorsqu'elles ont été chauffées.

On est étonné de voir qu’une très-grande partie du pavé de la Ville de Beaune soit d'une espèce de marbre. Mais cet étonnement cesse quand on sait qu'au village de Savigny il y a des carrieres de ce marbre, qu'il y en a au village de la Doix, & qu'en remontant jufqu'à Dijon, on en trouve encore à Corgoloir, à Premeaux, à Fixin, &c. &c.

On trouve à Savigny du fpath, ainsi que toutes les espèces de pétrifications dont j'ai fait mention, & qu'il feroit inutile de nommer encore. M. le Marquis de Migieux, Sg'. du lieu, en a fait une collection qui trouve à merveille fa place dans fon riche & curieux cabinet d'histoire naturelle, & d'antiquités tant nationales qu'étrangeres. Tous les différens objets que ce Seigneur rassemble à grands frais, font également honneur à son discernement & à fon bon goût. Ce qui en réhausse encore le mérite, c'eit l'affabilité & l'aménité avec lesquelles M. de Migieux le plaît à faire voir fes riches collections. Son château est un niusée très-curieux, qui rassemble peinture , sculpture, antiquités, histoire naturelle, gravure, & une fort belle bibliothéque.

C'est sur le territoire de Savigny que Dom Rérol, Coadjuteur des Chartreux de Beau

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ne, a trouvé une superbe étoile marine, d cinq pointes, pétrifiée, d'environ cinq pouces de diametre , & qui fait un des plus beaux morceaux d'une belle collection d'histoire naturelle qu'il a formée depuis peu d'années , & que l'on voit avec grand plaisir à la Chartreuse. Elle contient des mines, des minéraux, des coquilles, des pétrifications, des insectes, des poissons desséchés, des oiseaux qui sont de la plus belle & de la plus fraiche conservation, préparés par Dom Rérol luimême; enfin , quelques ouvrages de l'art.

OBSERVATION

Sur une colique causée par des calculs

biliaires, & guérie par le dissolvant de. ces calculs.

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PAR M. MARET. Les.... âgé de soixante ans, d'un tempérament sanguino-bilieux, très-robufte , accoutumé à un travail très-fatiguant, sobre & d'une conduite très-réglée, mais ayant eu successivement des chagrins très-vifs , est le sujet dont la guérison va être confignée dans cette observation.

Ce fut le 26 Octobre de l'année derniere que je fus appellé au secours de ce malade.

Il éprouvoit depuis fept à huit mois des cos liques dont les retours devenoient de plus en plus fréquens. Ces coliques s'annonçoient par les accidens d'une indigestion & par une douleur sourde au creux de l'estomac, bientôt les douleurs devenoient très-violentes, & se faisoient fentir en différens points du bas-ventre. A ces douleurs fe joignoient des envies de vomir, & la colique se terminoit par des vomissemens & par une éruption considérable de vents par le haut & par le bas.

Dans les premiers temps de la maladie, il se bornoit à prendre une potion composée de vin, de fucre & de canelle, & des lavemens préparés avec la décoction de mauve & quelques cuillerées d'huile d'olive. Comme la colique finisoit après avoir duré quelques heures, il croyoit que le calme étoit dû aux remèdes qu'il avoit employés.

Mais il ne tarda pas à fe détromper. La durée de ses coliques , plus longue que dans les premiers temps, le força à recourir à des narcotiques; & comme la constipation devint considérable, sur-tout à l'approche des accès, & qu'en tout temps ses déjections étoient rares, difficiles, & composées de matieres grisâtres; comme la jauniffe accompagnée d'une demangeaison trés - incommode de tout le corps, suivoit les coliques, on lui conseilla des risanes apéritives de différentes espèces, & plusieurs purgatifs.

Čes remèdes ne firent qu'aigrir le mal; les coliques furent si fréquentes, qu'il en avoit

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