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: 1650. dans le petit presbytère de Pourville,

où elle passa le reste de la nuit ; & pour indemniser ce pauvre Curé, de la paille & du bois qu'elle avoit confommé pour sa chauffe, elle ordonna au Receveur de la terre de Hotot, dont dépend Pourville, de faire livrer tous les ans, deux-cents de fagors à ce Curé : générofité qui a encore son effer aujourd'hui. Dès que le jour parut, un navire qu'on voyoit depuis plufieurs jours sur les côtes de Dieppe, envoya fa chaloupe à terre , sur le fignal qui lui fut donné; & Madame de Longueville s'y embarqua pour rejoindre ce navire

De son côté, M. Duplessis-Bellières qui ignoroit, ainsi que

les Dieppois, Ja fuite de Madame de Longueville, voulut profiter de la frayeur où devois être la garnison du Château, & il en fit les approches à la tête de fix des compagnies bourgeoises. La résolution avec laquelle il vit marcher cette troupe en bon ordre, bien serrée, & traînant deux gros canons pour enfoncer la porte du Château , fit voir à ce Maréchal de camp, que ces gens intrépides, n'avoient avancé rien de trop au Roi, quand ils avoient assuré Sa Majesté, qu'ils n'avoient pas besoin

1650. d'autres troupes qu'eux-mêmes , pour se rendre maîtres de ce Château. Le fieur de Montigny, qui les connoifToit bien, ne douta pas qu'ils ne le priffent; & comme il craignoit qu'ils ne lui fissent payer cher l'inquiétude qu'il leur avoit causée, en recevant la Duchesse de Longueville , il fit descendre du Château, un Jésuite, pour assurer le Commandant qu'il ne demandoit qu'à obéir au Roi , qu'il prioit qu'on lui donnât seulement le temps qu'il falloit pour le retour d'un courier qu'il alloic dépêcher à Sa Majefté; & qu'il évacueroit le Château & la Citadelle. M. Duplessis lui accorda deux jours. En effet, ce courier étant revenu le lendemain après-midi, le fieur de Montigny sortit du Château, qu'il remit à M. Duplessis-Bellières. M. d'Harcourt, qui étoit chargé du gouvernement de la province, pendant la disgrace de M. de Longueville, donna aux habitants de Dieppe, ce Maréchal de camp pour Gouverneur , & nomma --le fieur des Rocques pour Lieutenant de Roi de la place.

Le Roi, fenfible à la preuve d'amor & de fidélité que les Dieppois venoient

1650.

de donner à Sa Majesté, leur envoya les deux lettres suivantes; l'une adressée à leur nouveau Gouverneur , & l'autre à l'Hôtel-de-Ville.

COPIE DE LA PREMIÈRE.

« Monsieur . Duplessis-Bellières, la o fidélité

que

les habitants de ma ville » de Dieppe ont toajours témoigné ► avoir au bien de mon service, mériw tant une récompense proportionnée » à leur affe&ion; je leur écris la lettre » que vous trouverez ci-jointe , & vous » fais celle-ci par l'avis de la Reine » régente , Madame ma mère, pour > vous dire que vous ayiez à leur renadre, en pleine assemblée de Ville, » pour en être fait le&ure, afin que > chacun sache la satisfa&ion qui mo

demeure de la bonne conduire qu'ils » ont tenue en la dernière occasion qui - s'est présentée en ladite ville, & que

& v j'en conserverai la mémoire , pour les en reconnoître en tout ce qui >> s'offrira pour leur bien & avantage. » Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, ► Monfieur Duplessis , en fa fainte garde. Ecrit à Rouen, le dix-huit de

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» Février mil fix

cent cinquante. 1652. » Signé: LOUIS. Et plus bas , » PHELIPPEAUX, *

Et sur la suscriptiox :

« A MONSIEUR DU PLESSIS-BELEIERES, » MARÉCHAL DE CAMP EN MES ARMEES, 27 » COMMANDANT POUR MON SERVICE, IN Má » VILLE DE DIAPPE,

COPIE DE LA SECONDE.

« CHERS ET BIEN AMÉS,

> des

de votre

« Il vous eft fi ordinaire de donner
marques

fidélice au

bien » de cet État, & d'acquérir , par ce v moyen, autant de mérite

que

d'hon-
» neur, qu'il Nous semble auffi difficile
» de précendre autre chofe de votre
o part, que de vous donner de la nôtre,
»
» de nouvelles preuves de l'affection
» que Nous vous portons. Nous ne
» laissons pourtant pas , quoique les
» Rois nos prédéceffeurs aient été libé.
» raux de leurs graces envers ceux qui
s les ont bien méritées ; de conserver
» le souvenir de ce que firent vos pères,
wloclque notre aïent combatcit pour la

te

• 1050. gloire, pour fa vie, & enfin »

pour » salut de la France, aux environs de » vos murailles; & Nous voyons, par » la suite de vos adions, que comme » vous avez été héritiers de leurs biens, » vous l'avez aussi été de leur zèle au » fervice de leur Souverain, qui, ayant » succedé à la Couronne de son père, »a pareillement succedé à l'amour qu'il » vous portoit : comme vous. Nous » l'avez fait voir en la dernière occa» fion qui s'est présentée depuis peu » en notre ville de Dieppe, que votre » fidélité est à l'épreuve de tous les » artifices de la corruption, & qu'il est

impossible d'arracher de vos cæurs, >> les respects que vous devez à votre co Roi; Nous avons résolu , pour vous » témoigner la satisfa&ion qui Nous en ” demeure, de vous faire jouir pleine» ment de vos priviléges, de vous les » confirmer , & de les augmenter, s'il >> vous en reste à defirer; afin

que

la > postérité sache que Nous avons été p aussi reconnoissant en votre endroit, >> que les Rois nos ancêtres , & que » vous n'avez pas moins mérité de » Nous , que les vôtres avoient faic » d'eux. Vous conserverez en vos ara pchives cette lettre que Nous vous fai

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