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entr’autres, un nommé Peltier , connu 1061.
pour mauvais sujet, L'Hôtel-de-Ville
le fit pendre le jour même , & en fit
fouetter crois autres des plus mal-fa-
més d'entre ceux qui avoient été arrê-
tés. On instruifit le procès de ceux
qui avoient volé dans les bureaux des
Commis ; & comme ils étoient en
fuite, ils furent contumacés, & ensuite
condamnés à être pendus en effigie.

Suivant l'Ordonnance de l'Inten-
dant de la Généralité, l'Hôtel-de-Ville
rendit, des fonds de la Communauté,
les sommes que les Commis déclarèrent
leur avoir été prises, & paya

la valeur des dommages que les mutins avoient faits à leurs meubles; & cette séditiott n'eut point de suites plus fâcheuses.

Après la mort de M. le Duc de Longueville, le Roi donna is gouvernement de notre Province à M, le Duc de Montaufier. Ce Seigneur fit à ce titre, son entrée dans Dieppe le 18 Juillet 1665.

Le 27 Octobre 1667, le Roi en son 1667. Conseil , rendit un Arrêt qui confirme la compétence de la police, à l'Hôtelde-Ville de Dieppe , & qui règle en même temps, la préséance de ce Corps sur tous les autres, ainsi que le nombre

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1667.

1668.

& la qualité de ceux qui doivent composer cette jurisdiction; ensemble l'ordre à tenir dans les élections & les assemblées générales.

Le 12 Mars 1668, intervint un Arrêt du Conseil , qui maintient les bourgeois & pêcheurs en leur droit d'hotage, liberté & franchise de vendre leur poisson dans Dieppe, rapporté dans le Recueil ci-après.

Le Roi, par Lettres-patentes du 18 Janvier 1668 , rapporté dans ledit Recueil, ordonna l'établissement d'un Hôpital Général dans Dieppe. Sa Majefté donne, pour principal motif de cet établissement, la commisération que méritent les matelots âgés, & l'a. vantage de bien élever leurs enfants. En voici les termes :

« Et comme il est de tout temps » sorti de notre bonne ville de Dieppe, » les plus expérimentés Capitaines, & » Pilotes les plus habiles, & les plus » hardis navigateurs de l'Europe ; que » ceux de ce lieu-là ont fait les pre» mières découvertes des pays les plus » éloignés; ce que les habitants d'icelle » defirent continuer & conserver cette v bonne réputation & notre estime

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o particulière, ils ont besoin d'avoir 1668. » des Pilotes & gens de mer qui soient » de bonnes meurs, & accoutumés dès » leur plus tendre enfance, à la piécé & » à la soumission, &c. »

Le 28 Mai de cette année, le Confeil accorda un Arrêt, qui distrait les Fermes du quayage , barrage & languayage, pour en être compté avec les rentes , fiefs', maisons & fontaines pardevant les Officiers de l'Hôtel-deVille de Dieppe.

Dans le mois d'Août de cette année, la peste fut apportée de Rouen à Dieppe, dans un sac de procédures, qu'un des habitants de cette dernière ville fic retirer de chez fon Procureur, mort à Rouen de ce mal. Cette peste, qui n'avoit pas fait de grands ravages dans cette capitale , parut avoir triplé sa malignité, par ce transport extraordinaire. Les effets en furent terribles dans Dieppe ; on fut obligé d'y établir des évents fur les monts de Caux & du, Pollet, & de poser des limites à une lieue de distance, pour intercepter toute communication. Cette peste enleva neuf à dix mille des habitants de cette ville, pendant les cinq premiers

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1668. mois de la durée ; & ce fléau ne cesta

entièrement, que dans l'hiver de 1670. On rendit graces à Dieu de sa ceffation, par une Procession générale.

La guerre avec la Hollande, fit craindre aux Dieppois, que les grands préparacifs maritimes de cette République ne fussent destinés contre leur ville. Les bourgeois, qui, en temps de paix ne se mettoient point sous les armes, pour garder leur ville , recommencèrent à faire le service militaire ; & M. le Duc de Roquelaure , chargé du gouvernement de la Province, en l'absence de M. le Duc de Montaufier, fic réparer & mettre en état les fortifications. Ce fut par l'ordre de M. de Roquelaure que les habitants commencèrent à tracer un chemin couvert audelà des murailles de leur ville, du côté de la mer, au moyen de terres & de décombres qu’on y apporta sur l'amas de galets qui se faisoit peu-à-peu, par le rapport des flots: amas qui depuis ce temps, est devenu fix fois plus confidérable, par le plus grand avancement des jetées dans la mer.

Les corsaires Hollandois venoienc prendre les bateaux pêcheurs jusques sur la rade de Dieppe. Pour y obvier, 1672,

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les négociants armèrent à la hâte, plusieurs navires, qui donnèrent chasse à ceux des ennemis.

La grande Flotte Hollandoise ayant paru sur les côtes de cette ville , à la fin de Mai 1672, la ville de Rouen envoya dix de ses compagnies bourgeoises , & l'on fit entrer dans le château & la citadelle, cinq-cents militiens gardes-côtes, pour en renforcer la garnison : enfin, on augmenta celle du Fort du Pollet, par deux compagnies du régiment de Navarre. Tous ces préparatifs de défense furent inutiles; car la flotte Hollandoise, commandée par Ruiter , passa à l'élévation de trois lieues de Dieppe, & fut attaquer la flotte Angloite & Françoise, commandées par

le Duc d'Yorck & le Comte d'Estrée.

Le fieur de Montigny, Gouverneur de la ville & château de Dieppe , y mourut dans le courant du mois de Mai 1675. Il fut inhumé en la chapelle de la Vierge de St Remi, où l'on voit son mausolée. Sa ftatue y est couchée , & son casque & ses gantelets

. font à ses côtés.

Le fieur de Montulé, à qui ce gou, vernement fut donné, n'y fit pour ain fa

1675.

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