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ECCLESIASTIQUE

Par Mr. l'Abbé FLEURY,

Prêtre, Prieur d'Argenteuil, & Con-

fesseur du Roy.
TO ME VING TIE M E.

NGTI

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A BRUXELLES,
Chez Eugene HENRY FRICX, Imprimeur de

Majesté, vis-à-vis de l'Eglise de la Madeleine. 1721."

Avec Privilege doo Approbations.

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ECCLESIASTIQUE.
REL LG LEX

1.
YANT parlé dans tout le cours de cet-
women
A

te Histoire de l'origine & du progrès Origine des
de la vie religieufe., selon

religieux les occaque

Moines fions s'en font presentées : j'ai crû de- d'Egypte. voir rafsembler en un discours mes reflexions sur ce grand sujet , & je l'ai placé au quatorziéme fiecle, où cette fainte institution étoit en la plus grande decadence.

Quiconque connoît l'esprit de l'Evangile ne peut douter que la profession religieuse ne foit d'institution divine , puisqu'elle consiste essentiellement à pratiquer deux conseils de Jesus- Matth.xix, Christ en renonçant au mariage & aux biens 11,21, temporels, & embrallant

continence parfaite & la pauvreté. C'est ce que nous voions executé par laint Antoine , Saint Pacome & les autres Moi

nes

nes d'Egypte reconnus par l'antiquité pour les plus parfaits de tous ; & qui par consequent doivent servir de modéles dans tous les fiecles à ceux qui voudront ramener la perfe&tion religieuse.

Outre les vies particulieres d'un grand nombre de ces Saints, nous avons dans les cuvres de Cassien , furtout dans les institutions une description exacte de leur maniere de vie, que j'ai

rapportée dans l'Histoire & qui renferme quatre Hj. liv. principaux articles : la solitude, le travail, le XX. *. 3. 4. jeûne & la priere. Leur folitude, d'où leur Úr vint le nom de Moines , ne consistoit pas

seulement à se separer des autres hommes & renoncer à leur societé, mais à s'éloigner des lieux frequentez, & habiter des deferts. Or ces deferts n'étoient pas

comme plusieurs s'imaginent , de valtes forêts , ou d'autres terres abandonnées

que l'on pût défricher & cultiver : c'étoit des lieux non-seulement inhabitez , mais inhabitables : des plaines immenses de sables

des montagnes fteriles des roches & des pierres. Ils s'arrêtoient aux endroits où ils trouvoient de l'eau , & y bâtissoient leurs cellules de roseaux ou d'autres matieres legeres ; & pour y arriver il falloit souvent faire plusieurs journées de chemin dans le defert. Là personne ne leur disputoit le terrain ; il ne falloit demander à personne la permission de s'y

établir; & ce ne fut que long-tems après, lorfHift. liv, que les Moines fe furent approchez jusques dans XXV11.9.22. les Villes, que le concile de Calcedoine défendit 1o. conc. p. de bâtir aucun Monaftere fans le consentement 609. de l'Evêque.

Le travail des mains étoit regardé comme XIX.9.25. essentiel à la vie monastique; & ce fut principale

ment l'aversion du travail qui fit condamner les heretiques Maffaliens. Les vrais Chrétiens con

lideroient faire 3

arides,

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Hiff. liv.

que tra

lideroient que dès l'état d'innocence Dieu avoit Gin 11.15. mis l'homme dans le paradis terrestre pour y 111.19. travailler ; & qu'après fon peché il lui donna pour penitence de cultiver la terre , & gagner fon pain à la sueur de son visage : que les plus grands Saints de l'ancien Testament avoient été pastres & laboureurs : enfin que JESUS-CHR+ST même avoit passé la moitié de sa vie mortelle à un mêtier serieux & penible. Car on ne voit pas que depuis l'âge de douze ans jusques à celui de trente, il ait fait autre chose vailler avec faint Joseph : d'où vient qu'on le Marivi.z. nommoit non-seulement fils de charpentier, mais charpentier lui-même. Ainsi il nous a montré par son exemple, que la vocation generale de tout le genre humain est de travailler en filence, à moins que Dieu ne nous appelle . à quelque fonction publique pour le service du prochain.

Le travail de ces premiers Moines tendoit principalement à deux fins, d'éviter l'oisiveté '& t'ennui infeparable de la folitude ; & de gagner de quoi vivre sans être à charge à personne. Car ils prenoient à la lettre cette parole de faint Paul : Si quelqu'un ne veut point travailler,

», 2. Theff. riti qu'il ne mange point non plus. Ils n'y cher- 10. choient ni glole ni explication. Mais ils choisifsoient des travaux faciles & compatibles avec la tranquillité d'esprit , comme de faire des nattes & des corbeilles, qui étoient les ouvrages des Moines Egyptiens. Les Syriens selon faint Hiß. liv. Ephrem , faisoient aussi de la corde, du papier xvr. n. 3. ou de la toile. Quelques-uns même ne dédai- E;hr.paran, gnoient pas de tourner la meule plus miserables esclaves. Ceux qui avoient quelques pieces de terre les cultivoient eux-mêmes : mais ils aimoient mieux les mêtiers, que les biens en fonds , qui demandent des soins pour

les

comme les 47

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