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contrefaite, incapable d'avoir des enfans : il fallut subir ce joug , une.. vengeance terrible eût suivi de près le refus.

Sous le regne suivant, la foiblesse de Charles VIII, le pouvoir excessif de la Dame de Beaujeu, la nécessité de soutenir les droits de premier Prince du Sang, l'ardeur de la jeunesle, la fougue des passions, la fatalité des conjonctures, emporteren't le Duc d'Orléans au-delà des bornes légitimes , & il n'en fut que plus malheureux. Ses intentions étoient pures, mais sa conduite fut quelquefois irréguliere ; il se révoltoit, il le fou. mettoit ; il se révoltoit encore, il bravoit la Dame de Beaujeu, qui le haïssoit d'autant plus qu'elle l'avoit peut-être aimé, il regrettoit cette célebre Anne de Bretagne qu'il avoit eu le courage de céder au Roi ; il souffroit , il faisoit des fautes, c'étoit apprendre à regner & à pardonner. BRANCHE D'ANGOULEM E. Jean , Comie

d' Argoulimi, Lorsque Charles, Duc d'Orléans, fige particu

liere de cette touché du repentir d'avoir attiré les branche.

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née 3413.

Anglois en France , fut contraint, eit
les renvoyant, de leur payer les ser-
vices qu'ils ne lui avoient pas ren-

dus, il ne put fournir qu'une partie Jean Juvenal de la fomme qu'ils exigerent, & leur des Ursins, donna pour ôtage du reste, son jeune les vi, ab- frere Jean (tige de la branche d'An

goulême ) qui, plus malheureux
que lui , resta trente-deux ans entre
les mains des ennemis. Charles pri-
sonnier lui-même , ne pouvoit le dé-
livrer; mais il fut libre le premier
par la générosité de Philippe le Bon,
& il semble qu'alors le Comte d'An-
goulême eût dû trouver dans un
frere qui l'avoit livré à la captivité,
les mêmes secours que ce frere avoit
trouvés dans un ennemi qui n'avoit
pas contribué à son malheur. Quoi-
qu'il en soit, il fallut que le Comte
d'Angoulême vendît le Comté de
Périgord , & qu'il engageât une par-
tie de ses biens pour recouvrer la
liberté, le plus précieux de tous. On
ne l'entendit se plaindre ni de la ri-
gueur du fort, ni de l'oubli de fa fa-
mille, ni de l'indifférence de la Cour;
il dédaigna de s'illustrer dans les agi-

Jean le Bon

tations brillantes de l'intrigue & de l'ambition, il chercha une gloire plus solide dans la retraite, dans la pratique des vertus, dans l'amour de ses sujets. Sa mémoire est encore chere Papyre Mz& vénérable aux habitans de l'An-fon, Viz de goumois : ils le bénissent comme le Comte d'Anbienfaiteur de leurs peres', ils le ré- gouleme. vérent comme un Saint ; on a même Vie de Jean

Comte d'an. imprimé un livre de ses vertus & de

goulême, par ses miracles; mais s'il n'a pas fait pré- JeanDupacte cisément de ces miracles trop multipliés par la superstition, trop légerement niés par l'incrédulité, il en a fait un toujours trop rare, celui de rendre ses peuples heureux. Son goût pour la retraite ne nuisit point à sa valeur; il se signala dans l'expédition qui enleva aux Anglois la Guyenne en 1451 & 1452.

Il eut de Marguerite de Rohan sa femme, Charles Comte d'Angoulê- Comte d'Auto me, qui ne dégénéra point de la ver- goulene. tu de ses ancêtres ; il parut avec éclat à la Cour , il obtint le Gouvernement de Guyenne. La politique jalouse de Louis XI lui enleva l'occasion d'une brillante fortune, Marie de Bourgos

4

Charles,

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Comines,
Son Go 3o

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Philippe de gne, la plus riche héritiere de l'Eu

rope,
recherchée

par tous les Prin-
ces ambitieux, offrit sa main au Dau-
phin, ou au Comte d'Angoulême.
Louis XI rejetta ces deux propofi-
cions fi avantageuses à la France. Le
Comte d'Angoulême épousa Louise,
fille de Philippe Duc de Savoye.
On verra dans la suite le bien & le
mal que cette femme célébre fit au
Royaume.

NAISSANCE DE FRANÇOIS.

Le Comte d'Angoulême, simple
& modeste comme fon Pere, avoit
puisé à la Cour le goût de la retraite;
on eût dit que ce goût étoit naturel
à la jeune Louise de Savoye , tant il
parut lui en coûter peu pour s'y con-
former. Elle vivoit avec son mari à
Coignac dans la plus étroite union.
C'est-là qu'elle mit au monde le 12
Septembre 1494 , ce Prince dont
le regne est une des plus glorieuses
époques de la Monarchie Françoise.

ÉDUCATION DE FRANÇOIS.
La Gomtele d'Angoulême, quis

voye.

comme femme & comme mere, devoit être frappée des moindres détails qui intéressoient celui qu'elle appelloit son Roi, fon Seigneur, son Jo rna, César , & fon Fils, tient dans ton Louise de sajournal un registre fidéle de tous les petits dangers auxquels l'en-' fance de François a échappé , de tous les accès de fiévre qu'il a eus, &c. Elle nous apprend que le petit chien Hapeguay , qui étoit de bon amour & loyal à son Maître, mourut le 24 O&obre 1502; mais elle ne nous dit pas un mot des progrès de l'é- : ducation de François, du développement de ses bonnes qualités, des mesures prises pour étouffer les mau : vaises. Ces objets ne lui ont point paru assez importans.

Au refte , il faut conyenir qu'à travers les périls dont toute enfance est alliégée, & dont François ne pou-. voit être exempt, elle en remarque deux qui dûrent faire frémir une mere, & que l'histoire peut ne pas

dedaigner. Ce Prince n'avoit encore que

six ans , lorsqu'une haquenée que le Ma

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