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berté contre des Citoyens tyrans ;
comme autrefois la plûpart des Villes
de la Gréce , ou des territoires par-
ticuliers que gouvernoient de petits
Souverains, Feudataires du Saint
Siege , & pour la plậpart issus du
Nepotisme. C'est ainsi que le Duché
d'Urbin appartenoit aux la Rovere ;
les diverses contrées de la Romagne,
à différens Vicaires de l'Eglise. L'il-
lustre Maison d'Est, qu'il ne
confondre parmi les Maisons issues
du Népotisme, possédoit le Duché
de Ferrare. La Maison de Gonzague
non moins illustre, possédoit le Man-

ne faut pas

touan.

Les révolutions de ces petits Etats n'avoient qu'une très-légere influence sur le système général de l'Italie; tout dépendoit du sort des cinq grands Etats. Leur intérêt commun étoit d'écarter les Etrangers & d'entretenir dans le sein de l'Italie une balance exacte, qui contînt les grandes Puissances dans leurs limites & qui procurât la sûreté des petites ; déja cependant le Royaume de Naples étoit entre les mains des Arra

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INTÈODUCTION.

123 gonnois , & il sembloit n'en pouvoir sortir que pour tomber dans celles des François ; le sort des armes alloit peut-être encore mettre ceux-ci en possession du Milanès; alors prefsant l'Italie par les deux bouts , ils la menaceroient d'une servitude prochaine. Mais quand les Arragonnois sauroient se maintenir dans le Royaume de Naples & en défendre l'entrée aux François, l'Italie en feroit-elle plus heureuse, si les François s'établiffoient dans Milan? Ceux-ci ne respireroient-ils pas toujours la conquête de ce Royaume de Naples auquel ils avoient tant de droit ? Celleroient-ils d’employer l'intrigue & les armes pour le recouvrer? L'Italie ne feroit-elle pas toujours déchirée par les querelles de ces deux Puissances rivales, ne seroit-elle d'épouser leurs haines & de se diviser au gré de leurs intérêts ? Les Etats situés au centre de l'Italie, inceflamment traversés par des armées ennemies , exposés aux dévastations inséparables de ces passages', n'eussentils pas même été trop souvent le théâ

pas forcée

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tre de la guerre ? La neutralité étoit
impossible , le repos & la liberté al-
loient fuir pour jamais de l'Italie ; l'é-
tablissement des François dans le Du-
ché de Milan étoit le signal d'une
difcorde éternelle. Il falloit donc se
réunir avec Maximilien Sforce contre
cette Puissance étrangere.

Mais cet intérêt général se modi-
fioit suivant les vûes particulieres de
chaque Etat.

Les dangers qu'on vient de dé-
crire , sembloient menacer principa-
lement le Pape &. les Florentins,
dont les Etats étoient situés entre le
Duché de Milan & le Royaume de
Naples ; mais ces dangers étoient
éloignés, incertains, partagés avec
d'autres Puissances. Des intérêts par-
ticuliers les occupoient, intérêts pré-
sens & trop forts pour leur laisser
beaucoup d'attention sur le reste; il
s'agissoit des deux plus grands objets
politiques, la liberté & l'autorité.
FLORENCE ET ROME.

La puissance des Médicis, née du
commerce & de l'opulence , s'ac-
croissoit par la sagesse, par la prudence, par l'amour des Arts, par toutes les ressources d'un luxe éclairé, bienfaisant , digne des plus grands Rois ; ils ne donnoient à leur Patrie que des fers dorés qu'elle n'appercevoit

pas, & qu'elle forgeoit quelquefois elle-même par l'hommage qu'elle rendoit aux vertus des Médicis.L'illuf

Guicciard. tre Côme fut honoré du titre de Pere

& autres Aude la Patrie. Laurent & Julien ses pe- teurs. tits-fils, gouvernerent leur République en Citoyens, mais en Maîtres. La conjuration des Pazzy, qui fit périr Julien, rendit Laurent (1) son frere plus cher aux Florentins par le danger qu'il avoit couru; ses ennemis en voulant le perdre , ne firent qu'augmenter son pouvoir, il marcha sur les traces de Côme fon ayeul, & fit comme lui les délices de la République. Pierre son fils, moins habile & moins heureux, fit trop sentir le joug aux Florentins qui le secouerent avec indignation; les pas témé

(1) Ce Laurenc de Médicis fut surnommé le Peres des Mufes.

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raires qu'il fit vers la Souveraineté, le rendirent odieux. Florence s’apperçut qu'elle n'étoit plus fibre & voulut le redevenir , elle fe fouleva & chasia Médicis qui ne put se rétablir.

Le Cardinal Jean de Médicis (1), à force d'adresse & de courage, ramena sa Maison triomphante dans Florence, elle reparut à la tête du Gouvernement avec une autorité accrue par la persécution. Le Cardinal parvint au Pontificat à l'âge de 36 ans; il prit le nom de Léon X. C'est ce Pape à jamais célebre par la protection magnifique qu'il accorda aux Arts, par les talens de toute espece qu'il fit éclore en Italie. Une heureuse émulation les porta bientôt dans les Etats voisins, & Léon X fut le bienfaiteur de l'Europe. C'é toit ce grand Prince qui occupoit le Saint Siege , lorsque François I parvint à la Couronne. Le jeune Laurent de Médicis son neveu , étoit, sous la direction, véritable Souve

(1) Oncle de Pierre.

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