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téreffoit qu'autant que l'équilibre pouvoit être détruit ; il leur importoit

peu que ce fût Louis XII ou Sforce qui eût le Milanes, pourvu que le Duc de Milan , quel qu'il fût, ne poffédât point d'autre Etat en Italie. D'ailleurs les François & les Vénitiens avoient un ennemi commun, également irréconciliable pour tous deux, c'étoit l’Empereur. Les Vénitiens n'avoient presque des Etats de terre-ferme qu'à ses dépens; car cet Empereur (Maximilien I,) étoit en même-tems le Chef de la Maison d'Autriche. A ces deux titres il difputoit aux Vénitiens d'un côté l'Iftrie & le Frioul; de l'autre, le Padouan, le Trevisan, le Vicentin & le Veronez. Louis XII & les Vénitiens, qui n'auroient jamais dû se séparer, se réunirent donc en 1513. Un nouveau traité (1) confirma celui de 1499, excepté que le Crémonez & la Ghiara d'Adda , cedés aux Vénitiens par le premier traité, furent

(1) signé à Blois le 13 Mars , & ratisé à Venise de is Avril,

réunis au Milanés; les Vénitiens & les François promirent de s'entraider à recouvrer tous les Domaines qu'ils avoient perdus : les François avoient été chassés du Milanés ; les Vénitiens avoient été dépouillés de presque toutes leurs pofleflions de terre-ferme par les armes des François même; c'étoit Louis XII qui, pour exécuter le Traité de Cambrai, s'en étoit emparé & les avoit fidélement remises entre les mains de l'Empereur, d'où les Vénitiens n'avoient pu encore les tirer; on jura de ne poser les armes que quand le Milanès auroit été rendu à la France', & les Etats de terreferine aux Vénitiens.

Cette guerre pendant le reste de la vie de Louis XII ne fut heureuse ni pour les François ni pour les Vénitiens , mais leur union ne fut point affoiblie par les disgraces ; François I en arrivant au Trône, la trouva dans toute sa force, & n'eut qu'à l'entretenir.

SA V O Y E.
Il semble que l'intérêt des Ducs de

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Savoye étoit de traverser les vûes de la France sur le Milanès. Envain la Nature avoit-elle confié à ces Ducs la garde des barrieres qui séparent la France de l'Italie, si les François établis dans le Milanès, pressant à la fois la Savoye & le Piémont du côté de la France & du côté de l'Italie, pouvoient, en cas de résistance, forcer ces barrieres jusqu'alors insurmontables. D'ailleurs, les François, maîtres du Milanès, ne seroient-ils pas tentés de remplir l'espace qui séparoit de cet Etat les Provinces Françoises , & de s'emparer de la garde fi précieuse des Alpes? Enfin, fi les Ducs de Savoye eux - mêmes vouloient s'aggrandir du côté du Milanès, n'auroient-ils pas meilleur marché d'un Souverain foible & isolé tel que Sforce, que d'une Puissạnce formidable telle que les François ? Malgré ces considérations, qui sembloient devoir armer les Ducs de Savoye contre les François, on ne voit point que sous Charles VIII ni sous Louis XII le pasa fage par le Piém,ont ait jamais été refusé aux troupes Françoises; & à l'ayé

:

nement de François I, les næuds intimes qui unifloient la Maison de Savoye à la branche royale d'Angoulême , rendoient le Duc Charles III entiérement dévoué aux intérêts du Roi son neveu.

Les Ducs de Savoye ne possédoient alors ni le Marquisat de Saluces ni le Montferrat; ces pays appartenoient à des Seigneurs particuliers, & leur situation malheureuse les rendoit presque toujours la proye des grandes Puissances qui faisoient la

A L L EM AG N E.

L'Allemagne avoit alors pour Chef Maximilien d'Autriche, que son mariage avec Marie de Bourgogne avoit rendu de bonne heure ennemi nécessaire des François, en lui imposant le devoir de défendre sa femme & les Etats de la succession de Bourgogne contre les armes & les intrigues de Louis XI. On avoit voulu étouffer cette haine dans son origine en mariant le Dauphin , depuis Charles VIII , avec Marguerite

guerre en Italie.

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d'Autriche, fille de Maximilien & de
Marie de Bourgogne; mais Char-
les VIII monté sur le Trône, avoit
renvoyé Marguerite à son Pere, &
avoir enlevé à celui - ci la Princesse
de Bretagne que Maximilien avoit
déja épousée par ses Ambassadeurs.
On tenta plusieurs fois sous le regne
suivant de rétablir ces neuds, en ma-
riant Charles d'Autriche , petit-fils
de Maximilien , avec Madame Clau-
de fille aînée de Louis XII. Tous ces
traités toujours rompus , parurent à

Maximilien autant d'outrages qu'il
Guicciard,
'écrivit sur son livre rouge,

se

propoRerum Ger- sant de les venger d'une maniere éclaex Bibliot: tante, quand la mesure seroit comMarquardi blée ; mais le Trône Impérial qu'il Freheri.

Edit. de occupoit avec peu de gloire , ne Burcard Gor- lui donnoit pas autant de puistlef Struve,

fance

que

de grandeur. Les Etats Philippe de indociles se refusoient souvent à ses Gaguin, pas projets, lui fournissoient fort peu de femme troupes & encore moins d'argent.

Les Flamands n'avoient ni plus de
soumission ni plus de libéralité à son
égard ; toujours prêts à se jetter en-
tre les bras de la France, il falloit

liv. 13.

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Comines.

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