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Buchanan. Rer, Scoti. car. hiftor.

1437.

1371 occupoit le Trône d'Ecofle',
a mérité entre toutes les autres le
titre respectable d'Infortunée , par
une suite de disgraces que le tems
n'a point vu finir. Jacques I, après
avoir été prisonnier dix-huit ans en & alii passimo
Angleterre, avoit été massacré par
ses propres sujets. Ses filles furent ré-
duites à chercher un asyle en Fran-
ce, où une de leurs fæurs étoit Dau-
phine ; c'étoit la premiere femme de
Louis XI. Victime de la calomnie,
elle mourut à vingt ans, moitié de
maladie , moitié de douleur ; & déja
lasse de la vie (1). Jacques II fut tué
à 29 ans dans une expédition mal-
heureuse. Jacques III n'avoit pas
trente-cinq ans lorsqu'il fut tué dans
une bataille par ses sujets rebelles.
Jacques IV, gendre du Roi d'An-
gleterre Henri VII, , ayant

1

fait

pour servir la France une irruption dans les Etats de Henri VIII son beaufrere, termina par une mort violente

IS 137

(1) Son dernier mot fur: Fy de la vie , qu'on ne m'en parle plus. Elle mourut sous Charles VII, & ne fut point Reine,

segar

>

une vie toujours agitée. C'est par de telles infortunes que cette race augulte préludoit au détrônement , à la proscription, à l'échafaut qui lui étoient réservés.

Le Roi d'Ecosse laissa Jacques V son fils en très-bas âge. Le Roi d'Angleterre crut avoir crouvé l'occasion de gouverner l'Ecosse; il esperoit que fa fæur, comme mere du jeune Prince., en auroit la tutelle avec l'administration du Royaume ; mais Louis XII envoya en Ecosse Jean Stuart Duc d'Albane, cousin-germain de Jacques IV, à qui les Etats du Royaume s'empressereint de déférer la tutelle par l'horreur qu'ils avoient pour la domination Angloise: ce Duc d'Albanie trouva la même protection dans François I. Au reste lorsque François I parvint au Trône, la paix étoit nouvellement conclue entre la France & l'Angleterre; elle avoit été cimentée par le mariage de Louis XII avec Marie , fæur de Henri VIII. Il ne s'agissoit que

de l'entretenir; mais la guerre & la paix dépendoient alors d'un Ministre avide

&

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& ambitieux , toujours prêt à vendre l'une & l'autre à celui qui lui offriroit le plus d'honneurs ou d'argent ;c'étoit l'orgueilleux Volsey. Il gouvernoit despotiquement l'Angleterre , il disoit : le Roi & moi voulons. Cet homme , auquel beaucoup d'Hiftoriens ne donnent que des vices & refusent toute espece de mérite , (ce qui paroît un peu exaggéré) étoit fils d'un Boucher d'Ipswick dans le Duché de Suffolk ; il avoit été Profefseur de Grammaire dans l'Université d'Oxford : devenu succeslivement Chapelain, puis Aumônier du Roi, Archevêque d’York, Grand Chancelier du Royaume, Cardinal, il ne voyoit plus au-dessus de lui

que

la Thiare, à laquelle il aspiroit, & c'étoit principalement en flattant cette espérance ambitieuse, qu'on pouvoit

compter sur lui.

ETATS DU NORD. Les Etats du Nord n'avoient prefque point d'influence alors sur les affaires du reste de l'Europe ; ils avoient leurs intérêts à part ; les Tome I

H

affaires de l'Empire leur étoient un
peu moins étrangeres que les autres,
sur-tout au Dannemark , mais ils ne
prenoient aucune part à celles de
l'Italie.
POLOGNE, BOHÊME

ET HONGRIE.
La Pologne , la Bohême & la
Hongrie étoient gouvernées par des
Rois particuliers, moitié héréditai-
res , moitié électifs, presque toujours
occupés à repousser les irruptions
des Ottomans; c'étoit alors la Maison
de Jagellon qui portoit avec éclat
ces trois Couronnes.

TUR QUI E. La Puissance Ottomane prenoit tous les jours de nouveaux accroisfemens ; une suite non interrompue d'Empereurs belliqueux & Conquérans , avoit en peu de tems élevé les

Turcs au comble de la gloire. Depuis DepuisenSoliman I jusqu'à Mahomet II, ils jusqu'en 1441 n'avoient cessé de s'étendre dans les

trois parties du monde alors connu. de reb.& vit. Mahomet II , le plus terrible de ces Imperator:) Conquérans, fut le premier qui péné.

ou environ.

Paul, Joy.

Turcar.

Le Prince

tra jusqu'en Italie; il saccagea Otrante, il fit trembler Rome, il parut prêt Cantim. hift. à engloutir l'Univers Chrétien ; il échoua pourtant devant Belgrade & devant Rhodes, ces deux fameux boulevards de la Chrétienté.

L'Ile de Rhodes étoit alors défen due par cette Milice religieuse, née de la charité, formée dans le sein des Croisades, reste noble & précieux de cet esprit de Chevalerie pieuse, qui avoit produit autrefois tant de folie & tant d'héroïsme. Les Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean, accrus des dépouilles des malheureux Templiers, avoient été transportés par la vicissitude des événemens de Jérusalem à Acre , d'Acre à Limiflo dans l'Isle de Cypre, de Limisso dans l’Ille de Rhodes, dont ils firent la conquête le 15 Août 1310. A peine en étoient - ils en possession, qu'Othman I, Chef de la race des Ottomans , voulut la leur enlever ; il fut repoussé avec perte; Mahomet II ne fut pas plus heureux en 1481, & mourut cette même année, lorfqu'il se disposoit à remettre le fiége

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