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menetement de la dureté des Suisses, il 1515. parut allarmé de leurs menaces , & il

fit faire ouvertement en Bourgogne des préparatifs qu'on pouvoit croire uniquement destinés à la défense de cette Province.

Le Pape & les autres Princes d'Italie donnerent dans le piége; en conbinant les conjonctures, ils croyoient qu'en effet le Roi se borneroit à défendre la Bourgogne, & n'entreprendroit rien en Italie, au moins cette année. Un nouveau regne ne leur paroisloit point propre à de figrands projets; » il faut du tems, disoient-ils

, pour » que ce jeune Roi soit affermi sur le » ì rône où il est à peine monté, il » 'faut qu'il prenne connoiffance des 9 différentes branches de l'administa

tion, qu'il rétablisse les Finances

épuisées sous le dernier regne , Petrus de 5 qu'il répare toutes les bréches que Angler. Ep. „ les malheurs des dernieres années Mariana.

»» de Louis XII ont faites à la
» France.
En vain le sage ( 1 ) Ferdinand leur

(1) Sagax eft o long å rerum experientia sapiens. dit de lui

Pierre Martyr d'Anglerie , Epift. 543*

ככ

543,

4

crioit:ne vous endormez point
» sur une si vaine confiance ; un mo- 1515.
» ment suffit aux François pour s'ac-
» coutumer à leurs Maîtres. N'exami-
» nez point tant ce que notre ennemi
» doit faire, considérez un peu plus

ce qu'il fait. Est-ce uniquement pour » défendre la Bourgogne, qu'il ajou» te à sa Gendarmerie quinze cens » lances? augmentation inouie, exor5 bitante, qui annonce les plus val» tes projets. Est-ce pour défendre » la Bourgogne, qu’un train immense » d'Artillerie défile dans le Lyon» nois, & gagne insensiblement les » Montagnes? Est-ce encore pour » défendre la Bourgogne, que l'Al» lemagne lui fournit jusqu'à dix mille

Laníquenets , que le Duc de Guel» dres lui rassemble dans ses Etats six » mille Fantassins d'Elite, que Pierre o de Navarre, (I) mon Sujet re

(1) Pierre de Navarre érnit un Espagnol, foldat de fortune, le premier Ingénieur de l'Euro; e & und spremiers Capitaines; fon mérite l'avoit élve au Commandernent en Espagne. A la Baraille de Ravenne, où il commandoir l’Inanere Espagnote, il avoit lons-reins disputé la vi&oire à Gaston de Foix; il en coûta la vie à Gaston & la liberté a

و

IS. n. 3.

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» belle , vient jusques sur les from ISIS: » tieres de mon Royaume , lever dix Belcar. liv. » mille Gascons ou Basques ? P. Jove, liv.

Les Princes d'Italie ne vouloient point être frappés de toutes ces démarches qui se faisoient loin de leurs yeux.

Cependant le Roi d'Espagne, l’Empereur,

les Suifles & leur Duc de Milan, Maximilien Sforce, pressoiene le Pape d'entrer dans une ligue qu'ils venoient de former pour la défense de l'Italie. Cette ligue étoit même offensive ; les Suisses,

, moyennant

Navarre. Le Duc de Longueville ayant aussi été pris l'année suivante à la bataille de Guinegaste, Louis XIl lui donna Navarre pour que la rançon qu'il en zireroit , l'aidậc à payer la fienne ; mais le lâche Cardonne , Viceroi de Naples, qui avoit fui des premiers à la bataille de Ravenne, ofà imputer sa défaite à Navarre , objet de fa bafle envie ; le Roi d'Espagne par une ceconomie imprudente, saisit ce prétexte de refuser la rançon de Navarre qu'il fçavoit n'être pas ailez riche pour la payer. Louis XII & François I lui firent les offres les plus presa fantes pour l'attirer à leur service, il en fit parts Con Maitre , qui ne daigna y faire aucune attention; enfin Navarre prit le parti de s'attacher à la Fran«e, en protestant contre son ingrate Patrie , qui pour prix de ses services, le condamnoit à une captivité éternelle. C'est lui qui le premier a fair con noître en Europe l'art des minės , fi redoutable dans Jes fiéges.

trente millle ducats par mois , que les Confédérés leur payeroient, de- i5is: voient entrer en Bourgogne ou en Dauphiné; le Roi d'Espagne devoit aussi entrer en Guyenne ou en Lan- Franc. Guice

. guedoc.

Le Pape vouloit être neutre, ou du moins le paroître ; il alléguoit son titre de Pere commun des Fidéles mais le titre qu'il consultoit véritablement, étoit celui de Chef de la Maison de Médicis. Tout occupé de l'aggrandissement de cette Maison , il vouloit d'un côté faire Laurent, fon neveu , Souverain de Florence; de l'autre, il vouloit former en faveur de Julien, fon frere , un Etat composé des Villes de Parme & de Plaisance, que Jules II, fon Prédécesseur, avoit prises au Duc de Milan ; & de Níodene & Regge, que le même Jules II avoit prises au Duc de Ferrare; il cherchoit d'abord pour son frere un mariage qui lui procurât de l'appui, & qui facilitât l'exécution de ce projet; le Roi d'Espagne lui offroit Isabelle de Cardonne, fa parente ; le Pape préféra Marguerite de

Savoye, tante de François I. Cetre 1515. alliance sembloit devoir jetter les Mé

dicis dans le parti de la France. Le
Roi n'oublia rien pour leur persua-
der que c'étoit leur intérêt; cepen-
dant le Pape irrésolu flottoit toujours
entre la France & la Ligue, négocioit
avec les deux partis, n'en embrassoit
aucun. Tantôt Albert Pio, Prince
de Carpi, Ambassadeur de l'Empe-
reur, & Jerôme de Vic , Ambafla-
deur d'Espagne, qui l'obsédoient sans
celle , croyoient toucher au moment
de l'entraîner ; tantôt ils le voyoient
échapper à tous les efforts de leur

po-
litique, & se jetter entre les bras de
l'Ambassadeur de France. Cet Am-
bassadeur étoit Guillaume Budé, un
de ces hommes rares, dont les Let-
tres ont fait la fortune; le choix d'un
Sçavant pour une négociation fidé-
licate, attestoit l'amour des Lettres,
& dans le Souverain qui l'envoyoit ,
& dans le Souverain auquel il étoit
envoyé; on s'étoit Alatté que ses pro-
fondes connoissances dans la Littéra-
ture grecque & latine, lui procure-
soient, avec la familiarité du Pape

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