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Le Roi affermit la conquête du 1516. Milanès en faisant la paix avec les

Suisses, aux mêmes conditions qui avoient été acceptées de part & d'autres à Galera , avant la bataille de Marignan , & auxquelles le Roi vainqueur eut la modération politique de ne rien changer.

Les Suisses reconnurent le Roi pour

Duc de Milan , Comte d'Ast & Seigneur de Gênes; promirent de lui fournir pour la défense de ces Etats, ainsi que

de tous les autres de sa dépendance , le nombre de gens de guerre dont on conviendroit selon les circonstances, s'engagerent à rendre les Places (1) & Châteaux, qu'eux & leurs Alliés possédoient dans le Duché de Milan.

Le Roi s'obligea de leur payer dans des termes convenus un million d'écus , tant pour l'exécution du trai té de Dijon, que pour d'autres ob;

(1) Sçavoir quatre Bailliages nommésLugan, Lucarne, Magia, Mendrysio, dont ils s'étoient emparés en is 12,par droit de bienséance, & le Comté de Chia: venne & la Valceline, dont les Grisons (revenus à deur alliance) s'étoient depuis lajlis à leur exemple,

jets , il augmenta ausli les pensions qu'on leur payoit avant leur rupture 1516. avec la France; c'étoit cette augmentation qu'ils avoient demandée à Louis XII, & que Louis XII mécontent d'eux d'ailleurs, avoit refusée.

Les Suisles conserverent cette clef du Milanés, cette Place importante de Bellinzone , dont l'usurpation les .avoit brouillés avec la France. Ils se réserverent ausli le Comté d'Arone.

Les cinq petits Cantons (1) qui étoient en possession des vallées du Milanès que le Roi se faisoit rendre, trouverent cette restitution si dure, qu'ils refuserent de signer le traité, & consentirent à ne point toucher leur part du million d'écus; les huit autres Cantons toucherent la leur, mais ils stipulerent qu'ils ne seroient point obligés d'agir contre leurs Compatriores , quand on entreprendroit de reprendre sur eux les Val- , lées : François I trouva qu'elles ne méritoient pas une continuation de guerre; & sans les abandonner , il ne

(1) Schwics, Uri , Underwald, Zug & Glaris,

fit aucun mouvement pour s'en resai1516. fir. On peut dire au reste que par ce

traité, les Suisses étoient plutôt dé-
farmés à l'égard des François que
reconciliés avec eux.
| Le Roi donna le Gouvernement
du Milanès au Connétable, qui avoit
eu tant de part à cette conquête , &
il revint en France recueillir les plus
doux fruits de la victoire, l'applau-
dissement de ses Peuples.

Depuis la conquête du Milanès, le Roi d'Espagne trembloit pour le Royaume de Naples; soit qu'il ignorât l'engagement que François I avoit pris à cet égard avec le Pape dans l'entrevue de Bologne , soie qu'accoutumé à violer tous ses engagemens, il ne conçût pas qu'un autre Prince pút être Esclave des fiens, il ne négligeoit rien pour sufciter à François I de nouveaux ennemis, il cherchoit à réveiller la haine des Suisses, il irritoit la jalousie naturelle du Roi d'Angleterre , il fournissoit cent vingt mille écus à l’Empereur , pour faire une irruption dans le Milanes, sans longer que l'indos

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lent Maximilien pourroit prendre l'argent & rester tranquille. Au milieu 1516. de tous ces mouvemens , le Roi d'El

Piques lo pagne allant à Seville , mourut le 22 23 Mars. Février , au petit Village de Madrigalet( 1), victime, comme l'avoit été Louis XII, du desir tardif ( 2 ) d'avoir des héritiers de son nom.

Belcar. liva Les Historiens prétendent que Ger- 15. 1. 29. maine de Foix la femme lui avoit fait prendre dans cette vue un breuvage qui le rendit hydropique & causa la mort. Il y a sans doute plus de remedes capables de tuer un Vieillard, que de philtres capables de ranimer la nature éteinte.

On croyoit que Ferdinand laisseroit la Couronne d'Espagne (3) à

(1) Varillas ne manque pas de dire qu'on avoit prédie à Ferdinand qu'il mourroit à Madrigal , que Ferdinand évitoit toujours d'aller dans cette Ville de Castille , que se trouvant très-mal dans sa route & étant forcé de s'arrêter dans un Village, il s'avisa d'en demander le nom , & qu'au mot de Madrigalet, il s'écria qu'il étoit mort.

(2) Il avoit 63 ans, & les avoit bien employés, soit dans les occupations qui illukrent la vie, soit dans celles qui l'abrégent. (3) Nous considérons ici l'Espagne comme toute

l'Archiduc Ferdinand son petit-fils, 1516. frere puîné de Charles ; en effet,

Charles élevé loin de lui dans les Pays-Bas, sous les yeux du Roi de France , par un Gouverneur peu agréable à Ferdinand, Charles , qui d'ailleurs avoit traité sans sa participation avec François I. son ennemi , devoit lui être bien moins cher que le jeune Ferdinand son filleul , élevé dans sa Cour , formé par luimême aux mæurs espagnoles , & toujours comblé des témoignages de fa tendresse ; mais la politique déterminoit seule les démarches efsentielles de Ferdinand, il voulut que tous ses Etats réunis dans la personne de Charles , & joints avec les Etats de la Maison d'Autriche ( dont ce Prince devoit hériter à la mort de l'Empereur ) for

réunie sous Ferdinand, parce qu'en effet il la gou. vernoit route entiere , cependant la Couronne de Castille & tout ce qui en dépendoit, appartenoit déja à l'Archiduc Charles, par la mort d'Isabelle de Castille fon ayeule , & par l'état de démence de Jeanne sa incre,

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