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Paul Jove raconte aussi

que

Marc 1516. Antoine Colonne , ayant gagné un

Laboureur des environs de Vérone, qui alloit souvent au camp des Vénitiens pour y vendre ses denrées, cet homme , dont on ne se défioit point , s'approcha de l'artillerie, sans que les Gardes l'en empêchallent , & mit le feu aux poudres , qui furent toutes consumées en un instant. L'incendiaire qui s'étoit retiré, après avoir mis la mêche à portée d'embraser les poudres , fut arrêté , appliqué à la torture & brûlé vif.

Lautrec se retira vers Villefranche (1), poste avantageux, qui séparant le Mantouan du Véronez, lui donnoit la facilité de couper les vi

vres aux assiégés. P. Joy.1.18.

Pendant que les François aidoient ainsi les Vénitiens à recouvrer leurs Etats de terre - ferme, l'Archiduc Charles devenu héritier des Royau

(I) Cette Villefranche n'est point celle où Prorper Colonne avoit été surpris ; cette derniere est au pied des Alpes dans le Piémone , l'autre est audelà du Milanés sur les confins du Veronez.

mes

DE FRANÇOIS I. 313 mes d'Espagne par la mort de Ferdinand son ayeul, n'en recherchoit 1516 que plus ardemment l'alliance de François I, afin que la prise de polsession ne fût point troublée par ce voisin redoutable, placé entre l'Elpagne & les Pays-Bas. Ces deux Princes avoient ensemble de grands intérêts à regler. Charles venoit d'hériter des droits de la Maison d’Arragon sur le Royaume de Naples , & François I. brûloit de reconquérir ce Royaume. François I ne prétendoit point d'ailleurs trahir la caufe du Roi de Navarre son protégé, & Charles trouvoit cette portion de l'Efpagne trop précieuse par sa situation vers les Pyrenées, pour consentir à la reftituer ; mais fon intérêt le plus presfant étoit alors d'être sans ennemis, & sur-tout d'avoir la France pour amie. Il presla donc François I de nommer un Plénipotentiaire , & de Belear. liv: choisir un lieu pour les Conférences, 'S. 1 36. François I choisit Noyon & nom- liv, 12. ma le Grand-Maître de Boisy. Charles nomma le Plénipotentiaire le liv. 1.

Du Bellaya moins fufpeęt à la France; ce fut le Tome I.

O

Guicciardi

Mém. de

Seigneur de Chiévres, ami particu1516. lier de Boisy ( 1 ). Ainsi les deux

Gouverneurs eurent entre leurs mains les intérêts de leurs deux illustres éleves ; ils étoient dignes de cet honneur par la droiture de leurs intentions & par leur amour pour la paix; mais il paroît que dans ces Conférences, Chiévres fut plus habile que Boisy; celui – ci ne profita pas assez de l'avantage des circonstances: il est certain qu'alors le nouveau Roi d'Espagne auroit subi la loi qu'on auroit voulu lui imposer; on ne pouvoit retrouver une G belle occasion de l'obliger à rendre la Navarre & le Royaume de Naples. Charles avoit tout à craindre; l'Arragon & la Castille pouvoient lui préférer le jeune Ferdinand son frere; la Castille pouvoit au moins refuser de le reconnoître pendant la vie de la mere; la France pouvoit exciter ou fomen

(1) Il y avoir encore d'autres Négociateurs , tels que l'Eveque de Paris Etienne Poncher & le Premier Président du Parlement de Paris, Pierre Mondor de la Marthonie pour le Roi; le grand Chancelier de l'Empereur pour le Roi d'Espagne,

ter tous ces troubles; elle pouvoit pendant l'absence de Charles, qu'el- 1516. le occuperoit ainsi en Espagne, mettre la main sur les Pays-Bas, toujours assez François dans le cœur. C'étoit donc le moment de tout obtenir du Roi d'Espagne (1). La France n'obtint rien & accorda tout. On convint

que

Charles, aussi-tôt Le 13 sowe qu'il seroit arrivé en Espagne, & qu'il 1516. auroit pris connoissance de l'affaire de la Navarre, fatisferoit Henri d'Albret (2).

Quant au Royaume de Naples, on prit pour base des opérations, le traité de partage conclu en 1501 entre Louis XII & Ferdinand , traité que

celui-ci avoit violé; oneut égard aufli au traité de 1505, par lequel Ferdinand, épousant Germaine de Foix, niéce de Louis XII, avoit pris

(1) Nous appellerons désormais ainsi l'Archiduc Charles,

(2) Fils de Jean, sur lequel elle avoit été usure pée, & qui étoit mort après une centative malheureuse pour la recouvrer. Varillas qui renverse cout, suppose qu'il ne fit cette tentative qu'après le traité de Noyon, qui ne parle pourtant que de son fils, parce que Jeap écoit mort le 17 Juin précédent,

en dot la portion du Royaume de 1516. Naples, (qu'il avoit usurpée sur Louis

Guicciard. XII); les conditions de ce mariage Live 12.

étoient que si Germaine de Foix survivoit fans enfans, cette moitié reviendroit à la France, & que fi Ferdinand survivoit , soit qu'il eût des enfans de Germaine, soit qu'il n'en eût point, il réuniroit les deux portions du Royaume de Naples. Le premier cas étoit arrivé, Ferdinand étoit mort sans laisser d'enfans de Germaine ; ainsi en adoptant même les traités de 1501 & de 1505, en supposant qu'ils eussent été fidélement exécutés par l'Espagne, la moitié du moins du Royaume de Naples revenoit à la France. François I fit ce qu'avoit fait Louis XII, il céda cette moitié au Roi d'Espagne par le traité de Noyon, en faveur du mariage qui fut aussi arrêté à Noyon entre le Roi d'Espagne & Madame Louise, fille alors unique de François I, & qui n'avoit encore qu'un an (1). On ne tint aucun compte du mariage con

(1) Elle écoit néc le 12 Août asts

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