Imágenes de páginas
PDF
EPUB

1516.

liv. 12

Grises, les Valaisans, enfin avec tout le 1516.

Corps Helvétique , le Traité auquel 29 Novembre

on donna le nom de Paix perpétuelle Guicciard. & qui le mérita, puisqu'en effet de

puis ce tems les Suisses n'ont point
cellé d'être fidéles à l'alliance des
François.

Une des principales conditions du
Traité de Fribourg, étoit que les
Suisses ne porteroient jamais les ar-
mes contre la France en faveur d'au-
cun autre Etat : cette clause impor-
tante fut achetée par une augmenta-
tion de pensions, qui sembloit ré-
pondre qu'elle seroit exécutée. Si
depuis on a vu plus d'une fois sous le
regne même de François I. des Suif-
ses servir contre la France, ce n'étoit
point de l'aveu de la Nation entiere;
ils étoient ou séduits par le Cardinal
de Sion, ou entraînés par des cir-
constances qui leur faisoient croire
cette démarche compatible avec le
Traité de Fribourg ; alors même il
y avoit des Suisses en plus grand
nombre dans les armées Françoises,
& ces Suisses étoient apparemment
T:us avoués par leurs Supérieurs,

[ocr errors]
[ocr errors][merged small]

liv, 12€

La conduite du Pape à l'égard de la France, avoit été très-équivoque 1516. , pendant l'expédition de l'Empereur, elle avoit même donné lieu de soupçonner que cette expédition étoit dúe en partie aux intrigues du Pape, Guicciarda & qu'il avoit appellé Maximilien en Italie. Cependant les prétentions de l'Empereur sur l'Italie étoient bien plus redoutables au Saint Siege que celles de François I. Celles-ci avoient des bornes, les autres n'en avoient point ; mais Léon X sçavoit que des prétentions ne sont rien, & que le caractère des hommes fait tout. Le génie belliqueux & conquérant de François I. l'allarmoit bien plus que l'esprit inconstant de Maximilien. Le Pape vouloit d'ailleurs les détruire tous deux & les chasser l'un par l'autre de l'Italie. C'étoit François I. qui s'y établissoit alors, c'étoit donc contre lui qu'il falloit diriger ses efforts. Voilà pourquoi on avoit vu Marc-Antoine Colonne se joindre aux Allemands avec des troupes de l'Eglise & défendre Vérone

contre les François & les Vénitiens;; ;1516. voilà pourquoi dès que l'Empereur

avoit paru en Italie, le Pape s'étoit hâté d'envoyer auprès de lui en qualité de Légat, le Cardinal Bibiena', voilà pourquoi le Roi ayant demandé au Pape les secours qu'il s’étoit obligé par le Traité de Bolo gne, de fournir pour la défense du Milanès, le Pape avoit répondu qu'il étoit dans une impuissance absolue de satisfaire à cet article, &. avoit offert en échange de l'argent qu'il n'avoit pas fourni. L'événement ayant trahi ses desirs & ses espérances , il-entreprit de persuader aux: François qu'ils n'avoient nul reproche à lui faire. Si on objectoit la défense de Vérone par Marc-Antoi-ne Colonne, il défavouoit hautement Colonne & offroit de lui faire son procès ; fi on alléguoit la Légation de Bibiena , il s'excusoit sur la néceflité indispensable d'envoyer un Légat à l'Empereur toutes les fois qu'il paroisfoit en Italie. Il tiroit fur - tout un. grand avantage de ce que Bibiena

liv, 126

m'étoit point arrivé jusqu'à l'Empereur , & de ce qu'il s'étoit arrêté en 15166 chemin fous prétexte de maladie; » n'étoit-ce pas là une preuve

fenfic

Guicciard » ble que le Pape n'avoit rendu à » l’Empereur qu'un hommage frivole » & involontaire, dont il s'étoit mê» me dispensé autant qu'il l'avoit pu ? Il ne disoit pas que le Cardinal Bibiena ne s'étoit arrêté dans sa course

que quand il avoit appris la retraite de l'Empereur. A l'égard du secours non livré, il répétoit que l'impuissance seule l'avoir empêché de remplir cet engagement , & pour prouver, quoiqu'après coup, la droiture de ses intentions , il offroit de faire payer comptant par les Florentins, la moitié de la somme à laquelle auroient pu monter les frais du secours s'il eût été fourni, & de donner des sûretés pour l'autre moitié ; mais dans le même tems où il se disoit trop foible pour secourir ses Alliés, il s'é- . toit trouvé assez fort pour dépouiller en vingt-deux jours du Duché d'Urbin, François - Marie de la Roves

re (1), & il avoit donné cet Etat à 1517. Laurent de Médicis fon neveu. Paques le 12 Le Roi croyoit avoir besoin du Avril.

Pape , non-seulement pour s'affermir en Italie, mais encore pour d'autres

projets qu’on verra éclore dans la Mém. de fuite , il 'agréa donc toutes ses ex

cuses , il s'unit plus étroitement enBelcar. liv. core avec la Maison de Médicis. La

Reine étant accouchée à Amboise de son premier fils (2), Laurent de Médicis vint en France pour le tenir au nom du Pape. Pendant son séjour dans ce Royaume , le Roi lui fit épouser Madeleine (3) de Boulogne une de ses parentes. Les deux

Du Bellay, liv. l.

[ocr errors]

(1) Voyez le Chapitre second de ce premier Livre.

(2) Nommé François comme son pere. Il naquic le 28 Février 1519 à six heures du foir.

(3) Elle étoit fille de Jean Sire de la Tour Comte d'Auvergne, de Lauraguais & de Boulogne & de Jeanne de Bourbon, sæur de feu François de Bourbon Comte de Vendôme , nire de Charles Duc de Vendôme, & bi ayeul de Henri IV Madeleine de Boulogne avoit une fæur aînée qui avoit épouse le Duc d'Albanie ; mais elle mourut fans enfans, & Catherine de Médicis , fille ile Madeleine de Boulogne réunir toute la succesion de la branche aînée de la Tour d'Auvergne,

« AnteriorContinuar »