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Brantôme,

permission de l'en punir. Varillas pré1517. tend même que le Connétable remit

le Gouvernement du Milanés par dépit de n'avoir pu obtenir cette permission ; selon lui, ce Général prédifoit que les ménagemens excessifs de la France pour le Saint Siége ne feroient qu'entraîner la perte du Mila

nès. Varillas abuse ici évidemment Varillas,hift. de la liberté de conjecturer que lui

Martin Di laisse la discordance des Hiftoriens Bellai, Mém. fur la démission volontaire ou forcée hom. illuftr. du Connétable. Guichardin, Varilde la France, las & l'Abbé Dubos la disent volon

Marillac Vie du Con taire ; mais Guichardin, Auteur Itanétable de lien, peut avoir été mal instruit des

Mém. du intrigues de la Cour de France ; VaMaréchal de rillas peut ou avoir menti ou avoir

Pasquier, copié Guichardin , & l'Abbé DuRecherches bos peut avoir foiblement exaP. Daniel,

miné un fait étranger à fon sujet(1); Hift.de Fran. Martin Du Bellai & Brantôme parce, Vie de François 1.

lent du retour du Connétable en Mezeray , France, sans dire s'il fur rappellé ou Vie de Fran: s'il se démit du Gouvernement de Miçois ). lan. Mais Marillac qui avoit été SécréPo.Joy. 1. 16.

de la France.

(1) L'Abbé Dubos , Ligue de Cambraj,

taire du Connétable & qui a écrit fa vie , le Maréchal de Fleuranges, 1517, Pasquier, & après eux le P. Daniel, disent expressément qu'il fut rappellé. Mezerai, toujours frondeur, ne se refuse point au plaisir de dire qu'il fut rappellé pour avoir trop bien servi. Ces autorités paroissent l'emporter sur les autorités contraires , & il est naturel de penser que le rappel du Connétable fut l'ouvrage de l'amour ou de la haine de la Duchelle d'Angoulême. Paul Jove dit qu'il fut rappellé pour être fait Connérable; cet Auteur oublie qu'il a dit dans le quinziéme Livre que Bourbon fut fait Connétable dès l'avénement de François I. Mais Beaucaire assure que Bourbon se démit volontairement, & cette autorité est la plus embar-, rafsante.

Quoiqu'il en soit, le Maréchal de Lautrec fut mis à la place; il avoit des titres pour cela (1), mais on pré

(1) Oder de Foix , Seigneur de Lautrec , Maréchal de France, étoit cousin & compagnon d'armes du célebre Gafton de Foix. A la bataille de Ravenne i accompagnoic presque seul ce brave Gaston, lorf

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i

tend que dans cette occurrence le 1517. prix de la valeur fut donné à la beauBelcar. liv. té, & que les charmes de la Comtesse IS. Do? 3• de Château-Briant fa fæur furent

plus puissans que ses services. Déja, dit-on, le crédit de cette Maîtreffe balançoit celui de la Duchesse d'Angoulême, & ouvroit la route des grandeurs à ses trois freres Lautrec, Lefcun & Lesparre (1), qu'on voit en effet pendant plusieurs années, occuper la premiere place dans la fa

veur.

Lautrec étoit déja Gouverneur du Milanès , lorsque le Duc d'Urbin étoit rentré dans les Etats; le Pape ne put

qu’une ardeur téméraire le précipitoit au-devant de la mort ; ayant vainement essayé de le retenir par ses instances & par ses cris , il l'avoit défendu au. tant qu'on peut défendre un seul homme contre deux mille ; il crioit aux Espagnols, en les combattant , en les écartant : arretez, ne le tuez point, c'est le frere de vitre Reine. Lui-même percé de flus de vingt coups de pique , il fut la ssé pour mort auprès de Gafton. Echappé à ce péril, il avoit depuis servi avec diftinction dans le Milanés sous le Con.. nétable qui l'aimoit & l'estimoit. Défiguré par les blesures qu'il avoit reçues au visage à la bacaille de Ravenne, cette difformité glorieuse lui donnoit une mine arrogante & formidable, que son cara&ère ne démencoic pas.

(1) Ou Asparaut.

Belcar. liv.

liv. 13°

croire qu'il n'eût eu aucune part cette révolution, & il se défia tou- 1517. jours du secours que Lautrec lui envoya par l'ordre du Roi. Laurent de Médicis qui commandoit toujours 15. n. 43. l'armée Ecclésiastique, en éloigna les

Guicciard. François sous différens prétextes, dans la crainte qu'au lieu d'agir contre le Duc d'Urbin , ils n'attiraffent les Italiens au parti de ce Duc. Il prioit les François tantôt de se rafraîchir dans le Modenois , tantôt de couvrir Bologne; il les fixa enfin à Rimini, afin, disoit-il, qu'ils procurassent la sûreté de la Romagne. Par cette défiance injuste autant qu'injurieuse, il prolongea une guerre qui eût pu être terminée en peu de tems , elle dura huit mois sans procurer de gloire à aucun parti.

Les plus grands événemens qu'elle. Guicciardi produisit furent des conspirations refpectives contre la vie ou la liberté du Pape & du Duc d'Urbin. Celuici fit tuer au milieu de son camp à coups de pique, quatre Officiers accusés d'avoir voulu le livrer aux Mé dicis. Léon se crut obligé d'effrayer

liv, 13

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le sacré Collége par des emprison15 17. nemens & des supplices, pour rom

pre une trame horrible formée contre
sa vie. Le Cardinal Alphonfe Pe-
trucci avoit gagné Verceil , Chirur-
gien du Pape, & un Officier nommé
Bagnacavello , qui devoient être les
instrumens du crime ; les Cardinaux
Bandinello de Soli., Raphael Riario,
Camerlingue du Saint Siege, Adrien
Corneto & François Soderin ap-
puyoient ou connoiffoient ce projet.
Verceil & Bagnacavello furent écar-
telés, le Cardinal Petrucci fut étran-
glé en prison; les autres racheterent
leur vie & leur dignité par des som-
mes plus ou moins fortes , selon la
part plus ou moins grande qu'ils pa-
rurent avoir elle au complot.

Le Pape ayant ainsi exercé son
despotisme sur le sacré College par la
rigueur & par la clémence, voulut
encore l'établir plus solidement pour
l'avenir, en créant dans un seul Con-
fistoire jusqu'à trente-un Cardinaux,
tous dévoués à ses intérêts , ou qu'il
croyoit l'être.
Cependant le Duc d'Urbin en-

nuyé

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