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(onrad.

.

Conradin,

Royaume le droit de fuzeraineté qu'ils prétendent encore aujourd'hui.

L'Empereur Fréderic II, qui avoit tant signalé sa haine contre les Papes , & qui en avoit reçu tant d'outrages, eut pour successeur l’Empe- Ughell.italreur Conrad , son fils.

facr.anonym Celui-ci fut , dit-on, empoisonné de teba Fe par Mainfroy, bâtard de Fréderic II. & Manfr. Mainfroy avoit aussi été soupçonné Odoric. Rayd'avoir accéléré la mort de son pere ; Ecclefiaft ad & il sembla autoriser ces foupçons annum 1254 en usurpant la Sicile fur Conradin son neveu, fils de Conrad & petitfils de Fréderic II.

U Hrbateur, Le Pape Alexandre IV, dont Mainfroy bác Mainfroy ravageoit les terres, voyant tard de Frede qu'il n'avoit à combattre qu'un Úsur-"ic.

Anonyme. par fes crimes, entreprit de le détrôner ; il proposa la 1.18.c.4; Couronne de Sicile à un Prince d’An- Raynaldi, gleterre qui ne put profiter de cette & uiv. offre.

Giannoné, Urbain IV son successeur, l'offrit 3. 4. à Charles Comte d'Anjou, frere de Saint Louis.

La femme du Comte d'Anjou ne voulant pas être la seule des quatre

pateur décrié

Giannone;

annce 17643

liv 19. c. I.

Tre.MAISON
D'ANJOU.

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1

filles (1) du Comte de Provence,
qui n'eût point le titre de Reine,
obligea fon mari d'accepter la Cou-
ronne de Sicile ; elle vendit ses pier-
reries pour lever des troupes ; Char-
les passa en Italie, vainquit & tua
Mainfroy à la bataille de Bénévent,
mais il fouilla sa victoire, en laissant
mourir la femme & les enfans de son
ennemi en prison, & sur-tout en fai-
sant couler à Naples sur un échafaut
le sang du jeune Conradin, légitime
héritier du Royaume de Sicile, héros
naissant, qu'un courage digne de son
nom avoit engagé à défendre ses
droits , & que le malheur attaché aux
restes de la Maison de Suabe, fit
tomber entre les mains du vainqueur.
Conradin étant sur l'échafaut, jetta
son gand dans la place, gage

d'in-
vestiture pour qui oferoit le venger.
Ce gand fat relevé & porté à Jacques
Roi d'Arragon, gendre de Mainfroy,

(1) L'ain'e avoit épousé st. Louis Roi de France, la seconde Henri III Roi d'Anglererie, la troifié. me 'Richard, frere du Roi d'Angleterre, élu Roi des Romains.

Pierre.

qui crut par ce moyen avoir réuni Maison

D'ARRAGON les droits de Conradin à ceux de

Rivalité de Mainfroy son beau-pere.

la ire Main La Maison de Suabe fut cruelle-son d'Anjou ment vengée sous Pierre Roi d'Arra- de lamai.

fond Arragon. gon, fils de Jacques, par ce massacre

ANJOU, général des François, connu sous le

Charles I. nom de Vépres Siciliennes (1). Charles le

Charles d'Anjou ne voulut pas Buiteux. . laisser cette atrocité impunie ; les ARRAGON ,

Jacques. plus grands armemens annoncerent. de la part la plus terrible vengeance, Raynaldi , mais le Roi d'Arragon joignant avec Giannoné, succès l'artifice à la force, fçut fe 1.20. ch. s. maintenir du moins dans l'Isle de Sicile.

Charles le Boîteux, fils de Char- 12841 les d'Anjou, pris devant Naples par un Amiral Arragonnois, transporté à Palerme & condamné à mort, penfa servir de représailles à Conradin; son danger fit mourir son Pere de

1 28 si crainte & de douleur. Charles le Boîteux devenu héritier des droits de la Maison d'Anjou au Trône de Sicile,

(1) M. de Burigny a prouvé dans son Histoire de Sicile, tic. 2. part. 2. liv. 8. n. 4. que ce massacre De fut point prémédicé.

Paix entre

me

les facrifia par un traité pour sortir de prison, & devenu libre, il désavoua le traité comme l'ouvrage de la violence; la guerre continua entre lui & Jacques II fils de Pierre , Roi

d'Arragon, elle finit par des traités liv. 21. ch. t. pour

les mieux assurer ; on démemGjannoné, qui bornerent les droits respectifs

bra le Royaume de Sicile ; l'Isle les deux Mai- demeura aux Arragonnois, le Royaufons, c paie tage duRoyan- me de Naples à la Maison d'Anjou ,

& le Fare de Mesline servit de séparation naturelle aux deux Royaumes.

La Maison d'Anjou s'étendit, ses branches multipliées donnerent des Rois à la Hongrie & à la Pologne. Robert , succefleur de Charles le Boî

teux, rendit le Royaume de Naples Giannoné, floriflant ; Charles Duc de Calabre,

son fils mourut avant lui, & Robert eut pour héritiere sa petite-fille Jeanne, fille du Duc de Calabre, Princesse fameuse par son crime , ses foiblesses & ses malheurs. Elle avoit épousé André son cousin, frere de Louis Roi de Hongrie , descendu comme elle de mâle en mâle de Charles le Boîteux. Ce malheureux Prince

liv. 22.

Jeanne.

fut étranglé la nuit par une troupe liv. 23.

Giannoné, de conjurés. On crutque Jeanne avoit Le 18 Sepconsenti à ce meurtre, on prétend cembre 1345. méme qu'elle avoit tislu de la main le cordon de soie qui servit à cette funeste exécution , & que son mari qui la voyoit travailler à cet ouvrage, lui ayant demandé à quoi elle le destinoit

, elle avoit répondu en riant: à vous étrangler. Si à vingt ans elle fût capable de cette dillimulation perfide & de cette plaisanterie barbare, elle mérita tous ses malheurs; mais son gouvernement fut doux : elle montra de la bonté, de la grandeur même, elle aima ses maris & ses peuples ; a-t-on tant de vertus après un crime fi horrible ? quoiqu'il en soit, Louis Roi de Hongrie la crut coupable, & vengeur généreux de fon frere, il challa Jeanne de ses Etats , sans vouloir les prendre pour lui ; elle y fut rétablie dans la suite ; mais trente-quatre ans après, Charles de Duras son parent (1), son héritier présomptif, dont elle avoit éle

(1) De la Maison c'Anjou comme elle,

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