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vé l'enfance avec beaucoup de tena dresse, & qu'elle avoit comblé de bienfaits , arma pour lui arracher la Couronne qu'il devoit porter après elle. Son ingratitude ne fut que trop heureuse. Cependant la Reine opprimée appelle à fon secours & nomme son héritier Louis Duc d'Anjou, frere de Charles V Roi de France ; il fut la tige de la seconde Maison d'Anjou. Ce Prince, après bien des lenteurs & des irrésolutions, porta enfin dans le Royaume de Naples les trésors de la France. Ilarriva trop tard pour la Reine & pour lui-même; déja l'Usurpateur, avec le secours du Roi de Hongrie, avoit presque achevé fa conquête; déja la Reine alliégée dans le Château de l'@uf,

s'étoit rendue, & avoit été transférée Giannɔné, au Château d'Averse ; Duras n'osant liv. 23. ch. fouiller les mains du farg de la bien

faitrice, crut éviter la honte d'un tel crime, en abandonnant cette malheureuse Princesse à la vengeance de Louis Roi de Hongrie , frere implacable du malheureux André. Louis la fit étrangler dans le Château .où

Duras

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II. ANJOU,

Duras la retenoit prisonniere, & où prenant des sentimens conformes à la situation , elle passoit lesjours dans la priere & dans les larmes.

Ire. ANJOU Le Duc d'Anjou ne put ni la dé

Charles de fendre , ni la venger , ni recueillir sa Duras. fucceflion : la faim & les maladies II. MAISON

D'ANJOU , détruifirent fon armée ; ses trésors im

Rivalité des menses, dépouilles de la Patrie, étant deux Maijump

d'Anjo!!. épuisés, il envoya Craon, son confident & son ami, chercher de nou

Louis I. veaux secours en France. Craon obtint tout ce qu'il demanda, il revenoit chargé de sommes d'argent, qui auroient pu rétablir le parti du Duc d'Anjou, si elles n'eussent été, Giannone", indignement dislipées par Craon lui- liv. 14. chede même. Ce Ministre infidéle oubliant sa mission parmi les plaisirs de Venise, s'y livroit à de ruineuses voluptés, tandis que son Maître abandonné, découragé, expiroit de faim , de maladie, de douleur & de fes blessures au Château de Biłeglia près de Bari. Les François , touchés de ses malheurs, lui avoient pardonné ses anciennes extorsions, ils donnerent des larmes à sa mort, ils s'attendrirent Tome I.

D

II. ANJOU

en voyant le convoi de ce Prince, jeune encore, plein de courage, avide de gloire & digne d'un meilleur sort , traverser le Royaume pour se rendre à Angers.

La France reconnut pour Roi de Louis II,

Naples Louis II son fils aîné. Ainsi les deux branches d'Anjou furent ennemies & rivales.

Cependant Charles de Duras s'af

fermissoit par l'injustice & par l'auGianroné, dace sur le Trône usurpé. Déja il se liv. 24% Co 2.

disposoit à en usurper un nouveau, & à dépouiller la famille d'un autre bienfaiteur. Il court enlever la Hongrie a la Reine Marie , fille de ce Louis, qui l'avoit aidé à faire la conquête du Royaume de Naples. La fortune seconde encore cette nouvelle injustice'; deux Reines tombent entre les mains. C'étoient la veuve & la fille du Roi Louis. Tant d'attentats furent enfin punis. Un Palatin attaché au parti des Reines , leur procure la liberté par la mort du Tyran,

A cette nouvelle, les espérances de la feconde Maison d'Anjou renaiffent, Louis II , avec le secours Čes S. Severins, grande Maison 3politaine . former presque tout le Royaume de Naples. La vauve de sexy Duras se retire à Gaëtte avec Ladisas son fils, elle étendit les troupes autour de cette ville , & on n'osa entreprendre de l'yforcer. Cette forme Giarponé,

liv. 246. 4* courageuse mérita par la fageiie & sa persévérance un retour de fortune qu'elle avoit d'ailleurs lieu d'attendre de la légereté des Napolitains. Les S. Severins mécontens de Louis II, se déterminerent à détruire leur ouvrage ; ils rappellerent Ladislas, ils ch. s: & fuis. chasserent Louis, qui, après avoir lutté un an contre la fortune , revint en France chercher du secours.

Ladislas resté possesseur assez pai- Ire Anjou, sible de la Couronne de Naples , mal- Ladislava gré quelques autres tentatives de Louis II, regna & mourut dans le sein des voluptés,

Jeanne fa læeur lui succéda. Cette Jeanne fa seconde Jeanne eut avec la premiere conde. une conformité bisarre de caractere

14144 & d'avantures. Plus décriée encore pour les mæurs , elle fut trahie de même par un ingrat comblé de ses

bienfaits. Alphonse (1) Roi d'Arra gon, qu'elle avoit institué son héritier, voulut la dépouiller de son vivant ; il porta la guerre dans ses Etats,

il l'assiégea dans un des Châteaux de Giannone, liv. 25. 6. 3. Naples. Sforce , dont nous parlerons 4, 5, 6, &c. à l'article de Milan, la délivra. Le

premier u{age qu'elle fit de la liberté, fut d'annuller l'adoption dont Al-phonse s'étoit rendu indigne, & d’appeller à la place Louis III Duc d'Anjou , fils de Louis II.

Cette Jeanne fut le dernier rejetton de la premiere branche d'Anjou, quiavoit duré près de 200 ans,

Ainsi la Maison d'Arragon, qui

pendant les divisions des deux branla Seconde ches d'Anjou, avoit paru fe a!aison d' An- tenter du Royaume de Sicile, remaison d'At- nouvella ses prétentions sur le Royau

me de Naples, & les deux branches d'Anjou se réunirent contre elle.

Louis III étoit mort avant sabien

faitrice. René frere de Louis III, ARRAGON , hérita de ses droits ; mais ce René Alphonse.

ayant disputé la Lorraine à la bran

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Rivalité de

con

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II. ANJOU, *. Louis III.

René.

(1) Dit le Vieux (ou plus communémeuș encore be Magnanime,

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