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1458.

che de Vaudemont, avoit été fait

Giannoné, prisonnier dans une bataille qu'il 1. 26. avoit perdue ; il fut aisé au Roi d'Arragon d'envahir le Royaume de Naples

pendant sa captivité. Quand René fut libre, il passa en Italie, où il eut, comme ses prédécesseurs, quelques succès suivis des plus grandes disgraces.

Le Roi d'Arragon Alphonse laissa BRANCH en mourant le Royaume de Naples à Ferdinand son bâtard (1): on ne son pouvoit braver plus pleinement les droits de la Maison d'Anjou. René Ferdinand I. indigné ne laissa point à Ferdinand le tems de s'affermir ; le Duc de Ca- Giannone, labre son fils, qu'il envoya en Italie, 1.27. parut d'abord devoir conquérir tout le Royaume de Naples : il gagna la bataille de Sarno , il écrasa le parti

BATARDE DE LA MAT.

D'ARRAGON,

(1) Qui même ne l'étoit pas suivant Giannoné, & fuivant un manuscrit de la Bibliotheque du Roi, intitulé : la prophétie du Roi Charles huitiéme de ce nom, ensemble l'exercice d'icelle, dont M. de Foncemagne rend compte dans les Mémoires de l'Académie des Inscripcions & Belles-Lettres, vol. 16, pages 245 & suiv. & vol. 17, pag. 544 & suivantes. Mais quelle foi mérite cette anecdote? Au reste les Royaumes d'Arragon & de sicile passerent au Roi Jean, frere d’Alphonse le Magnanime.

V. 27. C. I.

de Ferdinand, tout retentissoit de sa gloire; le Pape qui protégeoit Fer

dinand, appelle en Italie ScanderGiannoné, berg, ce Roi d'Albanie si célebre par

få valeur , fa force & ses conquêtes ; la fortune change encore. L'invincible Scanderberg arrête les progrès du Duc de Calabre & replace Ferdinand sur le Trône. Le Duc de Calabre repoussé, affoibli, abandonné des Seigneurs Napolitains , se défendit long-tems dans l'Ile d'Ischia contre fes ennemis & contre la faim; il fallut succomber, il revint en France implorer la protection stérile & peu fincere de Louis XI. L'union du Duc de Calabre avec les Chefs de la Ligue, dite du bien public, acheva de rendre Louis XI très-indifférent sur les affaires de Naples , & plutôt contraire que favorable à la Maison d'Anjou.

L'expédition du Duc de Calabre fut la derniere tentative de cette Maison sur le Royaume de Naples. Le Duc de Calabre & Nicolas d'Anjou son fils moururent avant le Roi René, qui par son testament trans

HERITIERE

INTRODUCTION.

79 mit ses droits à Charles d'Anjou II. Anjou, Comte du Maine, son neveu , au pré- Charles d' Anjudice de René de Lorraine, son petit- Maine. fils , par Ioland d'Anjou sa mere. .

Le Comte du Maine inftitua Louis COUPONNE XI son héritier ; mais Louis XI alors DE FRANCE voisin du tombeau, affoibli par di- D'ANJOU. verses attaques d'apoplexie, accablé louis xi. sous le poids des affaires étrangeres & domestiques, tournoit toutes ses pensées vers la paix , & n'étoit plus sensible à la gloire des conquêtes.

Charles VIII exécuta fans peine Cheiles/IIT. ce que Louis XI n'avoit pu entreprendre, il n'eut besoin pour tout soumettre, que

de se montrer en Italie avec une puissante armée. Il entra en maître dans Florence & dans Rome; il passa dans le Royaume Philippe de

Comines liv. de Naples avec ausii

pen d'obstacle

7, presque que s'il eût traversé une Province de tout entier.

Guicciard, France. Ferdinand devenu odieux liv. 1. à ses peuples, étoit mort( de frayeur, dit-on, ) au bruit de son arrivée.

Alphonse second son fils, plus ARRAGON odieux encore , s'étoit enfui lâche BATARDE.

Alphonse II. ment & étoit allé se faire Moine à Melline

1494

Comia, 1. 8.

Ferdinand II. En vain le jeune Ferdinand II,

fils d’Alphonse, assembloit à Naples la Noblesse & le Peuple , détestoit humblement en leur présence les vexations de son Pere & de son ayeul, & promettoit de le gouverner par d'autres maximes. On le plaignit & on l'abandonna; il se retira dans l'Ille d'Ischia, ordinaire asyle des Rois de Naples détrônés, & Charles VIII, plus heureux que César, avoit vaincu avant

que d'avoir vû. Philip. de

L'Europe entiere s'allarma d'un fuccès fi rapide , toute l'Italie osa enfin s’armer contre le vainqueur,elle appella même des secours étrangers une ligue formidable füt formée à Venise contre les Francois. A cette

nouvelle Charles VIH, aufli leger Guicciard, que vaillant , sembla se dégoûter

d'une conquête, qui alloit lui coûter plus à conserver qu'elle n'avoit coûté à faire ; il quitta le Royaume de Naples & reprit précipitamment la route de France ; mais il falloit parcourir de nouveau l'Italie entiere : son retour , fut plus traversé que ne l'avoit été fon arrivée; les Confédé

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rés tenterent de lui fermer le passage, la victoire de Fornoue le lui ouvrit. Les Généraux qu'il laislà dans le Royaume de Naples furent braves, imprudenis & malheureux. D'Aubigny gagna la premiere bataille de Seminare , Percy fon Lieutenant tailla en pieces quatre mille Napolitains près d’Eboly; mais la maladie du premier, la présomption indocile du second, firent plus de mal que leur valeur n'avoit fait de bien. Gilbert de Montpensier , qui, en qualité de Gouverneur du Royaume de Naples, les commandoit tous deux, fut contraint pour sauver l'armée Françoise , qui s'étoit laissée enfermer dans Atelle , de rendre le Royaume entier

par une capitulation honteuse, Phil. d: que Philippe de Comines compare & c.5+. à celle, où le bonheur des Samnites Guicciard, força l'orgueil Romain près les Four- 1. 3. chés Caudines. D'Aubigny refufa de s'y soumettre. Montpensier n'eut pas la douleur d'y survivre long-tems, il mourut de la peste à Pouzzols (1).

Comines, I.

(1) Louis de Montpensier, son fils aîné, ayane

De

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