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Louis XII & Ferdinand ) avec François de la Tremoille, Prince de Talmond.

Mais 1 o. les droits de la Maison d'Arragon étoient-ils légitimes ?

2o. Avoient-ils pu être transportés par Alphonse I au bâtard Ferdinand , Pere de Fréderic?

Ce ne sont en effet que des questions que nous proposons & nullement des décisions que nous prétendions hasarder. Quelques soient ces droits de la Maison de la Tremoille, il est beau de les avoir, il est juste de les faire valoir

par
des

protestations, comme la Maison de la Tremoille l'a toujours fait aux Congrés de Munster, de Nimegue, de Riswick, d'Utrecht, de Bade, & en dernier lieu à la Paix d'Aix-la-Chapelle en 1748. Mais sur la compafaison des droits respectifs, nous nous en tenons à la Lettre de Louis XIV aux Comtes d'Avaux & de Servien & à la réponse de ces Plénipotentiaires : Le véritable droit sur le Royaume de Naples appartient aux Rois de France ; à la véritési les Prin

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ces de la Maison d'Arragon y avoient quelque droit légitime, il appartiendroit aujourd'hui à M. le Duc de la Tremoille.

Dans le fait il n'y a eu de droits vraiment litigieux au Royaume de Naples, que ceux de la branche legitime d'Arragon , & ceux de la Maison de France; nous entendons ici par droits litigieux entre Souverains, ceux qu'ils soutiennent les armes à la main.

La discusion des droits de ces deux Maisons est aujourd'hui trèsindifférente; car fi la branche légitime d'Arragon a eu des droits ils appartiennent à présent par

succession, ainsi que par les traités, àla Maison de France, héritiere de a branchę aînée d'Autriche, qui l'étoit de la branche légitime d’Arragon.

Tel est l'état actuel de ces affaires; mais François I à son avenement, avoit à exercer sur Naples les

(1) Lettre de Meffieurs d'Avaux & de Servien du 26 Janvier 1644, en réponse à la Lettre de Louis XIV, du 26 O&obre 1643.

droits de la Maison de France, droits sur lesquels l'heureuse usurpation de la Maison d'Arragon avoit prévalu.

II'. MILAN ET GÊNES.

Sleidan. Les droits sur le Milanès étoient Commentar. diy, IQ.

propres à la Maison d'Orléans. Les Viscontis, famille puissante de Milan, avoient sçu profiter des troubles que les factions des Guelphes (1) & des Gibelins excitoient au quatorziéme siécle dans toute l'Italie. Chefs du parti Gibelin, ils avoient challé les Guelphes de Milan, & s'étoient

insensiblement élevés à la SouveraiMAISON DE neté sous les titres de Vicaires de VISCONTI. Léandre Ale

l'Empire , de fils de l'Empire, &c. berti. Le Roi de France Jean

, pour Corio. payer aux Anglois fa rançon , fut Sabcllicus.

forcé de vendre Isabelle sa fille à Merula.

Raphael Jean Galeas Visconti , qui dans la Volaterran. fuite maria Valentine sa fille à Louis

Duc d'Orléans, frere unique de Charles VI, tige commune des deux bran

(1) Dans les querelles du Sacerdoce & de l'Empire, les Guelphes étoient les partisans du Pape, & les Gibelios ceux de l'Empereur.

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ches d'Orléans & d'Angoulème.

L'éclat & le crédit que ces deux
alliances avec la Maison de France
donnerent aux Viscontis , leur firent
obtenir de l'Empereur Venceslas, les
titres de Ducs de Milan & de Ducs
de Lombardie: car tous ces petits
Souverains qui s'élevoient alors en
Italie, lorsqu'ils vouloient joindre Pauli Joviia
les titres à l'autorité, s'adressoient vite duode-
toujours ou au Pape ou à l’Empe- ritun , M2-
reur , suivant qu'ils étoient ou Guel- diolani Pria.

cipum.
phes ou Gibelins.
On avoit ftipulé dans le contrat

Argumena

tum devouca de mariage de Valentine de Milan, hæreditatis qu'au défaut d'enfans mâles issus de Mediolan. ad

ean Galéas , Pere de Valentine, le ruin Poincia Duché de Milan, appartiendroit à pum domu na Valentine & à sa postérité.

quit, Italy Gaga
Jean Galéas eut deux fils qui se 3vf.no
succéderent l'un à l'autre , & mouru-
rent sans enfans.

Alors on vit paroître une foule de
Prétendans.

L'Empereur Fréderic réclamoit
fur Milan les droits furannés de l'Em
pire.

Le Duc de Savoye, les Vénitiens,

dévoroient dans leur caur cet Etat fans alléguer d'autres droits que celui de voisinage & de bienséance.

Alphonse, Roi d'Arragon , ravisseur heureux du Royaume de Naples, espéra aussi de s'emparer du Duché de Milan, à la faveur d'un testament par lequel le dernier (1) Visconti, frere de la Duchesse d'Orléans , l'avoit institué son héritier.

Charles Duc d'Orléans, fils de Valentine, passa en Italie , pour faire valoir les droits qu'il tenoit de la mere ; mais il ne put obtenir que le Comté d'Ast. Les Milanois amoureux de la liberté, ne vouloient plus de Maîtres, il leur en vint cependant du côté qu'ils en attendoient le moins.

Un homme (2) dont la fortune

(1) Il restoit encore des Viscontis, mais qui n'écoient point de la branche Ducale, & qui n'ayoient ni droits ni prétentions au Duché. On verra quelques-uns de leurs descendans, figurer en subalterDes dans les troubles du Milanès Tous François I.

(2) Il se nommoit Accendulo ou Jacomuzzo. Les uns le font fils d'un Cordier, les autres d'un Cordonnier, mais Sansovin & Leodrisius Cribelli lui donnent une origine noble , & Paul Jove dit qu'il étoit d'une honnète famille. C'est peut-étre l'amour du merveilleux qui a fait prévaloir l'opinion qu'il étoit d'une balle origine,

n'avoit

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