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A Mécanique en general est la Science

du Mouvement, de sa cause, de ses effets; L en un mot de tout ce qui y a rapport. Par

consequent elle est aussi la Science des proprietez & des usages des Machines ou

Instrumens propres à faciliter le Muuvement. Entre ces Machines on en compte d'ordinaire six élementaires après Pappus ( Liv. 8.) lequel pourtant n'en compte que cinq, quoiqu'il en employe six ; sçavoir, le Levier, le Tour , la Poulie, le Plan incliné, la Vis, & le Coin ; ausquelles on en peut encore ajoûter une , que j'appelle Funiculaire , en ce qu'elle n'est faite que de cordes

propres à soûtenir des poids sans le secours d'aucune autre Machine, & en ce qu'elle est aussi indépendante de celles-là, qu'elles le font entr'elles. On définira toutes ces Machines, à mesure qu’on en démontrera les proprietez.

A

C'est de cette derniere partie de Mécanique qu'il s'agit ici, c'est-à-dire , qu'il ne s'agit que des Machines elementaires précedentes , & de quelques autres qu'on regarde d'ordinaire comme composées de celles-là. Cette partie de Mécanique est proprement appellée Statique : mais la plupart des Auteurs sui ayant laissé le nom general de Mécanique , j'ai crû la devoir aussi appeller de: ce nom, pour ne pas parler autrement qu'eux..

Ce Traité sera de dix Sections: La premiere sera de Définitions , d'Axiomes , de Demandes , & de Lemmes, pour le mettre à la portée des Commençans.. La seconde Iera de Poids suspendus ou foûtenus avec des cordes feulement. La troisiéme fera des Poulies. La quatriéme, du Tour. La cinquième, du Levier. La fixiéme , du Plan incliné. La septiéme, de la Vis. La huitiéme, dus Coin. La neuviéme contiendra un Corrollaire general des principes établis dans les Se&tions précedentes ; & la dixième enfin traitera de l'équilibre des Liqueurs..

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PREMIERE SECTION.
Pour l'intelligence des Sections suivantes.

D E F INITION S. I. N appelle Machine , tout Instrument dont on

peut le servir à mouvoir un corps ; & Puissance, tout ce qui l'y peut faire servir , ou en general tout ce qui est capable de mouvoir un corps , soit à l'aide d'une Machine , ou non. Tout ce que cette Puissance exerce de force pour cela , s'appelle la force abfoluë , laquelle se prend aussi pour cette Puissance, lorsque cette force est tout ce que cette même Puissance est capable d'en exercer. Ce qu'il y a de force employée à mouvoir le corps, & en vertu de qui il seroit effectivement mû, fi rien ne s'y opposoit , s'appelle la force de ce corps. Enfin l'on appelle ici force relative d'une Puissance appliquée à une Machine, tout ce qu'il en résulte à cette Machine au point où cette Puissance lui est appliquée. Tout ce que

l'on dit ici des Puissances & des Forces, se dira de même des Résistances de ce qui s'oppose à leur action ; lesquelles font le même effet que des Puissances ou Forces qui résisteroient précisément , de même que ces obstacles font à celles-là.

II. On appelle Pesanteur d'un corps une forces de quelque caule qu'elle lui vienne ) qui tend à le mouvoir de haut en bas en ligne droite vers le centre de la Terre ; & l'on appelle poids un corps d'une certaine mesure de pesanteur , tel qu'est une livre, deux livres, &c. De forte que pesanteur d'un corps , & Poids du même corps , ne fignifieront dans la luite que la même chose. c'est sur cette mesure que se fait d'ordinaire l’estimation

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de toutes les autres Forces moins connuës , comme l'estimao tion des grandears Géométriques se fait sur le Pied , la Toit se, &c. de sorte que l'on dit d'une force quelconque , qu'elle eft d'une Livre, de deux , de trois , Cocomme lon dit d'une Ligne qu'elle est d'un lied, de deux , de trois , &c.

III, La Ligne , fuivant laquelle une Puissance presse, pousse, ou tire le corps ou la machine à laquelle elle est appliquée, s'appelle la Ligne de direction de cette puisfance ou force.

IV. On appelle Impression ( Momentum ) de cette puisfance ou force sur ce corps ou sur cette Machine, ce que

la maniere dont elle lui est appliquée lui permet d'action contre l'obstacle à furmonter.

V. Deux ou plusieurs forces sont dites en Equilibre entr'elles , lorsqu'agissant l'une contre l'autre, ou contre un obstacle commun , elle ne l'emportent ni l'une sur l'autre, ni fur cet obstacle ; c'est-à-dire, lorsque tout demeure en repos , nonobstant l'action de ces forces on puissances l'une contre l'autre, ou contre l'obstacle qui les arrête , & qu'on appelle Appui.

VI. Un mouvement résultant du concours d'action de deux ou de plusieurs forces , s'appelle d'ordinaire Mouvement composé : non qu'il le soit de plusieurs autres mouvemens ; mais parce qu'il résulte de ce concours de forces comme d'une seule qui seroit composée de ce qu'elles y employent d'action..

Ax I OM E SiI. Les effets sont toûjours proportionnels à leurs cauz ses ou forces productrices, puisqu'elles n'en sont les causes qu'autant qu'ils en sont les effets , & seulement en raison de ce qu'elles y causent.

II. Donc des forces ou des résistances égales, suivant les mêmes directions, ont des effets égaux, ou les mêmes ; & consequemment une force égale à une autre, ou à quelque résistance que ce soit , mise à sa place avec la même direction; & en même sens , y doit produire le même effet.

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II I. Lorsqu'un corps est pressé, poussé, ou tiré tout à la fois

par deux forces égales , & directement opposées, il doit rester immobile, c'est-à-dire , en repos , sans autre. obstacle

que la contrarieté de ces forces qui se décruie sent , ou s'empêchent également l'une l'autre, chacune foûtenant l'autre toute entiere.

La même chose se doit dire (ax. 2.) d'une force & d'une réhstance qui lui seroit égale, & directement op- : posée.

IV.Si un corps ainsi poussé, pressé, ou tiré par des ; forces à la fois, reste immobile ou en repos , sans autre obstacle

que

la contrarieté de ces forces ; ces mêmes forces seront égales, & directement opposées , c'est-à-dire , égales entr'elles, & suivant: une même direction en sens contraires.

La même chose se doit dire ( ax. 2.) d'une force & d'une résistance, qui malgré cette force, retiendroit en repos le corps que cette même force tendroit à mouvoir.

V. Un corps pressé, pouffé, ou tiré tout à la fois par : deux forces inégales & directement opposées , doit se mouvoir dans le sens de la plus forte, comme s'il ne l'ém: toit que par une seule ainsi dirigée: & égale à leur difference; ou si quelque obstacle l'en empêche , cet obstacle doit être dans la direction commune de ces deuxforces, & d'une résistance égale à leur difference. VI. Les vîtelfes d'un mêine corps , corps

de malles égales, sont comme les forces motrices qui y sont employées, c'est-à-dire , qui y caulent ces vîtesses; reciaproquement lorsque les vîtelles sont en cette raison, elles sont celles d'un même corps, ou de corps de masses: égales.

VII. Les espaces parcourus de vîtesses uniformes en tems égaux par des corps quelconques, sont entr'eux comme ces mêmes vitesses ; & reciproquement lorsque ces espaces sont en cette raison, ils ont été parcourus en tems égaux. VIII. Les espaces parcourus en tems égaux par un!

corps , ou de

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