Imágenes de páginas
PDF
EPUB

lucides qui font à la tête du Belier, eft de la 20. partie d'une heure, c'est-à-dire de 3. min. plus orientale que le colure. D'où je conclus que ce colure paffoit à l'étoile du pied du Belier, & qu'il étoit fur l'équateur à 45'. à l'occident de l'oreille d'Ariès. Cette étoile pouvoit être l'auftrale des deux informes, qui précedent la tête du Belier, laquelle d'étoile de la prémière grandeur feroit devenue étoile de la 6° grandeur; ou plûtôt elle a entierement difparu, comme beaucoup d'autres ; & il eft vrai-femblable que ce fût peu de tems après Hygin, s'il eft vrai que cet Auteur foit C. Julius Hyginus affranchi d'Auguste. Ma raison est, que Ptolémée qui écrivoit cent & quelques années après fous Antonin Pie,ne la met point dans fon catalogue des étoiles. Il fe peut faire auffi qu'elle eut déja difparu du tems d'Hygin, & que cet Auteur qui n'étoit point observateur, ne la mife parmi les étoiles du Belier, que parce qu'il la trouvoit dans les anciens Aftronomes; mais il eft certain qu'au tems d'Hipparque elle étoit encore très-visible.

Malgré cette découverte, j'ai fuivi M. Newton en le réfutant; j'ai fuppôfé communément avec lui que l'oreille du Belier étoit la prémière étoile de cette conftellation; & je l'ai fait pour deux raifons; l'une pour éviter l'embaras que cauferoit la réduction qu'il faudroit faire à tout moment du lieu où M. Newton fuppôle que l'on fait commencer Ariès au vrai lieu où je le place felon les Anciens. L'autre,parce que fouvent cette réduction n'eft pas néceffaire, & que la fuppofition de M. Newton ne caufe aucune erreur dans le calcul, ni dans le lieu où il place le commencement d'Ariès, puifque c'eft la même chôfe de dire qu'Ariès commençoit à 7o. 3. de l'oreille d'Ariès, ou de dire qu'il commençoit à 6°. 51. de l'étoile du pied du Belier. Cependant quand il a fallu parler jufte, & marquer précisément le point où les Anciens plaçoient le commencement d'Aries, je l'ai mis alors à cette étoile du pied du Belier, éloignée comme je l'ai dit de 45'. par fon afcenfion droite & d'environ 40'. par fa longitude de l'oreille du Belier.

[ocr errors]

Cela fuppôfé, voici où, felon M. Newton, fut placé par Chiron le milieu & par fuite le commencement d'Ariès.

De

[merged small][ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small]

Ainfi le point du ciel, auquel Chiron plaça, ou trouva l'équinoxe, & par conféquent le milieu d'Ariès, fut felon M. Newton, le point du ciel, qui est à 70. 38'. 10". à l'orient de l'oreille d'Ariès, & par conféquent il plaça le commencement de cette conftellation à 7o. 21. 50". à l'occident de la même étoile. Car de

Otant

Il refte

150.

70. 38' 10".

7. ΔΙ. 50.

Cela fuppôfé, c'est-à-dire, fuppôfé que Chiron ait placé le commencement d'Ariès à 70. 21 52". de la prémiere étoile du Bélier du côté de l'occident, & le milieu à 7°. 38. ro". de la même étoile du côté de l'orient, rien n'est plus jufte que le calcul de M. Newton & fon époque; Chiron formoit les conftellations & plaçoit l'équinoxe au milieu d'Ariès 2639. ans avant 1700. & par conféquent l'an 939. avant Jéfus-Chrift.

Mais où M. Newton a-t-il trouvé que Chiron choifit le point du ciel qui eft à 70. 38. 10". à l'orient de l'oreille d'Ariès pour en faire le milieu de cette conftellation; & celui qui eft à 7°. 21. 50". à l'occident de la même étoile pour en faire le commencement de la même conftellation & du Zodiaque? Qui lui a appris ce fait aftronomique? Par quel art ou par quel fecret l'a-t-il découvèrt. Il n'a pu s'en affurer qu'en deux manières; ou par le témoignage de quel

que ancien Auteur, ou par la raison.

Nul Auteur ancien ne dit en quel endroit du ciel Chiron plaça ni le commencement, ni le milieu, ni la fin d'Ariès ou d'aucune autre conftellation. Tout ce que nous en favons c'est ce qu'en dit en deux mots l'Ancien Auteur dont parle Clément Aléxandrin, qu'il forma les constellations, ou qu'il apprit aux Grecs à les connoître.

Είτε δικαιοσύνίω θνητῶν λύθ, ήγατε, δείξας

Ορκον καὶ θυσίας ἱλαρὰς καὶ χήματ ̓ Ολύμπο.

M. Newton dit dans la lettre de M. Keil que j'ai rapportée dans ma prémière Differtation, p. 56. qu'il a trouvé que les Anciens affurent qu'au tems des Argonautes Chiron trouva que le point équinoctial étoit au milieu, ou au 15e. degré d'Ariès. Je croy qu'on l'embarafferoit, fi on le prioit de citer l'Ancien qui le dit. Cela eft vrai neanmoins, & je le prouverai moi-même dans la fuite. Mais quand quelque ancien Auteur auroit dit que Chiron plaça ou trouva l'équinoxe au milieu d'Ariès, en faurions-nous mieux pour cela à quel point du ciel il fit répondre ce milieu d'Ariès; Il y a bien de la différence entre dire que Chiron plaça l'équinoxe au milieu d'Ariès, & dire qu'il le plaça au 70. 38'. io". à l'orient de la prémière étoile du Bélier. Il faudroit que cet Ancien ajoûtât que le milieu d'Ariès étoit ce point jufte du ciel. M. Newton ne trouvera aucun Ancien qui lui rien de femblable ou d'approchant. apprenne Trouvera-t-il plus de fecours du côté de la raison? Mais quelle raifon peut-il avoir de dire que Chiron plaça le commencement d'Ariès à 7°. 38'. 10". à l'orient de l'oreille du Bélier? Pourquoi au 7. degré plûtôt qu'au 6e. au 5e. au 4o. au 2o. &c? Il ne me paroît pas qu'on puiffe jamais imaginer de l'un plûtôt que de l'autre aucune raifon qui foit tant foit peu recevable. Ce n'eft donc qu'une fuppofition, & une fuppofition purement arbitraire, & par conféquent le Systême appuyé fur cette fuppofition porte en

l'air.

Pourquoi donc M. Newton place-t-il ainfi le commencement d'Ariès ? C'eft que pour fon Systême il a besoin que Chiron l'ait ainfi placé; mais cela ne prouve pas que Chiron l'ait fait. Un autre aura befoin pour fon Syftême que

Chiron l'ait placé plus haut ou plus bas fera-ce une preuve qu'il l'ait fait ? Que répondra M. Newton, fi fur un pareil befoin quelqu'un s'avife de dire que Chi ron l'a placé à 8. degrez, ou feulement à 6. à 5. degrez de l'oreille d'Ariês? Comment le refutera-t-il ?

Mais encore quel befoin M. Newton a-t-il de cet arrangement pour fon Syftême? C'eft qu'ayant réfolu de diminuer de la moitié la durée que les anciens Hiftoriens donnent aux fucceffions & aux regnes, il faut néceffairement que l'expédition des Argonautes ne fe foit faite que vèrs l'an 937. avant Jéfus-Chrift. C'eft ce que M. Newton infmuë à la fin de fa Préface, quand il dit que par cette réduction des regnes & des fucceffions il a rendu fon Syftême con forme à l'Aftronomie; il eût parlé plus jufte s'il avoit dit que pour foûtenir cette réduction il avoit tâché d'ajufter Aftronomie à fon Systême.

Quoiqu'il en foit 10. Cela fentiront bien ce qu'on appelle un Cercle vicieux. On prouve le retranchement fait aux regnes par l'Aftronomie, & l'on juftifieroit l'Aftronomie par le retranchement qu'on fait aux fucceffions. Qu'estce qu'un cèrcle vicieux fi ce raifonnement n'en eft pas un 2o. J'ai montré dans la Difsèrtation précédente que cette réduction, que demande, à ce qu'on prétend, le cours de la nature, eft très contraire au vrai cours de la nature, à le chèrcher même par les voyes que M. Newton nous trace. 39. Qu'au lieu de 18. ou 20. ans un autre Chronologiste veüille donner aux regnes 22. ou 24. ou même 26. ans. Voilà le milieu d'Ariès reculé de plufieurs degrez, & le tems. de Chiron de plufieurs fiécles. Ce Chronologifte fera pourtant pour le moins auffi bien fondé en expériences fur ce cours de la nature que M. Newton, comme il paroît par l'induction que j'en ai faite dans la Difsèrtation précédenre, & fa Chronologie fera beaucoup plus conforme au cours de la nature. Comment M. Newton le refutera-t-il par PALtronomie? Rien donc encore une fois non feulement de plus incèrtain, mais de plus ruineux que fon Syftême, & ce principe même aftronomique à le prendre comme il le prend. Voilà ma première propofition prouvée; M. Newton fuppôfe que Chiron plaça le milieu d'Ariès à 7o. 38”. 10". à l'o

CINQUIEME DISSERTATION rient de la prémière étoile d'Ariès, fans favoir en aucune manière fi Chiron l'y plaça, fans avoir la moindre raifon de le croire. Sa Chronologie eft donc fur cela fans aucun fondement du côté de l'Aftronomie.

Je dis en fecond lieu que le principe fur lequel il l'appuye, non feulement eft incèrtain, mais qu'il eft manifeftement faux. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut raifonnablement dire que Chiron ait placé le commencement d'Ariès où M. Newton fuppôfe qu'il le plaça; parce que de tous les partis que l'on peut prendre fur cela, le moins raifonnable eft celui que M. Newton prend; le plus raifonnable de tous celui que je lui attribue dans ma prémière Dissèrtation, & dont il fe défend dans fa réponse : Enfin parce qu'il eft feur que Chiron plaça le commencement d'Ariès près de la prémière étoile d'Ariès. C'eft ce qu'il faut

maintenant éxaminer.

L'efpace qu'occupent les étoiles dont Chiron compôfa châque conftellation, n'eft pas égal à l'efpace qu'occupe un figne ou une do décatémorie, c'est-à-dire une douziêmė partie du Zodiaque. Quelquefois elles en occupent plus, & quelquefois beaucoup moins. Les 19. étoiles qui compôfent le Bélier n'occupent que 20°. 13'. ( Ricciol. Almag. L. VII. C. 3. p. 402.) Ainfi le figne du Belier occupe 9o. 47 plus que les étoiles, qui compofent la conftellation du Belier. Pour favoir où Chiron fit commencer la dodécatémorie du Belier, il faut trouver où il plaça ces 90. 47'. où il les plaça, dis-je, par rapport aux étoiles du Belier. Il n'avoit que quatre partis raifonnables à prendre fur cela. Le prémier étoit de partager l'efpace de 30.26'. 33". qui eft eutre la dèrnière étoile des poiffons & la prémière du Bélier en deux parties égales & d'en donner la moitié, c'està-dire, 1° 43′16" au figne des Poiffons, & autant au figne du Belier. Par-là des 9. degrez d'Ariès, qui ne font point occupez par les étoiles de cette conftellation, il en eût mis 1o. 43' 16". au commencement d'Ariès, & 8°. 3' 44′′. à la fin ou à l'orient de ces mèmes étoiles & le figne d'Ariès eut commencé 1°. 43' 16". à l'occident de la première étoile d'Aries.

Le fecond parti étoit de partager en deux également

« AnteriorContinuar »