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An. 529.

ou

re

genres étoient mauvais : sçavoir les Sarabaïtes ,
qui demeuroient deux ou trois ensemble ,
entierement seuls , vivant à leur fantaisie , fans
fuivre de regle : les Gyrovagues ou vagabuns ,
qui couroient continuellement de Monastere en
Monastere , sujets à leur bouche & à leurs plai-
firs. C'étoit les pires de tous.

Quant aux offices divins, faint Benoît les Reg.c.8.
gle ainfi : L'hiver, c'est-à-dire , depuis le pre-
mier de Novembre jusqu'à Pâque, on se levera
à la huitiéme heure de la nuit : c'est-à-dire , à P. 47.
deux heures. L'Abbé lui-même annoncera l'heure
de l'office , ou en commettra le soin à un frere
très-exact. Ce qui restera de tems après les vi-
giles jusqu'au jour , sera emploié à apprendre
les Pleaumes , ou à les mediter : ou à quelque
lecture necessaire. Saint Benoît appelle vigiles ,
l'office nocturne , que nous appellons matines :
& il appelle matines l'office du point du jour ,
que nous nommons laudes. Pour l'été, c'est-à-
dire , depuis Pâque jusqu'en Novembre , il ne
regle point le tems précis de commencer les
vigiles : il veut seulement qu'on les regle de telle
forte, qu'on puisse commencer matines au point
du jour.

Tous les jours aux vigiles, on chantera douze
Pseaumes après l'hymne que faint Benoît nom-
me l'Ambroisien ; parce que la plupart étoient
de faint Ambroise. Après lix Pseaumes tous les
freres étant assis , ils liront tour à tour trois le-
çons à chacune desquelles on chantera un ré-
pons. Ensuite on dira fix autres Pseaumes avec
Alleluya : puis une leçon de l'Apôtre , que l'on
recitera

par coeur , avec le verset & la Litanie :
c'est-à-dire , Kyrie eleison. Ainti finira l'office de 6.10.
la nuit. En été comme les nuits sont plus cour-
tes, on ne lira point de leçons : mais on en dira
seulement par cour une de l'ancien Testament,

qui

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2

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M 5.

&

G. II.

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6.9. qui sera suivie d'un bref répons. Les leçons des

vigiles seront de l'Ecriture fainte , ou des expositions des Peres.

Les Dimanches on se levera plus matin , après avoir chanté fix Pseaumes, on lira quatre leçons avec leurs répons : puis six autres Pfeaumes & quatre leçons : puis trois cantiques tirez des Prophetes ; & quatre leçons du nouveau Testament. Après le dernier répons, l'Abbé commencera l'hymne Te Deum : Si par malheur on s'étoit levé plus tard, on abregeroit quelque

chofe des leçons ou des répons , pour dire toll14. jours matines au point du jour. Aux fêtes des

Saints & aux autres solemnitez, on fera comme le Dimanche, excepté les Pseaumes, les antien

nes & les leçons propres du jour. 8. 12. 13.

A matines , on dira outre les Pfeaumes un cantique tiré des Prophetes, comme chante l'Eglise Romaine. C'est ainsi que parle faint Benoît ; & par

là il montre , qu'il suivoit l'usage de cette Eglise. Il nomme benedictions le cantique Benedicite , qui se dit les Dimanches ; & laudes ou louanges, les trois derniers Pseaumes qui se disent tous les jours, & commencent par Laudate. Le Pater fe dira tout haut à la fin de matines & de vêpres; afin que fi quelqu'un avoit quelque peine contre un autre , il soit pressé de pardonner, par ces paroles : Remettez-nous nos dettes, comme nous remettons aux autres. Il ne paroît pas qu'il y eût alors d'autre oraison,

pour la conclusion des offices. 6.16.17.

Pour marquer la fin de chaque heure, saint Benoît se sert de ces mots : Et miffa fiant: c'est

que l'office étant achevé, on renvoiera la 6. 18. compagnie. Il marque en détail la distribution des Psaumes pour chacune des heures, telle

que fon ordre l'observe encore : puis il ajoûte : Si quelqu'un n'est pas content de cette distribution,

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à-dire,

il peut

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les

ranger autrement : pourvu que chaque semaine on dise le pseautier tout entier. Car c'est le moins que nous puissions faire, puisque nous lisons que nos peres

le disoient tout entier chaque jour avec ferveur.

Saint Benoît ne préscrit point d'autres prieres : il suppose que les Moines s'appliqueront d'eux-mêmes à l'oraison mentale, lorsqu'il dit : que l'oraison doit être courte & pure, li ce n'est 6, 20: qu'on la continuë plus long-tems, par un mouvement de la grace; qu'après l'Office tous doi-6.522 vent sortir de l'Oratoire, afin de ne pas troubler ceux qui voudroient prier en particulier ; & que ceux-ci le doivent faire sans parler haut, mais avec larmes & application de coeur. On voit auf- Vita 6, 40 si dans sa vie, que les Moines après avoir achevé de chanter les Pseaumes se mettoient en oraison, & qu'un d'entr'eux, tenté par le démon n'y pouvoit durer, & fortoit de l'Oratoire. Après la priere, le reste de la journée des Moiétoit emploie au travail ou à la lecture. En

Travail.

Reg. 6.48. été, c'est-à-dire, depuis Pâque jusqu'au premier Octobre, ils sortoient le matin pour travailler, depuis la premiere heure jusqu'à la quatriéme : c'est depuis fix heures jusqu'à dix, allongeant ou diminuant les heures, fuivant la longueur des jours. Après ces quatre heures de travail, ils vaqueront à la lecture, dit la regle, pendant deux heures, jusques environ à sexte. Après sexte & le dîner, ils se reposeront sur leurs lits en silence. Si quelqu'un veut lire, il le fera fans troubler les autres. On avancera none, & on la dira au milieu de la huitiéme heure; c'est-à-dire, à une heure & demie, & on travaillera jusqu'au soir. Ce sont au moins fept heures de travail par jour, avec deux heures de lecture. Saint Benoît ajoûte: Que fi la necessité du lieu ou la pauvreté les oblige à s'occuper eux-mêmes, de la re

M6

colte

XV.

nes ,

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colte de leurs fruits, qu'ils ne s'en affligent point; puisque c'est alors qu'ils seront veritablement Moines, quand ils vivront du travail de leurs mains, comme nos peres & les Apôtres.

En Hiver : c'est-à-dire , depuis le premier Octobre jusqu'au Carême, les sept heures de travail se prenoient de suite. On commençoit par la lecture, qui duroit jusqu'à la feconde heure: c'est-à-dire, à huit heures du matin. Alors on disoit tierce, puis on travailloit jusqu'à none. Après le repos on vaquoit à la lecture, ou à apprendre les Pseaumes par cour, En Carême la lecture duroit jusqu'à tierce, & le travail depuis neuf heures du matin, jusqu'à quatre heures après midi. Au commencement du Carême, on donnoit à chacun un livre de la Bibliotheque, pour le lire de suite. Pendant les heures de la lecture, un ou deux anciens visitoient le Monastere, pour voir si quelqu'un dormoit ou s'amusoit à causer, & interrompre les autres. Le Dimanche tous étoient occupez à la lecture, excepté ceux qui étoient chargez de divers offices. Si quelqu'un ne pouvoit méditer ni lire, on le faisoit ttavailler à la place. On donnoit des travaux plus faci

les, à ceux qui étoient foibles, & délicats. 6.50,

Ceux qui travailloient trop loin, pour venir à l'Oratoire aux heures marquées, se mettoient à

genoux au lieu du travail, & y faisoient leurs prieres : ceux qui étoient en chemin, disoient aussi l'Office aux heures, selon qu'ils le pou

voient. Personne ne choisifloit son travail: mais 6.57. il étoit imposé par les fuperieurs. Ceux qui sça

voient des métiers ne les pouvoient exercer que par la permission de l'Abbé, & en toute humilité. Que fi quelqu'un, dit saint Benoît, s'éleve de la science de son art, s'imaginant apporter quelque utilité au Monastere, on le retirera de fon métier. Si l'on vend quelque ouvrage, ceux qui

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en seront chargez, prendront garde également à
ne rien retenir du prix, en fraude du Monaste-
re; & à ne le pas augmenter par avarice : mais
ils donneront toûjours les ouvrages un peu à
meilleur marché
que les seculiers, afin que

Dieu foit glorifié en tout. Cette distinction des artifans, fait voir que le commun des Moines n'étoit

que de simples ouvriers, comme les gens de journée ; & que les plus nobles se redui soient par humilité au rang du plus bas peuple. Ils n'avoient point besoin d'étude pour entendre la langue latine, qui étoit encore vulgaire.

Ils étoient simples laïques, & il ne paroit pas que Saint Benoît, lui-même, ait eu aucun rang dans le clergé. Toutefois il prêchoit, puisqu'il convertit plusieurs infidéles par ses instructions;

Kita 1.19. & il envoioit souvent ses Moines, faire des ex

Reg.6.6e. hortations à des Religieuses voisines. Si un Prêtre, dit-il, veut être reçu dans le Monastere, on ne se pressera pas de lui accorder. Mais s'il perfifte, il doit garder toute la regle, sans aucune dispense. On lui accordera toutefois la premiere place après l'Abbé, & de donner la benedi&tion, & presider à l'Office, fi l’Abbé l'ordonne. Mais dans les assemblées pour les affaires, il ne tiendra que le rang de son entrée au Monastere. Si quelqu'un des clercs inferieurs veut être reçu au Si l'Abbé veut faire ordonner un Prêtre ou un 6.61. Diacre, il choisira d'entre les fiens, celui qu'il en croira digne. Mais le nouveau Prêtre n'en sera pas moins foůmis à la discipline reguliere, & aux superieurs. Que s'il est rebelle, il pourra être châtié, & même chaffé du Monastere : toutefois avec la participation de l'Evêque. Toutes les heures de la journée font tellement remplies par la regle, qu'on n'y voit point de place pour la Meffe, les jours ouvriers. Ce qui fait croire que

les

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