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les Moines ne l'entendoient que le Dimanche. XVI. Quant à la nourriture, faint Benoît donne à Nourricu

chaque repas deux portions cuites, afin que ce6. 39. lui qui ne pourroit manger de l'une mangeât de

l'autre. Le mot de pulmentarium, dont il se sert, fignifie proprement des legumes, ou des grains reduits en bouillie ou en purée , quoi qu'il se puisse étendre à toutes sortes de viandes bouilsies : mais la pauvreté des M nes ne donne pas lieu de croire, qu'ils y comprissent le poiffon, que les anciens comptoient entre les mets les plus delicieux. La regle permet une troisiéme portion de fruits ou de legumes, croissant sur le lieu. Elle ne donne qu'une livre de pain par jour : c'est-à-dire, douze onces , soit qu'on fasse un repas ou deux. L'Abbé pourra augmenter la portion, s'il y a quelque travail extraordinaire, & on donnera moins aux enfans. La chair des bê.

tes à quatre pieds est défenduë à tous, hors les 6:40. malades. Pour la boisson, ils auront chacun une

hemine de vin par jour : c'est-à-dire, un demi feptier, suivant la meilleure explication : Si ce n'est que le travail ou la chaleur oblige à en donner plus. Saint Benoît louë ceux qui pouvoient s'en passer , & ajoûte : Quoi que nous lisions que le vin ne convient point du tout aux Moines, toutefois comme dans notre tems, il n'est pas possible de le leur persuader, au moins gardons la temperance necessaire. Que fi la qualité du païs fait qu'il ne s'y en trouve point du tout, que ceux qui y demeurenr, en louent Dieu & se gardent d'en murmurer.

Quant aux heures des repas, depuis Pâque jusques à la Pentecôte, ils dineront à sexte,& ils souperont le soir. Tout le reste de l'été ils jeûneront jusques à none, le Mercredi & le Vendredi, fi le travail de la campagne, ou la chaa leur exceflive ne les en empêche:

les autres jours

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1

& 6.35.

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ils dîneront à sexte. Depuis le treiziéme de Septembre jusqu'au Carême , ils

mangeront toûjours à none, & pendant le Carême au soir : ensorte toutefois qu'ils soupent toûjours au jour, en quelque tems que ce soit. En la partie d'Italie, où vivoit Saint Benoît, le Soleil ne se couche jamais plus tard que quatre heures & demie. Il exhorte les Moines à faire en Carême, quel-6.49. que

abstinence particuliere, mais avec le conseil 6. 38. du superieur. On fera la lecture pendant le repas, & le lecteur sera choisi toutes les semaines : non par ordre, mais selon qu'il y sera plus propre.

Les Moines se fervoient les uns les autres, faisoient tous la cuisine tour à tour par semaine. Ce qui montre combien leur nourriture étoit fimple : puisque tous étoient capables de l'apprêter. On avoit grand soin des malades : ils 6. 36. avoient une chambre particuliere, & un des freres pour

les servir. On leur donnoit de la viande, & le bain, toutes les fois qu'il étoit à propoś. Mais on n'accordoit gueres l'usage du bain en santé, principalement aux jeunes. Les habits XVII, étoient reglez à la discretion de l'Abbé, suivant Habits,&c. la qualité du païs, plus chaud ou plus froid.

P.552 Nous croions, dit faint Benoît, que dans les climats temperez, c'est assez d'une cuculle & une tunique , la cuculle plus épaisse pour l'hiver, plus rase pour l'été; & un scapulaire pour le travail. C'étoit depuis long-tems l’habit ordinaire des pauvres & des païsans.

Saint Benoît n'en marque ni la couleur ni la longueur, qui fans doute étoit proportionnée à la commodité du travail. Le scapulaire étoit plus large & plus court qu'à prefent, & avoit son ca. puce. C'étoit l'habit de deffus pendant le travail : on l'ôtoit pour prendre la cuculle, qu'on portoit le reste du jour. Chacun avoit deux tuniques &

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deux cuculles, soit pour changer les nuits, foit pour les laver. Ils les prenoient au vestiaire commun, & y remettoient les vieilles. Les étoffes étoient celles qui se trouvoient dans le païs à meilleur marché. Pour ôter tout sujet de proprieté, l'Abbé donnoit à chacun toutes les choses necessaires : c'est-à-dire, outre les habits un mouchoir, un couteau , une éguille, un stilet, & une tablette pour écrire.

Leurs lits consistoient en une nate ou paillasse piquée, un drap de ferge, une couverture & un chevet. Chacun avoit son lit ; mais ils couchoient tous en un même lieu , au moins dix ou vingt ensemble , fi la communauté étoit grande. Une lampe brûloit toute la nuit dans le dortoir ; & toûjours quelque ancien y couchoit, pour obferver la conduite des autres. Afin d'être toûjours prêts à se lever pour l'Office, ils couchoient tous vêtus, même avec leurs ceintures de cuir ou de corde : seulement ils devoient en ôter les couteaux, de

peur

de feblefler 6:41, en dormant. On ne parloit plus après complies, 6.6. & on gardoit la nuit un profond filence. Le

jour même, on parloit rarement. Les bouffonneries, les paroles inutiles ou propres à faire ri

étoient enticrement bannies des Monasteres;

& la regle ne fait aucune mention de recréa6.41. tion. Mais elle ordonne qu'en tout tems après

le souper, les freres soient tous assis en un même lieu, & qu'un d'entre eux lise des conferences, des vies des Peres, ou quelqu'autre livre d'édification.

Les Moines ne recevoient, sans ordre de l'Ab6.54.

bé ni lettres ni presens de personnes, pas même de leurs parens. Ils ne sortoient point sans fa permission de l'enclos du Monastere. Et pour leur en ôter tout pretexte, on le bâtissoit autant qu'il étoit possible, de telle forţe qu'ils eussent

au

re,

au-dedans toutes les choses necessaires; l'eau, le
jardin, le moulin, la boulangerie, & les commo-
ditez pour les métiers differens. La porte étoit
gardée par un vieillard sage & discret, qui fçût 6, 66
répondre à propos aux pauvres, &'aux autres
survenans. Si quelques freres étoient envoiez
dehors, ils se recommandoient aux prieres de
la communauté; & à leur retour demeuroient
prosternez dans l'oratoire pendant toutes les
heures de l'office, pour expier les distractions
& les autres fautes qu'ils pouvoient avoir com-
mises. Il leur étoit étroitement défendu de rien
dire, de ce qu'ils avoient appris au-dehors.

On recevoir les hôtes avec beaucoup de cha- 6.53. rité & de respect. On les menoit à l'oratoire pour prier , on leur faisoit une lecture d'édification : puis on les traitoit avec toute l'honnêteté possible. L'Abbé leur donnoit à laver, & mangeoit avec eux ; aussi avoit-il fa cuisine & fa table à part, pour être en état de les recevoir à toute heure, sans troubler la communauté. Personne ne leur parloit, que le Moine destiné à les recevoir , & ils avoient leur logement separé. L'Abbé qui devoit gouverner le Monastere, XVIII.

Gouvera étoit choisi par toute la communauté, ou la plus

nement, faine partie : eu égard au feul mérite, sans con- c.64. siderer fon rang d'antiquité. Que s'ils s'accordoient ious à choisir un mauvais sujet ; l'Evêque diocefain, les Abbez, ou les fimples Fidéles du voisinage , devoient empêcher ce defordre, & procurer un digne Pasteur au Monastere. L'Abbé étant choisi, étoit ordonné par l'Evêque ou par d'autres Abbez. Il devoit être instruit de C:65 la loi de Dieu, charitable, prudent, & discret; montrer en tout l'exemple, & n'être que l'executeur de la regle, pour la faire garder fidélement. Qu'il se souvienne toûjours, dit faint Be-6.2; noît, qu'il est chargé du gouvernement des ames;

&

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:

& qu'il se garde bien de les negliger, pour s'appliquer davantage aux choses temporelles : mais

qu'il ait grande foi en la providence. Il doit tout 6. 3. faire avec confeil. Dans les moindres choses,

il consultera seulement les anciens : mais dans les plus importantes, il assemblera toute la communauté, proposera le sujet, & demandera l'avis de chacun : à la charge toutefois, que la dé cision dépendra de lui, & que tous lui obéïront. Au-dessous de l'Abbé, il y avoit d'ordinaire un Prieur ou Prevôt, præpofitus, & plusieurs Doiens. En quelques Monasteres, le Prevôt étoit ordonné par l'Evêque ou par les Abbez, comme l'Ab

, bé même : ce qui lui donnoit sujet de se regarder comme un second Abbé, & de n'être pas affez follmis. C'est pourquoi faint Benoît rejette cet usage , & veut que le Monastere ne soit gouverné sous l'Abbé, que par des Doiens, dont l'autorité étant partagée, sera moindre. Que fi l'on juge à propos d'avoir un Prevôt, il sera établi par

l'Abbé, & lui demeurera soûmis. Ces 6. 21. Doiens, Decani, étoient établis pour veiller sur

dix Moines, au travail, & à leurs autres exer-
cices, & foulager l'Abbé qui ne pouvoit être
par tout. On les choisissoit non par l'antiquité
mais par le merite, & on pouvoit les déposer
après trois admonitions. Voila les officiers pour
le gouvernement du Monastere.
Il y en avoit d'autres pour

le service, comme le Cellerier , l'Infirmier, l'Hospitalier, le Por1 631. tier. Le Cellerier avoit la garde de toutes les

provisions , & de toutes les ustanciles, & diftribuoit à chacun , suivant l'ordre de l'Abbé, ce

qui lui étoit necessaire , pour les besoins de la 6. 32. vie, ou pour le travail. L'Abbé avoit un état de

tous les meubles & les habits du Monastere,

afin que rien ne fe perdît ; & la proprieté étoit 5:33. étroitement défenduë, jusques dans les moin

dres

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