Imágenes de páginas
PDF
EPUB
[ocr errors]
[ocr errors]

nius Prêtre & Abbé, pour la faire approuver par AN. 529. le Pape. On rapporte à ce même tems un con

cile de Valence , sur la même doctrine de la

grace, où faint Cefaire ne put se trouver étant Vita S. malade : mais Cyprien Evêque de Toulon , y Ces. lib. 1. foûtint fortement la doctrine catholique. m.35. Le concile de Vaison indiqué deux ans aupa

ravant , fe tint le septiéme jour de Novembre com.2.16790529.& il y aslista douze Evêques, compris saint

у Cefaire. Après y avoir fait la lecture des canons suivant la coûtume, il ne se trouva aucune plainte contre les Evêques presens : enforte que cette assemblée ne fervit qu'à fe voir , & entretenir la

charité. Toutefois avant que de se separer, ils 6. 1, firent cinq canons, qui portent: Que suivant la

coûtume utilement pratiquée dans toute l'Italie, tous les Prêtres de la

campagne recevront chez eux, les jeunes Lecteurs qui ne font point mariez : les élever comme de bons peres , leur faisant apprendre les pseaumes, lire l'écriture, & les instruisant dans la loi de Dieu : afin de se preparer de dignes Succefleurs. Quand ils

seront venus en âge, fi quelqu'un d'eux veut se 6.2. marier, on lui en laisfera la liberté.

Pour l'utilité du peuple, on permet aux Prêtres de prêcher non seulement dans les villes, mais dans toutes les paroisses de la campagne.

Que fi quelque infirmité empêche le Prêtre de 6. 3. prêcher, les Diacres liront des homelies des Pe

res. A l'exemple du faint Siege & des provinces d'Orient & d'Italie, où l'on dit souvent Kyrie eleifon, avec grande devotion : on le dira dans nos Eglifes, à Matines, à la Messe & à Vêpres;

& à toutes les Messes , même du Carême & des 6.4: morts, on dira trois fois Sanétusi, comme aux 6.5. Meffes.publiques. On recitera dans nos Eglises

le nom du Pape; & après Gloria Patri, on ajoûtera Sicut erat in principio, comme on fait à Ro

: pour

1

me ,

[ocr errors]
[ocr errors]

quarante mil

me, en Afrique & en Italie, à cause des here-
tiques , qui disent que le fils de Dieu a com- An. 529.
mencé dans le tems. C'étoit les Ariens qui do-
minoient dans les provinces.

Le plus ancien modéle qui nous reste de l'of- XIII. fice de l'Eglise en Occident, est la regle de faint Commen

cement de Benoît, composée vers le même tems : car on sajnt Berapporte à l'an 529. la fondation de son fameux noît. Monastere du Mont Cassin. Saint Benoît nâquit vers l'an 480. aux environs de Norfie d'une fa- S. Greg mille considerable. Son pere se nommoit Eu- II. Dialoge trope, fa mere Abundantia. On Pavoit envoie étudier à Rome : mais voiant la corruption de la jeunesse, il se retira secretement , & s'étant dérobé même de la nourrice qui l'avoit suivi, V. Iter. il vint à un lieu nommé Sublac, à

Italic. Ma

bil.
les de Rome : où il s'enferma dans une caverne
fort étroite. Il y demeura trois ans, sans que
personne en fçût rien, excepté un Moine nom-
mé Romain ; qui l'aiant rencontré lors qu'il y
alloit, & aiant appris fon deslein, l'e revêtit de
l’habit monastique , lui donna tout le secours
qu'il pouvoit, & lui garda le secret. Romain
demeuroit dans un Monastere voisin, sous un
Abbé nommé Theodat : mais il se déroboit
quelquefois & portoit du pain à faint Benoît,
d'uue partie de la portion. Il n'y avoit point de
chemin

pour

arriver à sa caverne du côté du Monastere de Theodat : c'étoit une roche fort élevée. De sorte que Romain attachoit le pain Ada SS.

Ben. te, I. à une longue corde avec une clochette pour avertir Benoît de le prendre. Saint Romain vint P081, depuis en Gaule, & gouverna un Monastere près d'Auxerre, où il mourut.

Saint Benoît vivant dans sa grote, ne sçavoit pas même quel jour il étoit. En sorte qu'un jour de Pâque, un Prêtre d'un lieu assez éloigné, aiant préparé à manger pour lui même,

Dieu

[ocr errors]
[ocr errors]

M 3

[ocr errors]

Dieu lui fit connoître par revelation, le lieu où étoit son serviteur qui mouroit de faim. L'aiant trouvé à grande peine, il lui apprit que c'étoit le jour de Pâque, auquel il ne devoit pas jeûner, & lui fit manger de ce qu'il avoit apporté. Vers le même tems, des Pastres le trouverent caché dans sa grote , & le voiant vêtu de peau dans des broussailles, ils le prirent pour une bête: mais quand ils connurent que c'étoit un serviteur de Dieu, ils le respecterent : plusieurs même quitterent leurs moeurs brutales & se convertirent. Depuis ce tems il commença à être connu de tout le voisinage, plusieurs le venoient voir, & lui apportoient de la nourriture rece

vant ses instructions. Un jour comme il étoit 6.2. seul, le souvenir d'une femme qu'il avoit vuë,

excita en lui une tentation fi violente, qu'il fut prêt à quitter le desert. Mais étant revenu à soi, & voiant auprès de lui quantité d'orties & d'épines, il se jetta dedans & s'y roula long-tems à nud : de maniere qu'il en sortit tout en fang; & ne fut plus attaqué depuis de pareilles tentations.

Alors plusieurs commencerent à quitter le

monde, & se ranger fous fa conduite : car son 6.3, nom étoit déja fort celebre. Il y avoit là proche

un Monaftere, en un lieu nommé Vicovarro, entre Sublac & Tibur. L'Abbé étant mort, toute la Communauté vint trouver Benoît, & le pria instamment d'en prendre la conduite. Il les refusa long-tems, & leur prédit, que leurs ma- , nieres ne pourroient s'accorder avec les fiennes: enfin il se laissa vaincre. Mais comme il vouloit corriger ces Moines, & les faire vivre regulierement : ils commencerent à se repentir de l'avoir appellé, & ne voulant point quitter leurs mauvaises habitudes, ils resolurent de s'en défaire, & lui donnercnt du vin empoisonné. Com

me

[ocr errors]

me il étoit à table, on lui presenta le verre à benir suivant la coûtume du Monastere; il étendit la main & fit le signe de la croix : aussi-tôt le verre quoiqu'éloigné, se cassa comme s'il y eût jetté une pierre. L'homme de Dieu comprit ce que c'étoit, & se levant aussi-tôt, il appella les Moines, & leur dit d'un visage tranquille: Dieu vous pardonne, mes freres: pourquoi m'avez-vous voulu traiter ainsi ? Ne vous avois-je pas dit, que nous ne pouvions nous accommoder ? Allez, cherchez un Superieur qui vous convienne. Alors il se retira à fa chere solitude.

Il y demeura long-tems , & devint encore plus celebre par ses vertus & ses miracles , qui lui attirerent tant de disciples, qu'il bâtit douze Monasteres , en chacun desquels il mit douze Moines sous un Superieur. On en marque encore les lieux & les noms. Il retint seulement avec lui quelque peu de Moines , qu'il croioit avoir encore besoin de son instruction. Les plus nobles de Rome venoient à lui, & lui donnoient leurs enfans à élever. Ainsi Equitius lui donna son fils Maur , & le Patrice Tertullus son fils 6.7. Placide encore enfant. Un jour le jeune Placide alla puiser de l'eau dans le lac : mais aiant trop enfoncé le vase, il tomba lui-même dans l'eau, qui l'emporta loin de terre, environ la portée d'un trait. Saint Benoît qui étoit dans le Monastere, le connut aussitôt, & appellant Maur, il lui dit : Mon frere, courez vîte , cet enfant eft tombé dans l'eau. Maur lui aiant demandé fa benediction, courut jusqu'à l'endroit où l'eau emportoit Placide , & l'aiant pris par les cheveux, il revint avec la même diligence. Si-tôt qu'il fut à terre il regarda derriere lui, & voiant qu'il avoit marché sur l'eau, il en fut épouvanté. Il raconta la chose à faint Benoît, qui attribua ce miracle à son obéïffance : mais faint

[ocr errors]
[ocr errors]

M4

Maur,

>

Maur, l'attribuoit au commandement de son maître, foûtenant qu'il n'avoit pas fait un miracle, fans s'en appercevoir. . Placide decida la chose, en disant : Lorsqu'on me tiroit de l'eau,

je voiois sur ma tête la melote de l'Abbé, & Sup. liv, lui-même qui me tiroit. La melote étoit une XX. 7.8.

peau
de mouton, que

les Moines portoient sur les épaules. Quant à faint Placide, il étoit fi jeune que l'on peut croire qu'il n'avoit pas ens core l'habit & la tonfure monastique.

Quelque tems après saint Benoît cedant à l'en

vie d'un Prêrre nommé Florentius, laissa tous sap. 8. fes Monasteres, fous les superieurs qu'il leur

avoit donnez , & se retira avec quelque peu de Moines, Passant d'un lieu en un autre, il vint à

Caffin, perite ville sur le panchant d'une haute V: Iteri montagne, dans le pais des Samnites. Il y avoit Italic. Ma- un très-ancien temple d'Apollon, que les païsans bill,

adoroient encore; & tout autour, des bois con-
facréz à l'idole , où ils faisoient des facrifices.
Saint Benoît y étant arrivé , brisa l'idole ,
versa l'autel, coupa les bois ; & dans le temple
mênje d'Apollon bâtit un Oratoire de faint Mar-
tin ; & un de saint Jean , à l'endroit où étoit
l'autel des idoles ; & par ses instructions conti-
nuelles, attira à la foi tout le peuple d'alentour.
Il y bâtit un Monastere où il demeura depuis ,
& qui fut le plus fameux de fa Regle. On en

rapporte la fondation à l'an 529. XIV. On croit aussi qu'il acheva vers ce tems de

Regle de composer fa regle", reçue depuis par tous les saint Bepoît. Offe

Moines d'Occident. Il la commence par la distince diyin. ction de quatre fortes de Moines. Les Cenobi. Reg. S. B. tes vivant dans une communauté reglée, sous la

conduite d'un Abbé : Les Anacorettes ou ErmiV.Caff.coll 18. Sup.liv: tes, qui après s'être long-tems exercez dans une XX. n.5. communauté , fe. retiroient pour mener seuls une vie encore plus parfaite. Les deux autres

ren

[ocr errors]

genres

C. 1.

« AnteriorContinuar »