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amis, qui faifoient leurs efforts pour G. DE LA l'en empêcher. Il fut alors bleffé à VEGA. la tête d'un coup de pierre, qui le renverfa par terre. On le porta à Nice, où il mourut vingt-un jours après, âgé de 36. ans,

Son corps fut mis en dépôt dans l'Eglife de S. Dominique de cette Ville, d'où on le tranfporta en 1538. à Tolede, où il fut mis dans le tombeau de fes ancêtres..

Il s'étoit marié à l'âge de 24. ans, & avoit épousé Helene de Zuniga dont il eut trois garçons & une fille; Garcias, qui fut tué à l'âge de 24. ans en fervant dans le Piémont; Dominique Gufman, Dominicain, Profeffeur en Theologie à Salamanque; Antoine Auguftin, & Helene mariée à Antoine Portocarrero.

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On a déja vû dans l'article précedent, que les Poëfies de Garcilaffo de la Vega avoient été imprimées avec celles de Bofcan; elles ont paru auffi feparément avec les Obfervations de differens Auteurs.

Obras de Garfi-Lafo de la Vega, son Annotaciones de Franc. Sanchez

G. DE LA de las Brozas. Salamanca 1574. & VEGA. 1589. in-16. Sanchez, qui étoit un des plus fçavans Grammairiens d'Ef pagne, a eu foin dans ces remarques de noter les endroits imitez des anciens Auteurs, & d'en relever les beautez par des obfervations doctes & curieufes. It. con notas de Thomas Tamaio de Vergas. Madrit 1622. in-16. It. Venecia 1553. in-12.

P. DE BOISSAT.

V. Nicolas Antonio. Bibliot. Hif pana. Andrea Schotti Hifpania Bibliotheca, tom. 3. p. 579. Baillet, Jugemens des Sçavans.

PIERRE DE BOISSAT.

PIE

IERRE de Boiffat naquit en 1603. à Vienne en Dauphiné de Pierre de Boiffat, Lieutenant General & Vi-Baillif de cette Ville, & de Marie Athaut.

Il fit fes Humanitez avec un fuccès prodigieux, & donna de bonne heure des marques d'un talent fingulier pour la Poëfie Latine. On lui dictoit un theme François, & fur

le champ, à mefure qu'on le dic- P. DE toit, 'il le tournoit en Vers Latins. BOISSATË C'est du moins un fait que Chorier rapporte dans fa vie, & qui pourra trouver quelques incrédules.

Il ne réuffit pas moins dans la Philofophie, & dans toutes les Sciences qu'il embraffa. Ce qui lui fit donner dans fa Province le nom de Boiffat l'Esprit, nom qui avoit été donné autrefois à Anaxagoras de Clazomene:

André Valadier, Abbé de S. Ar noul de Mets, qui étoit fon parent, touché de fes heureufes difpofitions, eut deffein d'en faire fon fucceffeur dans fon Abbaye; & ce fut ce qui engagea fon pere à le deftiner à l'Etat Ecclefiaftique, & à lui en faire prendre l'habit; mais étant mort quelque tems après en 1616. cela n'eut point de fuite, & le jeune Boiffat tourna fes vûës d'un autre côté.

Au fortir du College, il s'appli qua pendant quelques mois à l'é tude du Droit; mais le defir d'ac querir de la gloire dans les armes Pen retira en 1622. Le Connétable

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F

P. DE de Lefdiguieres fit alors marcher des BOISSAT troupes contre les Huguenots du Vivarez, &-Boiffat voulut prendre part à cette expedition. Il y alla fervir en qualité de volontaire auprès d'André de Boiffat fon frere, qui étoit Enfeigne de ChevauxLegers; & les éloges qu'il s'y procura par fa bravoure, lui firent oublier que fa famille l'avoit deftiné à la Robbe..

Quelques mois après, il fit le voyage de Malthe avec le Commandeur du Paffage, Gafpar Poifieu, & il fut fort bien reçu, non-feulement à caufe de fon merite perfonnel, mais encore parce que fon pere

avoit écrit l'Hiftoire de cet Ordre.

A fon retour il fut accueilli d'une tempête, qui dura fept jours entiers, après lefquels il aborda aux Trois Maries.

Henry de Montmorency Gouverneur du Languedoc, qu'il alla voir, conçut bientôt de l'eftime & de l'amitié pour lui, & le retint auprès de fa perfonne. Mais le Connétable de Lefdiguieres ayant invité en 1625, la Nobleffe du Dauphiné

à fecourir le Duc de Savoye contre P. DE les Genois, Boiffat prit auffi-tôt BOISSAT congé du Duc de Montmorency pour fe rendre auprès de lui. Il fe diftingua de nouveau dans cette guerre & par l'épée, & par la plume; car les Genois décriant fort 1 conduite des foldats François, il arrêta le cours de leurs libelles par une Apologie qu'il fit en Latin, & qu'il adreffa au Pape Urbain VIII. Chorier, qui nous apprend cette particularité, ne marque point fi cette Apologie a été imprimée.

Une maladie dangereufe, qui attaqua Boiffat, l'obligea à quitter l'armée, & à fe retirer à Vienne. Dès qu'il eut recouvré la fanté, il vint à Paris, & s'attacha au Duc d'Orleans Gafton, qu'il accompagna en 1627. à la défense de l'ifle de Rhé. Il fe trouva l'année fuivante au fiege de la Rochelle, après lequel il revint joindre à Paris le Duc d'Orleans.

Ce Prince aimoit les fçavans & les gens d'efprit, & dans les tems où la guerre lui donnoit quelque relâche, il faifoit tenir chez lui de Tome XIII. Kk

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