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G. J. Contre-Remontrans, quoiqu'il n'apVos IUS. prouvât pas leurs dogmes ni leur conduite. Mais ces ménagemens n'empêcherent point qu'unSynode de Ter gou affemblé en 1620. ne le fufpendit de la Communion. Une année après il s'en tint un autre à Rotterdam, qui ordonna qu'il y feroit reçû, pourvû qu'il promît de ne rien faire ni rien écrire contre le Synode de Dordrecht; on vouloit fur tout lui faire retracter fon Hiftoire Pelagienne, ou avouer qu'il y avoit commis des fautes.

Il eut de la peine à s'engager à garder le filence, mais pour l'y forcer, on l'empêcha d'enfeigner en public & en particulier; ce qui lui caufa une fi grande perte, qu'il marque dans une de fes Lettres qu'elle alloit à plus de fix mille francs,monnoye de Hollande. Comme il étoit chargé d'une gröffe famille, il fe détermina enfin en 1624. à

promettre le filence qu'on exigeoit de lui, & s'engagea même à expliquer dans quelque Ouvrage fes fentimens, fur le deffein qu'il avoit eu dans fon Hiftoire Pelagienne.

Il executa cette derniere pro- G. J. meffe en 1627. en publiant fon Li- Vossius. vre des Historiens Latins. Il y rejette le fentiment des Semi-Pelagiens, & dit qu'il fuit celui de S. Auguftin & de S. Profper, qu'il croit que la foi & la perfeverance font des effets de la Prédestination, qu'il n'a jamais prétendu que les Peres des quatre premiers fiecles fuffent oppofez à S. Auguftin, mais feulement que ce Pere a plus dit que les autres n'avoient fait, fans avancer rien qui fût contraire à leur Doctrine. Il paroît que Voffius n'a parlé ainfi que pour contenter les Gomariftes, & pour ne point perdre fon emploi, puifqu'on voit par fes lettres qu'il n'étoit pas plus alors dans les fentimens de S. Auguftin, qu'il l'étoit auparavant.

Ce qui lui avoit fait des affaires en Hollande, lui fit honneur en AnEgleterre,où fon Hiftoire Pelagienne

fut très-bien reçuë. Guillaume Laud, Archevêque de Cantorbery, l'eftimoit infiniment, & procura à Vof fius un Canonicat de Cantorbery avec permiffion du Roi Charles I. Tome XIII.

I

G. J. de jouir de ce Benefice, en demeuVossius. rant en Hollande. Ce Canonicar rapportoit à Voffius cent livres fterling par an, ce qui fuffifoit pour le dédommager des pertes que les Gomariftes lui avoient caufées.

La ville d'Amfterdam voulant en 1630. ériger une Academie, ou comme on l'appelle, une Ecole illuftre, jetta les yeux fur Voffius, pour en être comme la pierre fondamentale. La ville de Leyde fe plaignit avec grand bruit de cette érection, qui bleffoit le privilege de fon Academie, laquelle lui avoit été accordée par préference aux autres Villes de Hollande, pour avoir foûtenu en 1574. un long fiege contre les Espagnols, & s'y oppofa le plus qu'elle put, tant pour cette raifon, que parce qu'on vouloit lui enlever Voffius. Mais la ville d'Amfterdam l'emporta enfin, & Voffius y

alla en 1633. fuivant Valere André, prendre poffeffion d'une chaire de Profeffeur en Hiftoire.

Il eft mort en cette Ville au commencement de l'an 1649. âgé de 72, ans. Ceux qui reculent fa mort à

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l'année fuivante 1650. fe trompent G. J. sûrement; car parmi fes Lettres on Vossius. en trouve une de Samuel des Marets, Profeffeur en Theologie à Groningue, datée du 5. Avril 1649. & adreffée à la veuve de Voffius, pour la confoler de la mort de fon mari. On en a une nouvelle preuve dans une Lettre de Gui Patin à Charles Spon, datée du 14. Mai 1649. où il lui annonce fa mort.

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Antoine Thyfius a fait fon Epitaphe, qui merite d'être rapportée

ici.

Hoc tumulo plorat pietas & candida

virtus,

Et luctu Pallas faxea diriguit. Invida mors ridet, ridet quoque Voffius illam,

Dum calamo mortem vincit & in-
genio.

On trouve fon caractere fort bien exprimé dans le parallele que les Journalistes de Trevoux (a) font - entre lui & fon fils, & qui doit pour cette raifon avoir fa place

Eici.

» Rien de plus oppofé que les [×] Janvier 1713. p. 178.

I ij

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G. J. » caracteres du pere & du fils; rien Vossius. » de plus different que leurs efprits. » Dans le pere le jugement domi»noit, l'imagination dominoit dans »le fils; le pere travailloit lente»ment, le fils travailloit facilefe défioit des con>> ment; le pere »jectures les mieux établies >> fils n'aimoit que les conjectures > hardies; le pere formoit fes opi»nions fur ce qu'il lifoit, le fils

le

d'une

prenoit une opinion, & lifoit en» fuite; le pere s'attachoit à péné» trer la pensée des Auteurs qu'il » citoit, à ne leur rien impofer, & » les regardoit comme ses maîtres, » le fils s'appliquoit à donner fes » propres penfées aux Auteurs qu'il » citoit, il ne fe picquoit pas » fidelité exacte en les citant, il les >> regardoit comme des efclaves, » qu'il avoit droit de faire parler à »fon gré; le pere cherchoit à inf» truire, le fils à faire du bruit; » la verité étoit le charme du pere, » la nouveauté étoit le charme du » fils. Dans le pere on admire une » érudition vafte, mais arrangée » avec tant d'ordre, exprimée avec

در

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