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Tontine de 1743 eft auffi composée, parce que la moitié refte entierement éteinte à la mort de chaque Rentier.

Pour avoir la rente que doit rapporter une Action d'une Tontine, comme celle de 1734, on doit considérer qu'un quart de l'Action a été constitué en rente purement viagere, puisque le quart de la rente s'éteint à la mort de l'Actionnaire; & que les autres trois quarts du prix de l'Action, ont été conftitués en Tontine fimple, puifque les trois quarts de la rente de chaque Action fe diftribuent aux Survivans de la Claffe ou Société; par là la rente que doit rapporter chaque Action, doit être composée de deux parties.

1o. De ce que doit rapporter le quart du prix de l'Action placé en rente purement viagere, qu'on prendra Table XVI.

2o. De ce que doivent rapporter les trois quarts du prix de l'Action, fuivant le plus grand âge qu'il doit y avoir dans la Claffe qu'on prendra Table XVII. C'est par ce moyen qu'on a formé la Table XIX.

La Table XVIII. a été formée en prenant la moitié des rentes de la Table XVI. & la moitié des rentes de la Table XVII. Tout cela eft aisé à entendre.

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REMARQUE.

On doit conclure de tout ce qu'on a dit juf qu'ici, que les rentes viageres de quelque maniere qu'elles foient faites, font des Jeux ou Loteries, où l'on parie à qui vivra le plus. Celui qui prend l'argent pour en payer la rente, doit être regardé comme le dépofitaire de l'enjeu, qui fe charge de faire valoir l'argent qu'on lui dépofe, & de tenir compte aux Joueurs du bénéfice qu'il en tire, puisqu'il leur paye à la fin de chaque année une partie des capitaux, avec les intérêts des parties de capitaux dont il étoit refté débiteur au commencement de la même année.

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A la plupart des Jeux ou Loteries, l'avantage pour celui qui tient le jeu, & le desavantage les Joueurs. Ici c'est le contraire en tout. 1o. A tous les Jeux on s'expofe à manquer fouvent du néceffaire: ici on s'affure du bien pour le reste de fa vie.

2o. A tous les Jeux & Loteries, l'argent eft mort pour les Joueurs pendant tout le tems qu'il eft hors de leurs mains : ici l'argent travaille ou rapporte au profit des Joueurs tant qu'il y a des fonds dans les coffres du Dépofitaire, ou tant qu'il y a quelques Rentiers vivans.

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3o. Enfin ceux qui ont permiffion de tenir ces tripots, de quelque efpece qu'ils foient, vivent largement aux dépens des Joueurs, fur les fonds defquels ils prennent toujours une partie assez confidérable, & auffi hardiment que s'ils leurs rendoient un service important : ici bien loin que le Dépofitaire prenne aucun bénéfice fur le fonds des Joueurs, il fe charge de payer tous les frais.

Après cet examen il me femble qu'il faut vouloir être dupe, pour s'exposer aux Jeux de hazard, foit Dez, Roue de fortune, &c. où il y a tant de désavantage, préférablement à un Jeu où il y a tout à gagner. C'est cependant ce qu'on voit tous les jours.

Sur les Loteries où il y a des lots en Rentes viageres.

Quand on fait des Loteries où il y a des lots en Rentes viageres, on doit fuppofer qu'ils feront tous placés fur des perfonnes âgées entre 5 & 10 ans, qui font ceux qui doivent avoir le moins de rente pour un fonds déterminé; & dans cette fuppofition, voir quelle quantité de rente on doit faire, eu égard au fonds qu'on reçoit, & au denier d'intérêt dont on veut partir. La quantité de rente qu'on peut faire étant déterminée,

on la diftribuera en lots comme on voudra, & on donnera enfuite une augmentation aux lots que les Gagnans voudront placer fur des perfonnes d'un autre âge, proportionnellement à la diminution de leurs probabilités de vie.

La Table XX. fait voir l'augmentation qu'on doit donner felon les âges; ainfi celui qui a reçu le fonds convenable pour faire 100 livres de rente viagere à une personne âgée entre 5 & 10 ans, peut pour le même fonds donner 104 liv. 1 f. à une personne âgée entre o & 5 ans, ou 132 liv. 10 f. 6 d. à une perfonne âgée entre 45 & 50 ans; ou 297 liv. 7 f. 4 d. à une perfonne âgée entre 72 & 75 ans, &c.

La formation de cette Table eft aifée à entendre, lorsqu'on fera attention que les lots doivent augmenter pour les différens âges, dans les mêmes rapports que les valeurs de la Table XV.

Maniere de déterminer les rentes conftituées fur deux perfonnes.

On peut faire des rentes viageres qui foient conftituées fur deux perfonnes à la fois, comme le mari & la femme, deux freres, deux amis, &c. pourvû que les perfonnes foient de même âge ou approchant ; chacun de ces Affociés jouit

de fa rente propre tant qu'il vit : mais à la mort de l'un des deux le Survivant jouit des deux rentes le refte de fa vie, après quoi les deux rentes reftent éteintes; par-là toute personne en état de le faire, peut affurer du bien à celui qu'il aime, & en jouir lui-même pendant sa vie, sans craindre d'en être privé par la mort de celui à qui il a voulu faire du bien. Ces rentes ne donnent pas tant d'efpérance que les Tontines ; mais elles ont quelque chofe de plus accommodant pour la Societé. Elles doivent tenir, comme on le voit, un milieu entre les rentes purement viageres, & les rentes en Tontines. Voici comment on doit raifonner pour les déterminer.

Suppofons que deux perfonnes de l'âge de 32 ans veuillent conftituer fur leurs deux têtes, on voit par l'ordre de mortalité des Rentiers, qu'il doit y en avoir encore une vivante à l'âge de 67 ans. Si cette perfonne de l'âge de 67 ans mettoit en rente purement viagere, elle devroit payer comme fi elle devoit vivre au moins 9 ans, c'est-à-dire, comme fi elle devoit vivre en tout 76 ans ; d'où ôtant 32 qu'elle avoit lors de la constitution, reste 44 ans que la rente de la Societé doit être communément payée; ainfi c'est la même chofe que fi ces gens-là prêtoient pour

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