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d'urine, fur les fituations de la pierre, &c. Voilà fon ouvrage; ce font ces Traitez qui rendront fon nom immortel, ils ne trouveront que des ad mirateurs. Quelque méthode qu'on fuive, ils feront des guides affurez. Les difficultez mêmes qu'entraîne le grand Appareil font une fource d'é loges pour M.Collot.Cette opération fi redoutable aujourd'hui n'étoit pas fi malheureuse entre fes mains; fes lumieres qu'il avoit puifé dans la Médecine prévenoient les dangersou les diffipoient; la confiance qu'infpiroit fon feul nom ranimoit les malades. s'il n'a pas reconnu les avantages du haut Appareil, c'eft que l'expérience ne parloit pas alors pour cette méthode; l'exemple qui eft aujourd'hui une loi pour nos Opérateurs, ne pouvoit pas l'animer; les tentatives qui font toûjours redoutables dans le corps animé, effraioient ce grand homme;enfin marchant dans la route de fes Peres,il a préferé une prudente timidité à une hardieffe heureufe.. TRAITE

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LA FORMATION

DE LA PIERRE

Avec des Obfervations fur l'Operation de la Taille.

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N ne doit pas s'étonner de voir le corps humain fujet à tant de maux la matiere qui l'a formé, eft la fource de fes infirmitez. Le limon qui dans les mains du Créateur a fervi pour produire le corps humain, eft devenu l'inftrument de notre punition; Dieu a voulu faire

A

fentir à l'homme, que ce foible élement qui lui avoit donné l'être, pourroit fervir de châtiment à fes tranfgreffions, & le punir par la mort même. Par là le Créateur a voulu encore nous faire fentir que la machine du corps toute admirable qu'elle paroît, n'eft qu'une terre organisée, qui fe trouve dans un penchant qui l'entraîne vers fon origine; la pierre, ce fleau de la nature humaine, n'est qu'une preuve trop frequente de ces veritez ; ce n'eft qu'un limon qui n'eft qu'une maffe informe & impuiffante, mais par la confiftance qu'elle prend, elle devient la fource d'un fupplice continuel; ce mal eft d'autant plus terrible, qu'il eft de tout fexe, de tout âge, & de toutes conditions. Comme fi l'homme en naiffant, venoit au monde moins pour vivre que pour fouffrir, il apporte fouvent avec

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foi ou la caufe d'une vie malheureuse, ou d'une mort prochaine. On voit bien des enfans fortir du fein de leurs meres avec des pierres toutes formées, foit dans le baffinet de leurs reins, foit dans la capacité de leurs veffies; il s'en trouve même qui en venant au monde, font fi furchargés de femences pierreuses, qu'ils font déja pétrifiés de toutes parts.

Une femme accoucha à Pontà-Mouffon au mois de Mai 1659: d'un enfant qui avoit une épau¬ le toute entiere, & quelquesuns de fes vifcéres, formés d'une matiere calculeufe; cette matiere avoit affez de folidité pour nous convaincre que la generation s'en étoit faite dans le moment de la conception du foetus.

De nos jours on a trouvé dix pierres très-dures, & d'une groffeur affez confiderable, dans la

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fubftance des poulmons d'un de nos plus grands Magiftrats, qui fans cet accident feroit peut-être arrivé à une très-longue & trèsheureuse vieilleffe.

Combien n'y a-t-il pas de goutteux dont le fang eft infecté d'une matiere qui porte l'inflammation & la douleur aux parties fur lefquelles elle fe répand, & qui après cela prend la confistance & la couleur du plâtre, ou plûtôt d'une veritable chaux.

La veficule du fiel fe trouve fouvent remplie d'une ou de plufieurs pierres; elles ont pour base une bile qui fe deffeche en peu de tems. Elles font toûjours creufes & fort legeres; mais trèsdangereufes car plus la veficule du fiel eft embarraffée de ces corps étrangers, plus elle fe trouve en état d'alterer la bonne conftitution des fluides qui ani

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