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ger les Han à lever le liége , mais il fut repousé avec une perte considérable ; quelques-uns de ses Généraux fu- Après. S. C. rent faits prisonniers. Ki-hiun vint se rendre aux Han avec L'an 919. mille hommes. Alors Kuo-goei'attaqua. plus vivement la place , il emporta les murailles. Li-cheou-tchin qui se vit sans espérance , se précipita dans le feu avec sa femme & ses enfants,

la ville fut prise. On arrêta le Bonze , qui fut conduit à Ta-leam, où la populace le mit en piéces dans la place publique.

Si-gan-fou dans laquelle Tchao-sie-kuon s'étoit révolté, étoit exposée à de plus grands maux par la cruauté du rebelle. Il prenoit les femmes , les filles & les enfants des habitans & les distribuoit à ses troupes pour les manger. Ce n'étoit pas la nécessité qui le portoit à ces excès. Il les donnoit à ses soldats comme des récompenses & une augmentation de paye. Il se plaisoit à faire servir sur sa table le foye de ces malheureuses victimes ; mais enfin l'exemple du rebelle qui venoit d'être soumis, & la crainte du châtiment qu'il méritoit, lui firent prendre le parti d'envoyer un officier à l'Empereur : il obtint le gouvernement de Hoa - tcheou. Mais lorsqu'il sortit de Sigan-fou pour venir recevoir l'ordre de l'Empereur qu'on lui apportoit , Kuo - tcong - y avec quelques troupes s'empara des

portes

de la ville , & le fit arrêter. Il eut la tête coupée dans la place publique avec trois cens de ses gens. Après que le Chensi eut été ainsi pacifié, Kuogoei revint à la Cour où on l'éleva à de plus grandes dignités. Il ne restoit plus à soumettre dans cette province que Fong-tciang-fou , dans laquelle Vam-kim-tçung s'étoit renfermé. Tchao-hoei la tenoit étroitement assiégée : Vamkim-içong , malgré les représentations de ses officiers qui lui conseilloient de se rendre , persista toujours dans la révolte. Il voulut faire une sortie , mais ayant été repoussé, il se brûla lui-même , & tous ses officiers vinrent se rendre.

Ces trois revoltes avoient obligé la Cour de veiller plus attentivement au gouvernement de l'Empire ; mais lorsqu'elles furent appaisées , l'Empereur & ses Ministres com,

Yn-ti.

L'an 950

mencerent à se conduire avec plus de hauteur , les affaiAprès J. C.

res furent négligées, on n'écouta point les sages conseils L'an 949. de l'Impératrice, ni ceux de quelques officiers , & cette

paix devint plus dangereuse pour la Dynastie des Han, que ne l'avoit été la guerre. Il en est souvent des Empires comme des hommes : leur vertu brille dans l'adversité, la prospérité fait paroître leurs vices.

Les Kitans , qui depuis quelque tems avoient été assez tranquilles , envoyerent Tchong-kuei , ancien Empereur des Tçin , qu'ils retenoient toujours prisonnier , à Kientcheou , où ils lui aslignerent des terres , ensuite ils vinrent faire des courses sur les frontieres de la Chine. Kuo-goei fut chargé d'aller les repousser. On lui donna le gouvernement de Po - tou ou Ta-mim - fou. Cette nomination excita des déinêlés entre les Ministres sur l'autorité qu'on devoit lui donner dans ce gouvernement : quelques - uns vouloient qu'il fût revêtu d'une charge qui avoit été détruite , & par laquelle les troupes ne devoient obéir qu'à set ordres seuls : les deux principaux Ministres allerent jusqu'à tirer l'épée l'un contre l'autre , parce qu'ils étoient d'un ayis différent sur ce sujet. L'Empereur donna aussi un gouvernement à Kuo- yong, neveu & fils adoptif de Kuo-goei

. Celui - ci parut fâché des disputes qui étoient survenues entre les Ministres : il le témoigna à l'Empereur avant que de partir pour son gouvernement. Il furvint dans le même tems dans la capitale un ouragan terri, ble , le vent fut si violent qu'il détruisit une partie de maifons, & emporta bien loin les portes. L'Emperenr fit venir les Astronomes , & leur demanda de quelle maniere il pourroit éloigner les malheurs que cet évenement annonçoit : ces Astronomes lui répondirent que les devoirs de leurs charges ne s'étendoient pas jusques - là , cependant que tous les Princes qui avoient voulu éloigner ainsi les maux dont ils étoient menacés , s'étoient attachés à devenir plus vertueux. Tout le gouvernement de l'Empire rouloit alors sur

quatre personnes ; Yam-yeou avoit soin de l'administration des affaires, Kuo-goại commandoit les armées, Sfu-hum-pie les

Yn-ti.

Gardes de l'Empereur, & Vam-tchang avoit inspection sur le thrésor. Yam-yeou étoit un Ministre fidéle qui écoutoit tout

Après J C. le monde , on s'adressoit directement à lui; s'il recevoit l'an'ssor quelquefois des présens , ce n'étoit que pour les distribuer aussi-tôt. Il n'en étoit pas de même de Vam-tchang; homme avide & intéressé. Les changemens qu'il fit dans les finances mécontenterent d'autant plus le peuple que

l'Empereur renfermé avec ses concubines ne prenoit aucun foin du gouvernement. Yam-yeou lui en faisoit souvent des reproches ; mais les Musiciens & les Farceurs étoient les feuls qui étoient écoutés, & qui recevoient de ses présens, le payement des troupes étoit négligé. L'Empereur irrité de toutes les remontrances qu'on lui

faisoit à ce sujet , prit la résolution avec quelques courtisans de faire mourir Yams yeou & les autres Ministres ; quelques officiers en donner rent avis à Su-hum-pie,qui ne voulut point ajouter foi à leur discours. Dans le tems que Yam-yeou & Vam-tchang se rendoient au Palais , ils furent tués par des foldats. On dons ' na ordre d'aller faire mourir Su-hum-pie, Kuo-goei & tous leurs gens ; mais ce dernier en ayant été inftruit , délibéra avec ses amis sur le parti qu'il avoit à prendre ; il paroissoit refolu d'attendre la mort. » Pourquoi, disoit-il,

vivrois-je seul , puisque les autres Ministres sont tués ? Si » nia tête est nécessaire pour rétablir la tranquillité dans

l'Empire, je ne fais aucune difficulté de la donner.» Tous fes amis lui conseillerent de profiter du désordre que

la conduite de l'Empereur occasionnoit , pour se rendre maître de l'Empire. Ils lui représenterent que c'étoit uniquement dans ce dessein

que

le Ciel l'avoit conservé. Il fut joint en peu de tems par plusieurs Officiers qui vinrent avec leurs troupes , & il se rendir à Tan-tcheou : il n'étoit point encore porté à la revolte , il vouloir écrire å l'Empereur & lui offrir sa têre s'il étoit coupable ; mais fes amis s'opposerent de nouveau à son dessein : en conséquence il alla prendre tout ce qui étoit dans les magafins de Hoa-tcheou , pour l'entretien de son armée qui augmentoit tous les jours. Il étoit toujours irrésolu dans son entreprise. Encore fidéle à l'Empereur & ne cherchant que

Yn-ti.

L'an 93o.

Après J.C

le bien de l'Empire, il aimoit mieux mourir que d'être l'auteur d'une revolution ; on lui représenta que c'étoit la Cour qui lui avoit manqué, & non lui qui avoit manqué à la Cour.

Lorsqu'on eut été informé à la Cour de cette démarche, les favoris de l'Empereur commencerent à faire vuider tous les magazins pour les distribuer aux troupes. Kuo-goei alla à Fong-kieou , pendant que l'Empereur à qui l'Impératrice venoit de reprocher sa conduite , faisoit rassembler tous ses Généraux, même ceux qui avoient été ses plus cruels ennemis : ce Prince les distribua dans différens postes & marcha lui-même à l'ennemi. Yen -tchao alla le premier attaquer Kuo-goei;mais il fut repoussé. Ce premier luccés de Kuo-goei repandit la consternation dans l'armée Impériale. La plúpart des troupes déserterent & passerent chez les rebelles : mais Kuo-goei les renvoyoit dans leur camp. L'Empereur abandonné de tous côtés, fut obligé de fuir & d'aller se cacher dans une maison parmi le peuple ; il fut tué par quelques soldats : ses favoris ne voulurent pas lui survivre & se donnerent la mort. Kuo-goei se présenta aux portes de la capitale, fit arrêter plusieurs des Officiers que l'on mit aux fers , & envoya de tous côtés ses Généraux pour arrêter le pillage ; il se regardoit encore comme criminel & ne songeoit point à l'Empire : il se comporta dans cette occasion conime sujet, il assembla tous les Officiers & supplia l'Impératrice mere de choisir promp

tement un Empereur parmi les freres de l'Empereur : on Licou-pin. jetta les yeux sur Lieou-pin (a) frere de Kao-tçou.Ce Prince

étoit alors dans son gouvernement; on envoya au devant lui quelques Officiers pour le conduire dans la capitale ; pendant ce tems-là on distribua les charges de l'Empire ; & on fit punir les principaux d'entre les Ministres qui avoient été cause de la perte du feu Empereur ; leurs têtes furent attachées dans la place publique ; mais on fit grace à leur famille. Les Kitans faisirent cet instant de troubles pour venir faire le ravage dans les environs de Pe-king où

ils (4) Les Historiens le nomment encore Siang-in kuin,

se rendre l'an 950.

ils ruinerent queiques villes; mais Kuo-goei marcha con

Après J. C. tre eux & les obligea de se retirer.

Licou pin. Le nouvel Empereur s'étoit mis en marche pour à la Cour: Kuo goei avoit été au-devant de lui jusqu'à Pemahien proche Ta-mim-fou ; d'où il vint à Kai - tcheou, mais dans le tems qu'il se disposoit à sortir de cette ville , il s'éléva parmi les troupes une fédition ; les soldats ne voulurent point reconnoître le nouvel Empereur , & déchirerent l'étendart jaune dont ils envelopperent Kuo-goei, en criant vive l'Empereur , & l'exhortant à marcher vers le midi. On envoya aussi-tôt faire sçavoir à Ta-leam

que le peuple n'eût rien à craindre. L'Empereur apprit cette nouvelle à Sumtcheou ; il manda quelques troupes pour sa garde : les Oficiers de la ville lui représenterent qu'on publioit partout que Kuo goei étoit Empereur & qu'il devoit s'y opposer : on lui proposa d'attaquer les troupes qui avoient été envoyées; mais il n'eut point assez de fermeté. Il laissa le tems à ses ennemis de se faisir de la personne, on fit mourir ceux qui lui avoient donné quelques conseils , & l'Impératrice fit publier qu'il étoit dépcsé: elle remit ensuite à Kuo-goei le gouvernement de l'Empire , & peu de tems après il fut procla- L'angst. mé Empereur. Il donna à sa Dynastie le nom de Tcheou. Pendant

que la Cour étoit exposée à toutes ces révolutions , Lieou-tcong frere de l'Empereur Kao - tçou & gouverneur de la Province de Ho-tong, ayant appris le fort de l'Empereur In-ti, vouloit lever des troupes pour aller dans le midi; mais ayant été informé que Lieou-pin avoit été fait Empereur, il abandonna ce projet , parce qu'il regardoit ce Prince comme son fils. Un Officier avoit voulu lui faire envisager que toutes les démarches de Kuo-goei ne tendoient qu'à se rendre maître de l'Empire, & lui avoit conseillé de le prévenir; mais Lieou-tcong lui avoit fait couper la tête. Lorsqu'il apprit presque aussitôt que le nouvelEmpereur avoit été déposé, il envoya à ce Prince un Courier pour l'engager à revenir à Tçin-yam. Un autre Officier de Lieou-pin s'empara en même-tems de Siy-tcheou,dans l'espérance de tirer des secours de Lieou-tçong &de conserver l'Empire à Lieoupin; mais le nouvel Empereur des Tcheou força ce Prince Tome II,

P

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