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Redouan,
Dekak.

qui y trouverent tolites sortes de provisions, ils rentrerent dans la ville chargés de dépouilles, la citadelle se rendit, i'ah 1998

Apr, J. C. & Boëmond fut fait Prince d'Antioche.

La prise de cette ville ouvroit aux Francs toute la Syrie. Les deux Princes Seljoucides Dekak & Redouan qui alloient Aboulma. être le plus exposés, écrivirent au Khalif de Bagdad nommé Mostadher , pour lui faire sçavoir ces malheurs & implorer son secours. Le Khalif qui n'avoit aucune autorité dans la Syrie, & qui ne pouvoit rien par lui-même, en donna avis au Sulthan Barkiaroc; mais les plaintes des Musulmans ne furent point écoutées. Dans le tems que l'armée Françoise se disposoit à partir d'Antioche, (.1) l’Emir d'une forteresse voisine nommée Ezaz (1) implora le secours des Croisés L'ań 1099 contre Redouan. Cet Emir faisoit depuis long-tems des courses sur le territoire d'Alep. Depuis l'arrivée des Francs , plusieurs femmes Chrétiennes étoient tombées en sa puissance, entre autres celle d'un nommé Foulques qui avoit été tué. Un des Officiers de l’Emir, épris de la beauté de cette femme, alla ravager les Etats du Roi d'Alep, dans le dessein de l'obtenir de l’Emir, comme une récompense de ses services. Ces courses devenues plus fréquentes obligerent Redouan à rassembler toutes ses troupes pour aller attaquer l’Emir d'Ezaz , & celui-ci moins puissant , eut recours aux

Aquenf. Francs, leur envoya en órage son fils Mohammed, & fit de Tyre avec eux un traité. Trente mille Chrétiens conduits par le Duc de Lorraine & par plusieurs autres Princes s’approcherent d'Ezaz qui étoit alliégée par une armée de quarante mille hommes. Redouan leva aulli-tôt le siége & reprit le chemin d'Alep. Sa retraite précipitée & ignorée des Chrétiens fut cause que plusieurs de ceux-ci, en sortant d’Antioche, furent frits prisonniers, & que le Duc de Lorraine fut obligé de s'arrêter pour les délivrer. Il attaqua les troupes de Redouan qui emmenoient captifs un grand nombre de ces Chrétiens , obligea ce Prince à prendre la fuite, & après avoir rendu la liberté aux prisonniers, il se rendit à Ezaz où il reçut l'hommage de l’Emir. Ce château fut en quelque façon

(a) Aboulmahasen dit un vendredi 23 (6) Nos Historiens la nomment Hade Schaban de l'an 492 de l'Hegire, 1 ome 11. Part. II.

N

Albertus

Guillaume

fart.

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98

Dekak.

corum.

Albertus

de Tyr.

ز

HISTOIRE GÉNÉRALE DES HUNS.
réduit par-là sous la puissance des Francs ; dans la suite ceux-
Apr: Jocci en abuserent & s'y rendirent en si grand nombre qu'ils
Redouan." devinrent incommodes aux Turcs. L'Emir se repentit de

les avoir appellés. Les habitans avec les Turcs des envi-
rons formerent une conspiration, & résolurent de tuer Bau-
douin, ou au moins de le chasser ; mais le projet ayant été
éventé, les Chefs furent aveuglés, & les moins coupables

payerent des fommes considérables.
Gejla Fran- Pendant le tems que l'armée Françoise se préparoit à se

mettre en marche pour se rendre à Jérusalem , le Comte Aquens. de Toulouse étoit venu assiéger Bira (a), ville forte, située Guillaume dans le territoire d'Apamée, & éloignée de deux journées

d'Antioche; cette ville fut prise ; ensuite tous les Croisés s'étant
réunis, ils allerent attaquer (b) la ville de Mara el nooman,
à huit milles de Bira. Čette ville ne put être emportée le
second jour , faute d'un assez grand nombre d'échelles; mais
l'arrivée de Boëmond avec de nouveaux secours, mit les Croi-
fés en état de pousser plus vivement les attaques. On lança de
part & d'autre des feux grégeois, des pierres & d'énormes
rochers; malgré la résistance des habitans, la ville fut forcée,
les Francs y pénétrerent l'épée (c) à la main, & elle fut livrée
à la fureur du soldat. Les Historiens Chrétiens reprochent

aux Francs d'avoir poussé la cruauté jusqu'à ouvrir les corps Gesia Fran- morts pour y trouver des piéces d'argent, & d'avoir mangé

de la chair humaine ; les Historiens Arabes, d'avoir manhafen.

qué aux traités qu'ils avoient faits avec les habitans, c'est-
à-dire, de ne point entrer dans leur ville, & de se conten-
ter d'y envoyer une garnison. Il y avoit eu à cette occasion
quelques troubles dans la place, les Francs en avoient

profité pour s'en rendre maîtres , & ensuite égorger les deux Gefia Fran- partis

. Quelques-uns échapperent au massacre général. Boëmond leur avoit fait dire de se retirer dans un Palais, on les fit tous prisonniers. Ensuite Césarée , Hama, Hemesse, Ramla

& un grand nombre d'autres villes de Syrie livrerent passaAboulfedha ge aux Francs. Les Croisés ne rencontroient point d'en

corum. Aboulma

corum.

Guillaume de Tyr.

(a) Les Historiens des Croisades la nomment Al-bira.

(6) L'an 492 de l'Hegire,

(c) Leu de Décembre. Selon Aboulnahalen, ils en décamperent sur la fin de Redgeb de l'an 492,

Dekak.
Aboulma-

hafen.

radge. Elmarin.

Aboulma

nemis ; toutes les places, pour se racheter du pillage, leur apportoient des vivres , quelques-unes qui oferent résister, l'an 1999: furent prises d'assaut. C'est ainsi qu'ils traverserent les Etats Redouan. des Princes de la Syrie , Seljoucides & Ortokides , entrerent dans ceux des Khalifs d'Egypte, & parvinrent jusqu'à Béït el cods, autrement Jérusalem qui appartenoit alors à ces Aboulfaderniers Princes.

Quoique les détails de ce siége & les conquêtes des Francs dans cette partie de la Syrie soient étrangeres à l'Histoire des Seljoucides, on me permettra de rapporter ici en peu de mots ce que les Historieus du pays en ont

hafen, dit. Cette fameuse ville étoit alors gouvernée par un Emir nommé Iftikhar eddoulet, qui y avoit été mis par

Moftaali Khalif d'Egypte. Les Francs qui l'assiégerent pendant quarante jours, firent construire deux tours qu'ils approcherent des murailles. La premiere fut placée à la porte de Sion , la seconde entre les portes d'Amoud & d’Albath. Les Musulmans brûlerent la premiere; mais par la seconde les Chrétiens pénétrerent jusques sur les murailles , & s'emparerent de la ville. Alors les Musulmans se retirerent dans les deux Mosquées appellées Sakhra & Acsa. Cent mille

у périrent. Les Francs firent cent mille prisonniers, tuerenr tous les vieillards & les gens infirmes , prirent les femmes, & pillerent les deux superbes Mosquées de Sakhra & d’Acsa.

Ils y trouverent soixante-dix chandeliers, dont vingt étoient d'or, & du poids de mille mithcals, les cinquante autres d'argent, pesant trois mille six cens dragmes Syriennes , un ballin d'argent du poids de quarante rothĩ Syriennes.

La perte de tant de villes & de richesses, répandit la consternation parmi tous les Musulmans; les peuples difpersés ne sçavoient de quel côté ils devoient chercher un asyle. Une troupe considérable, avec un Cadhy nommé Zéïneddin, partit de Damas pour se rendre à Bagdad. Lorsqu'ils furent introduits dans le Divan du Khalif, ils arracherent leur barbe en jettant de grands cris, le Cadhy fit pleurer par son discours tous ceux qui étoient présens : mais on ne leur donna que des larmes , & point de secours pour chasser de la Syrie les Francs.

Dekak.

L'an 1100.

Tout ce pays enlevé d'abord aux Khalifs par quelques Apr. J. C. L'an 1099. ,

Emirs Arabes, conquis ensuite par les Turcs , étoit alors partaRedouan.

gé en plusieurs Royaumes. Les Khalifs d'Egypte en occupoient une partie, les Seljoucides possédoient les Royaumes de Damas & d'Alep, les Ortokides étoient maîtres de la partie Septentrionale , & de ce qui est voisin de l'Arménie. Les Francs avoient fondé un Royaume à Jérusalem. Antioche, Edesse ou Roha, & dans la fuite Tripoli formoient des Principautés particulieres , qui relevoient des Rois de Jérusalem.

Il s'établit encore dans le même tems (a) un nouveau Royauaboulfedha me dans la partie de l'Arménie voisine de la Syrie, c'est-à-dire,

dans Khelath , ville qui avoit appartenu long-tems aux Grecs, & qui leur fut enlevée par les Mérouanides, dont la domination s'étendoit jusques dans le Diar-bekr. Ces Princes devenus odieux à leurs sujets par la tyrannie qu'ils exerçoient, obligerent les habitans de Khelath d'avoir recours à un Turc nommé Sokman, & surnommé el Cothbi, parce qu'il avoit été esclave de Cothb-eddin Ismaïl, Prince de la famille des Seljoucides qui étoit établi dans l’Adherbidgiane. Sokman sollicité par les habitans de Khelath, se rendit dans cette ville, en chassa les Mérouanides & y fut proclamé Roi. Il porta le titre de Schah-arman , c'est-à-dire, Prince d'Ar

ménie (b). Il y avoit encore dans le Royaume de Moussoul Aboulma- quelques Emirs Turcs assez puissans , & les Bathéniens ou hafen.

Assassins commençoient à s'établir en Syrie.

Telle étoit la situation de ce pays dans le tems que les Francs y entrerent, ils étendirent leurs conquêtes de tous

côtés. Ils avoient tenté quelque tems auparavant de prendre Aboulfedha la ville de Dgiabala, gouvernée par un Cádhy nommé Aboulma- Abou Mohammed Obeïdallah (c). Pour conserver cette ville hafen.

aux Musulmans, le Cadhy offrit de la remettre à Thoghteghin, Atabek ou Ministre de Dekak Roi de Damas. Thoghteghin y envoya aulli-tôt son fils Tadge el moulouk Bouri qui en prit poffesfion. Mais la mauvaise conduite de cette Officier fut cause que les habitans engagerent Abou-aly (d) (a) L'an 493 de l'Hegire.

(c) Fils de Mansour. Il étoit plus (6) D'Herbelot place mal-:-propos connu sous le nom de Ben soulaihah. cet événement à l'an 578 de l'Hegire, (d) Fils de Mohammed, fils d'Amde J. C. 1182

mar;il étoit surnommé Phakhr el moulk,

Redouan. Dekak:

Guillaume

Gouverneur de Tripoli, pour les Khalifs d'Egypte, de venir prendre possession de Dgiabala. L'armée d'Abou aly battit Apr. J. C. Bouri qui fut conduit à Tripoli, & de-là renvoyé à son pere. Dgiabala fut foumise aux Egyptiens , & presque aussi-tôt aux Francs, de même qu'Arlouf & Césarée.

Godefroy de Bouillon Roi de Jérusalem venoit alors de de Tyr. mourir, & Baudouin Comte d'Edelle fon frere s'étoit mis en chemin pour aller prendre possession du Royaume. Dekak Roi de Damas instruit de la marche , rassembla ses troupes dans le dessein de lui dresser quelque embuscade, & de se faisir de sa personne. Il s'empara d'un passage dangereux & fort étroit , litué proche le fleuve du Chien (a), entre des montagnes & des rochers inaccessibles sur le bord de la mer. Le nouveau Roi de Jérusalem ayant appris par ses coureurs le dessein & la position des Turcs, les vint attaquer avec ses troupes , & les dislipa ; mais le passage étoit fi étroit , qu'il fut obligé de s'arrêter pendant la nuit, exposé continuellement aux feches de l'ennemi. A la pointe du jour il continua sa marche , ayant toujours les Turcs qui le harceloient , & il ne s'échappa qu'après de violentes escarmouches. Pendant que Dekak s'efforçoit de combattre ainsi les Chrétiens, fon frere Redouan , peu sensible aux troubles l'an 110r; dont la Syrie étoit agitée, faisoit (1) périr ceux qui avoient le Benschoumieux combattu pour la défense des Musulmans. Le Comte nahi.

Aboulfedha de Toulouse (c) cu de S. Gile étoit venu alliéger Tripoli, où Aboulmacommandoit l’Emir Abou-aly, fils d'Ammar; ce Gouver- hafen. neur appella à son secours le Roi de Damas, & Dgenah eddoulet, Emir d'Hemelle; il y eut une action dans laquelle les Musulmans furent vaincus, & Abou-aly ne trouva d'aus tre moyen pour conserver encore sa ville aux Egyptiens, que de donner aux Francs une somme d'argent; le Comte alla prendre Antarados, dont il tua tous les Musulmans ; de-là il marcha vers le château des Kurdes. Dgenah eddoulet Housaïn , (d) Emir d'Hemesse , un des plus braves Capitaines des Musulmans, informé du dessein des Francs, raisembla

و

Elmacin,

(a) En Arabe, Nahar kelb,
(1) L'an 425 de l'Hégire.
(c) Les Arabes le romment toujours

Sanegil.

(d) Fils de Moulaīb.

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