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dix coffres qui étoient remplis de perles d'un prix inestimable & d'autres richesses. Les Mogols qui le suivoient tou- Apr. J. C. jours , l'obligerent de fe retirer dans le Mazanderan , où ne Mohamse croyant pas en sûreté, il se jetta dans une barque qui medo étoit sur la mer Caspienne. Les Mogols étoient déja sur le bord de cette mer & lui lançoient des Reches, mais il eut le bonheur d'échapper & de gagner une Ilie nommée Abelgoun. Il s'y trouva accablé de maladie, denué de tout fecours, &'ne subsistant que de quelques provisions que des habitans du Mazanderan avoient soin de lui porter. Pouc soulager son ennui il demanda un cheval pour le faire paître auprès de fa tente. C'est à quoi se borna toute la confolation que

ce Prince, auparavant si puissant, put avoir dans les derniers jours de sa vie.

Il étoit dans cette triste situation quand il fut inftruit de la prise de sa mere , de ses femmes, de ses enfans & de tous ses trésors. Les Mogols s'étoient approchés de Carender où étoit la Sulthane la femme, & son fils Gaiatheddin. De-là ils marcherent vers Ilan, ils y firent prisonniere Tarkhan khatoun; toute la Perse se trouva alors exposée à la fureur des Mogols (a).

Le Sulthan Mohammed ne put résister à toutes ces ad- L'an 1720versités, & mourut de chagrin dans l'Ile d'Abelgoun (b), Benschouqui n'est éloignée d'Eserabad que de trois parafangues. Il laissoit quatre enfans , auxquels de son vivant il avoit partagé ses Etats qui s'étendoient depuis l'Eraque jusqu'au Turkeltan. Il possédoit Ghazna , le Sedgeftan, le Kerman, le Thabarestan, le Dgiordgian, le Khorasan & le Phars ; il donna à son fils ainé Dgelaleddin Mankberni les pays de Ghazna , de Bamian , de Ghour, de Bost, de Takanabad, de Zamizdaoud , & les autres lieux des Indes. Le Kharizme, le Khorasan , le Mazanderan surent le partage de Cothbeddin Azlagh schah, que Mohammed avoit d'abord nommé pour son successeur, & qu'il déposa ensuite pour mettre à la place Dgelaleddin. Gaïatheddin Tizschah eut pour

(a) On verra ces détails dans l'Hif (6) L'an 615 de l'Hegire.. tuire de Genghiskhan.

nah.

L'an 1220. Mohammed.

lui le Kerman, Kisch & le Mekran. L'Eraque tomba à RocApr. J. C. neddin Gour schah.

Chacun de ces Princes faisoit battre cinq fois du tam

bour aux tems de la priere , suivant la coutume des SelNi sawiona joucides ; mais leur pere , pour se distinguer davantage, ne le

Benschou- faisoit battre qu'une fois au lever & au coucher du Soleil nah.

avec vingt-sept tambours d'or; c'étoit autant de Rois, ou fils de Rois qui avoient cette commission, & ils se servoient de baguettes garnies de perles. Parmi ces Princes étoient Thogrul arslan, de la famille des Seljoucides , les enfans de Gaïatheddin Roi de Ghour, Alaeddin Roi de Bamian , Tadgeddin , Roi de Balkh , son fils Malek el Adhem Roi de Termed, Malek Sandgiar Roi de Bokhara, & plusieurs autres. Les plus grands Officiers de la Cour de cet ambitieux Sulthan n'étoient que des Rois. Telle fut la vie d'un Prince qui alla mourir dans une Ille déserte où il manquoit de tout , & où il fut obligé de se servir lui-même, & qui ne laissa pas de quoi se faire ensevelir

. Après sa mort on fut obligé de l'envelopper dans une chemise , la seule qu'il eut alors. Au reste, il ne manqua pas de courage ni de patience dans de si grands revers de fortune. Il fut un grand guerrier , un Prince infatigable , sçavant

, sçavant même; le massacre des Marchands fait à Otrar, & la mort de son neveu Hindoukhan , l'inimitié perpétuelle qui sublista entre

lui & son frere , suites d'une ambition démésurée & d'un Aboulfedha

trop grand amour des richesses ont terni fa mémoire. Dgelaled- Dgelaleddin (a) Mankberni ou Manbekberni , monta alors

sur le Trône pour éprouver de plus grands malheurs que ceux qui étoient arrivés à son pere, & voir en fa personne le dernier Roi de sa famille. "Les Mogols n'ayant pû se

saisir du Sulthan Mohammed , se répandirent dans le MazanAboulfedha deran & dans les Provinces voisines, prirent Rei, HamaAboulfa dan , Maraga (b), & poursuivirent le nouveau Sulthan qui se Herbelor. retiroit vers Ghazna , où il arriva heureusement après quelques pertes légères. Il

у

Seifeddin Aghrac , (a) Sanut le nomme Laladyn, Chef (b) L'an 618 de l'Hegire.

din.

L'an 1221.

fut joint par

des Chorazmins,

qui lui amenoit quarante mille hommes de cavalerie, &

Apr. J. C. par Yemin el Moulk Emir d'Herat, qui avoit aussi un corps L'an 1:21. de troupes fort considérable. Genghizkhan de son côté palla Pagelaledle Gihon & marcha vers Balkh. Les principaux de la ville voulant prévenir les fuites d'un fiége, allerent au-devant de lui avec des présens considérables & des vivres pour fon armée ; mais ils furent mal reçus du Khan qui avoit appris que le Sulthan Dgelaleddin faisoit dans les environs de cette ville des préparatifs de guerre , & qu'il se disposoit à venir le combattre. Genghizkan ordonna que tous les habitans fortissent de la ville pour en faire l'énumération , & lorsqu'ils furent tous dans la plaine, il fit faire main-basse sur eux ; ainsi périrent les malheureux habitans de Balkh. Un grand nombre de ceux de Talecan éprouverent ensuite le inême sort , d'autres furent réduits dans l'esclavage. De-là, Genghizkhan tourna vers Bamian & en fit le siége, les habitans oferent lui rélifter. Dans un des assauts, un des fils de Zagatay que Genghizkhan chérissoit plus que tous les autres, fut atteint d'une fléche: La mort de ce jeune Prince irrita tous les Mogols, ils redoublerent leurs efforts & prirent la ville. Personne ne fut épargné, ils massacrerent jusqu'aux femmes enceintes, les animaux même éprouverent leur fureur , & la ville ne fut plus qu'un désert, auquel on a donné dans la suite le nom de Maoubaligh, ou ville de tristesse. Genghizkhan s'avançoit toujours du côté des Indes, Aboulfedha & s'efforçoit de joindre le Sulthan de Kharizme. Dgelaleddin étoit à Ghazna, où la plus grande partie des armées de son pere s'étoit retirée. Il avoit alors environ soixantedix mille hommes. Les Mogols qui étoient à sa poursuite n'en avoient pas plus de douze mille. Mais enflés de leurs dernieres victoires, malgré leur petit nombre, ils en vinrent aux mains avec les Kharizmiens, ils furent bientôt défaits & mis en fuite. Genghizkhan envoya une seconde armée plus nombreuse commandée par un de ses fils. Il se donna une bataille proche de Kaboul, où les Mogols furent encore battus. Les Kharizmiens en firent un grand maliacre, & pillerent tous les bagages.

Il y avoit alors dans l'armée du Sulthan Dgelaleddin deux

din.

grands Emirs ou Commandans ; l'un nommé Seïfeddin Apr. J. C. Aghrac, qui avoit été cause du gain de la bataille ; l'autre Dgelaleda appellé Yemin el Moulk (a), Gouverneur d'Herat , & de la

famille du Sulthan. Il s'éleva entre ces deux Officiers une dispute dans laquelle le frere d’Aghrac fut tué. Celui-ci en porta ses plaintes au Sulthan , qui trop occupé de l'approche des Mogols ne s'empressa pas de satisfaire l'Officier. Yemin el Moulk irrité, quitta aussi tôt Dgelaleddin , & passa dans l'Inde suivi de trente mille hommes. Le Sulthan de Kharizme fit d'inutiles efforts pour le ramener à son devoir. Par cette retraite l'arniée des Kharizmiens se trouva considérablement affoiblie. Genghizkhan pour profiter de ce

malheur s'avança en personne à la tête de ses armées. DgeAboulfedka laleddin se retira vers l'Indus. Ce grand fleuve paroissoit Niawi. Aboulfa

une barriere que l'on ne pouvoit franchir. Dgelaleddin s’arradge. rêta sur le rivage, où Genghizkhan le joignit, & on en vint aux

mains. Les Kharizmiens se trouvoient environnés de tous côtés par les Mogols, & avoient derriere eux l'Indus , qui ne leur permettoit

pas

de se fauver. Le combat commença & fut des plus opiniâtres. Genghizkhan avoit ordonné qu'on prît vif le Sulthan. Dgelaleddin se défendoit avec un courage intrépide. Les plus braves Mogols tomboient sous ses coups , il renversoit tous les rangs ; & la fortune paroissoit se décider en fa faveur. On se battit jusqu'au soir, l'ordre de Genghizkhan donnoit bien de la peine aux Mogols qui s'efforçoient de prendre le Sulthan. Le fils de ce Prince âgé alors de sept à huit ans tomba entre leurs mains, & Genghizkhan le fit massacrer en la présence. Les Mogols ferroient de plus en plus Dgelaleddin. Il ne lui restoit plus d'autre parti à prendre que de périr les armes à la main, ou de se jetter dans l’Indus. Poussé jusqu'à l'extrémité du rivage, il apperçut sa mere, sa femme & le reste de son sérail , qui le prioient au nom de Dieu de les tuer ou de les délivrer de la captivité, il les embrasla toutes les larmes aux yeux , & les fit jetter dans le fleuve. Accablé de tristesse il dit adieu à tous ses amis, ôta sa cuirasse , remonta à cheval, & avec une

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(b) On le nomme encore Moulk khan,

intrépidité

din,

intrépidité sans exemple se jetta dans l’Indus. Quatre mille de ses soldats s'y précipiterent avec lui. Au milieu même du tar 1zzi:

Apr. J. fleuve, il ne cessoit de lancer encore des fléches contre les DgelaledMogols. Genghizkhan & ses soldats resterent étonnés sur le rivage. Ce Prînce ne put s'empêcher de dire en se tournant du côté de ses enfans. « Dgelaleddin est un fils digne » de Mohammed son pere, puisqu'il échappe de ce danger , , il a dû s'étre trouvé à bien d'autres.» Quelques Mogols voulurent le poursuivre dans l'eau, mais Genghizkhan les en empêe cha. Il ordonna qu’on rassemblât le reste de la famille du Sulthan, fit tuer tous les mâles, & réserva les femmes & les filles. Il s'occupa ensuite du soin de faire retirer du fleuve tous les trésors que Dgelaleddin y avoit fait jetter.

Pendant ce tems-là, le Sulthan de Kharizme s'efforçoit de gagner l'autre bord du fleuve , ses troupes y étoient déja parvenues; pour lui, il fut porté par les flots avec trois de ses gens dans un lieu éloigné, & on le chercha pendant trois jours. Après qu'il eût rejoint fon monde, il recommença la guerre dans ces quartiers , battit les Indiens en plusieurs rencontres, & lorsqu'il eût appris que les Mogols avoient repassé le Gihon, il vint à Lahor dans le dessein d'aller soumettre l'Eraque. Il laissa dans ses nouvelles conquêtes deux Officiers, Pehlevan Uzbek & Hassan Carrac, surnommé Quapha Moulk. Ce dernier dans la suite chassa Uzbek , & s'empara de tout ce qu'il avoit aux Indes (a).

La défaite de Dgelaleddin (b) s'étoit répandue dans tous L'an 1223. ses Etats , son frere Gaïatheddin Tizschah qui régnoit dans Aboulfedha le Kerman, crut pouvoir en tirer quelque avantage pour son aggrandissement, il s'empara des villes de Rey , d'Ispahan, d'Hamadan , & des autres lieux de l'Eraque Persique, il battit son oncle Baghan Thabesi qui s'étoit révolté contre lui. L'année suivante (c) il s'empara du Royaume de Fars qui L'an 1224. appartenoit à l’Atabek Saad ben Dakla , & prit possession de Schiras. Saad , qui ne possédoit plus que quelques châteaux , fit la paix avec Tizschah , qui lui céda une partie du Fars.

Mais tout changea bientôt de face, Dgelaleddin revint L'an 1225. (a) L'an 627 de l’Hegire, de J.C. (1) L'an 620 de l'Hegire.

(c) L'an 621 de l'Hegire. Tom. II. Part. II

Nn

1229.

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