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Roy qui en est le plus ferme appui,
qui n'est occupé qu'à l'étendre,
l'affermir, à la proteger contre les
efforts les plus violens de l'ambition
& de l'herefie , qui ne combat,
qui ne triomphe que pour Elle , , e
qui n'use de fon pouvoir que pour
faire respecter les loix
faire regner la Pieté à la fuffi-

e & pour

ce.

L'Abbé de la Trappe, SIRE, pénétré de ces sentimens, n'a jamais mis de borne's à l'attachement refpectueux qu'il devoit à V OTR E M A JEST E'; élevé dés fes pre. mieres années dans votre Cour, sa naissance , les grandes charges qui étoient dans sa Maison , & fon merite même lui avoient donné entrée ; il se remplit de bonne-heure de la haute idée

que

les qualiter héroïques de VOTRE MAJESTE forment dans tous les esprits & dans tous les coeurs. Il ne peut voir sans admiration cette sagesse anti

cipée qui présidoit à tous vos Con. seils , cette application infatigable au gouvernement de l'Etat,&

cette grandeur d'ame qui nous promettoit désors ces entreprises fi bien concertees, ces victoires, ces triomphes, e tous ces grands succés qui ont porte' la gloire de votre Nom jusques aux extremitez de la Terre: De pareilles idées ne se détruisent pas aisément, elles se foutiennent par elles-mêmes, & les impressions qu'elles faisoient sur le caur de l'Abbé de la Trappe étoient d'autant plus profondes, que vos grandes actions , SIRE, les renouvelloient tous les jours,

La Renommée portoit dans son desert les merveilles de votre Regne. ii apprenoit avec cette sainte joïe que l'amour de la justice a coutume d'inspirer, que les vices étoient reprimer par vos Edits, l'impieté confonduë par vos exemples , l'heresie détruite par vos soins, en la Religion troimphante. Il n'ignoroit pas

á iiij

que tout ce qui pouvoit la rendre plus pure, plus majestueuse & plus venerable , étoit le premier objet de votre attention ; que non content de ne rien épargner pour le salut de vos Sujets, vous portiez votre zele jufques aux extremitez du monde, or des Missionnaires envoyez fous vos auspices, & entretenus par vos li. beralitez, fortoient aux Nations les plus éloignées, le Nom & la connoifsance de Jesus-CHRIST.

Ces marques éclatantes de Religion, de Pieté, & de Justice que vous donnez à vos Peuples , ou plutôt à tout l'Univers ; la genereuse protection accordée à des Princes magnanimes dépoüillez de leurs Etats, & en leur personne, à la Religion détrônée. L'heroïque moderation avec laquelle vous avez tant de fois lonné la Paix à l'Europe ; toutes s grandes choses étoient le sujet rpetuel de son admiration. Il ne ouvoit se lasser de loüer en vous,

ce con

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SIRE , les graces & les dons
du Ciel, je veux dire
cours heureux des Vertus Chrétien-
nes & Royales., qui vous élevent
au-dessus de tous les Souverains,
qui vous rendent digne de comman-
der à toute la Terre.
Comme il étoit persuadé que

le Salut de la France, & la gloire de l'Eglise étoient inséparablement attachez aux jours et à la prosperité de VOTRE MAJEST Eʻ, il s'occupoit sans cesse de cette pensée devant Dieu. C'étoit l'objet continuel de fé's væux les plus ardens : Ces sentimens pour votre Personne Sacrée n'étoient pas renfermez dans font cæur; il les inspiroit à tous ceux qui s'adressoient à luy de toutes parts , pour se regler sur ses avis, à tous ces faints Solitaires que fa reputation attiroit fous sa conduite i en formant des Saints, il vous formoit, SIRE, des Sujets pleins de zele & il ne se passoit point de jour qu'ils

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ne levassent tous ensemble des mains pures vers le Ciel , pour attirer sur VOTRE MAJESTE, ces benedictions abondantes dont nous ressentons tous les jours les eff ts.

Vos bienfaits, SIRE, ces gra. ces fi efsentielles répanduës tant de fois sur l'Abbaye de la Trappe , cette protection puissante accordie so fouvent à l'illustre Abbé que Dieu avoit choisi pour y rassembler un si grand nombre de Penitens uniquement occupez du foin de luy plaire faisoient sans cesse sur ces cæurs se purs des impressions nouvelles, ils vous ont toujours regardé, SIRE, & ils vous regardent encore aujour. d'huy comme le prote{teur de leur Keforme , & il n'y en a point parmi Eux qui ne croyent vous devoir ceta te fainte tranquillité dont il joüit,

ces moyens sa feurs de se fanétifier que vous avez bien voulu leur conserver au préjudice même de vos propresinterêts.

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