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meté de s'être abstenu de la communion du roi. An. 1100. En quoi, ajoûte-t'il, vous avez travaillé pour

votre reputation & pour l'interêt de la legation dont vous ê es chargé : quoique quelques évêques de la province Belgique aient couronné le

foi à la Pentecôte, contre la défense du pape UrSup. liv. bain, d'heureufe memoire , comme s'ils croïoienc

que la justice fût morte avec lui. J'ai expliqué ailleurs ce que c'étoit que ce couronnement des tois aux grandes fêtes ; & le roi Phillippe s'en étoit rendu indigne, étant recombé dans l'excommunication , pour avoir repris Bertrade. Ives de Chartres continuë: Quant à ce que vous proposez de tenir un concile à Poitiers. , ou ailleurs dans la province d'Aquitaine , je l'apo prouve entierement. Parce que s'il se tenoit dans la province de Belgique ou dans Celtique', il faudroit passer sous filence plusieurs choses qui étant examinées causeroient du scandale , & écou feroient presque tout le fruit du concile: mais qui étant diffimulées, diminueroient beau. coup, l'autorité de votre legation. Quant au ter me du concile que vous avez marqué au vingtneuviéme de Juillet, les évêques de nos quassiers en prendront pretexte de dire qu'ils n'ont pas

le de faire ce voïage & de s'y preparet. Car plusieurs d'entre eux ne pourront arriver au lieu du concile que par des chemins detourACZ & après avoir obtenu des fauf-conduits de toutes parts. C'est pourquoi il me paroîtroit plus convenable de le remettre à l'entrée de l'automne. Nous en parlerons si Dieu nous fait la grace de nous voir, aussi bien que de plusieurs autres choses que je ne veux pas confier au papier.

Leconcile de Poitiers fut en effet differé, & 920. 723. ne commença que le jour de l’octave de S. Mar.

rin dix-huitiémie de Novembre. H s'y trouva quatre-vingt prelats, évêques ou abbez , entre

eeins

To. 2. p.

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autres Ives de Chartres , conime il paroît par ses lettres. Ony jugca la caufe de Norgaud évêque An. 1100

d'Autun commencée au concile de Valence. -Norgaud étoit present , affifté de l'évêque de Challon & de celui de Die, envoïez pour le défendre par l'archevêque de Lion : qui ne pouvoit Soufrir que les legars voulussent juger son fufragant hors de fa province. Trente-cinq chanoi. nes d'Autun vinrent à ce concile contre leur évêque : on repeta ce qui avoit été dit de part & d'autre au concile de Valence ; & presque tous les prelats du concile de Poitiers demeurerent fermes pour l'usage de l'église Gallicane, tog. chant la purgation

des accusez , contre la preo tention des lcgats. On accorda donc à l'évêque d'Aurun la faculté de fe purger, & on ordonna qu'il le feroit sur le champ & avec des persone Des capables. On recufa pour cet effet l'évêque de Challon , & l'évêque de Die, qui étoient declarez pour lui. L'archevêque de Tours ; l'évêque de Rennes , & plusieurs autres qui étoient de la province Lionoile , s'offrirent d'abord pour jurer avec l'évêque d'Autun. Mais les chanoines. d'Autun leur dirent : Vous ne connoissez pas le .. personnage , & vous vous exposez à un faux ferment : comme nous le prouverons par raison, par ferment, & par le jugement du feu. Cette remontrance retint l'archevêque de Tours & les autres : & l'évêque d'Autun u'aïant pû accomplir la purgation canonique , fut condamné à rendre l'étole & l'anneau pastoral. Il se retira derriere l'autel avec les fiens , & ne voulut ni obéir à ce jugement, ni rentrer dans l'affemblée. C'est pourquoi il fut depofé de l'épiscopat & du facerdoce , avec menace d'excommunication s'il n'obéiffoit. On excommunia aussi tous ceux qui lui obéiroiene comme évêque, ou qui lui prêçeroient-secours sant qu'il perafterois dans

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2.

4.

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fon opiniâtreté. Il n'obéit point, & garda l'école AN. 1100. & l'anneau : mais les chanoines fe mirent en

possession des biens de l'évêché, malgré l'are chevêque de Lion ; qui delaprouvoit le jugement des legats, comme rendu au préjudice de fon autorité contre les canons.

En ce concile de Poitiers on fir seize canons

qui portent : Qu'il n'y aura que les évêques qui an. I. donnent le tonsure aux clercs , & les abbez aux

moines ; & qu'on n'exigera pour cette fonction ni ciseaux ni serviettes. On défend de même

d'exiger aucun repas pour la collation des pre13. bendes ni des chapes, des tapis , des bassins ou

des serviettes pour le sacre des évêques ou la benediction des abbez. L'évêque seul benira les ornemens sacerdotaux ou les vases sacrez. Les -moines ne porterout point de manipule , s'ils ne s. sont foûdiacres. Les abbez ne porteront ni gans, 6. ni Candales, ni anneaux , finon par privilege du

-S. Gege. Défense d'accorder l'investiture d'une

prebende ou d'une église du vivanc du possesseur, 3. Défense aux clercs de rendre hommage à aucun 10.daique, ou de recevoir de lui aucun benefice ece 1. clefiastique. Il est permis aux chanoines reguliers

de baptiser, prêcher, donner la penitencc ou da * fepulture par ordre de leur evêque ; mais cos 13.-fonctions font défenduës aux moines. On n'ad.

mectra point à la predication ceux qui portent des reliques pour quêter. Défense aux avoüez ou à qui que ce soit, de s'attribuer les biens de l'évêque, soit pendant la vie, soit après la more, fous peine d'anathême.

L'affaire la plus imporcante qui für traitée az

concile de Poitiers , fuc celle du roi Philippe. Chr. Verd. Après le concile de Valeace , les deux legats p. 160.

Jean & Benoît l'allerent trouver , & firent tous leurs efforts pour lui persuader de fe corriger : mais n'en aïant plus aucune esperance -ils proc.

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12.

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Ivoi ep.

95. 100.

Roncerent l'excommunication contre lui à la fin du concile. Le duc d'Aquitaine y étoit pre- AN.1109 fent. C'étoit Guillaume IX. comte de Poitiers, de Gascogne & de Toulouse, qui s'oppofa tant qu'il pût à cette censure, tant pour l'honneur du roi'fon seigneur que pour son propre interêt : car la vie étoit encore plus scandaleuse. Il pria donc les legats de n'en pas venir à cette extremité, & plufieurs évêques les en prierene avec lui. Ne pouvant l'obtenir il fortit du concile avec ses geus , faisant de grandes menaces : quel. ques évêques Cortirent au li avec plufieurs clercs & encore plus de laïques, ce qui caufa un grand tumulte. Alors les legats & les prelats qui restoient prononcerent l'excomnunication contre le roi Philippe & contre Bertrade. Ensuite on: fit les acclamacions ordinaires pour la conclukon du concile : pendant lesquelles le tumulte augmentant toûjours, un homme du peuple qui étoit galeries hautes de l'église , jetta une pierre voulant fraper les legats. Mais elle donna für un clerc qui eur la tête cassée & tomba sur le pavé, où l'on vit couler son sang. Il s'éleva de grands cris dans l'église, & le bruit était encore plus grand au dehors. Toutefois les legats demeurerent fermes ; & ôtercat même leurs mitres, pour montrer combien ils craignoient peu les pierres qui voloient. Leur fermeté arrêa ta la fureur des feditieux : les comtes mêmes & les autres qui avoient insulté les legats leur firent satisfaction. On remarqua en cette occa, fion le courage de deux faints abbez, Bernard Vila Birm abbé de faint Cyprien de Poitiers , & Robert": d'Arbrisselles dont j'ai déja parlé. Cette excom- Apr. 10. . munication du mi fit une belle impression fur p. 23?. les esprits , qu'étant venu quelque tems après à Sens avec la Reine Bertrade, pendant quinze jours qu'ils y fejournerentop tint fermács Chr. Viral

6.

Bolle

14.

Sup. liv.

LXIV. 34

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toutes les églises de la ville , & ils ne furent An. 1100. admis à aucun acte de religion. De quoi Bertrade irritée

i envoya rompre la porte d'une

, église & y fic dire la messe par un de ses cha- .

pelains. IX. Bernard qui avoit éré esu la même année tommen abbé de faint Cyprien de Poitiers , nâquit dans cemens de Bernard de

le Pontieu près d'Abbeville de parens vertueux , Tiron. qui le firent etudier dès fa jeunesse ; & defors Vita per il montroit tant de modestie & de pieté, que

les Gauf.

ap autres ecoliers le nomnioient le moine. Après Bell. to. *. la grammaire & la dialectique, il etudia l'écri8.232.6. do

ture sainte, dont il avoit deja une assez grande connoissance à l'âge de vingt ans : quand le de

fir d'une plus grande perfe&tion lui fit quittter Sup. liv. son pays & pafier en Aquitaine avec trois com3*. *. 78.

pagnons. Ils s'arrêrerent au monastere de saint

Cyprien près de Poitiers, attirez par la repu- . Itation de l'abbé Rainaud disciple de faint Řo

bert fondateur de la Chaise-Dieu ; & qui avoit - lui-même dans la communauté plusieurs grands perfonnages , entre autres Hildebert ou Aldebert depuis archevêque de Bourges. Bernard ayant embraffé la vie monastique à Saint Cyprien, & - y ayant passé dix ans ou plus avec grande édiftion : Gervais moine de la même communau. té, fut envoyé à faint Savia, monastere voisin pour le reformer en qualicé d'abbé : mais il ne youlut-point s'en charger s'il n'avoit Bernard : pour prieur.

Gervais étant allé à la croifade en 1096. &; y étant niort ,

Bernard fut que les moines de : faint Savin vouloient l'élire abbé, & se retira fetretement, pour executer ce qu'il -defiroit depuis long-tems, de mener la vie eremitique & vivre du travail de ses mains. Il communi. qua son deffein à un saiat ermire nommé Pierie des Etoiles , fondateur du inonastere de Fopro

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