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Ce Bofquet a pris fon nom d'un entrelaffement de plufieurs allées bordées de paliffades, dans lefquelles on s'égare aisément.

A chaque détour on rencontre une Fontaine ornée d'un Baffin de rocaille fine, où l'on a repréfenté au naturel une Fable d'Efope, dont le fujet est marqué par une Infcription de quatre Vers gravez en lettres d'or fur une lame de bronze peinte en noir. Ces Vers font de feu Benferade, & fervent à expliquer la Fable.

Avant que de parler de chaque Fontaine en particulier, il faut remarquer qu'en entrant dans ce Bofquet qui eft du deffein de le Nautre, on trouve deux Statues ; l'une eft celle du fameux Esope connu par fes Fables, & dont un grand nombre fert à orner ce Bofquet. Elle eft de le Gros.

L'autre eft celle de l'Amour,

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tenant entre ses mains un peloton de fil, pour fignifier que fi ce Dieu nous jette quelquefois dans un labyrinthe d'inconvéniens, ce même Dieu nous donne auffi le moyen de les démêler & de les furmonter. Cependant Elope femble lui remontrer que fon peloton eft inutile, & que fans la fageffe on ne peut jamais fortir des abîmes que l'Amour nous a creufez, Cette Statue eft de Baptifte Tuby.s

M

Parmi ce grand nombre de Fas bles, voici les fujets qu'on a choifis avec les vers qui leur fervent d'explication, & une petite description de chaque Fontaine, qui ont toutes été gravées par Sebaftien le Clerc, de même que les deux Statues qui font à l'entrée.

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FABLE I.

LE DUC ET LES OISEAUX.

L

E Duc eft ici au milieu d'un Baffin de rocaille; & un grand nombre d'Oiseaux qui rempliffent un demi dôme de Treillage orné d'Architecture, jettent de l'eau en abondance fur le Due, qui s'étoit attiré leur indignation par fon chant lugubre & par fon vilain plumage.

Les Oiseaux en plein jour voyant le
Duc paroître,

Sur lui fondirent tous à fon hideux aspect.

Quelque parfait que l'on puisse être,
Qui n'a pas fon coup de bec?

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FABLE

LES COOS ET LA PERDRIX.

La Perdrix fur un petit Rocher de rocaille jette de l'eau en l'air, & a à fes côtez fur deux autres rochers un peu plus élevez, deux Coqs qui jettent auffi de l'eau dans le Baffin qui eft au bas.

I I.

La Perdrix bien battue eut un dépit extrême

Que les Coqs pen galans la traitassent ainfi ;

Depuis voyant qu'entr'eux ils en ufoient de même :

Patience, dit-elle, ils fe battront aufi.

FABLE I I I.

LE COQ ET LE RENARD.

Le Coq fur un pilier de rocaille orné de verdure, infulte au Renard en lui jettant de l'eau, Ce dernier veut fe vanger; mais fes efforts font inutiles, l'eau ne va pas jusques au Coq.

Le Renard dit au Coq : Une pais éternelle

Eft conclue entre nous, defcends. Oui,

deux Levriers

Viennent, répond le Coq, m'en dire la nouvelle.

Le Renard n'ofa pas attendre les

couriers.

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