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Kam-mo.
Tcin-chou.

qu'il aimoit, nommé Tao, & éloigner du thrône Che-fiuen qui étoit l'aîné. Celui-ci qui pénétra les desseins de son Après J.C. pere fit tuer son frere ; mais ayant été découvert dans Che-hou. la suite, Che-hou le fit renfermer; on le fit ensuite mourir lui & toute sa famille , sans (gard ni à l'âge ni au sexe. Les Ministres arracherent même d'entre les bras de Chehou un de ses petit-fils pour lequel sa tendresse se reveilloit , & le massacrerent en la présence. On tua un grand nombre de gens qui leur étoient attachés ; environ cent mille hommes que ces cruautés indisposerent contre ce Prince , se retirerent chez les Leam. Che-hou fongea alors à se nommer un successeur. Quelques-uns de ses Minifires lui vanterent le grand courage de son fils Che-pin , la vertu & la sagesse de son autre fils Che-tsun ; d'autres lui conseillerent, pour éviter tous les troubles , de choisir celui de ses enfants qui étoit né d'une mere noble; il les pressa tous de nommer celui sur qui ils jettoient les yeux. Un d'eux ne voulut point obéir , & comme Chehou le pressoit & lui demandoit la raison qui l'obligeoit à garder le silence à cet égard; Prince, lui répondit , ce Ministre : l'Empire est un fardeau bien lourd qu'on ne peut confier à ceux qui sont foibles. Comment puis - je yous désigner celui à qui il doit appartenir ? Quoiqu'il en soit Chi fut choisi , & fa mere Lieou -tchao - hi" fut déclarée Heou ou Impératrice; elle étoit fille de Lieouyao

Roi des premiers Tchao. Che-hou prit alors le titre de Hoam-ti ou d'Enipereur & I'an 3 49. fit publier dans ses Etats un amnistie. En conséquence environ dix mille hommes de ceux qui dans la derniere oc- Kam-mo. casion s'étoient retirés dans le Royaume de Leam, re- Tcin-chou. vinrent à Yum-tching ; mais lorsqu'ils y apprirent que l'amnistie ne s'étendoit pas jusques sur eux, ils se revolterent de nouveau & pillerent la ville de Hia-pien ; ils s'étendirent de tous côtés & parvinrent jusqu'à Si- ganfou : leur nombre qui augmentoit tous les jours se trouva monter à cent mille. On fit d'inutiles efforts pour

les repousser ; ils vinrent jusqu'à Lo-yam & Che-hou fut obligé d'envoyer une amée de cent mille hommes pour les

Lie-tai-kifu.

ܪ

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L'an 349

en éloigner. Ce Prince étoit accablé du chagrin que lui Après J.C.

avoit causé la mort de ses enfants, & surtout celle de son Che-hou. petit-fils. Il ne se montroit à personne ; un des Princes

tributaires qui lui amenoit environ huit mille hommes de ses sujets , lui reprocha sa foiblesse & les desordres dont il étoit l'auteur. On marcha ensuite contre les rebelles, & on les deffit à Yong-yam (a) dans le Honan.

La maladie de ce Prince augmentant de plus en plus, il se disposa à la mort & distribua les principales charges de l'Etat à ceux qu'il crut capables de les remplir.

Tout fut en désordre pendant les derniers jours de fa Che-chi. .vie; on tua son fils Che-pin. Après sa mort Chi (6) lui suc

céda , & l'Impératrice prit soin du gouvernement. Tsun frere de Che-hou ayant été instruit de ce changement revint aussi-tôt à Po, il étoit entraîné à la révolte par plusieurs Généraux & Princes vassaux qui avoient servi dans la derniere guerre. Lorsqu'il fut arrivé dans cette Capitale,

il déposa le nouveau Roi, ôta le gouvernement à sa meChe-tçun.

leur donna quelques titres d'autant plus inutiles, qu'il les fit mourir l'un & l'autre peu de tems après ; il confia le commandement de toutes les armées à Che-min. Suivant les Chinois le Ciel ne tarda pas à faire voir qu'il désapprouvoit ces troubles. Il survint dans la ville de Po des vents si violents que tous les arbres en furent déracinés; ils étoient accompagnés de pluyes, de grêles & de tonnerres épouvantables. Le Palais fut réduit en cendres par un incendie qui dura plusieurs mois. En même-tems un petit Roi nommé Tchong prit les armes & déclara la guerre à Che-tçun. Ce Prince envoya contre lui Che-inin qui le battit & lui coupa la tête. Par le conseil de ce général , Che-tçun ôta le gouvernement des Provinces de Tcin- tcheou & d’Yum - tcheou à Fou-hum qui étoit un petit Roi tributaire dont on pouvoit craindre les entreprises ; mais Fou-hum n'étarit pas alors le plus fort , cacha fon ressentiment & se soumit aux ordres du Roi.

Lorsque

re,

(a) Dans le territoire de Kai-fong. fou.

(6) Ou Che-chi, Che étant le nom de

nom de famille, on le retranche souvent pour abréger.

gagerent le

Lorsque l'on eut été instruit à la Cour des Tcin de tous les troubles dont le Royaume des Tchao se trouvoit Après J.C. agité, on résolut d'y envoyer des troupes : mais on n'en Che-tçun. tira pas tous les avantages qu'on en espéroit ; on brula quelques villes , il y eut un combat entre les deux armées les troupes s'en revinrent & cette expédition ne servit qu'à faire périr beaucoup de monde de part & d'autre. En même tems le petit Roi de Lo-pim , dans le Royaume de Tchao, rassembla le plus qu'il put de soldats pour se rendre maître de Po. Les peuples de la Province d’Yum-tcheou voyant qu'il n'avoit point réussi dans cette entreprise , en

gouverneur de Leam-tcheou de se mettre à la tête de ses troupes pour venir attaquer les Tchao. Ce gouverneur nommé Hiun , qui gardoit cette place pour les Tcin, entra du côté de Si-gan-fou & défit les troupes des Tchao qui étoient campées à deux cens li de cette capitale du Chensi. Les peuples des environs tuerent tous leurs officiers dans le dessein de seconder les Tcin; mais le Roi des Tchao ayant envoyé au secours environ vingt mille hommes , les Tcin n'oserent aller plus loin.

Che-min jouissoit d'une trop grande autorité à la Cour ; & parmi les troupes à la tête desquelles il avoit souvent remporté de grandes victoires. Comme l'Empire des Tchao étoit chancelant & que tout y portoit ombrage , on conseilla au Roi de se défaire d'un sujet si puissant ; mais dans le tems que l'on prenoit les mesures nécessaires pour faire périr Che-min, Che-kien lui en donna avis; alors , avec les troupes qu'il avoit sous ses ordres il fit arrêter le Roi & le Prince héritier qu'il fit mourir. Il donna l'Empire , dont il étoit maître , à Che-kien , & devint encore plus puissant qu'il ne l'avoit été aupara

A la faveur de ces troubles , les rebelles des provin- Che-kien. ces de Tcin-tcheou & d’Yum-tcheou , qui montoient enyiron à cent mille hommes , mirent à leur tête Fou-hong , à qui ils donnerent le titre de Roi. Cette nouvelle inquiéta beaucoup la Cour des Tchao. Che - kien voulut en même-tems se défaire de Che - min & de Li-nong qui Tome I

Ii

و

yant.

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L'an 349.

I'an 250.
Lie-tai-ki-

Кат то.
Icin-chou,

avoient l'un & l'autre trop d'autorité, mais il manqua fon Apres J C.

coup , & ce Prince qui craignoit que fon dessein ne fut Che-kien. découvert sit tuer l'officier qui avoit été chargé d'exécu

ter ses ordres. Il ne réuslit pas mieux dans une seconde entreprise. Che-min & Li-nong , que le même intérêt réuniffoit , repousserent leurs ennemis & investirent Che-kien. Il périt dans cette occasion environ deux cens

mille hommes parmi lefquels il y avoit beaucoup d'Eufu. nuques. Un grand nombre de peuples se retira à Siam

koue. La piùpart des officiers se rendirent maitres des places où ils étoient. La révolte s'étendit en peu de tems dans tout l’Empire. Alors Che - min qui se propofoit de détruire toute la famille des Tchao fe fit déclarer Roi. Un Prince des Tchao nommé Ki, qui avoit le titre de Roi de Sin-hing, étoit maitre de Siam-koue , son parti se fortifia par le grand nombre des fugitifs qui se retiroient en foule auprès de lui. Les autres Généraux , avec tout leur monde , n'avoient pas voulu se soumettre au nouveau Roi ; quelques-uns mêmes s'approcherent de Ро

pour s'en saisir. Che-kien leur donnoit secretement des avis pour leur faciliter la prise de cette capitale. Mais ses menées ayant été fçues , Che-min & Li-nong le firent mourir avec trente-huit personnes qui étoient fils ou petitsfils du feu Roi Che - hou. Alors tous les Ministres s'empresserent de proclamer Roi Che-min, celui-ci voulut déférer cet honneur à Li-nong qui le refusa. Che - min, comme ancien sujet de l'Empereur des Tcin , proposa de partager avec lui l'Empire des Tchao , & de se rendre ensuite à l'Empereur ; mais quelques Ministres en faisant beaucoup, valoir cette générosité de Che-min, lui dirent que son désintéressement le rendoit digne du thrône. Ils lui représenterent que les Tcin étoient prêts d'être détruits : alors il se laisia proclamer Hoam-ti ou Empereur : il donna à son nouveau Royaume le titre de Ta-goei , c'est-à-dire çrand Goei. D'un autre côté Fouhum aalli appellé Pou-hum n'étant plus retenu par l'autorité des Tchao , prit le titre de Roi de Tsin.

Che-min étoit fils adoptif de Che-hou , & originaire de la

L'an 350.

province de Goei. Il prit le nom de famille de Yen-chi , & donna à ses ancêtres le titre d'Empereur. Il déclara Li- Après J.C. nong son premier Ministre, & fit publier un Amnistie

que Che-ki. le peuple ne voulut pas recevoir. Lorsque la nouvelle de la mort de Che-kien eut été

portée à Siam-koue, ceux qui y étoient assemblés donnerent le titre d'Empereur à Ki, & un grand nombre de peuple se soumit à ce nouveau Monarque qui se nomma des officiers. En même-tems Che-min se défit de Li-nong , & fit sçavoir aux Tcin qu'il venoit de détruire tous les barbares, & demanda des secours ; mais on fit si

peu

d'attention dans cette Cour à ses demandes, que l'on

envoya

des

troupes contre lui qui prirent Ho-fi dans le Kiangnan.

Pendant tous ces troubles , un officier des Tchao entreprit de se rendre maitre de Si-gan-fou , & se soumit aux Tcin. Une grande quantité de Barbares embrasserent son parti; mais il fut défait. Un autre officier des Tchao se disposa à venir assiéger la ville de Po; Che-min le battit, & fit prisonnier la plus grande partie de ses troupes. Il avoit alors trois cens mille hommes sur pied ; mais il ne put empêcher que les Royaumes voisins ne s'emparassent des Contrées qui étoient à leur bien-séance.

Les tentatives que le Roi des Tchao avoit faites sur Lie-tai-kila ville de Po, obligerent Che-min d'aller avec cent mille fine hommes assiéger ce Prince dans Siam-koue, & le forcer Trin-chon. de quitter le titre d'Empereur. Ki demanda des secours aux Yen & à tous ses voisins il en reçut des troupes. Alors Che-min leva le siége & se sauva à Po avec dix cavaliers , tout le reste de son armée fut détruit. Ces grandes guerres furent suivies d'une famine considérable qui réduisit les peuples à une telle extrêmité qu'ils mangerent les cadavres. Les troupes des Tchao ne laisserent pas de s'approcher de la ville de Po ; mais Che-min en étant forti avec de nouvelles armées, les défit, & tua trente mille hommes. Le Général des Tchao offrit de se rendre à lui & de tuer le Roi fon Maître , ce qui fut éxécuté : alors l'Empire des Tchao fut entiérement détruit. Cependant le traître , qui étoit appellé Lieou-hien, ne tint

L'an 3512

Kam-mo.

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