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Après J. C.

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defcendus de Saffan & que l'on appelloit par cette raifon Saffanides. Le premier de ces Souverains dont l'hi- 420. ftoire rapporte une guerre avec les Huns étoit nommé Bahram-gour. Les Auteurs orientaux rapportent que pendant qu'on étoit encore occupé en Perfe des fêtes qui avoient fuivi le couronnement de ce Prince les Turcs ou Huns, perfuadés que les Perfans, dans la surprise où ils feroient, ne fe trouveroient point en état de les repouffer, raffemblerent une puiffante armée, qui après avoir paffé le Gihon à Termed fe répandit dans les provinces voifines. Bahram avec le petit nombre de troupes qu'il put ramaffer à la hâte fe rendit dans l'Adherbidjan; mais il étoit fi peu accompagné en fortant de Madain, que fa marche fut regardée comme une fuite. Plufieurs firent fçavoir au Roi des Huns que Bahram fe fauvoit dans l'Arménie, & les Huns croyant se rendre maîtres de la Peren y entrant, marcherent fans ordre & fans précau

tion.

Bahram s'avançoit toujours vers le Derbend (a), & suivant le bord de la mer Cafpienne, il fe rendit dans le Kharifme, furprit les Huns par derriére & les attaqua fi brusquement qu'il en tua un grand nombre avant qu'ils euffent eu le tems de fe mettre en défenfe. Les Huns abandonnerent leur Roi qui fut tué dans fa tente par Bahram & fe fauverent en défordre. Le Roi de Perfe les pourfuivit jusques fur le bord du Gihon il paroît qu'il fit un traité avec eux, dont les conditions étoient que le Gihon ferviroit de limite entre les deux nations. Il fit éléver fur le bord de ce fleuve près de Pherbar un monu- boulfedas ment qui défignoit plus particuliérement ces bornes. Cette expédition qui paroît avoir été faite fi rapidement, parce que les Hiftoriens ne nous en ont confervé aucune circonstance, a dû cependant exiger un tems affez con

(a) Suivant d'Herbelot qui rapporte ce fait, Bahram en prenant par le Derbend auroit fait le tour de la mer Cafpienne, marche trop fatigante, & qui auroit éxigé beaucoup de tems. On pou

voit croire que Bahram auroit feint
d'aller par le Derber, d'où il feroit
revenu fur fes pas, en fuivant la côte
méridionale de la mer Cafpienne pour
fe rendre dans le Kharisme.

Après J. C. fidérable, puifque le Roi de Perfe, pour mieux furpren dre fes ennemis, femble avoir fait le tour de la mer Caf pienne. Cette marche nous paroîtroit incroyable fi nous ne l'avions vûe repétée plus d'une fois par plufieurs autres Conquerans.

L'an 457:

Pherdou

Affemani. Chronol. Reg Perf. tom. 3.

Jazdejerd qui fuccéda à Bahram n'entreprit aucune expédition contre les Huns, au moins nous n'en trouvons D'Herbelot point de veftiges dans l'hiftoire. Il laiffa en mourant le thrône de Perle à Hormoz, frere cadet de Pervidz ou Phirouz. Celui-ci ne pouvant fe refoudre à être le fujet d'Hormoz, dans le tems que fon aînesse sembloit lui donner un droit plus légitime à l'Empire, alla chercher du fecours dans le Maouarennahar & chez le Roi des Huns qui demeuroient dans la vallée de Sogd (a); il en obtint trente mille hommes, mais ils ne lui furent accordés par Khouchnaouaz Roi des Huns, qu'à condition qu'il remettroit aux Huns, lorfqu'il feroit maître de la Perfe, les villes de Termed & de Vasjard situées sur le bord du Gihon. Phirouz le promit & marcha vers le Khorafan, refolu de faire mourir fon frere. Les Perfans du parti d'Hormoz & les Huns qui fuivoient Phirouz se rencontrerent proche la ville de Rei. Hormoz fut battu & fait prifonnier; mais un refte de tendreffe retint Phirouz qui fe contenta de releguer fon frere dans un palais.

Après cette expédition les Huns retournerent dans leur pays où ils refterent affez tranquilles pendant les premiéres années du regne de Phirouz. Une famine confidérable caufée par une grande féchereffe, défoloit alors la Perfe, & ne permettoit pas aux Perfans de fonger à aucune expédition militaire. Enfuite Phirouz, délivré de ce fleau, s'occupa à bâtir les villes d'Ardebil & de Badzan-Phirouzouhi,& ce ne fut qu'après ces travaux qu'il leva des troupes dans le deffein d'aller faire la guerre aux Huns. On avoit apparemment conclu un traité de paix après la défaite d'Hormoz, puifque Phirouz étoit engagé alors à donner fa foeur au Roi des Huns que Prifcus appelle Concha.

On

L'an 462

Prifcus le
Rhet.

(a) Entre Samarcande & Bokhara.

On ignore les motifs qui porterent le Roi de Perfe à ne pas obferver fes engagemens ; apparemment qu'il regardoit comme une chofe honteufe qu'un chef des Huns épousât la fœur d'un Roi de Perfe. Quoi qu'il en soit, pour ne pas paroître violer les traités, il envoya une autre fille qu'il avoit fait revêtir des habits royaux. Il lui ordonna de garder un profond filence fur fa naiffance & fon état. Mais c'étoit une loi parmi les Huns que leur Roi ne devoit époufer que des femmes nobles, & que celles qui ne le feroient point, feroient mifes à mort; cette loi effraya la Princefle fuppofée, & dans la crainte que quelqu'un ne fit connoître ce qu'elle étoit, elle prit le parti d'en inftruire elle-même le Roi des Huns. Sa fincérité fut recompenfée; on oublia en fa faveur la rigueur de la loi, elle fut mariée au Roi des Huns; mais ce Prince ne pardonna point à Phirouz cette fupercherie. Dans le deffein de s'en vanger, il feignit d'être fur le point d'entreprendre une guerre contre des peuples voifins, & fit demander à Phirouz de bons officiers. Le Roi de Perfe en envoya plufieurs qui devinrent les victimes des démêlés de leur maître. Ils ne furent pas plûtôt arrivés chez les Huns, qu'on en fit égorger une partie & qu'on renvoya en Perfe les autres tout mutilés. C'étoit la un motif plus que fuffifant pour recommencer la

guer

l'on

re. Phirouz fe mit en campagne & s'avança jufqu'à Gor- L'an 464. ga, vraisemblablement Korkandge dans le Kharifme. Tout peut fçavoir des fuites de cette guerre, c'est les Perans battirent les Huns & leur prirent une ville appellée Balaam, peut-être Talecan. On fit fans dou- L'an 475. te la paix & l'on convint des limites, puifque nous voyons qu'environ dix ans après il y eut de nouvelles conteftations à ce fujet & que Phirouz reprit les armes.

ce que que

l. 1.

On fe prépara de part & d'autre à foutenir cette nou- Théoph. le Confeffeur. velle guerre & on fe mit en marche. Lorfque les deux Procop de armées fe trouverent en préfence, les Huns qui feigni- bel Pers. rent d'avoir peur, prirent la fuite & fe retirerent dans un lieu environné de hautes montagnes & couvert d'épaiffes forêts. Quelques-uns de leurs cavaliers y engagerent Tome I.

Tt

Après J. C.

Après J. C.

rouz,

Phirouz, pendant que les autres s'étoient placés en différens endroits pour pouvoir le prendre en queue. Le Roi de Perfe s'enfonça tellement dans ce dangereux défilé, que fes troupes qui voyoient mieux que lui le danger, prierent Eufebe, alors ambassadeur de Zenon auprès de Phide l'en inftruire. Phirouz s'arrêta auffi - tôt & tint confeil; mais les Huns étoient déja fortis de leur embufcade, & s'étoient emparés des gorges par lesquelles les Perfans étoient entrés. Il n'y avoit plus alors de reméde & il fallut fe rendre. Le Roi des Huns fit reprocher à Phirouz fa témérité, & le fit affurer qu'il ne recouvreroit fa liberté & celle de fes foldats, qu'en venant fe profterner devant lui, & en jurant de ne plus faire la guerre aux Huns. Phirouz ne voulut rien conclure fans confulter les Mages, qui répondirent que pour le ferment il étoit le maître de le faire ; mais qu'à l''gard de l'adoration, comme c'étoit une marque de refpect qu'on ne pouvoit rendre qu'au Soleil, le Dieu des Perfes, il falloit employer l'artifice pour ne point pécher contre la Religion de Zoroaftre. On convint que Phirouz fe préfenteroit dès la pointe du jour devant le Roi des Huns, & que fe tournant en face du Soleil, il feroit l'adoration qu'on exigeoit de lui. On croyoit par cette fupercherie épargner à Phirouz la honte d'avoir rendu à un homme & à un barbare un hommage qui n'étoit dû qu'au Soleil. Le Roi de Perfe fuivit le confeil des Mages, & après qu'il eut fait le ferment, les Huns de meilleure foi lui laifferent les chemins libres.

Dans la fuite Phirouz (a) qui ne pouvoit oublier l'af

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front qu'il avoit reçu, mais qui ne fongeoit plus aux ferments auxquels il s'étoit engagé, reprit à la tête de fes Après J. C. troupes la route du Maouarennahar; il mena avec lui tous fes enfants, à l'exception de Balafch qu'il laiffa en Perfe. Les Huns fe repentirent trop tard d'avoir été si crédules; il fallut fonger à fe défendre. Leur Roi avoit été informé de l'endroit où Phirouz devoit camper. Il y fit creufer une foffe large & profonde, ne laiffant au milieu qu'une petite éminence fur laquelle pouvoient fe placer dix cavaliers, avec un paffage fort étroit pour y conduire; le refte fut tout couvert de rofeaux & enfuite de terre. Un des cavaliers portoit un étendart au haut duquel étoit attaché le traité de Phirouz.

Ce Prince étoit arrivé à Korga fur les frontiéres de la Perfe, lorfque le Roi des Huns envoya quelques coureurs qui fe préfenterent à la tête de l'armée Perfanne. On les pourfuivit & on s'avança imprudemment jufqu'au lieu de l'embufcade. Les coureurs qui connoiffoient le terrein prirent le petit fentier & allerent rejoindre le gros de l'armée qui étoit derriére l'éminence; mais les Perfans qui les pourfuivoient avec vivacité, fe précipiterent d'euxmêmes dans la foffe, & pouffés par ceux qui fuivoient L'an 488. & qui couroient à bride abattue, ils fe culbuterent les Abulfarauns fur les autres. Phirouz périt dans cette embuscade dge. Affemani. avec ses enfants: ceux de fes foldats qui purent échap- Bib. orient per, tomberent entre les mains des Huns.

tom. 1.

Procop de

Balasch (a) qui étoit refté en Perfe fut proclamé Roi. bel. Perf. l. Pendant deux années entiéres il fut foumis aux Huns & 1. obligé de leur payer le tribut dont on étoit convenu fui- Theop. le Confeffeur. Théophil. différemment, il prétend que Cabad qui Simoc. étoit refté en Perfe fut déclaré Roi, qu'il refta foumis pendant deux ans aux Euthalites, que dans la fuite il fut déposé, & que Blafch (c'eft Balafch lui fuccéda, que Cabad qui s'étoit fauvé chez les Huns en revint avec du fecours & qu'il remonta fur le Thrône. Les Hiftoriens Grecs font fi peu inftruits, & les Perfans fi ignorans qu'on ne fçait lefquels fuivre.

& de Phirouz, place le commencement
du regne de Jazdejerd II. à l'an 440. sa
fin en 458 ou 459. Il donne 7 ou 24
ans de
regne à Phirouz. Ainfi il auroit
dú mourir vers l'an 485 ou 486. Cepen-
dant pg. 556 il met fa mort en 482 Dans
ce cas il faut admettre une troifiéme expé-
dition.

(b) J'ai fuivi dans ce récit Pherdoufi & Agathias. Procope 1. 1. rapporte le fait

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