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le regarder comme un chef de bandis , & les Princes étrangers commencerent à traiter avec lui comme, avec 1. 402.

Après J.C. un Souverain. Il fit particuliérement alliance avec Hing Roi d'une petite Dynastie Chinoise , appellée Heou -tsin ; mais il prit trop à cậur les intérêts de ce petit Roi qui étoit en guerre avec les Goei. Tou-lun qui voulut sui donner du secours fut vaincu & forcé de se retirer au nord du grand désert de Chamo ou de Sable.

Ce nouvel échec ne servit qu'à ranimer le courage de Tou-lun, & il devint le Prince le plus puissant de toute la Tartarie. Il s'empara d'abord du pays des Kao - tche; c'est-à-dire des environs des rivieres d'Onon & de Selinga, où il s'établit ; ensuite il soumit un grand nombre de hordes Tartares , & il devint maître en assez peu de toutes les vastes contrées qui font entre la Corée & la riviere d'Ily à l'occident de l'Irtisch. Dans le nord une partie de la Siberie & toute la Tartarie jusqu'au désert de Chamo reconnoissoient sa puissance. Il poussa même ses Kam-mo: conquêtes jusques sur les frontiéres de l'Europe, & sou

fu. mit le pays de Yu-pan ou Yue-po; c'est-à-dire le pays

des

Ven-bienBaschkirs dans lequel les Huns étoient alors établis. Ce ne tum-kav, fut qu'après avoir fubjugué ces peuples , qu'il prit le titre de Khacan ou de Khan (a), abolissant celui de Tanjou que les Souverains de la Tartarie avoient porté jusqu'alors. Tou-lun devint le législateur de sa nation, s'attacha

Ven-hiena particuliérement à mettre de l'ordre & de la discipline tum-kao. parmi ses troupes (6) qu'il divisa en différens corps, defti- Goei-chou. na des récompenses pour ceux qui se distingueroient dans les combats , & voulut que les lâches eussent la tête cafsée à coups de pierre. Ses sujets , qui étoient le peuple le plus grossier de la Tartarie , ignoroient l'art d'écrire & celui de compter ; ils ne s'étoient servis jusqu'alors que de crotes de chevres dont l'arrangement & la disposition désignoient ce qu'on vouloit exprimer. Quoique T ou-lun eût

Lie tai-ki.

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frequenté les Chinois & qu'il s'efforçat de les imiter , furApres J. G.

tout dans les titres d'honneur & dans tout ce qui avoit quelque rapport au faste , il ne fit aucune attention à leur manière d'écrire , ou peut-être il ne jugea pas que sa nation fùt capable d'une telle application; elle étoit ennemie des arts & ne pouvoit se resoudre à établir des manufactures ni à cultiver les sciences. Il ne fit donc que substituer aux crotes de chevres, des tailles ou incisions que l'on faisoit sur le bois ; c'est à cette maniere d'écrire,

encore bien grossiere , que se borna son imagination. EnKicou-tcou- suite croyant devoir prendre un titre pompeux , il se fit

appeller Kieou-teou-fa-khan (a) , & établit la Cour dans les environs de Kan-tcheou, à l'extrêmité occidentale de la Frovince de Chensi.

Une Histoire détaillée du regne de ce Prince serviroit à nous faire connoitre un grand nombre d'événemens fort intéressans , puisqu'il a fait des conquêtes jusques dans le voisinage de l'Europe ; nous pourrions appercevoir dans ce récit, les causes de plusieurs migrations de peuples;

mais nous n'avons point assez de monumens , & ceux qui Lie-tai-ki- le bonheur d'étouffer quelques conspirations que ses pa

nous restent, nous apprennent seulement que Tou-lun eut rens avoient formées contre lui ; qu'il obligea ceux qui en étoient les auteurs de se sauver chez les Goei; & qu'il fit la

guerre pendant deux années de suite à ces TartaSu. res maîtres d'une partie de la Chine , qu'il fut contraint Kam-mo.

de fuire devant eux , & enfin qu'il mourut dans cette dé

ne laissant qu'un fils en bas âge nommé Tou-tchi. Les Geou-gen qui ne vouloient pas être gouvernés par un enfant , jetterent les yeux sur Ho- liu frere du feu Khan, le proclamerent Empereur , & lui donnerent le titre de Gnai-teou-kai-khan. Ce nouveau Monarque, sans trop consulter le gout de sa nation, rechercha l'alliance

L'an 404.

fu.

L'aa 409

4'0.
Lie-tai-ki-

route ,

Gnai-teoukai-khan.

L'an) 411.

(a) C'est-à-dire qui sçait bien conduire un char; un habile cocher J'ai fapporre id fignification de plusieurs de ces noms que j'ai trouvée dans les livres Chinois, parce qu'on pourroit les retrouver dans quelques mots de l'ancien

ne Langue Turque , & rérablir par ce moyca les noms de ces Princes. Je les ai cherchez inutiloinent; mais je ne désespére pas que ceux qui ont une grande connoillance de la Langue Turque ne les retrouvent.

Lie-tai-ki

Pou-lotchin-kha

d'un petit Roi de la Chine nommé Ping-po , dont la Dynastie portoit le nom d'Yen du nord , & lui envoya L'an 411.

Après J.C. en présent de très beaux chevaux. Ping-po espéroit par-là parvenir à policer les Geou - gen. Mais ceux-ci étoient, persuadés qu'il n'étoit pas de leur intérêt d'adopter les coutumes Chinoises , & qu'ils ne pouvoient le faire sans s'exposer à perdre une liberté dont ils étoient sûrs de jouir dans leurs déserts. Pou - lo-tchin fils de l'ancien Khan Tou-lun le fit sentir à la nation, & s'attacha à rendre suspecte la conduite du Khan. Les Geou-gen ne tar- l'an 414: derent pas à se révolter ; ils arrêterent Ho-liu qu'ils en

fu. voyerent avec sa femme au Roi d'Yen , chez lequel il fut Kamumo. tué dans la suite,& ils mirent sur le Thrône Pou-lo-tchin qui en descendit presque aussi-tôt.

Un de ses parens nommé Ta-lan cherchoit à s'attacher les peuples par des caresses dont on fit envisager les suites au Khan. On lui représenta que Ta-lan avoit déja un parti assez puissant , & qu'il portoit certainement ses vûes jusqu'au Thrône. Pou-lo-tchin se crut obligé de le prévenir , il se mit en campagne à la tête de son armée ; mais il fut vaincu & tué dans le combat. Alors Ta-lan se fit reconnoître Empereur de Tartarie , sous le titre de Meou-han-ke-chim-kai khan. Aussi-tôt il déclara la aux Tartares Goei , & vint ravager les frontiéres de la Chine , où il n'eut pas le succès qu'il efpéroit. Il fut obligé de fuire devant les Goei , qui le poursuivirent jusques dans ses Etats , & qui ne furent arrêtés que par la rigueur du froid qui fit périr beaucoup de soldats. Ta-lan ne se buta point de ce malheur, entra de nouveau dans les

su. pays que les Goei possedoient , & y fit quelques rava- "Kam-mo. ges. Ensuite il marcha contre les Princes de la petite Dynastie appellée Pe - leam , c'est-à-dire des Leam feptentrionaux (a), L'origine de cette guerre venoit de ce qu’un officier du Roi de ces Leam qui avoit le

gouvernement de Hami, s'étant soumis au Khan, avoitété fait, par ce Prince , Roi de Hami. Mum-sun Roi des Leam devoit

guerre Meou-han

ke-chimkai-khan.

L'an 43.

Lie tai-ki.

(a) On a vû leur Histoire dans le troiléme Livre de cet ouvrage.

kai-khan.

L'an 424.

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L'an 425.
Lie-tai-ki-

l'an 427.

ou 428. Goei-chou.

Kam-mo. Ven-bientum-kao.

naturellement être mécontent. Il possédoit les Provinces A près J.C. Chinoises situées à l'occident du Hoam-ho, où le Khan ke - chim- faisoit alors le ravage. Mum-sun y envoya son fils Tchim

te à la tête de quelques troupes de cavalerie : mais les
Geou-gen désirent cette armée & tuerent le Général. L'an-
née suivante ayant été informé de la mort de Tai-tcong Em-
pereur des Tartares Goei, Ta-lan se mit à la tête de soi-
xante mille hommes & entra dans le pays d'Yun-tchong (a)

dans le Chansi. Mais il fut obligé de prendre la fuite fu.

avec perte des principaux officiers de son armée. Le nou-
vel Empereur des Goei le poursuivit jusqu'au nord du
desert de Sable, & la plậpart des hordes fe sauverent dans
les pays plus septentrionaux où elles furent dispersées.

Tant de disgraces auroient dû forcer ce Khan à rester
Lie-tai-ki- tranquille dans ses Etats , & à ne plus inquiéter les pro-

vinces Chinoises. Cependant il ne laissa pas d'envoyer
des troupes ou de marcher en personne à la tête de ses
armées du côté de la Chine pendant deux années de suite,
sans y remporter de grands avantages. L'Empereur des
Tartares Goei, ennuyé de voir ses provinces exposées con-
tinuellement aux courses des Geou - gen , résolut d'aller
lui - même les combattre. La plûpart de ses Ministres,
fondés sur des superstitions imaginaires dont ce Prince se
mocqua, s'opposoient à cette expédition. Il leva une ar-
mée de cent mille hommes , avec laquelle il vint se ren-
dre à l'entrée du grand desert de Sable, où laissant ses
gros bagages, il continua sa marche , entra dans les Etats
des Geou-gen, & s'avança jusqu'au fleuve Li-choui. Il
rencontra la forteresse que le Général Teou - hien, en
poursuivant autrefois les Huns, avoit fait élever dans ces
pays, & il parvint jusqu'à la riviere de Tou-yuen-choui,
qui est éloignée de 3700 li de la ville de Pim-tchim dans
le Chansi. Le Grand Khan qui n'avoit pas prévu cette atta-
que mit le feu à toutes ses tentes & se sauva à la hâte du
côté de l'occident ; ses sujets firent de même , & allerent
fe cacher dans les deserts. L'Empereur dans le dessein de

L'an 429.

(a) Proche Ta-tum-fou.

Meou-han

L'an 431.

Lie-tai-ki

khan.

détruire cet Empire divisa fon armée en plusieurs corps

Après J.C. qui s'enfoncerent dans la Tartarie, où ils firent environ cinq mille li d'orient en occident, & trois mille du nord au ke - chimsud, se saisissant d'un grand nombre de prisonniers. Pour kai-khau. comble de disgrace , les Tartares Kao-tche, voyant la déroute des Geou-gen, les attaquerent , en tuerent un grand nombre & ravagerent tout leur pays. Cette expédition , outre les prisonniers , procura plus d'un million de chevaux aux Goei qui avoient suivi la riviere Jo-choui (a), & s'é- . toient avancés du côté de l'occident jusqu'aux montagnes Cho-sie-chan (6) & He-chan, qui sont situées dans le désert. Le Khan mourut de chagrin , & son fils Ou-ti lui succéda sous le titre de So-lien-khan (c).

Ce Prince dans le dessein de se vanger des désordres Kam-me: . que

les Goei venoient de faire dans ses Etats , avoit en- fu. voyé quelques espions sur les frontiéres de la Chine So - lienpour s'informer de la situation du

pays;

mais l'Empereur des Goei les ayant fait arrêter, les lui renvoya , après, les avoir bien traités & leur avoir donné des habits : générosité qui toucha tellement le Khan qu'il ne songea plus à faire la guerre , & fit aussi-tôt partir des amballadeurs pour proposer la paix. Elle fut conclue : So-lien-khan épou- l'an 43 4. fa une Princesse des Goei, & l'Empereur des Goei une

fu. fæur du Khan,

Cet Empereur nommé Tai-vou-ti possedoit alors toutes les provinces septentrionales de la Chine, & il s'étoit acquis une puissance si grande dans toute la Tartarie que les Igours, les peuples d'Haraschar, d’Aksou , de Kaschgar, les Ou-liun , les Kaptchaq , les Huns du pays des Baschkirs , les habitans d'Yen -tçai ou de la Sarmatie Asiatique dans laquelle regnoit alors Attila , lui étoient tributaires ou en rélation avec lui. Ce Prince venoit L'an 435. d'envoyer des ambassadeurs dans toutes ces contrées si éloignées. So-lien-khan en conçut de la jalousie & craignit

Lie-tai-ki

Kam-mo.

(a) Cette riviere est proche Kanschicou & va se jetter dans le Lac Sopou

l'ouest de la riviere Jo-choui dans le désert.

(c) C'est-à-dire dans la langue de ces peuples, très-saint

nor.

(6) Dans l'ancien pays des Huns à

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