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Me-té.

Kam-mo.

Sfu-ki.
Kam-mo.

cours. Mais quelque tems après un de ces rebelles noma avant J. C. mé Liu-van Roi de Yen s'étant retiré en Tartarie avec

dix mille hommes, les Huns ne firent plus de difficulté de recommencer leurs courses. Il est vrai que l'Empereur

Kao-ti venoit de mourir, & quoique son fils Hiao-hoei-ti lui Sfu-ki. eût succédé, toute l'autorité étoit entre les mains de l'Im

pératrice Tai - heou. Le Tanjou avoit beaucoup de mépris

pour cette Princesse. Dans les lettres qu'il lui écrivit il L'an 1926 s'exprimoit dans des termes fi peu convenables , que l'Im

pératrice fit assembler son Conseil, pour délibérer si elle ne Lie tai-ki- feroit pas sur le champ couper la tête aux Ambassadeurs, ,

& si elle ne porteroit pas ensuite la guerre dans la Tartarie. Un Ministre nommé Fan-hoei ofa se vanter de traverser & de subjuguer tout l'Empire des Huns avec cent mille hommes. Un autre Ministre appellé Li-pou que ce discours irritoit dit hautement que Fan - hoei méritoit la mort, puisqu'autrefois avec trois cens mille hommes il commandoit n'avoit pu débarrasser le feu Empereur Kaoti ; » Vous l'avez - vû, dit.- il, assiégé par les Huns

fans oser le secourir. Aujourd'huï les Peuples ont enSsu-ki.

» core ce désastre présent à leurs yeux ; on » leur entend

» dire nous avons été sept jours sans vivres , le bruit de fu. leurs plaintes n'est point encore cessé , les malades ne

» sont point encore guéris de leurs blessures. Prétendez9 vous ,

Fan-hoei , par des paroles trompeuses , exciter tout l'Empire à recommencer la guerre , & pouvoir avec cent » mille hommes ravager celui des Huns. Non, c'est avoir

trop d'orgueil ; ne croyez point que ces barbares ressem» blent à des animaux incapables de distinguer le bien d'a» vec le mal. C'est avoir trop de mépris pour des hommes. .

Oui j'ose le dire, dans l'état d'affoiblissement où nous som» mes,la paix est préferable. Ce discours fit impression : l'Impératrice se contenta d'exiger que

le Tanjou écrivit d'une maniere plus respectueuse, ce qu'il fit ; s'excusant, pour le

passé , sur ce qu'il n'étoit point assez instruit des usages de L'an 181. la Chine. Alors la paix fut conclue. Il paroît qu'elle dura

assez long-tems, & qu'elle ne fut interrompue que par fu. deux incursions que les Huns firent dans le territoire de

Lin-tao-fou

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Ven-bientum-kao. Lie-tai-ki

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Kam-mo.
Lie-tai-ki-

Avant J.C.

Lin-toa-fou dans le Chensy. Il est vrai que le Tanjou les désavoua & voulut faire passer ceux qui les avoient faites Meré. pour des brigands, sur lesquels il n'avoit aucune autorité; mais son dessein n'étoit que d'amuser les Chinois avec lesquels il ne vouloit faire pour rétablir les compre une paix, qui lui étoit néces

rétablir ses affaires, quoique dans le fond elle fut nuisible à ses sujets qui étoient tellement accoutumés à vivre de brigandages, qu'il n'y avoit que la guerre qui pût leur procurer les choses les plus nécessaires. Comme ces incursions fournissoient à leurs sublistances

le Tanjou étoit forcé de les permettre. Les Grands de la Nation ne faisoient même aucune difficulté de les entreprendre. C'est dans cette vûe , après que l'Impératrice fut morte , & que Hiao-ven-ti lui eut fuccédé, que le Vice-Roi d'Occident Sfu-ki. vint camper dans le pays d'Ortous avec un corps des L'an 177. Huns; de-là il osa faire des courses jusques aux portes de Si - gan - fou Capitale de l'Empire , ce qui obligea l'Empereur d'envoyer contre lui une armée de

quatre vingt-cinq mille hommes. Les Huns furent chassés ; mais cette course étoit une infraction aux traités , & il falloit, pour donner quelque satisfaction aux Chinois , punir, au moins en apparence, le Vice-Roi ; c'est ce que fit le Tanjou en le rappellant , le forçant à quitter les frontieres de la Chine , & l'envoyant commander d'un autre côté où il devint plus utile aux Huns : il soumit de vastes pays, où probablement ils avoient pénétré auparavant, mais qui n'étoient point alors sujets du Tanjou.

Le Vice-Roi d'Occident se rendit à la tête d'une puissante armée dans le pays des Yue-chi. Ces Peuples, qui Sfuki avoient été battus autrefois par les Huns , furent entiérement soumis dans cette guerre ; ils habitoient dans le pays de Kan-tcheou, de Kua-tcheou & de Cha-tcheou qui n'étoient pas alors de la dépendance des Chinois , comme ils le sont aujourd'hui. De-là continuant sa marche vers le Sud-ouest, il alla soumettre les Peuples de Chenchen , qui demeuroient dans le désert de Chamo au Nord du Tibet & dans les environs du Lac de Lop, où ils yiyoient, comme les autres Tartares, sous des tentes Tome I.

E

ܪ

Ven-hiene tum-kao.

Avant J.C.

Me-té.

a UE

pire:

Slu-ki. Lie-tai-kifu.

avec de nombreux troupeaux. Les Ou-siun , Peuples li-
tués à l'Occident du pays des Huns , au Nord d'Igour &
le long des rivieres d'Irtisch & d’Ili, tomberent aussi sous
la domination des Huns; mais ces pays malgré leur éten-
due & leur éloignement du principal campement du
Tanjou, ne furent pas encore les bornes de son Em-

Le Vice-Roi avec ses troupes s'avança jusques chez
les Hou-te , Peuples encore plus occidentaux : leur pays
situé vers le Kaptchaq en tournant un peu au Nord, pro-
duit d'excellens chevaux & beaucoup de Marthes Zibe-
lines. Les Huns subjuguerent encore plusieurs autres Peu-
ples voisins , de sorte qu'il paroît que les Etats de Me-
té s'étendoient depuis la Corée & la mer du Japon jus-
ques aux frontieres Orientales du Kaptchaq, & peut-être
même jusques au Volga ; une partie de la Siberie en ti-
rant une ligne parallele à Tobolsk lui étoit soumise.
Pendant

que le Vice-Roi étoit occupé à faire la conquête de ces vastes pays, le Tanjou apportoit tous fes soins à regagner les bonnes graces de la Cour de la Chine, & à renouveller le Traité de paix. Si les Chinois avoient eu quelque sujet d'être mécontens des irruptions faites par les Huns , le Tanjou prétendoit avoir aussi à se plaindre des Officiers Chinois qui n'avoient pas moins contribué que les Huns à l'infraction des Traités faits depuis long-tems entre les deux Nations ; il foutenoit

que, dans ces courses faites à l'insçu des deux Monarques, le plus grand tort étoit du côté des Chinois qui lui avoient souvent porté leurs plaintes à ce sujet , sans avoir jamais voulu recevoir les excuses qu'il avoit toujours été prêt de leur faire ; qu'ils avoient même arrêté ses Ambassadeurs & rompu d'eux - mêmes la paix. Ensuite pour faire voir, qu'il avoit désaprouvé la conduite du Vice-Roi; il assura l'Empereur , qu'il avoit envoyé cet Officier faire la guerre dans l'Occident. Il prit delà occasion d'annoncer à ce Prince les grandes conquêtes que les Huns venoient de faire dans la grande Boukharie, dans la Tartarie occidentale & dans la Siberie. Il comptoit vingt-lix Royaumes différens , dont les

Avant J. G.

Me-té.

Peuples étoient devenus ses Sujets. Il finit par demander que, comme la paix étoit rétablie dans ses Provinces Occidentales , il lui füt permis de renouveller les anciens Traités avec les Chinois, afin de procurer du côté de l'Orient le repos aux troupes', la tranquilité aux vieillards & la sécurité dans toutes les familles des deux Empires.

L'Empereur de la Chine n'étoit pas dans l'intention sju-kie de faire la paix ; des intérêts d'Etat l'en détournoient; les Huns lui paroissoient trop voisins de la Chine , & son dessein étoit de les en éloigner d'avantage. Ceux-ci envoyerent de nouveau des Ambassadeurs vers l'Empereur, en même-tems les Ministres Chinois représenterent que le Tanjou , devenu plus puissant depuis les grandes conquêtes que ses

troupes avoient faites du côté de l'Occident, ne pouvoit plus être regardé comme un de ces petits Princes de Tartarie qu'il étoit aisé de soumettre ; que d'ailleurs , dans la fupposition qu'on pût se rendre maître de ses Etats, tout le pays n'étoit qu'une terre stérile & inhabitable pour les Chinois ; qu’ainsi ,' puisque tout le sang que l'on répandoit pour une conquête de cette espéce ne pouvoit produire à l’Empire aucun avantage, on 'ne devoit point , par entêtement & par caprice , recommencer une guerre , dans laquelle les Chinois , malgré les succès dont leurs entreprises pourroient être suivies, n'avoient que des pertes réelles à attendre, soit en hommes, soit en argent. Entrainé par ce discours l'Empereur se décida pour la paix ; il fit fçavoir ses intentions au Tanjou , combla même d'éloges ce Prince, en le félicitant sur son empressement à soulager les Peuples , & sur ce qu'il suivoit les traces de ces anciens Rois qui s'étoient rendus fi recommandables par leurs vertus. Ces sentimens, qui n'étoient dictés de part & d'autre que par l'intérêt , firent bien moins d'impression sur les Huns que les riches présents dont les lettres furent accompagnées.

Le Tanjou fit publier de son côté dans tous ses Etats le Traité de paix qu'il venoit de conclure avec la Chine , & ordonna qu'il fut observé. Cette paix fit beaucoup de plaisir aux Chinois qui en ayoient besoin.

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Duhalde tome 2.

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Avant J.C. (a). Depuis long-tems leurs frontieres étoient exposées aux
Me - té fréquentes irruptions des Huns. Un grand nombre de Chi-

nois avoient perdu la viedans les combats. L'Empereur pu-
blia à cette occasion un Manifeste dans lequel il se plaignoit
amerement de tous ces ravages, il s'accusoit d'en être l'au-
teur. » Si j'avois eu plus de lagesse & de vertu, dit-il, ils
» ne seroient pas arrivés

. Dans cette continuelle amertume,
je n'ai cesse de chercher les moyens de procurer une

paix heureuse au-dedans & au dehors ; j'ai envoyé fou» vent des Ambassadeurs dans la Tartarie , & je suis

par-
» venu à inspirer au Tanjou mes véritables intentions , qui
» tendent également au bien des deux Nations. Il les a

comprises, il en a reconnu la droiture , & il veut con-
tribuer de son côté au bien commun. Nous oublions

de part & d'autre le passé, & nous nous réunissons pour
» le bien de nos sujets. Etablir l’union dans sa famille, est
» un des premiers points des devoirs d'un Prince, c'est
» cette année que je puis dire enfin m'en être acquitté.
Cette Déclaration ne paroît pas s'accorder avec l'aversion
que ce Prince avoit marquée d'abord,& elle sembleroit être
mieux placée dans la bouche du Tanjou. Quoiqu'il en soit,
ce dernier ne jouit pas long-tems de la paix. A peine fut-
elle publiée qu'il mourut, laissant l’Empire de Tartarie à

son fils Ki-yo, qui prit le titre de Lao-cham Tanjou.
Sfu-ki. Aussi-tôt que le nouveau Tanjou fut monté sur le Thrône,
Kam-moi L'Empereur de la Chine lui envoya une Princesse de fa

famille. Son dessein étoit que le Tanjou l'épousât, & la
fit déclarer Impératrice de Tartarie. La jeune Prin-
cesse eut beaucoup de répugnance à aller demeurer chez
les Huns, mais il fallut obéir , & Tchong - hang -yue fut
chargé de la conduire. Cette alliance paroissoit devoir
entretenir la paix entre les deux Nations, mais le perfide
Ministre qui en avoit été l'instrument, après s'être acquité
de fa commission, abandonna le parti de l'Empereur de la
Chine & s'attacha au Tanjou. Il lui donna des conseils

L'an 174.

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tai-ki fu.

(a) Ce discours est rapporté dans le bliothéque du Roi , qui est intitulé KouRecueil du Pere du Halde, le Texte se ven-yuen-kien.

trouve dans un livre Chinois de la Bi

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