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khan,

L'an 571.

Kam-mo.
Soui-chu.

Ces détails servent à nous faire connoître combien les Apres IC. Turcs étoient puissans, qu'ils avoient déja passé le Vol

ga & qu'ils étoient devenus les voisins des Romains, & des Perses; ils nous donnent aussi une plus juste idée de l'étendue de leur Empire.

Pendant que le Grand Khan avoit été occupé des affaires d'Occident , il étoit survenu aux monts Altai des tonneres accompagnés de grands vents qui durerent pendant dix jours & firent un li grand dégât, que ce Prince dans la crainte que ce ne fût une punition du Ciel, de ce qu'il retenoit depuis plusieurs années les ambassadeurs des T cheou, les remit en liberté, fit alliance avec l'Empereur Vou-ti & lui enyoya la Princesse Asena sa fille.

L'année suivante il fit présent à ce Prince de quelques l'an 572. chevaux , & vêcut avec lui en fort bonne intelligence Lie-sai ki- jusqu'à sa mort : il avoit regne vingt ans. En mourant fu.

il éloigna de la Couronne fon fils Ťa-lo-pien , & lui sub

ftitua son propre frere cadet To-po-khan. To-po. Ce nouveaú Khan divisa l’Empire des Turcs en deux khan.

parties, gouvernées chacune par un Khan qui rélevoit de lui. Che-tou fils d’Y-ki-sie - khan eut l'Orient, avec le titre de Ulhi-fou-khan. Le fils de Jo-tan-khan eut l'Occident, & le gouverna sous le titre de Pou - lí - khan. To-po-khan qui avoit la supériorité sur eux se fit craindre des Chinois. Vou-ti Empereur des Tcheou, qui appréhendoit qu'il n'entrât dans la Chine avec ses armées innombrables rechercha son alliance, & lui fit tous les ans des présens considérables, & donna des habits & des vivres aux Turcs qui étoient à Si-gan-fou. L'Empereur des Tçy suivit cet exemple & surpassa les Tcheou par ses libéralités ; ce qui les rendit l’un & l'autre si méprisables aux yeux du grand Khan, qu'il ne parloit de ces Princes à ses sujets que comme de deux enfants qui

lui étoient entiérement soumis. smkno.

C'est sous le regne de ce Prince que la Religion des Samanéens fut établie dans le Turkestan. Un Samanéen qui avoit été pris par les Turcs , dit au Grand Khan que Jes Tçy n'étoient devenus si puissants dans la Chine que

parce

Fen-hiena

le tems que

parce qu'ils avoient embrasé la Religion de Fo. Nous avons fait connoître ailleurs quels étoient les principes

Apres J. c.

To-pode cette Religion de l'Inde en tant que Religion Indienne; khan. mais on a dû remarquer que les Chinois la confondent souvent avec celle de Jesus-Christ qu'ils ont appellé Fo. Ainsi la nouvelle Religion que le grand Khan introduit dans ses Etats

peut être celle des Chrétiens , dont il est impossible que l'on n'eut pas de connoissance alors, soit par les liaisons qui étoient entre les pays où elle étoit établie & la Chine, foit

par le voisinage de l'Empire Turc avec l’Empire Romain. Nous trouvons en effet peu de tems après des traces du Christianisme dans la Tartarie. Hormoz ou Hormifdas Theophil. Roi de Perse,ayant défaitvers l'an 591 Bahrain qui s'étoit ré- Simoc

. volté contre lui , envoya à l'Empereur Maurice des Turcs Confesseur, faits prisonniers dans le combat, qui portoient sur le front une croix : ils apprirent à l'Empereur , qu'autrefois & dans

la peste ravageoit leur pays , des Chrétiens avoient engagé les femmes Turques de mettre sur le front de leurs enfants le signe de la croix pour les préserver,de cette maladie ce qui prouve que fi le Christianisme n'a pas pénétré plûtôt dans la Tartarie, il a dû, au moins, y être connu dans le tems dont il s'agit. Quoi qu'il en soit, après que To-po-khan eut embrassé la Religion de Fo , il l'autorisa dans ses Etats , & fit bâtir plusieurs Temples.

Pour être plus étroitement lié avec l'Empereur des Tcy, L'an 573; le Grand Khan lui fit demander en mariage une Princesse Lie-tai-kide sa famille. Il ne négligea cependant pas l'amitié des su: Tcheou , auxquels il envoya des chevaux, dans le mêmetems que les peuples de Khoten apportoient aussi leurs présens. Mais la Dynastie des Tçy approchoit de fa ruine. Il y avoit dans cet Empire des troubles que le Khan fomentoit. Un des rebelles nommé Kao-chao-y s'étoit retiré auprès de lui, & foutenu des armées Turques, il avoit fu. pris le titre d'Empereur.

Après l'extinction de la Dynastie des Tçy , la Chine étoit encore partagée en différens Empires, qui portoient L'an 598. le nom de Tchin , de Tcheou & de Heou-leam. Le Grand Kam.mo: Khan se déclara contre les Tcheou , & vint faire une Lie-tai-kie Tome I.

Ddd

L'an 574.

L'an 577 Lie-tai-kie Kam-mo.

Ven hiene tum kao.

khan.

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fu. Kam-mo.

incursion dans la province d'Yeou-tcheou ou de Pe-kim , Après J. C. d'où il remporta un butin considérable. L'Empereur Vou-ti To-po

se mit à la tête de ses armées pour venir au secours de ses provinces, mais il tomba malade presque aussi-tôt, & on fut obligé de le ramener à Si-gan-fou. Il y mourut âgé de trente-six ans , laissant un fils en bas âge , qu'il recommanda à un Ministre de confiance , dont à la derniere extrémité, il ne cessoit de baiser les mains pour l'engager à prendre la défense de ce jeune Prince & de l'Empire. Le rebelle Kao-chao-y regardant cet événement comme une marque de la protection du ciel en sa faveur , entra dans la Chine, & se laisit de quelques places avec le secours des troupes que le Khan lui avoit données. Mais bien-tôt il fut contraint de s'en retourner chez les Turcs , qui pendant l'hiver vinrent faire une incursion du côté du Chensi.

Cette guerre sembloit devoir se terminer à cette course L'an 579. puisque l'année suivante le Grand Khan obtint de Siuen-tí Lie-tai-ki- alors Empereur des Tcheou, une Princesse fille du Roi

de Tchao , à laquelle on donna le titre de Princesse de Tcien-kin. La suite naturelle de cette alliance étoit de remettre aux Chinois le rebelle Kao-chao-y: l'Empereur le redemandoit ; mais le Grand Khan ne voulut point y consentir ; les hoftilités recommencerent, & les Turcs firent de nouvelles incursions dans les

pays

des Tcheou. Comme la Princesse Tcien-kin n'étoit pas encore partie pour se rendre en Tartarie , le mariage fut rompu , & n'eut

lieu que l'année suivante , que le Grand Khan fit redemanL'an 580. der la Princesse. Siuen-ti l'envoya mais il exigea en même

tems qu'on lui remit le rebelle. To-po-khan , qui , en cher

chant à obliger l'Empereur , ne vouloit point, manquer à ses Ven-hien- engagemens , fit une grande chasse vers le midi avec Koatum-kao.

chao-y, & le laisla prendre par quelques Chinois qui

ávoient été envoyés. L'an 581.

Peu de tems après le Grand Khan fut atteint d'une maladie dont il mourut ; il avoit regné dix ans. Lorsqu'il se vit à l'extrémité, il fit venir son fils Gan-lou , & lui dit ce peu de paroles, Mon frere ainé n'a pas voulu que son fils lui fuccedat , & m'a choisi pour monter sur le throne ; il est

Кат-то.
Lie-tai-ki-

Kam-me.
Lie tai-ki-

Tam-chou.

juste de le rendre en mourant à son fils Ta-lo-pien.

Quoi que le Khan eut fait connoître publiquement ses parets so.co. dernieres volontés, les Grands de la nation ne voulurent Cha-po-liopoint s'y conformer, sous prétexte que la mere de Ta-lo- khan, pien n'étoit pas d'une famille aussi illustre que celle de Lie tai-kie Gan-lou, & ce dernier füt proclamé Khan; mais ne pou

fu.

Soui-choul. vant foutenir les guerres que Ta-lo-pien ne cessoit de lui Ven bienfaire à cause qu'il lui avoit enlevé l'Empire, il s'en dépouilla tum-kao. en faveur de Che-tou , qui prit le titre de Cha-po-lio-khan. Ce Prince fixa sa demeure à la montagne Tou-kin, qui est une des branches des monts Altai. Gan-lou se contenta du titre de second Khan, & alla habiter auprès de la riviere Toula , qui avec l'Orkhon va-se rendre dans le Selinga. Ta-lo-pien eut le titre d’A-po-khan'avec un certain nombre de sujets à conduire. Un oncle de Cha-po-lio, nommé Tien - kioue , fut envoyé du côté de l'occident avec le titre de Ta-teou-khan. Ces deux derniers ont été connus des Historiens Grecs sous le nom de Bo-khan & de Tardou-khan.

Tous ces Khans se disperserent chacun dans la contrée qui leur fut alignée ; mais Cha-po-lio avoit le titre de Grand Khan, il étoit regardé comme le Souverain de toute la Tartarie , un grand nombre de nations septentrionales lui étoient soumises. Ces Princes étoient encore occupés des funérailles du Juf, legato

Ad Perf dernier Grand Khan, lorsqu'il arriva en Tartarie des ambassadeurs de la part de Tibere II; ils étoient partis de Constantinople vers la seconde année du regne de ce Prince c'est-à-dire vers l'an 580. Leur chef nommé Valentin , étoit accompagné de cent fix]Turcs qui avoient été envoyés en différens tems dans cette ville par la nation. Il se rendit dans la Chersonèse Taurique, dont il parcourut les frontieres méridionales & après avoir traversé un pays marecageux, il arriva dans celui d'Accagas; c'est le nom d'une femme qui commandoit aux Scythes , & qui avoit reçu ce Royaume d’Anancaïus Roi des Ouittigours. Après un long & pénible voyage , il vint dans un lieu où un chef des Turcs , nommé Tourxanth, retiroit tout le butin qu'il

و

Lhan.

Après T.C. enlevoit aux ennemis. Tourxanth étoit le premier des Cha-po-lio- Princes Turcs que l'on rencontroit en allant en l'artarie.

Valentin lui dit qu'il venoit lui annoncer que Tibere étoit monté sur le thrône, que ce Prince souhaitoit vivre avec lui en aussi bonne intelligence que Disaboul & Justin avoient vécu ensemble. Il voulut ensuite l'engager à faire la guerre aux Perses à la premiere occasion favorable. Il y a beaucoup d'apparence que ce Tourxanth n'est autre

qu’un Tarkhan ou Tourkhan, qui est le titre que portent Inp. lago plusieurs grands Officiers de l'Empire Turc. Tourxanth

n'eut pas plûtôt entendu le discours de Valentin , qu'il dit, • n'êtes-vous pas ces Romains qui ne parlez dix langues difo férentes que pour mieux en imposer; » ensuite mettant ses

dix doigts dans sa bouche, il ajouta, de même que je mets & que je retire de ma bouche mes doigts; c'est avec la même facilité ô Romains que vous vous fervez de dix langues pour nous tromper. Par vos ruses vous cherchez à réduire

toutes les nations, vous les conduisez au bord du précipice » où vous les abandonnez , pour vous rendre maîtres de leurs

biens & retirer de leur perte tous les avantages qui en réful» tent. Vous & celui qui vous envoye, n'avez d'autre deffein

que de nous en imposer. Je ne vous le dissimule pas, » car ce n'est pas le caractere des Turcs de mentir, je sçauorai tirer vengeance de votre Prince. Dans le même-tems

qu'il me parle de paix , il est lié avec les Ouar-khanites qui ont quitté mes esclaves leurs maitres ; mais apprenez

que lorsque je voudrai envoyer contre eux ma cavalerie, » le seul bruit des fouers sera capable de les disliper , & s'ils

osent faire quelque resistance , ils seront tués & foulés com» me des fourmis sous les pieds de mes chevaux. En vain » vous me dites qu'il n'y a pas d'autre chemin que le Caucase, vous cherchez à me détourner de

porter

chez vous » la guerre; mais je n'ignore pas le cours du Danapre, de

l’Ister & de l'Ebre, je connois le chemin que mes esclaves les Ouar - khanites ont tenu pour pénétrer dans l'Empire Romain , & je suis instruit de vos forces. Toute la terre, depuis les extrêmités de l'orient jusqu'à celle de l'occident m'est soumise, Les nations des Alains & des Ou

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