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Avant J.C.

demeures plus à l'Oueft, ce qui contribua dans la fuite à changer l'Etat de l'Afie du côté de l'Occident. Une Lao-cham. partie de cette Nation, compofée des plus foibles, s'éloignant peu de fes anciennes habitations, fe retira dans les montagnes qui font au Nord du Tibet, où elle s'établit & fut appellée les petits Yue-chi; les autres qui étoient les plus braves & en plus grand nombre, remonterent d'abord vers le Nord-oueft fur les bords de la riviere d'Ili, d'où ils chafferent une Nation ap

pellée Su qu'ils obligerent de fe retirer fur les bords du Jaxartes. Les Yue - chi refterent près de l'Ili (a) pendant quelque tems, après quoi s'avançant de plus en plus vers l'Occident, ils entrerent dans le Kharifme, de-là ils porterent la guerre chez les Parthes, & pénétrerent jufques dans le Khorafan, pendant que la Nation des Su qui s'étoit avancée dans le Maouarennahar & la Bactriane détruifit l'Empire que les Successeurs d'Alexandre y avoient établi.

L'Empire des Yue-chi fubfifta long-tems dans cette partie de l'Afie, & s'étendoit jufques dans l'Inde. Ce font ces Peuples que les Auteurs Grecs ont connus fous le nom d'Indo-Scythes; nous aurons plus d'une fois occafion d'en parler dans la fuite de cette hiftoire, & l'on verra que les révolutions arrivées dans le fond de l'Orient ont eu des fuites qui fe font faites fentir plus loin. Nous devons regretter que les Chinois ne nous ayent pas confervé de plus grands détails fur ces événemens, & qu'ils fe foient en quelque façon bornés à ne rapporter que

(4) Ces Peuples Yue-chi, établis dans la Bactriane & le long du Gihon, ont auffi porté dans la fuite le nom de Jeta ou Yetan, c'est-à-dire de Geres; au moins felon les Hifloriens Chinois, les Getes font des Hordes, des Yue-chi & des Kaotche autres Peuples Tartares. Ils venoient comme nous l'avons dit du pays des Oufiun à l'Occident de l'Yrisch & des Monts Altai. Ils s'étoient établis au midi du Gihon, ils avoient prefque les mêmes maurs que les Turcs. Leur Religion étoit celle de Fo ou de Boudha que plufieurs de

nos Ecrivains ont cru être le même que le Wodin des Peuples du Nord; fentiment qui paroît recevoir quelque appui de ce que nous venons de dire de la migration des Getes, & peut-être eft-ce par le canal de ces Peuples que ce Wodin a été connu dans le Nord; car on s'accorde affez à le faire venir de l'Orient. Au refte, j'avance ceci comme une fimple conjecture, que je ne place ici que parce que ces événemens paroiffent fe lier avec l'Hiftoire du Nord dont nous avons fi peu de connoiffance.

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ceux qui les concernoient; mais revenons aux Huns.

Chaque année ces peuples recommençoient leurs cour- Avant J C. ses tant dans le Chenfy, que dans le Chanfy, le Petcheli Lao cham. Leao-tong. L'Empereur de la Chine touché des maux que fes Peuples fouffroient fit proposer au Tanjou de renouveller les anciens Traités. On s'engagea de part & d'autre à les obferver, & l'on convint que ceux qui entreroient fur les frontieres de l'un & de l'autre Empire, pour y faire Su-ki quelque incurfion, feroient punis de mort. Peu de tems f après le Tanjou Lao-cham mourut.

Lie-tai-ki

(a) Kiun- tchin Tanjou fils de Lao-cham monta fur le Thrône. Ven-ti Empereur de la Chine fit la paix avec Kiun-tchin. lui. Mais il paroît que le nouveau Tanjou n'avoit au- L'an 158. cun deffein d'obferver ce Traité. Il ne tarda pas à le rompre, & envoya trente mille cavaliers Huns qui entrerent dans le Chanfy, pillerent Ta -tum - fou & plufieurs autres places, où ils firent un butin très - confidérable; l'Empereur de la Chine fit partir auffi- tôt plufieurs Généraux qui s'avancerent jufques fur les frontieres: mais les Huns s'étoient déja retirés. Il arriva pendant le cours de cette campagne un événement, qui, par fa fingularité mérite de trouver place dans cette Hiftoire. L'Empereur de Lie-tai-kila Chine visitoit tous fes différens camps; les Généraux & su. les Officiers alloient au-devant de lui & le conduifoient avec autant de refpect que d'empreffement. Tcheou-ya-fou au contaire ferma la porte de fon camp, & fit dire à l'Empereur que les Loix & les regles de la guerre ne permettoient pas que ceux qui étoient fous les armes quittassent leurs poftes pour acccompagner une perfonne qui venoit vifiter un camp; les Officiers & les Soldats obéirent à l'ordre de Tcheou-ya-fou & l'Empereur qui n'entra su-ki. point dans le camp, touché de la fermeté de fon Gé- L'an 1570 néral, approuva fa conduite & lui accorda de nouveaux

Kam-mo.

Kam-mo.

(a Kiun- tchin Tanjou eft je crois le Kiun-khan que les Hiftoriens Perfans font fuccéder à Ogouz khan comme on peut le voir dans la vie d'Ogouz-khan. Chez les Chinois, il eft le fucceffeur de

Lao-chang; mais je ne crois pas que
l'on regarde la fucceffion donnée par les
Per fans comme bien exacte, ils paroiffent
n'avoir nommé que quelques Princes &
non une fuite des Khans.

Fij

Avant J. C.
Kiun-tchin

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titres d'honneur. Ce Prince qui mourut l'année suivante;
eut pour fucceffeur Hiao-kim-ti.

Au commencement de fon regne, plufieurs Grands de
l'Empire avoient eu des mécontemens fous le précé-
dent Empereur fe révolterent. L'un d'eux nommé Soui
Roi de Tchao, voulut engager fecrétement les Huns dans
fon parti: les Roi de Ou, & de Tchou, qui fe prépa-
roient à fe joindre à lui, furent battus avant que de pouvoir
éxécuter leur deffein. Le Tanjou ne leur donna aucun fe-
cours,l'Empereur de laChine renouvella avec lui les anciens
Traités & lui envoya une Princeffe Chinoife,avec de grands
préfens. Ainfi les Huns, pendant tout le tems que ce Prince
fut fur le Thrône de la Chine, n'y firent que de petites in-
curfions, dont les Historiens ont négligé de nous conferver
le détail. C'eft dans une de ces courfes que le Général
Chinois nomme Li-kouam avec peu de foldats, répandit
l'allarme dans le camp des Huns, & les obligea de reculer.
Ils étoient entrés dans le district de Yen-gan-fou dans
le Chensy dont Li-kouam avoit la garde. N'étant un jour
fuivi que de cent cavaliers il fe trouva en présence d'un
gros corps de Cavalerie des Huns, fes Soldats vouloient
fe retirer, Li-kouam les retint & les engagea, en leur
repréfentant que leur falut dépendoit de la contenance
qu'ils feroient, de tenir ferme, afin que les Huns cruffent
que les Chinois étoient en bien plus grand nombre. Il
continua de s'avancer, & leur ordonna, auffi - tôt qu'ils
feroient arrivés à peu de diftance des Huns, de mettre
pied à terre & d'ôter les felles de leurs chevaux. Un
Officier des Huns monté fur un cheval blanc & fuivi de
'quelques troupes s'approcha des Chinois, Li-kouam avec
quelques cavaliers fondit fur lui & le tua.Toute l'armée des
Huns épouvantée fe retira pendant la nuit, & Li-kouam

s'en revint.

Lie-tai-ki-
fu.
Kam-mo.
L'an 135.

Dans la fuite & après que Vou-ti fut monté fur le Thrône
de la Chine, le Tanjou demanda à faire la paix. On dé-
libéra à cette occafion dans le Confeil de la Chine. Vam-
kuei, qui avoit une grande connnoiffance des affaires des
Huns, étoit d'avis qu'on ne la leur accordât pas,
fous pré-

ten

br

N

Texte que

part

les fiécles paffés fourniffoient un trop grand nombre d'exemples de l'inconftance & de la légereté de cette Avant J. C. Nation. Han-gan-koue répondit que les Huns, fembla- Kiun-tchin bles à des oifeaux qui prennent la fuite, ne peuvent être atteints ni vaincus ; qu'on ne remporte avec eux aucun avantage; que les hommes & les chevaux destinés à les pourfuivre périffent de mifere, qu'ainfi l'on doit préférer la paix. Ce fut auffi l'avis de tous les Miniftres, & il fut fuivi. En conféquence les Huns venoient tranquillement commercer fur les frontieres de la Chine; mais il paroît fincére de la pas que cette paix n'étoit des Chinois. Pendant les Huns étoient dans la bonne foi, on cher- L'an 133choit à les attirer dans quelque ambufcade. C'étoit un confeil de Vam-kuei, qui prétendoit que l'on devoit employer l'artifice. Han-gan-koue qui étoit d'un avis contraire avoit rapporté fous les yeux l'exemple de l'Empereur Kao-ti les Huns avoient tenu affiégé pendant fept jours. »> Ce Prince, difoit Han-gan-koue, après la levée du fiége ne »fe laiffa point emporter par des fentimens de vengeance » & de fureur, parce qu'il eft du devoir d'un grand Roi de » chercher le bien de fes Sujets & non de les facrifier » à fes haines particulieres. Il ne fongea qu'à faire la

que

que

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» paix, & on s'en trouva bien depuis. C'est donc le parti le plus avantageux que nous ayons à prendre. Envain Vamkuei, qui vouloit la guerre, lui répondit que fi Kao-ti n'avoit pas tiré vengeance de l'affront qu'il avoit reçu, c'est qu'il n'avoit pû le faire; que les craintes continuelles où l'on étoit que les Huns n'entraffent fur les frontieres, & le dégât même qu'ils y avoient déja fait, devoient exciter la compaffion des Miniftres zelés pour le bien public, & les réunir tous pour exterminer une Nation qui caufoit tant de maux. Han-gan-koue avoit toujours perfifté dans fon premier avis. » Un Prince, difoit-il, qui médite une entre

prise d'importance, doit fe conformer à la maniere dont »fes ancêtres fe font comportés, & il ne doit agir qu'a

près avoir attentivement refléchi fur leur conduite & leur maximes. Ceux qui aiment les armes ne cherchent » que les combats, dans la paix ils ne foupirent qu'après

D)

כם

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Kiun-tchin

"

les troubles; ils ne veulent être occupés qu'à ravager les Avant J C., Provinces & renverfer les murailles. Etre toujours au milieu de fes Miniftres & dompter fes ennemis, voilà quelles doivent être les maximes d'un grand Monarque. » A préfent on endoffe tout d'un coup la cuiraffe & l'on » court à l'Ennemi. Peut-il fe faire de belles actions avec » une telle conduite? Si la fortune eft favorable, on en pro» fite; mais fi le fort eft égal, on fe tue les uns & les au» tres, on ne remporte aucun avantage, & une armée périt de mifere; c'eft perdre des hommes pour faire des efclaves.

99

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Kam-mo.

Su.

Ce confeil avoit été rejetté. Vam - kuei, chargé de conduire cette expédition, ne voulut point s'engager dans le pays des Huns; mais paroiffant fe conformer aux idées du Tanjou, il efperoit l'attirer fur les frontieres & fe rendre maître de fa perfonne & de fon armée, en difpofant des Soldats en ambufcade de tous côtés. Conformément à la résolution que l'on avoit prise, on avoit envoyé une armée de trois cens mille hommes, commandée par Han-gan-koue, Li-kouam & Vam-kuei; ils camperent dans une vallée de la Province de Chanfy, proche la ville de Ma-ye. Là ils ordonnerent fecrettement Sfu-ki. à un Officier de paffer chez les Huns & d'offrir au Lie-tai-ki- Tanjou de lui remettre cette place avec toutes les richeffes qui y étoient. L'Officier exécuta ces ordres & fçut engager le Tanjou à fe mettre à la tête d'une armée de cent mille hommes avec lefquels il entra dans la Chine. Il vint à Vou-tcheou près de Ta-tum-fou; il s'approcha même de Ma-ye, où il vit dans les campagnes une quantité de troupeaux difperfés & abandonnés dont il fe faifit; mais cette négligence de la part des Chinois lui fit naître quelques foupçons. Il marcha enfuite vers une tour dont il fit le fiége; il y arrêta un Officier Chinois qui étoit venu pour examiner fes démarches, & il apprit de lui que toute l'armée étoit cachée & n'attendoit que le moment de le furprendre. Il récompenfa l'Officier & fe retira auffi -tôt. Les Chinois voulurent aller à fa poursuite, mais ils ne purent le re

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