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l'Empire. Y-pi-tou-lou-khan qui eut tous les pays situés à l'Occident du fleuve I-li, établit sa Cour à l'Occident de la Tie-li-che

Après J. C. montagne Tsou-ko vers Taras. Tie-li-che-khan reçut en khao. partage ce qui étoit à l'Orient de l’I-li. Y-pi-tou-lou-khan devint un Prince très-puissant, il fournit des peuples de la Siberie , appellés Kie-kou qui s'étendoient depuis les environs de l'Angara & du Lac Paikal , jusqu'à l'Obi & l'Irtisch. Il pénétra même plus avant dans le nord & dompta le Royaume de Po-ma, situé vers l'embouchure de la Jenifea. Il ménagea toujours des intelligences secrétes avec les Officiers de Tie-li-che-khan.

Jazdejerd (a) regnoit alors en Perse, il avoit lieu d'ap- lie-tai kde préhender la puissance des Turcs : ces peuples sur la fin de su. la Dynastie des Soui avoient soumis les Persans. Le sort de Khosrou Perwiz & de la Reine Arzumidokht mis à mort par les Turcs comme on l'a vû,devoit lui faire craindre qu'ils ne rentrassent de nouveau dans la Perse. A l'exemple de tous tes les autres Nations Asiatiques il rechercha l'alliance des Chinois, & leur envoya des ambassadeurs chargés de présens ; mais cette démarche deyenoit inutile, le trouble étoit dans l'intérieur du Turkestan, les Turcs Tchou-yue & Tchou-mi avec les Igours venoient de ruiner cinq vila les du pays d'Haraschar , ils y avoient fait un grand noma bre de prisonniers & avoient mis le feu par tout. Ce défordre avoit pour origine le commerce que les Chinois avoient établi depuis quelque tems avec les peuples d'Haraschar å travers le désert. Les Igours & les Turcs qui en étoient l'an 614 mécontents, arrêtoient tous ceux qui arrivoient d'Occia dent: ils s'étoient même approchés de Hami, dans le des sein d'attaquer cette place importante qui appartenoit aux: Chinois. L'Empereur de la Chine irrité de la hardiesse des

resolut de marcher contre eux : le Khan des Sieyen-to s'offrit pour servir de guide. Les troubles n'étoient pas moins considérables à la Cour du Grand Khan. Unde ses officiers s'étoit réuni à Tou-lou-khan , & Tie-li-chekhan , dans l'impossibilité de leur résister ayoit pris le parti

Turcs ,

fa) On le nomme Yleys

y

che-houkhan.

Kam mo. .

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.

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de se sauver vers Ferghana où il mourut. Les Turcs mirent Après J. C.

sur le thrône son fils Y-kiu-li-che-y-pi-khan qui mourut Cha-po-lo

un an après. Alors les Nu-che-pi déférerent l'Empire à
Y-pi-cha-po-lo-che-hou-khan, & l'Empereur de la Chine
lui envoya le tambour & le drapeau. Ce nouveau Khan
établit sa Cour à l'occident de la riviere d'Ili, & au nord
de celle de Soui-ho-choui : il possedoit les pays d'Harascar,
d'Aksou, ceux qui sont dans l'intérieur du désert jusqu'au.
lac de Lop, tout le Maouarennahar, le Tokharestan & le
Captchaq.

Cependant l'armée Chinoise continuoit toujours fa rou-)
Liki iki, te vers la Tartarie. Ven-tai Roi d'Igour instruit de fa mar-

che, mourut de crainte & de désespoir, son fils. Chi-tching L'an 640.

qui lui fuccéda, fut défait & obligé de demander pardon aux
Chinois, mais le Général ne le lui accorda qu'à condition
qu'il se présenteroit les mains liées à la porte du camp. Il
ne voulut point accepter des conditions si honteuses , & il
fut battu de nouveau : on lui enleva tout son pays & on
le conduisit à la Chine où on lui donna quelques titres. IL
fut le dernier de fa famille qui regnoit depuis cent trente-.
quatre ans dans ce pays. Le Khan avoit envoyé à fon se-
cours son frere Che-hou , mais ce Turc n'eut pas plûtôt
appris ce qui venoit d'arriver, qu'il se retira d'avantage du
côté de l'occident , & l'armée Chinoise entra dans Khan-
fo-tou-tching , où il s'étoit d'abord retranché. On donna à
cette place le nom de Tim-tcheou : les Chinois firent ren-
dre à Tou-ki-tchi Roi d'Haraschar tout ce que les Igours
lui avoient pris pendant la guerre : par cette conquête les
Chinois furent maîtres de tous les pays qui sont entre la

mer orientale & Haraschar. I'an 641.

- Jusqu'alors l'Empereur de la Chine avoit fait tous les Tam-choss . efforts

pour reconcilier les deux Khans ; mais Y-pi-toud Lie-tai-ki-,

lou-khan n'avoit jamais voulu y confentir. Ils se faisoient Кат-то. continuellement la guerre. Y-pi-tou-lou-khan qui étoit de

venu le plus fort envoya le gouverneur de Schafch contre
Cha-po-lo-che-hou-khan ; celui-ci fut battu & tué, tous fes
sujets à l'exception des Nou-che-pi se soumirent à Y-pi-tou-
Jou-khan, qui après cette conquête entra dans le Tokha.

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1

"restan, & deffit les habitans. De-là revenant du côté de l'orient, il ravagea les environs d’Y-tcheou. Hiao - ko Apres J.C. gouverneur des Provinces de la petite Boukharie pour les lou-khan. Chinois à la tête de deux mille cavaliers, tomba sur lui & L'ań 642. l'obligea de se retirer. Le Khan avec les Hordes de T'chouyue & de Tchou-mi revint assiéger Tien-chan vers Igour ; il fut encore vaincu, & Hia-ko qui voulut profiter de fa victoire , alla ruiner la ville du Sle- kin des Tchou-yue ; ensuite il soumit les Tchou-mi & revint après avoir pénés tré jusqu'à la montagne Ko-su, & tué deux mille Turcs.

Le Khan Y-pi-tou-lou avoit auprès de lui des ambassadeurs Chinois qu'il retenoit de force , sous prétexte, qu'il vouloit leur faire voir qu'il avoit autant de courage que l'Empereur de la Chine qui passoit pour un grand guerrière ->;; Il les obligea de l'accompagner dans une guerre qu'il entreprit dans le pays de Kam-kiu le long du Sihon vers la mer Caspierine. Dans la route il ruina entiérement le Royaume de Mi, & fit prisonniers tous les habitans. Un - chef de Horde nommé Ni-cho-che,niécontent de ce qu'il ne · les avoit pas distribués à ses troupes , voulut les lui enlever; mais le Khan le fit mourir. Cette action irrita les chefs de Hordes, Ho-lou-ouo attaqua Y-pi-tou-lou & l'obligea de prendre la fuite : ce Khan se retira dansle Tokharestan. Ses officiers l'exhortoient de reprendre le chemin du. Turkestan; il n'en voulut rien faire

& passa vers-Schasch où il fut abandonné de presque tous fes sujets. Il choisit la ville appellée Ko-ho-tun ; mais dans le tenis qu'il en étoit sorti pour arrêter des déserteurs, il fut attaqué tout à coup par un Sekin qui le mit en déroute. Le Khan fugitif alla prendre la ville de Pe-choui-hou où il demeura. Alors les Nou-chepi envoyerent des ambassadeurs vers l'Empereur de la

Chine pour lui demander un Khan & la déposition de Ypi-tou-Iou. Tai-tçung leur ordonna de choisir celui d'entre les Princes Turcs qu'ils jugeroient le plus digne. On Jetta les yeux fur le fils d’Y-kiu-li-che-y-pi-khan qui fut aussi-tôt proclamé, & reçut avec l'investiture le titre d'Y, pi-che-kuei-khan.

Le nouveau Khan renyoya aufli - tôt les ambassadeurs

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lou-khan,

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و

au

Chinois qui étoient retenus depuis-long-tems dans le Tur-
Après J.C. kestan ; il ordonna aux Hordes des Nou-che-pi d'aller as-
Y-pi-tou-

siéger la ville de Pe-choui-hou ; il se donna une grande
bataille , Y-pi-tou-lou-khan fut victorieux ; mais ses an-
ciens sujets n'en furent pas plus portés en fa faveur
cuns ne voulurent se joindre à lui , & il fut obligé d'aller
chercher une retraite dans le Tokharestan & dans le Kho-
rasan. Après qu’Y-pi-che- kuei - khan fut délivré de ce
concurrent , il envoya demander en mariage une princesse
de la Chine. Il trouva l'Empereur disposé à la lui accor-
der , mais à des conditions si onéreuses qu'il n'y fallut plus
songer. L'Empereur demandoit pour présent de noces les

Royaumes d'Acsou, de Kaschgar, de Khoten & les au-
L'an 645,, tres Provinces voisines de l'Inde qui appartenoient au

Khan, La Princesse resta à la Chine & le Khan garda fes
Provinces,

Dans ce tems quoique tous ces pays fussent si éloignés
les uns des autres, ils avoient des intérêts qui les obli-
geoient de se réunir, La Chine , les Turcs & les Tibe-
tans formoient trois grands Empires qui faisoient trem-
bler toute l'Asie, Les autres petits Etats prenoient parti
& se réunissoient à l'un des trois , mais principalement
aụx Chinois qui étant les plus puissans, étoient par - là
: plus en état de mettre un frein à l'ambition des autres :
ceux-ci ne cherchoient en même tems qu'à s'étendre aux
dépens de tous, & profițoient de ce que les peuples les
plus éloignés avoient recours à eux. Samarçande venoit
de leur envoyer des ambassadeurs. Jazdejerd Roi de Per-
fe , quelque tems auparavant, avoit suivi çet exemple : le
Roi du Tibet venoit d'épouser à Lassa une Princesse
Chinoise , & envoyoit à la Chine les enfans des princi-
paux de sa nation pour y prendre les mæurs des Chinois
& étudier leurs livres : les peuples du Tien-tço ou de
l'Inde , pressés d'un côté par les Turcs , de l'autre par les
Tibetans recherchoient aussi la protection des Chinois,

Ce pays de Tien-tço que l'on appelle encore le pays
des Brahmes étoit divisé en cinq grands Royaumes, l'un
AH midi qui confinpit à la mer des Indes , où est aujour-

dohui

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L'an 6430

d'hui le cap Comorin, & comprenoit la côte de Malabar
& les autres pays voisins. Le second situé au nord s'é- Après. J. C.
tendoit le long des montagnes qui separent l'Inde du Ti- lou-khan.
bet. Le troisième situé à l'orient étoit borné

par

la

mer; il étoit formé des pays qui sont sur la côte de Coromandel : le quatrieme confinoit à la Perse & renfermoit les pays voisins de l'Indus. Il y en avoit un cinquiéme au milieu de tous, vers Agra & Benarès. Le Roi de ce dernier nommé Hou-lo-mien-to avoit soumis les quatre autres. Il se faisoit appeller Roide

Mo-kia-to ou de Mevat. Ce fut lui qui envoya des ambassadeurs à la Chine. Quelques autres petits Royaumes voisins, les uns dans l'Inde , les autres dans la Batriane firent de même : l'an 643 il en arriva du pays appellé Fou-lin ; c'est l'Empire Grec._On donne au Roi le nom de Po-to-li : on ajoute

que

ses Etats furent attaqués dans la suite par les Arabes. Mais pour revenir à ce qui regarde plus particuliérement les Turcs, pendant que Che-kuei-khan étoit occupé à faire la guerre à Tou-lou-khan , c'est-à-dire vers l'an 644 , Tou-ki-tchi Roi d'Haraschar s'étoit lié avec les Turcs occidentaux , & un des principaux officiers Turcs nommé Kiu-li-tcho avoit épousé la fille de Tou-ki-tchi , ce qui avoit refroidi beaucoup ce Prince à l'égard des Chinois. Ceux-ci jaloux de l'hommage de ces petits Souverains ordonnerent aussi-tôt au Gouverneur d'occident d'aller assiéger Haraschar : Hiao-ko s'en approcha avec ses troupes, la prit , & fit prisonnier le Roi qu'il envoya à la Chine. Il laissa un des parens de Tou-ki-tchi pour

la gouverner ; mais le Turc Kiu-li-tcho vint au secours de cette place, en chassa les Chinois & les poursuivit : le succès cependant ne répondit pas à son courage,

les Chinois revinrent sur leurs pas & le battirent. Les Turcs mirent alors dans Haraschar un officier ; celui-ci dans la crainte que les Chinois ne reparussent, abandonna tout ce pays, & les peuples d'Haraschar choisirent pour Roi Sie - so-o-na-tchỉ qui resta soumis aux Turcs. C'est après cette expédition que le Khan fit demander en mariage une Princesse Chinoise. Dans les pays que l'Empereur exigeoit pour présent de noces, étoit

Tome I.

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