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Tchin

So-tim-fam

rangea

son

infanterie dans la plaine, de façon Après J. C. qu'elle faisoit face partout & présentoit ses lances de tous côtés. Il disposa sa cavalerie au nord de ce bataillon. Ho- tchou-chelou revint trois fois à la charge fans pouvoir entamer les bombahan

: Chinois : Şo-tim-faṁ choisit un moment favorable pour fondre sur les Turcs avec toute sa cavalerie ; il y mit bientôt le desordre, & obligea ces peuples à prendre la fuite: on les poursuivit l'espace de dix li , &.30c0o Turcs resterent sur le champ de bataille avec un grand nombre de leurs principaux Officiers. Le lendemain, à la pointe du jour, les Chinois suivirent les Turcs & acheverent de les disliper. Les cinq familles des Nou-che-pi vinrent se rendre à Sotim-fam : celles de Tou-lou qui formoient un pareil nombre se retirerent du côté du midi, & se soumirent à Afena-pou-tchin; So-tim envoya quelques détachemens vers la riviere de Talas & vers d'autres endroits à la poursuite des Turcs ; mais la grande quantité de neiges qui tomberent alors, obligerent ces troupes à demander qu'on attendît la nouvelle saison pour se mettre en marche. So-timfam le refusa , sous prétexte qu'on surprendroit les Turcs, qui à la vûe de toutes ces neiges & du grand froid qui se faisoit sentir alors,ne s'imagineroient jamais que les Chinois seroient en route , & qu'on pourroit les surprendre ; au lieu que si l'on différoit, ils se retireroient au loin & se mettroient en état de deffense. Il fit donc marcher ses troupes nuit & jour malgré la rigueur de la saison, il enleva tout ce qu'il rencontra en chemin, arriva à la riviere Choam-ho ou la riviere double , où il fut joint par les troupes d'Afena-mi-che & par Afena-pou-tchin. On fit halte en cet-endroit éloigné de deux cens li du camp de Cha-po-lo : des là l'armée marcha en ordre de bataille jusqu'à la montagne Kin-ya-chan.

Cha-po-lo qui ne s'attendoit pas à voir les Chinois fi près de lui, ne se tenoit point sur ses gardes, & ses troupes dif persées dans les plaines & dans les bois n'y étoient occupées que de la chasse. Les Chinois marcherent droit au camp & le pillerent: ils y prirent dix mille hommes avec les tambours , les drapeaux & les autres instrumens militai

hou

L'an 657

res. Cha-po-lo passa à la hâte le fleuve Ily, le Général des Après J. C.

Tchin-· Hoei-ke vint camper à Tcien-yuen ou pays de Pharab. çchou-che- Asena-mi-che campa sur le bord de l'Ily; alors les Turcs

Tchou-yue & Tchou-mi se rendirent. L'armée Chinoise étoit campée sur le bord de la riviere Choam-ho , où Chapo-lo avoit laissé un Tarkhan nommé Pou-che pour les repousser. So-tim-fam poursuivit Cha-po-lo jusqu'à la riviere Soui-che-choui, entre Taras & le fleuve Ily. Če Khan avec ceux de son parti gagna toujours du côté de l’occident & s'avança jusqu'à une ville appellée So-tou-tching dans le pays

de Śchasch, au-delà de laquelle ses chevaux qui tomboient de fatigue & d'inanition ne purent aller : les habitans ne lui ouvrirent les portes de la ville qu'à prix d'argent : ensuite le Tarkhan qui y commandoit le fit arrêter sur le champ & conduire au Roi de Schasch où Asena-mi-che, & le chef des Hoei-ke vinrent le prendre. Alors tous ses sujets se disperserent, les Chinois rétablirent la paix dans la Tartarie : on ouvrit par-tout des routes , & l'on fit faire des grands chemins avec des entrepôts pour la facilité du

commerce.

Cha-po-lo fut amené à la Chine où il fit un aveu sincére de toutes ses fautes. » Le feu Empereur, dit-il, m'a comu blé de ses bienfaits , & j'ai pris les armes contre ses sujets;

aujourd'hui le Ciel a fait descendre sur moi la colere: puis-je me plaindre!Je sçais que suivant les loix de la Chine » je dois mourir dans une place publique ; mais je demande

d'être conduit au tombeau du feu Empereur , où !après » avoir demandé pardon, je consens à périr & à souffrir la » mort à ses pieds. » Le Cérémonial Chinois paroissoit s'opposer à une grace de cette espéce , & il fallut que l'Empereur demandât avis , pour sçavoir s'il étoit permis d'offrir au tombeau de l'Empereur un Khan des Turcs , qui s'étoit rendu criminel dans l'esprit de la Cour ; quoique dans le fond il n'eût fait que défendre ses Etats. On répondit à l'Empereur que les chefs d'une armée victorieuse avoient coutume d'aller dans le Temple des Ancêtres pour y recevoir à boire ; mais qu'on n'offroit jamais en sacrifice les prison-niers devant le tombeau des Émpereurs : cependant qu'on

pouvoit

hou-khan.

Him-fie

pouvoit accorder cette grace à Cha-po-lo. En conséquence ce Khan fut conduit au tombeau de l'Empereur Tai- Ichin

Après J. C. tẹong

où on l'offrit , mais on lui laissa la vie, & il mourut tchou-chel'année suivante. Il fut porté au tombeau de Kie-li-khan, & on grava sur une pierre l'histoire de ses actions. Les Hić toriens ne nous inftruisent point du sort de Tchin - tchouche-hou-khan.

On partagea toute la Tartarie en Provinces, qui eurent chacune leur gouverneur soumis à l'Officier Chinois qui réfidoit à Gan-li proche Aksou. Tous ces pays s'étendoient du côté de l'occident jusqu'à la Perse. L'Empereur Kaotcong

donna à Asena-ii-che, le titre de Him-sie-vam-khan, vam-khan. & le gouvernement des cinq Hordes de Tou-lou-khan ; & Ki-tchouà Asena-pou-tchin le titre de Ki-tchou-tcioue-khan avec le tsiuc-khan gouvernement des cinq Hordes des Nou-che-pi : on enyoya un Officier en Tartarie pour les installer, & ils reçurent de très-grands présens. Les Chinois calmerent en même-tems les troubles qui

I'an 658. étoient près d'arriver dans le pays d'Aksou. Le Roide cet- Tam-chou. te contrée nommé O-li-pou-che-pi étoit venu rendre en Lie-tai-kipersonne ses hommages à l'Empereur de la Chine. La Rei- fu. ne son épouse en son absence avoit eu quelques intrigues secretes avec un de ses Officiers ; on en murmuroit , & cela alla si loin qu'on en donna avis à l'Empereur : pour arrêter le mal on fit emprisonner l'Officier, on fit reconduire ensuite 0 - li-pou-che - pi dans ses Etats ; mais quelques Grands y avoient déja pris les armes contre lui, & les Chinois furent obligés d'y envoyer des troupes; ensuite pour maintenir ces peuples, on transporta dans Aksou même le gouverneur Chinois , dont la résidence fut toujours appellée Gan-si; alors le Turphan qui ne fut plus nommé que Si-tcheou n'eut plus qu'un Officier subalterne. Dans le même-tems le Roi d'Aksou mourut, & les Chinois mirent à sa place son fils Su-ki.

Dans le tems que l'Empereur pacifioit ainsi les pays mé- L'an 659: ridionaux de la Tartarie, de nouvelles guerres s'élévoient Lie-tai-king dans le nord , & vers le Sihon. Him-lie-vain-khan autrement nommé Asena - mi-che, venoit de marcher contre le Tome 1,

899

L'an 662.

Che-hou de Tchin-tchou ; c'est-à-dire, le gouverneur des Après J.C.

Provinces qui sont le long de la riviere Tchin - tchou, il Him-lievam-khan. l'avoit battu fur les bords de la riviere Choam-ho, & lui Ki-tchou- avoit coupé la tête. Cette action jointe à ce que ce Khan, sciue-khan.

ainsi qu'Asena-pou-tchin avoient peu de talens pour l'admiI am-chom.

niftration des affaires de leur Empire,les rendit odieux à leurs
sujets : les Turcs se révolterent contre eux & fe joignirent à
un Tartare nommé Tou-man , qui à la tête des troupes des
Royaumes de Kaschgar, de Tchou-kiu-po & de Kie-puone
to, venoit de prendre les armes. Tous ensemble ils allerent
attaquer le Royaume de Khoren au nord de l'Inde. Aufli-
tôt
que

l'on eut appris cette nouvelle à la Chine, le Général So-tim-fam reçut ordre de marcher contre ces rebelles. Les troupes de Tou-man s'étoient retirées sur les bords de

la riviere Ma-teou-tchuen. So-tim-fam les fit attaquer avec T'an 660.

ce qu'il avoit de meilleurs cavaliers, les battit & obligea Tou-man à se rendre.

Cependant comme les troubles continuoient toujours Lie-sai-kie dans le Royaume d'Aksou , l'Empereur de la Chine avoit

ordonné au Général So-hai-tching d'aller dans ce pays. Les Iam-cbou. deux Khans Afena - miche & Asena - pou - tchin avoient

reçu ordre en même tems de joindre leurs troupes à celles des Chinois. Ces deux Khans ennemis fecrets l'un de l'autre ne cherchoient que l'occasion de se détruire. Asenapou-tchin'accusa Asena - mi-che d'avoir dessein de se révolter contre les Chinois, & So-hai-tchim trop credule resolut de faire périr ce dernier fans approfondir cette affaire, Il fit publier que l'Empereur lui avoit ordonné de recompenserle Khan & fes soldats. Asena - mi-che donna dans le piége, vint avec ses troupes qui furent aussi-tôt enviTonnées , & alors il eut la tête tranchée. Un chef de Horde de ses sujets prit les armes, mais So-hai-tchim le pourfuivit & l'obligea de se soumettre aux Chinois:peu de tems après Asena - pou-tchin mourut ausli : alors les dix familles des Turques qui n'avoient plus de Prince , se soumirent pour la plâpart aux Toufans ou Thiberans qui étoient trèspuissans dans le midi de la Tartarie , & pour fe

des Chinois, elles vinrent faire des courses au nord d'Igour dans les environs de Tim-tchequr

vanger

Ju. Kam-mo.

Lie-tai-ki

Kama mo,

Dans le même tems Phirouz (a) fils de Jazdejerd an- Après s.a. cien Roi de Perse, après avoir échappé aux Turcs qui s'étoient rendus maîtres de quelques contrées voisines du Khorasan, s'étoit sauvé à la Chine. Les Chinois l'y reçurent en qualité de Roi & le confirmerent dans ce titre. Il ne se passa rien de considérable dans le Turkestan pendant quel- sw. ques années. Les Turcs sans Souverains étoient dispersés & prenoient parti chez les Princes voisins. Pour maintenir l'an 67":

Lie-tai-ks. l'ordre & la tranquilité parmi eux,l'Empereur leur donna un chef nommé Asena - tou-tchi qui ne porta que le simple titre de Capitaine des Gardes. Pendant cet espéce d'interregne les Turcs & particulié

L'an 671: rement les Hordes de Kum-yue & de O-lie-kie s'étoient re- lie-tai-kie voltés contre les Chinois. L'Empereur avoit envoyé So- foto tim-fam qui avoit obligé les premiers à se rendre , & les seconds avoient pris parti chez les Toufans, & étoient venus alliéger la ville de Kaschgar. Il partit cette année une nouvelle armée, mais elle n'étoit pas encore arrivée dans ces pays éloignés que tous ces peuples se soumirent:Le Roi L'an 6944 de Khoten nommé Vam-fou-tou-yum ainsi

que Phirouz vinrent aussi rendre leurs hommages à l'Empereur. Les Chinois conferent des titres au Roi de Khoten, & partagerent ses Etats en dix Provinces dont il fut déclaré gouverneur. Asena - tou-tchi ne se contenta pas long tems du L'an 677: titre que lui avoient donné les Chinois : il prit bientôt

Tam-chowi lui de Khan des dix familles , fit la paix avec les Tibetans, Lie-tai-ki& vint ravager avec eux les Provinces de la Tartarie sou- Jee. mises aux Chinois ; c'est-à-dire les environs d'Aksou. L'Empereur tint à ce sujet un grand conseil : la plâpart des Mi- Kam-mo. niftres vouloient qu'on levât des troupes pour marcher Lie-tai-kicontre les Turcs ; mais Poei-him-kien fut d'un avis con- Tan-chou. traire: le Roi de Perse nommé Phirouz venoit de mourir à la Chine, & laissoit un fils appellé Ni-ni-fle (6): il propofa de lui donner le titre de Roi & de le faire reconduire dans ses Etats , regardant cette expédition comme un moyen facile d'arrêter les chefs des Tibetans & des Turcs ,

(a) Les Chinois prononcent Pi.lou-sse.
(b) C'est aina que les Chinois altercat le nom Petran que je ne puis reconnoîtree

ce

Kam-mo.

L'an 659.

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