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tourner du côté des Chinois. Le Roi des Schafch demaniAprès J. C.

da aussi la protection de la Chine. Les Getes descendus L'an 743: de ces anciens Yue-chi dont on a déja parlé, & qui Lie-rai-ki- étoient établis dans la Baariane , & dans les pays voisins de fu L'an 744. l'Indus envoyerent des tributs à l'Empereur , & le Roi

de Fergana nommé Arslan Tarkhan épousa une Princesse

adoptée par les Chinois. Y-li-ti-mi- Après que le Général Chinois qui commandoit à Ganchi-ko-tou- si eut fait mourir Mo-ho-tarkhan , les Tou-ki-chi donnelou-pi-kia

rent le titre de Khan à un Prince de la faction noire, nomkhan.)

mé Y-li-ti-mi-chi-ko-tou-lou-pi-kia-khan qui fut reconnu
par l'Empereur de la Chine Khan des dix familles. C'est
ainsi
que

la domination Chinoise s'étendoit depuis les
bords de la mer orientale jusqu'au centre du Maouaren-
hahar , & que presque tous les peuples qui sont situés au

nord de l'Inde & dans le Maouarennahar redoutoient L'an 7so. leur puissance : le Général Chinois nommé Kao-sien-tchi

faisoit trembler tout l'occident , il venoit de piller la ville L'an 751. de Schasch , & avoit fait prisonniers les chefs des Tibe

tans , & le Khan des Turcs qu'il avoit envoyés à la Chine.
Le fils du Roi de Schafch qui s'étoit échappé repandoit
alors l'allarme dans tout le Turkestan, & excitoit les
Turcs à prendre les armes contre les Chinois. Ils se li-
guerent tous avec les Arabes & vinrent attaquer les

qua-
tre garnisons : le Général Chinois fut vaincu & repoussé
avec perte. Dans le tems que ces peuples se réunissoient
ainsi avec les Arabes , les Rois de Si-tçao & de Gan
dans le Maouarennahar que les armées des Khalifs Ab-
bassides inquiétoient , demanderent que les Chinois vinf-
sent à leur secours, mais l'Empereur refusa de leur en-
voyer des troupes.

Cependant les Turcs Tou-ki-chi qui n'avoient plus de Khan depuis que le dernier avoit été conduit à la Chine, en choisirent un de la fa&tion noire , auquel ils donnerent le titre de Teng-li-y-lo-mi-chi-khan , & les Chinois le reconnurent ; mais depuis ce tems , les Turcs toujours repoussés vers l'occident par les Hoei-ke, cesserent d'avoir de grandes liaisons avec la Chine , & leur puis

L'an 752.

L'an 753

L'an 756

L'an 7581

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sance dans la Tartarie tomba entiérement. D'un autre côté les Chinois occupés à reduire le rebelle Gan-lo-chan Après ! C. qui ménaçoit de foumettre tout l'Empire , négligerent 1 s lo mi-chipays étrangers, & ne furent plus en état d'y envoyer des

khan. troupes. Ils eurent même beloin du secours des peuples les plus voisins, particuliérement du Roi de Khoten qui vint à la Chine à la tête de cinq mille hommes. Ces troubles furent cause

que les peuples d'occident redouterent moins les Chinois, & que les Arabes & les Persans assiégerent Kuam-tchou, autrement Canton où ils avoient un Cadhy, & qu'ils s'en retournerent par mer après avoir pillé tous les magazins.

Quelque tems après il est fait mention dans l'histoire L'an.759. d'un Khan de la faction noire nommé O-to-poei-lo qui envoya des ambassadeurs à la Chine. Dans la suite (a) un de ces Turcs nommé Ko-lo- lou remporta quelques avantages sur les autres chefs de la Nation ; il transporta sa demeure à la riviere Soui-che-tchouen, où le plus grand nomlre de ceux qui avoient pris parti dans les deux factions noire & jaune, vinrent se rendre à lui. Le reste se soumit aux Hoei-ke , & un chef nommé Te-mang-le avec quelques bandes de Turcs alla habiter vers Haraschar où il ne prit que le titre de Che-hou ; c'est-à-dire , de

gou& deux cens mille Turcs passerent dans les montagnes de Kin-cha, alors tout cet Empire fut entiérement détruit,

Cependant il restoit encore dans la Tartarie, & surtout dans Lie-tai-kile voisinage des Chinois , plusieurs Hordes de Turcs , parti

(u. culiérement celle de Cha-to qui étoit campée près du lac tum-kao. de Lop. Vers l'an 713 ces peuples avoient été obligés de se transporter à Pe-ting au nord d'Igour, pour éviter les incursions des Tibetans qui devenoient très-puissans dans cette partie de l'Asie ; mais vers l'an 785 ces derniers s'étant rendus maîtres de Fe-ting, les Turcs Cha-to avec leur chef Tchou-sie-tcin-tchong furent contraints de se soumettre aux Tibetans qui les placerent à Kan-tcheou ,

verneur ,

Ven-hiene

(*) Vers l'an 766.

L'an 840. Kam-mo.

Ium kao.

مو

dans la Province de Chensi, dont une grande partie leur Après J. C. étoit soumise. Les Cha-to aceompagnoient toujours l'ar

mée des Tibetans , & marchoient à la tête ; mais comme ces Turcs se sont rendus maîtres dans la suite de l'Empire de la Chine , nous les abandonnons pour en parler plus amplement dans les livres suivans. Nous nous bornons ici à donner l'histoire de quelques autres principautés Turcques qui se sont élevées dans la Tartarie pendant que les Hoei-ke en étoient les maîtres.

Il s'agit ici d'une Nation appellée Kie-kia-fu , ou Kie

kou qui demeuroit au nord d'Haraschar dans le pays que Lie twi-kio l'on nommoit anciennement Tim-lim & Kien-kuen; elle Ven bien- s'étendoit depuis le lac Paikal le long de la Jenisea , de

l'Obi , de l'Irtisch , & même à l'occident de cette derniere riviere. Ce pays pendant l'été est rempli d'eau , & couvert de neiges pendant l'hyver. Il est assez fertile , ceux qui l'habitoient alors, étoient grands & avoient des cheveux blonds. Ils divisoient leur année en douze parties qui portoient chacune le nom d'un animal. La troisiéme étoit appellée l'année du Tigre, ce qui répond au Cycle des animaux, en usage encore dans la Tartarie. Vers l'an 758 ces peuples avoient été vaincus par les Hoei - ke ; mais lorsque ceux-ci commencerent à s'affoiblir, O-ge chef des Kie-kia-fu , qui prétendoit être descendu d'un ancien Général Chinois nommé Li-ling que le Tanjou des Huns avoit autrefois envoyé en Siberie , prit le titre de Khan,remporta de grandes victoires & ravagea les campemens des Hoei-ke : cette guerre dura vingt ans.

O-ge-khan qui avoit pris la Princesse Chinoise Tai-ho Lie-tai-ki- époule du Khan des Hoei-ke , la renvoya à la Chine avec un

grand nombre de Tarkhans, mais ses ambassadeurs ayant eu le malheur de tomber entre les mains des Hoei-ke; ils furent tous mis à mort & le Khan reprit la Princesse. L'année

suivante O-ge-khan ne recevant aucune nouvelle de ses L'an 842. envoyés s'approcha de la Chine , & se rendit maître d'u

ne grande partie des pays qui étoient soumis aux Hoeike. Il possedoit d'ailleurs Gan-li, Pe-ting & le pays des Ta-ta. Il voulut faire alliance avec les Chinois , & fit

offrir

L'an 841.

Kam-mo.

Lie-tai-kie

Lie tai-ki.

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offrir à l'Empereur par ses ambassadeurs deux beaux cheyaux. Vou-tçong qui regnoit alors les reçut ; mais il avoit Après J. C. dessein de prendre cette occasion pour redemander aux Kie-kia-lu, Gan-li & Pe-ting, & il auroit exigé la reddi- L'an43. tion de ces deux places fi ses Ministres ne lui eussent re- Lie-tai kiprésenté combien elles étoient onereuses à l'Empire. On peu créa cependant à la Chine un Officier pour veiller sur les Kie-kia-lu: le Khan continua toujours d'envoyer des tri- L'an 844 buts, & demanda la permission d'attaquer les Hoei-ke &

fu. de venir se loger vers Çaracorom qui avoit été leur principal campement. L'Empereur de la Chine avoit ordonné L'an 845. à un Officier d'aller installer en Tartarie Ogé en qualité que

. de Khan, & de lui conférer le titre de Im-vou - tching- Kam-mo. mim-khan; mais la mort de Vou-tcong fit retarder ce voyage L'an 847. qui n'eut lieu que sous le regne de Siuen-tcong son fuccef- Li-sai-kie feur. On fut ensuite long-tems fans entendre parler de ces peuples.

Dans la suite Oge-khan envoya demander à l'Empereur L'an 863. de la Chine Y-tçung les livres classiques des Chinois & la permission de porter

la
guerre
dans le

pays

des Hoei-ke. Peu de tems après, il demanda le Calendrier. Les affai- L'an 866. res de la Chine ne permirent plus alors aux Chinois de faire des traités avec tous ces peuples si éloignés, & on les perdit de vûe , de même que les Turcs. Il est cepen- L'an 925: dant fait mention encore quelquefois de ces derniers dans les annales. Elles parlent d'un Roi Turc nommé Hoenkiai-leou qui envoya des ambassadeurs à Tchoam-tcong Empereur de la Chine. Ces Turcs firent deux fois la mê. L'an 928. me chose à son successeur Mim-tcong ; & ensuite à Kao- Ian 931: tçu Empereur de la Dynastie de T cin..

C'est ici que nous terminons l'histoire des peuples qui ont porté le nom de Turcs dans la Tartarie. Nous allons parler de ceux qui ont passé dans l'Europe , & qui se sont établis dans la Hongrie. Dans la suite nous donnerons l'histoire des Turcs Musulmans.

Nous avons vû plus haut que les Turcs dans le tems que

leurs Grands Khans résidoient aux monts Altai , près de l'Irtisch, avoient soumis à leur Empire tous les peuTome 1.

Sss

ces

ples occidentaux , & poussé leurs conquêtes jusques sur les Après J. C.

frontiéres des Romains, avec lesquels ils avoient été sou-
vent en guerre. Les Grands Khans avoient établi vers
le Volga un Commandant pour avoir l'infpe&tion sur les
Turcs qui demeuroient entre ce fleuve & le Tanais , &
c'est de-là

que
Turcs

pour

venir attaquer le Bosphore. Il y avoit encore dans ces Contrées un grand nombre de Huns qui avoient suivi Attila , & qui, après la mort de ce Conquerant, y étoient venus chercher une retraite; plusieurs bandes d'Igours ou Ounigours suivant quelques Auteurs Grecs , s'y étoient rendus après les Huns. Tous ces peuples étoient soumis aux Turcs qui les

regarMenandre. doient comme leurs esclaves : les Turcs avoient connoirfance des

voisins du Danube il n'est donc point étonnant qu'à mesure qu'ils perdoient du terrein dans l'Orient, ils cherchassent à s'étendre du côté de l'Occident & passassent enfin dans la Hongrie. Comme ils étoient divisés par Hordes , qui étoient distinguées chacune par un nom, plusieurs de ces peuples, après leur passage en Europe ou sur les frontiéres de l'Empire Romain ont été connus sous différens noms. Tels sont les Khozars, les Turcs proprement dits , les Patzinaces , les Uzes, & peutêtre les Bulgares & les Valaques.

pays

;

Eston

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