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. 7.

Han-chou.

You - lie - su , la Capitale eft Noui-tou-ko-tching. On y comptoit sous les premiers Han 190 familles, 1445 personnes, 331 soldats.

Du côté de l'Orient il confine aux Igours septentrionaux, Au Nord aux Huns, & à l'Occident au Royaume de Pilou ; il est éloigné de 8830 li de Si-gan-fou.

S. 8

Han-show.

Tan - pe autre Royaume dont la ville porte le même nom;elle est éloignée de 8870 li. Sous les premiers Han on y comptoit alors 27 familles , 194 personnes & 45 soldats.

f. 9.

Han-chou.

Ou-tan - tseu - li, la Capitale étoit Yu-leou-ko-tching: sous les premiers Han, il y avoit alors 41 familles , 231 personnes , s7 soldats ; elle étoit éloignée de Si-gan-fou de 10330 li. Du côté de l'Orient ce pays confinoit à celui de Tan-pe, du côté du Midi à celui de Tcie-mi , & du côté de l'Occident aux Ou-siun.

Tout le pays dont je viens de donner la Description est appellé comme je l'ai déja dit , Si - yu par les Géographes Chinois , & il répond à la Scythie au-delà de l'Imaüs , & à la Serique de nos anciens Ecrivains. Ptolemée qui fleurissoit vers le milieu du second siécle de J. C. nous en a laissé une description. Comme cet Historien vivoit dans le même tems que

les seconds Han regnoient à la Chine , tout ce qu'il dit doit avoir beaucoup

de rapport avec la Géographie de ce pays qui nous a été conservée par les Historiens de ce tems; c'est celle dont j'ai fait le plus grand usage dans cette Defcription.

Ptolomée donne pour limites à la Scythie au-delà de l'Imaüs, du côté de l'Occident, cette chaîne de montagne qu'il appelle Imaüs & qui répond à celle que les Chinois

nomment Tçung-ling vers Khoten & Kaschgar; Tien-chan, Sioue-chan , & les Tartares Muftag vers Aksou. Au Nord font des pays inconnus, à l'Orient la Serique, & au Midi l'Inde au-de-là du Ganges, ce qui est très-juste ; ce feuve prenant la source dans les montagnes qui sont au Midi de Khoten, où commence la montagne de Tçung-ling qui fépare les deux Scythies.

Dans la partie occidentale de la Scythie au-delà de l'Imaus , il fait mention des Montes Auxaçii, c'est la partie de la montagne Tien-chan située dans le pays d'Ak-lou , & ce qu'il appelle Regio Auxacitis eft Aksou. Il y place les sources du heuve Dekhardes , les Chinois parlent d'un grand feuve qu'ils appellent Ki-seou-choui au midi d'Aklou qui va se jetter dans le lac de Lop, il doit être l'Oea khardes de Ptolemée.

Les Montes Cafii qui font aussi placés à l'Occident font la partie de la montagne Tçung-ling, qui est à Kaschgar, c'est-à-dire Cafia Regio. Dans l'article de la Serique il dit que le fleuve Bautisus tire son origine de ces montagnes. Dans les mêmes montagnes Tçung - ling vers Yerken il fort un grand feuve qui va se rendre dans celui qui part d'Aksou , Pun & l'autre se jettent dans le lac de Lop. Les Chinois appellent le plus méridional Cheou-pa-ho,il doit être le Bautifus. Les Emodi Montes qui terminent du côté de l’Occident la partie méridionale de la Scythie sont des branches du T çung-ling , appellées en cet endroit par les Indiens Imeïa.

Les peuples qui habitent cette contrée , selon Ptolemée , sont les Scythes Abii & Hippophagi, dans la partie septentrionale : ces peuples sont les Ou-liun des Chinois , & les Tartares de la même espéce qui se nourrissent de chevaux & qui demeuroient directement au Nord des montagnes Tien-chan & du pays d'Aksou; comme ce pays des Ou-siun étoit d'une grande étendue,je ne puis dire si l'un de ces deux peuples n'en faisoit pas partie. Au dessous étoient les Auxacii ou ceux d’Aksou ; ensuite , à l'entrée des montagnes qui sert de passage pour aller de l'une à l'autre Scythie ; c'est-à-dire le passage qui est à Kaschgar, on trouvoit le pays appellé Cafia qui est Kaschgar. Au dessous étoient les Scythes nommés Chatæ ou les habitans de Khoten. Plus bas il nomme la contrée Achala,& au dessous, le long des monts Emodiens les Scythæ Chauranæ : ces deux pays me sont inconnus, à moins qu'il n'y ait quelque transposition ou quelque faute dans Ptolemée, & dans ce cas je regarderois les Chauranæi comme les habitans d’Yerken qui est le même nom renversé.

Les villes de cette Scythie selon Ptolemée font Aužacia ou Aksou : 1 Dedon Scythica, Chaurana & Sæta que je ne connois point, à moins que la seconde ne soit Yerken. Je crois encore , inais sur un simple foupçon que l'Iljed on Scythica est la ville où résidoit le Gouverneur Chinois fcus les premiers Han, proche Aksou ; mais venons à la Serique.

Il est inutile de rapporter ici tout ce qui a été dit par les Géographes modernes qui ont entrepris de fixer la situation de ce pays, qu'on regarde communement comme formant la partie de la Chine située au Nord. Il m'a paru fingulier que Ptolemée ait divisé en deux parties tout le pays qui est depuis Kaschgar jusqu'à la Chine : quelle peut être la raison ? La nature du terrein n'en fournit aucune; il n'y a ni chaîne de montagnes ni rivieres qui separent cette contrée. Cependant cette division est juste, & nous fait voir que Ptolemée étoit inftruit de la situation de ce pays, relativement aux conquêtes des peuples voisins. La Scythie au-delà de l’Imaüs contient les pays qui n'étoient pas soumis aux Chinois, & la Serique renferme leurs conquêtes.

En effet, il la commence après le pays d'Aksou ; tout ce qui est plus oriental leur étoit entiérement soumis; mais Aksou , Kaschgar, Khoten &c. avoient des Rois indépendans. Sous les premiers Han, les Chinois avoient un Gouverneur à l'Orient d’Aksou , & c'est apparemment à cette place Chinoise que doit commencer la Serique. Elle avoit pour bornes à l'Occident selon Ptolemée 'les Royaumes d’Aksou & de Kaschgar. Au Nord & à l'Orient des pays inconnus, & l'Inde au midi.

Dans

Dans la partie Septentrionale étoient les monts Anni& Asmiræi ; c'est-à-dire les montagnes des Hiong-nou & de Hami. J'ignore quel est celui qui porte le nom de Tagurus; au midi étoient les Emodiens, les Seriques & l'Ottorocoras qui sont différentes montagnes du Tibet. Tout ce pays est traversé par deux fleuves, l'Oechardes & le Bautifus : ce sont ceux qui se rendent dans le lac de Lop. J'en ai parlé plus haut.

Les différends peuples de la Serique sont les Antropophages, ils doivent être situés dans le Nord vers la Si- · berie; ensuite les Annibi qui sont les Huns. Entre ces Annibi ou les Huns & ceux d’Aksou, Ptolemée place les Siziges, ce sont les Tche-su des Chinois , autrement nommés Igours. Ensuite viennent les Damnæ & les Pialæ jufqu'au Heuve Oechardes. Ces peuplessont entre Turphan & le lac de Lop. Les Oechardæ sont probablement les Chenchen ou Leou-lan des Chinois qui habitoient près du même lac, le long du fleuve.

Ptolemée remonte ensuite au Nord , & place à l’Orient des Annibi ou des Huns , les Garinæi & les Rhabbanæi dont je ne connois pas

la situation. Au-dessous de ces peuples l’Asmiræa Regio & les montagnes du même nom; il s'agit ici du pays de Hami & de la chaîne de montagnes qui le borne au Nord.

Au dessous sont les Issedons , Nation nombreuse qui s'étendoit jusqu'aux monts Casi ou de Kaschgar. Ptolemée a en vue ici des peuples qui étoient campės depuis Chatcheou, & s'étendoient bien loin du côté de l'Occident.

A l'Orient des Issedons on trouvoit les Throani , & au dessous d'eux les Itagouri & le mont Tagurus : ces cantons doivent être vers So-tcheou & au Midi.

Au dessous des Issedons étoient les Afpacaræ, & après eux les Batæ , apparemment les Boutans ou peuples du Tibet. Plus au Midi le long des monts Emodiens & Seriques étoient les Ottorocoræ , autres peuples Tibetans qui me font inconnus. Les villes de la Serique sont , Damna , Piada , Asmiræa Tome I,

f

ou Hami, Throana , Issedon Serica , Aspacæa, Drofache , Palliana , Thogara , Abragana , Dazata, Orofana , Ottorocora, Solona, Sera Metropolis.

Je ne crois pas devoir įm'étendre d'avantage sur ce que dit Ptolemée touchant la Serique , plulieurs endroits méridionaux & orientaux n'entrent pas dans le plan que je me suis propoposé ; d'ailleurs pour parvenir à donner des éclaircissemens satisfaisans sur cette partie, il faudroit examiner les détails qui se trouvent dans les Géographes Chinois sur les pays de Toufan & les enyirons, ce qui me conduiroit

trop

loin. Ammien Marcelin poftérieur à Ptolemée, parle aussi de la Serique, & quoiqu'il semble avoir copié ce Géographe, il ne laisse pas de donner à ce pays plus d'étendue. Après avoir parlé des Saces qui habitent à l'Occident des montagnes de Kaschgar , le long des montagnes appellées Ascanimia; c'est-à-dire les montagnes voisines d’Uzkend & le Comedus ou le Tien-chan des Chinois : il dit qu'au commene cement de ces montagnes , à Kaschgar où elles laissent une gorge, & où elles semblent naître il y a un village que l'on appelle Lithinon-pyrgon & un très-long chemin frequenté par les marchands qui vont chez les Seres. Il fait ensuite mention des Scythes , placés au nord du Jaxartes , & de-là il vient à la Serique, grand pays, fertile , que

de hautes montagnes environnent de tous côtés en forme de cercle; ce qui est conforme au circuit que font les monts Tien-chan. La Serique confine du côté de l'Occident aux Scythes , vers le Nord & l'Orient , a de grandes plaines ou déserts pleins de neiges ; ce sont les plaines des Ousiun & des Hiong-nou ; vers le midi à l'Inde & au Ganges. Les montagnes sont Aria, Nazavitium, Asmira , Emodus & Opurocarra. Ptolemée nomme cette derniere Ottorocora. Asmira & Emodus sont les montagnes de Hami, & celles qui sont à l'Occident & au midi de Khoten. Il ne reste qu'Aria & Nazavitium. Mais comme Ammien a copié Ptolemée , & qu'il nomme les mêmes montagnes au lieu d'Aria, je lis Casia qui font les montagnes de Caschgar, & au lieu de Nazavitium, je lis Aczavitium,ou les montagnes

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Ammien. 1. 27.

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