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ils s'habillent & fe nourriffent. On trouve auffi chez eux, vers le lac Paikal, l'efpéce de cerf nommé Cham-lou, qui produit le mufc. On voit par ce détail qu'ils s'étendoient bien avant dans le nord & à l'orient. Il y avoit de ces Chegoei appellés Kio ou Kiai qui habitoient à l'orient du lac Paikal, & plus à l'orient encore, après 15 jours de marche, étoient les Yu-tche, autres Hordes des Che-goei.

Au nord de tous ces Che-goei, on a connu du tems des Soui, des peuples nommés Kiu-tou-moei. Ils font d'une grande taille & portent des habits courts. Ils ne treffent point leurs cheveux, mais ils les enveloppent. Ils habitent dans des cavernes, & nourriffent beaucoup de cochons.Ces peuples font legers à la courfe & bons nageurs. Ils montent de grands vaiffeaux, & font des courfes dans le nord. La pointe de leurs fléches eft de pierre.

En remontant au nord des Mo-ko du côté de la mer; & par conféquent à l'orient des Che-goei, il y a le pays de Lieou kuei. Les Mo-ko y vont par mer en 15 jours. Il est environné de mers de trois côtés, & principalement au midi. Il s'agit ici probablement du Kamtchatka. On rapporte que les habitans demeurent dans les Ifles voifines. Les Mo-ko s'embarquent fur la mer & vont commerceravec eux. Après un mois de chemin vers le nord, on trouve le pays de Yetcha, dont les habitans ne font jamais venus à la Chine.

Je crois pouvoir placer encore dans le Kamtchatka un pays appellé Ta-han: de chez les Che-goei, voisins du lac Paikal, dont la Horde portoit le nom de Kio ou Kiai, on arrivoit en 15 jours de marche vers l'orient dans le pays d'Yu-tche, autres Hordes des Che-goei, & de-là en dix jours droit au nord dans le Ta-han, que Ma-tuon-lin appelle Ta-mo. On dit qu'il y a au nord le pays des Ko-fu.

Ce pays de Kamtchatka eft fitué dans la partie la plus Hift. Giorientale de l'Afie vers le nord, & il eft d'une fort grande néal. des êtendue. Au nord, à l'eft & au fud il eft environné de mers, à l'oueft il eft borné par la Siberie.

Tatars.

Dans la partie méridionale on apperçoit une grande langue de terre ou péninfule, dont la pointe s'étend jufques vers le Jeso. Il eft habité par différens peuples. Au nord ha

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bitent les Ttzuktzchi & les Tzchalatzki vers le cap Sues
toi-nos. Au fud de ces peuples,fur les bords de la mer orien-
tale, font fitués les Olutorski, peuples les plus feroces de
tout le nord de l'Afie. On trouve plus au midi les Kam-
tchadales, & enfuite les Kurilski, que l'on regarde comme
des colonies venues du Japon.

Il est encore fait mention de quelques autres pays dans le voifinage des Che-goei, & dont il n'eft pas aifé de derminer précisément la fituation. A mille li à l'occident des Che-goei, & au nord du pays des Khitans. On nomme celui de Ti-teou-yu où il y a beaucoup de boeufs, de moutons, d'excellens chevaux. Les habitans font vêtus de peaux, fe nourriffent de la chair des animaux & de lait caillé. Ils n'ont pas les fruits ordinaires à la Chine.

&

Plus au nord, fous les Heou-goei, on a connu le pays des Ou-lo-heou,que l'on appelle encore Ou-lo-hoen & Ouhou ; à l'orient il confine aux Mo-ko, au midi aux Khitans, au nord aux Ou-fan; les habitans ont les mêmes mœurs que les Mo-ko. Le pays eft bas, humide & rempli de brouillards. Il y fait froid. Pendant l'hiver les peuples fe retirent dans les cavernes & dans les plaines pendant l'été ; il y a beaucoup de cochons. Chaque Horde a fon chef. Ces peuples font braves & fiers dans leurs deferts. Ils ne font point adonnés à la débauche ni au larcin; ils font habillés proprement. Ils aiment la chaffe, la pêche, & la mufique. Ils ont un inftrument à neuf cordes fait de bois creufé. Au nordoueft de ce pays, on trouve un fleuve appellé O-ulh-choui, qui coule vers l'eft, fe joint au Nan-choui ils vont fe jetter ensemble dans la mer orientale. Plus avant vers le nord, après 20 jours de marche, on trouve le grand fleuve Yuki-ni-choui, que l'on appelle mer du nord.

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ARTICLE IV.

Pays des Hiong-nou & les pays voisins.

E pays

L des Hiong - nou ou des Huns, eft un des plus

grands pays de la Tartarie, à ne le confiderer que dans le tems où ces peuples étoient renfermés dans leurs bornes ordinaires. Du côté de l'orient il confinoit au Ouo-leang-ho & à ce que nous appellons aujourd'hui le païs des Tartares Man-tcheous; au midi, il avoit pour bornes cette fameuse muraille de la Chine, qui s'étend le long des provinces de Peking, de Chanfi, & de Chenfi; en Tartarie, les pays de Hami & d'Igour, jufqu'au fleuve Irtisch qui le féparoit, fuivant les apparences, à l'occident d'avec le pais des Ou-fiun. On peut lui donner pour bornes vers le nord celles qui terminent les Empires des Kalkas & des Eleuths. On a donné à tout ce grand païs le nom de Ta-tan, & il a été occupé fucceffivement par les Huns, les Ou-huon, les Sien-pi, les Geou-gen, les Turcs & les Mogols.

Les Chinois n'en ont jamais bien connu l'intérieur. Ils font mention de plufieurs montagnes & rivieres, dont la fituation n'eft pas facile à déterminer. Je raffemblerai ici tous les noms de lieu qui en dépendent, & je les fixerai lorfque les monumens me fourniront les moyens de le faire.

Le long des rives de l'Irtifch, à droite & à gauche, depuis le lac Saiffan jufqu aux fources de l'Irtifch, il y a deux chaînes de montagnes qui portent le nom, l'une de grand & l'autre de petit Altai. Ces montagnes continuent du côté de l'orient, & forment de grandes chaînes qui fe perdent dans le Défert. On les appelle Altai ou Altan, qui fignifie de l'or. Les Chinois leur donnent le nom de Kin-chan (a). Quelques Géographes les mettent à 5000 li de Cara-corom; mais il y en a des rameaux qui ne doivent pas être fi éloignés. Un de ces rameaux portoit le nom d'In-chan: on lui donne Te-tum

chi.

(a) Ce mot fignifie en Chinois montagne d'or.

1000 li d'orient en occident: c'eft là que réfidoit le premier Tanjou des Huns, & il y faifoit fabriquer des arcs & des fléches.Cette montagne eft fituée au nord & au N. Eft de Kueihoa-tching ou Coucou-hotun. On la nomme fur les cartes Ong-kou ou Ongon-alin.La montagneKin-vi-chan étoit éloignée des frontieres de la Chine de 5000 li. Un autre rameau ou une autre partie étoit appellée Tou-kin-chan ; les Khans 'des Turcs y faifoient leur réfidence. Elle eft fituée vers les fources de l'Irtifch. A soo li de cette montagne vers l'occident, il y en avoit une autre appellée Kao, qui ne produit ni arbres ni plantes. Les gens du pays la nomment Pouteng-i-li, c'eft-à-dire l'efprit de la terre. Pou fignifie terre, & Tengri qui eft encore employé dans la langue des Turcs de Conftantinople fignifie Dieu. Le Pere Gaubil qui parle de la montagne Tou-kin, la place vers le 45 ou 46 degrés de latitude, & 12 ou 13 à l'ouest de Peking. A plufieurs mille li vers le nord ou le nord-eft de la montagne Toukin, il y a un détroit que l'on appelle Tie-muen-kuan ou Tie-muen-chen.

Lang-kiu-fiu-chan, cette montagne eft fituée à l'extrê mité occidentale du pays d'Ortous. Sur la Carte de M. d'Anville, elle porte le nom de Lancuhu-alin. Alin fignifie la même chofe que Chan ou montagne. Sous les Han, les Huns y furent défaits par le Général Kiu-pim.

La montagne Teou-yen-chan. Tchao-fin fous les Han demeuroit à cette montagne. Siun-ki-chan autre montagne où le Général Li-ling battit les Huns fous les Han. Yen-yen chan: elle est éloignée des frontiéres de 3000 li, le Général Teou-hien fous les Han y défit les Huns. Près delà eft une autre montagne appellée Ki-lou-chan où le même Général mit une infcription.

On nomme plufieurs autres montagnes qui font Po-ulhhan-chan où le fleuve Ouo-nan prend fa fource, & où naquit Bouzengir, ancêtre de Genghiz-khan: Che-li-ven-pota-chan proche le même fleuve, & où naquit Genghizkhan. L'auteur de l'hiftoire des Tatars appelle ce pays Blunjulduk: Tche-tche-ulh-chan où Hum-vou, Empereur

de

C

de la Chine gagna une bataille: Kin-hou-chan, Pe-yunchan, Tçang ou Tçang-chan-chen, Cha-ling.

Les différens fleuves dont on rapporte le nom, font, Hiuen-mo-ho, le même que le fleuve Ouo-nan: Tcing-louho ou Ko-ulh-tcha-ho: Ta-gin-choui fur le bord duquel le Khan des Turcs fe rendoit tous les ans à la cinquiéme Lune pour y facrifier au ciel & à la terre : Ko-ko-nago-ulh-hai lac où Genghiz-khan a été proclamé Khan. Mum-chan-hai autre lac dans le pays de So-ulh-ven-tou

ulh.

I1 y a eu en différens tems quelques villes dans ce pays, mais la principale eft celle de Ho-lin ou Ho-ninglou fituée à l'occident d'une riviere appellée Cara-holin, & qui lui a donné fon nom; c'est ce qu'on appelle Coura-han-oulen-nor, lac près lequel eft fituée la ville de Cara-corom, la même que Ho-lin; une riviere nommée Onguin-pira, se rend dans ce lac. La ville de Cara-corom ou Kara-koum fous les Tam étoit la réfidence du Khan Tam-chout des Hoei-hou nommé Pou-kia. Pour s'y rendre de Piljotai-hotun, ville fituée au nord du pays d'Ortous fur le bord du fleuve Hoam-ho, on alloit d'abord à l'eft, on paffoit à travers une vallée nommée Ho-yen - ko à 80 li de Piljotai: à 500 li au-delà on trouvoit la riviere Pi-titfuen, & à 10 li au-delà on entroit dans le défert. On paffoit fucceffivement les montagnes Kia-lou-chan, Louulh-chan, Tfo-kia-chan,après avoir fait 800 li. On trouvoit enfuite un puits nommé Chan-yen-tfu-tcing: de-là vers le nord-oueft dans une route de 700 li on paffoit la montagne Mi-fo-chan, les lacs Ta-tan, Ye-ma, la riviere Kohan, la montagne Hoam-lim, la riviere Mieu-tsuen & le lac King. On arrivoit alors à Cara-corom.

On pouvoit prendre encore un autre chemin; depuis la riviere Pi-ti-tfuen, en allant vers le nord on paffoit par les villes de Kum-tchu-tching, de Moei-kien-tching, par la montagne Ta-lo-fie-chan, le lac Tche-yai-yen, le fleuve Hoen-ki, les montagnes Lou-muen-chan & Mo-tcho-ling ; On faifoit 1500 li. Čes différentes routes s'accordent avec Tome I.

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