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niers pour la figure, quoiqu'ils ayent une langue différente. Ils ont été foumis auxTurcs.Ils fe nourriffent du lait de leur chevaux, & ne montent point deffus. Ils aiment la chasse, la pêche, & prennent des poiffons, des cerfs, des efpéces de caftor, des martes zibelines; ils en mangent la chair & s'habillent des peaux. Ils cherchent les prairies & les rivieres. Ils ont pour armes l'arc, la fléche, le fabre & la lance. Ils font des batteaux avec des écorces d'arbres. Ils ont peu de fer, leurs vafes font de terre & de cuivre. Leur pays eft appellé Hou-la ou Po-ma, à cause que les chevaux du pays font de différentes couleurs.

Je pense que ce pays eft le même que celui où eft la ville d'Alachzin, c'eft-à-dire Pie, parce que les chevaux de tout le pays font pies. Ho-la & Ala font le même mot. Cette ville eft fituée à l'embouchure de la Jenifea dans la mer Glaciale. Tous les habitans des environs relévent de cette ville. Leurs chevaux font d'une taille fort haute, & font tous pies. Il y a de riches mines d'argent dans le voisinage; on dit que les habitans en font une grande quantité de vafes dont ils fe fervent.

§. 4.

A l'occident de ce pays, en 60 jours de marche, on trouvoit le Royaume de Kuai; les habitans, dit - on, on, fortent pendant la nuit & fe cachent pendant le jour.

Hift. Gé néal. des

TATATS.

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ARTICLE V.

Pays des Ou-fiun.

E pays des Ou-fiun eft un des plus grands & des plus

Han 120000 familles,630000 perfonnes, 188800 foldats. La
capitale étoit appellée Tche-ko-tching, & elle eft éloignée
de Si-gan-fou, fous les premiers Han de 8900 li. Ce pays a
pour
bornes à l'orient celui des Huns, à l'occident & au
nord-ouest le Kam-kiu, à la distance de 5000 li. A l'orient,
il est éloigné de 1721 li du Gouvernement Chinois fous les
premiers Han. Il eft rempli de pâturages, & il y fait froid.
Les habitans ne font point adonnés à l'agriculture. Ils ont
beaucoup de chevaux. A l'ouest ils confinent au pays de
Ta-uon.

Tout le pays dont il s'agit doit comprendre les environs du fleuve Ili depuis l'Irtifch jufques vers Seiram. Mais pour juger plus exactement de fa fituation, voici quelques routes depuis les environs d'Akfou jusqu'à Tharaz. On part de Gan-fi, qui étoit fous la Dynaftie des Tam, le pays d'Akfou; on marche vers l'occident, & l'on paffe le détroit Chekiue-kuon, & le fleuve Pe-ma ou du Cheval blanc. Ensuite après 180 li de marche vers l'occident, on entre dans le défert de Kiu-pi-lo; on rencontre des puits d'eaux amers, & après 120 li on arrive à la ville de Kiu-pi-lo-tching, de-là en 60 li à la ville O-fie-yen-tching, de-là en 60 li à la ville de Po-huon-tching qui eft encore appellée Goei - yungtching, & qui fous les Han portoit le nom de Kou-metcheou. J'ai parlé de cette ville à l'Article VI. de Kiu-tçu. On dit qu'au midi elle confine au fleuve Su-hoen-ho.

Un autre Historien qui rapporte la même route, mais avec moins de détail, nomme précisément Kiu - tçu pour le départ, & dit qu'après avoir fait 600 li à travers des déferts on arrive au pays de Kiu-me. La totalité des li dans

la

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la route précédente, ne monte qu'à 420. Il doit y avoir quelques diftances d'obmifes, puifque les Géographes des Han mettent 670 li entre Kiu-tçu & Ku-me, à moins que les li des Tam ne foient plus grands.

Je reviens à la route des Tam de Ku-me en marchant Tam chou. vers le nord-oueft, on trouve le fleuve Po- huon-ho: on vient enfuite à la ville de Siao-che tching, & au-de-là à 20 li on trouve le fleuve Hou-liu-ho, qui eft fur les frontieres du Royaume de Khoten : 60 li au-delà eft la ville de Tache-tching appellée encore Yu-tcho & Ven-fo-tcheou.

J'ai parlé de cette ville dans l'article de Kiu-tçu. Les Géographes des premiers Han la placent à 270 li de Kume. A 30 li vers le nord-oueft on arrive à So-leou-fong, de là à 40 li on paffe le mont Pa-ta. Cette montagne, dit un autre Auteur, eft à 1000 li de Gan-fi vers le nord-oueft, &. elle fervoit de frontieres à l'Empire de la Chine fous les Tam. Elle fait partie des montagnes qui font au nord d'Akfou, on l'appelle encore Sun-chan. Delà à 50 li on trouvoit la ville de Tun-to-tching, qui eft l'ancienne Tche-chantching capitale des Ou- fiun, & la même que Tche-kotching. Cette ville ne peut être que vers Harcas, campement du Khan des Calmoucs, vers les fleuves Tekées & Ili; 30 li au-delà on paffe le fleuve Tchin-tchu-ho. Un autre Hiftorien dit que cette riviere avec une autre nommée tum-kao. Tche-ho coulent vers le nord-oueft. De là on fuivoit le nord-oueft, on traverfoit la montagne Fa-ye-ling, & enfuite à 50 li la mer ou le lac Sioue-hai ou de Neige.

Ven-bien

Un autre Hiftorien dit qu'en tout tems les montagnes Ven-bien. qui environnent ce lac font couvertes de neiges, ce qui a fait tum 40. donner au lac le nom de Neige. Je crois que ce lac eft le lac de Balgafch, dans lequel fe jette l'Ili; & je fuis d'autant plus autorifé à ne me pas m'éloigner de ces endroits,qu'à 30 li du lac on trouvoit Soui-po-chu, proche la riviere Soui-pochoui. De là à 50 lile lac Yen - hai qu'un autre Géographe nomme Ge-hai, c'est-à-dire le lac Chaud. Les gens du re-tum-chi. pays, felon les mêmes Chinois, le nomment Ifie-koul (a),

(4) Kol ou Koul fignifie un Lac,

Tome I.

c'eft le lac Ifficoul, qui fignifie auffi lac d'eaux chaudes.
Strahlemberg parle de ce lac, & le place proche le campe-
ment d'été du Khan des Calmoucs, c'est-à-dire près d'Har-
cas, ce qui me fait croire que la capitale des Ou-fiun eft à
Harcas & dans les environs.

Tam-chou.

A 40 li du lac Ifficoul on trouve la ville de Tum-tching; de là à 110lila ville d'Ho-lie-tching;enfuite à 30 li la ville de Che-tchi-tching. On traverse une vallée & on vient au confluent du fleuve Soui-che-tchuen ; à 80 li au-delà on trouve la ville de Fi-lo-tciam-kiun-tching; à 20 li de là à l'occident la ville de Soui-che tching, au nord de laquelle eft le fleuve Soui-che-choui. Au nord de ce fleuve, à 40 li eft la montagne Kie-tan-chan, demeure du Khan des Turcs; à 10 li de Soui-che, vers l'occident, on trouve la ville de Mikoue-tching; de là à 30 li la ville de Sin-tching, de là à 60 li la ville de Tum-kien-tching, de là à 50 li la ville de O-fupo-lai-tching; de là à 70 li la ville de Kiu-lan-tching; delà à 10 li la ville de To-kien-tching, & de là à 50 li la ville Ven-hien- de Ta-lo-fe-tching ou Tharaz.

sum-kao.

Un autre Historien dit qu'à 300 li au-delà de Ku-me, à travers des déferts pierreux, on trouve la montagne Sunchan que j'ai dit être le Pa-ta ling. De là à 500 li vers le nord-ouest, on vient à la ville Soui-che-tching. Les Marchands des pays feptentrionaux fe rendent dans cette ville. A l'occident il y a plusieurs dixaines de villes, toutes foumises aux Turcs. Près de là on trouve le Royaume de Kiechoam-na. Les peuples ceignent leurs têtes avec des étoffes.

A l'occident de Soui-che-tching à 40 li, on trouve le pays de Tfien-yuen ou de mille Sources, ainfi nommé, parce qu'il y a beaucoup de fources & d'étangs : le Khan des Turcs s'y retiroit pendant l'été. On trouve fur les bords du Sihon une ville nommée Pharab ou Phariab, à caufe de l'abondance des eaux dont le canton eft arrofé, c'est celui de Thien-yuen. Pharab eft encore appellé Otrar.

De Pharab, vers l'occident, à 100 li on trouve Ta-lo-fetching ou Tharaz, dont les habitans d'alors étoient une colonie Chinoife qui conferyoit encore fa langue. Ils y avoient

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été tranfportés par les Turcs. Un grand nombre de Marchands étrangers fe rendoient dans cette ville, qui en avoit environ 300 autres plus petites fous fa dépendance.

A 200 li au-delà vers le midi, on venoit à la ville de Yuen-tching ou la ville des Sources. C'eft fans doute la ville de Pharab ou Otrar. Précédemment il ne s'agiffoit que du pays en général. Ici c'eft la ville même. Au midi à so li étoit le Royaume de No-che-kien qui pourroit être Tasch-kunt.

Dans ces derniers tems les Chinois ont donné à la plus grande partie de ce pays le nom d'Ilibalig, c'est-à-dire ville 'Ili, à caufe du fleuve de ce nom; mais il contient encore plufieurs autres pays qui font fitués au midi de la montagne Tien-chan, depuis Turphan jufqu'aux Uzbeks. Les Mogols l'appelloient Bifchbalig. Du tems des Han les Ou-fiun habitoient dans les vaftes plaines qui font au nord des montagnes d'Igour, d'Harafchar & même d'Akfou.

On trouve dans ce pays deux fleuves, le Tekeès & l'Ili. Le premier fe décharge dans le fecond, qui va fe rendre dans le lac Balgafch. L'Ili eft appellé par les orientaux Abeile, c'est-à-dire le fleuve Eile. Tamerlan dans une marche d'armée qu'il fit depuis Taschkunt jufqu'à ce fleuve, rencontra le lac Ifficoul, les montagnes Gheuk-topa & Arjatou, la ville d'Almalig & le fleuve Ili. De là fes troupes allerent à Itchna boutchna, à Uaker-keptadgi, & rencontrerent enfuite l'Irtifch. Celui qu'ils pourfuivoient avoit paffé ce fleuve, & s'étoit retiré vers Taoulas dans les bois où il y a beaucoup de martes zibelines & d'hermines.

eddin.

Les Officiers de Tamerlan pafferent l'Irtifch, & grave- Scherph rent leurs armes & leurs chiffres, rougis au feu, fur les pins de ces forêts, afin que cela fervit de monument. Enfuite ils revinrent par Altoun-caourké, où il y a un chemin le long d'un grand lac nommé Etrak-gheul, dont j'ai fixé la fituation dans le pays d'Yen-tchi. Ainfi ils revinrent par Harafchar & Aksou.

Dans une autre route des mêmes armées, on partit de la montagne Ourdaban, on rencontra le fleuve Éile ou Ili, le lac Sutgheul, les villes de Tchitchelic, Balaican, & Molzodoa, & enfuite à Koutchoukyouldouz qui étoit le

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